Dans ma vie professionnelle, j’ai soigné des personnes ayant fait des séances de micro kinésithérapie. J’ai même du me séparer d’un collègue qui pratiquait cette méthode. Pourquoi?
De subtilité en subtilité, le toucher du « thérapeute » croit atteindre la lésion première physique, psychique, voire existentielle qui se serait engrammée dans les tissus, à l’origine de tous les maux. Et de pouvoir y remédier !
Ce qui est certain c’est que notre corps a plus de mémoire que nos souvenirs conscients. Mais il est du devoir impérieux de tout soignant de ne pas aller chercher derrière le voile en étant intrusif ou inductif.
Intrusif en allant chercher des informations qui seraient inscrites dans le corps et dont le patient ne serait pas conscient, non pas par des examens objectifs (IRM, radio, examens sanguins ou des tests musculaires articulaires objectivables etc…) mais par une sensibilité exacerbée qui confine alors à de la médiumnité.
Inductif car dans l’état de dépendance ou de fragilité dans lequel se trouve le patient, il est facile de lui faire croire n’importe quoi. Or tout cela peut avoir dans un premier temps un effet placébo agissant et parfois même de manière spectaculaire.
Deux questions se posent alors: – La dépendance du patient à l’égard de son thérapeute tout puissant qui devient le sauveur et dont on conseille à tous les soins miraculeux… – La possibilité de faire allégeances à des forces occultes.
Un rééducation nécessite patience humilité et prise de conscience pour changer geste et attitude qui peuvent occasionner dysfonctionnements et douleurs. Cette rééducation rend au patient son autonomie et sa responsabilité plutôt que de tout attendre de son gourou thérapeute.
Georges Fenech, Gare aux gourous, Santé, bien-être, Éd. Du Rocher, 2020, pp. 50-58.
Témoignage du parcours d’Alain
« Mon frère a été abusé durant sa maladie et en est mort raconte Jean-Marc, avec tristesse. Alain a été victime de charlatans de la médecine alternative et d’un médecin, le docteur Richard X, chirurgien installé dans le sud de la France. En juillet 2006, on pratique une biopsie sur un petit bouton douteux sur son visage qui provoquait une gêne de plus en plus perceptible au niveau de l’œil droit et empêchait le fonctionnement normal des sinus.
Un mois plus tard, les médecins diagnostiquent une tumeur du sinus maxillaire. Mon frère, également témoin de Jéhovah, ne fait confiance qu’au docteur Richard X. Un protocole médicamenteux, chimiothérapie et radiothérapie, est mis en place avec l’oncologue. Alain suit son traitement durant trois mois environ … Il refuse l’extraction de sa tumeur jusqu’à son hospitalisation. Durant une chimiothérapie, il m’avoue qu’il voit une kinésiologue et qu’ « il envisage de mettre un terme au protocole chimique qui l’empoisonne ». Selon lui, il lui suffirait de chercher les causes de la maladie et d’identifier les membres de la famille responsables de son cancer ! Il ne veut pas servir de cobaye à la médecine qui le traite comme un simple numéro.
Quand nous nous sommes revus, il m’a accusé d »‘être responsable de sa leucémie déclarée ». Elle était due, selon lui, « à notre mauvaise entente au moment de ses premiers soins » !
C’est
à cet instant qu’il m’avoue qu’il a décidé de recourir à la
médecine parallèle pour soigner son cancer : il prend alors
plusieurs rendez-vous chez Mme Suzanne Y, kinésiologue et adepte de
la « biologie totale » de Claude Sabbah.
Georges Fenech, Gare aux gourous, Santé, bien-être, Éd. Du Rocher, 2020, pp. 229-232.
Cette technique repose sur la stimulation de points sur divers endroits de l’oreille externe, par différents moyens : implantation d’aiguilles, dispositifs d’acupression, applications d’aimants. Des aiguilles « semi-permanentes » peuvent être posées sur le patient pendant plusieurs heures à plusieurs jours. Cette technique est utilisée pour soigner toutes les douleurs, les addictions (tabac, alcool, drogue) les troubles du sommeil, les syndromes anxio-dépressifs, les allergies.
Que nous en dit le
GAT ? D’abord qu’« il n’existe pas d’étude
scientifique suffisamment rigoureuse permettant de conclure de
manière certaine à [son] efficacité thérapeutique ».
