La médecine
alternative comprend des modalités telles que l’acupuncture et la
chiropractie, qui sont largement acceptées même si les preuves de
leur efficacité sont loin d’être convaincantes, comme l’explique
Harriet Hall dans cet article publié en espagnol sur Pensar.org.
Elle comprend également des systèmes de traitement moins connus.
Aux États-Unis, la pratique de l’ayurvéda n’est autorisée ou
réglementée par aucun État, bien que Deepak Chopra ait fait
beaucoup pour la faire connaître. Elle figure dans les manuels de
naturopathie et est utilisée par divers praticiens de la « médecine
fonctionnelle » et de la « médecine intégrative ».
Vous vous demandez
peut-être : puis-je supposer que les remèdes ayurvédiques
sont sûrs ? Leur efficacité a-t-elle été scientifiquement
établie dans le cadre d’essais cliniques bien conçus ? Le
raisonnement sous-jacent a-t-il un sens ? Les réponses courtes
à ces questions sont : non, presque jamais et pas du tout !
L’Ayurveda est un
système de médecine qui est né en Inde et qui y est toujours
populaire. Quatre-vingts pour cent de la population de l’Inde et du
Népal utilisent l’ayurvéda. Si la médecine ayurvédique est