Ensuite il en
énumère les risques :
« Il existe des douleurs locales ou de légers saignements au moment de la stimulation ou lorsqu’une aiguille semi-permanente est posée. Les effets indésirables causés par des techniques de stimulation particulière (laser, stimulation électrique ou physico-chimique) n’ont pas encore été mesurés avec fiabilité. […] Il existe des risques importants d’aggravation des symptômes si l’auriculothérapie se substitue à un traitement dont l’efficacité est prouvée. »
Alors pourquoi
diable, face à ces risques avérés, avoir introduit cette technique
dans les hôpitaux ?
Et pourquoi la
ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n’a-t-elle pas pris les
mesures qui s’imposaient auprès de l’AP-HP puisque les hôpitaux
de Paris étaient placés sous sa tutelle ministérielle ?
L’ancien président de la Miviludes tire la sonnette d’alarme face aux dérives sectaires de certains thérapeutes, alors que les médecines alternatives sont devenues un fait de société.
La crise sanitaire du Covid-19 a remis en lumière
l’importance des soignants mais aussi, parallèlement, le phénomène des
médecines alternatives. Certains personnes utilisent des
méthodes non-officielles et souvent décriées. Ce sont ces « gourous » que
dénonce Georges Fenech, homme politique et ancien magistrat dans son
livre Gare aux gourous – Santé, bien-être. Des pratiques
étudiées lorsqu’il était président de la Miviludes, la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires.
UN PHÉNOMÈNE GRANDISSANT
Ce phénomène n’a rien de nouveau mais a gagné en importance depuis les années 1960. Alors que 60% des Français ont recours à ces méthodes alternatives, Georges Fenech estime que ce n’est plus « un engouement, c’est un fait de société ».
Si beaucoup de Français ont recours à ces pratiques, c’est aussi parce que l’offre ne faiblit pas. « Il
y a un grand nombre d’individus qui s’autoproclament thérapeutes que je
surnomme ‘dérapeutes’. Ils prétendent se substituer à la médecine
traditionnelle », explique Georges Fenech.
Certaines techniques sont particulièrement préoccupantes pour la
Miviludes, notamment la médecine germanique qui attribue par exemple le
cancer à un « conflit intérieur » à régler. Ainsi, « il y a une incitation à rompre le protocole de chimiothérapie », dénonce Georges Fenech.
DES « GOUROUS » DANS LES HAUTES SPHÈRES
Contrairement aux idées reçues, « ces pratiques sont beaucoup plus larges que le phénomène sectaire », assure Georges Fenech. Certains sont même des médecins diplômés, convaincus de leurs méthodes. « Ils ont une vision globale et tout cela finit par remonter très haut », dans les différentes sphères de la société, assure le magistrat.
Cette prégnance s’explique également, selon l’ancien président de la
Miviludes, par la difficulté pour l’Etat d’aller à l’encontre de « la liberté fondamentale de se soigner ou de ne pas se soigner ». Georges Fenech juge l’action de l’Etat « trop timorée compte tenu de l’ampleur du phénomène ».
Par ailleurs, ces « dérapeutes sont dans une posture de victimisation par rapport à la médecine officielle ». Les autorités se retrouvent ainsi confrontées à la difficulté d’alerter sur les risques de ces dérives.
COMMENT PRÉVENIR CES DÉRIVES
Comment éviter de tomber dans ces dérives ? « Quand on vous propose une offre alternative, il faut s’informer auprès des associations, de la Miviludes et du ministère de la Santé. Il y a aussi l’attitude du dérapeute qui doit alerter », notamment lorsqu’il demande des sommes très conséquentes », explique Georges Fenech.
Depuis l’avènement du New Age dans les années soixante et l’engouement pour le développement personnel, des charlatans ont pris possession de notre santé et de notre bien-être. De nos jours, quatre français sur dix et 60 % des malades du cancer ont recours aux médecines dites complémentaires, douces ou alternatives. Du jeûne hydrique au respirianisme, en passant par la macrobiotique, la naturopathie, la kinésiologie, l’anthroposophie, le reïki, la dianétique, l’Access bars ou encore la méditation curative, les offres se multiplient à profusion.À partir de témoignages et de documents inédits, Georges Fenech lève le voile sur les dangers de certaines pratiques.Il dénonce sans langue de bois l’infiltration des communautés pseudo-thérapeutiques à tous les niveaux de la société : écoles, universités, entreprises, églises, ministères et réseaux sociaux.Ce cri d’alarme est lancé avant que le piège ne se referme définitivement sur notre bien le plus précieux, la santé.
Georges Fenech, député honoraire, ancien juge d’instruction, a présidé la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Il est aujourd’hui membre du cabinet d’avocats 28 octobre et consultant sur CNEWS.
La réflexologie plantaire ne repose pas sur un concept énergétique. Les points de la réflexologie plantaire ne sont pas assimilables à des points d’acupuncture.
Elle repose sur une observation empirique selon laquelle chaque partie du corps aurait une représentation somatotopique de toutes les autres parties du corps. Ainsi la voûte plantaire serait divisée en zone représentant chacune à une partie du corps. La zone du talon représentant la base de la colonne vertébrale et les doigts de pieds des zones de la tête. Le foie serait sur le bord externe et médian de la voute plantaire du pied droit, l’estomac sur la zone correspondante du pied gauche…
Quand telle partie du corps présente des dysfonctionnements, il peut se former des petites concrétions de cristaux douloureux à la palpation sur la zone plantaire correspondante. La réflexologie plantaire s’applique à masser ces points pour détendre les zones corporelles correspondantes en tension ou réactiver des fonctions organiques perturbées. Elle ne peut rien sur les parties présentant de réelles lésions.
Il existe d’autre type de massage réflexologique comme le BindeGewebsMassage ou massage du tissu conjonctif reposant sur la relation neurologique avérée entre des zones de la peau et les organes par la médiation de neurones d’associations qui affèrent à un même étage médullaire. En massant ces zones selon des protocoles bien établis, on peut avoir une action sur les organes associés. Cette méthode pratiquée en Allemagne est assez peu connue en France.
Cependant bien des écoles mélangent les genres; ainsi les massages en réflexologie plantaire peuvent être associés à des techniques énergétiques (voir note). Il s’agit alors d’être prudent.
Masser la plante des pieds est particulièrement détendant et réactive la circulation sanguine :
La semelle veineuse plantaire décrite par LEJARS est un fin maillage de veines, dans le tissu graisseux, qui tapisse le dessous du pied.
A
chaque pas, la compression des chairs molles écrase ce réseau veineux
superficiel pour chasser rapidement le sang vers le système veineux
profond.
Cette
pompe veineuse est capitale pour une bonne qualité du drainage sanguin
de la périphérie vers l’intérieur, sous peine de voir s’installer une
stase veineuse.
La contraction des muscles de la jambe et notamment le mollet, accélère le retour veine des membres inférieurs vers le coeur.
Masser cette zone n’a donc rien d’ésotérique et une observation empirique permet de constater que certaines zones du pied sont plus douloureuses que d’autres et à l’interrogation peuvent correspondre à telle dysfonctionnement organique. Un toucher sensible permet parfois d’observer de petites concrétions à ces endroits qu’il s’agit de masser.
Quand Jésus lave les pieds de ses disciples, il se fait le serviteur de tous mais prend également soin de ceux qui vont annoncer l’Évangile aux nations.
Après de longues marches cette action très concrète non seulement lave des poussières de la route mais détend beaucoup.
Si un massage des pieds peut être très relaxant, il ne doit pas être associées à d’autres pratiques plus discutables. Si la réflexologie plantaire peut éventuellement agir sur des troubles fonctionnels, elles n’a aucune action sur des troubles lésionnels.
A aucun moment elle ne peut être considérée comme une panacée, et si elle peut avoir le mérite d’opérer une certaine détente, le praticien doit connaître humblement ses limites tant sur ses connaissances médicales que sur le champ d’application de sa méthode…
Les formations en réflexologie sont données par des écoles privées. Il n’y a pas de formation aux différentes pathologies. Il est vrai que masser la voute plantaire ne peut pas entraîner d’effets secondaires. Masser les pieds peut amener une certaine détente et l’impression pour le patient d’être pris en charge. Cependant guérir par ce biais est bien sûr illusoire… (notamment celui d’atténuer des tensions scoliotiques).
Les cinq éléments sont liés à l’approche de l’acupuncture et n’ont strictement rien à voir avec la réflexologie plantaire. La réflexologie n’agissant pas sur des points d’acupuncture en lien avec des méridiens… Les personnes âgées ont besoin de relation, que l’on s’occupe d’elles personnellement. Alors bénévolat ou approche rémunérée pour répondre à cette légitime demande? Coiffeur, pédicure peuvent être une réponse, sans donner l’illusion d’une relation pseudo thérapeutique qui peut cependant jouer un rôle placebo.
Attention aux réflexologues qui, de surcroît, se permettraient de faire un diagnostic.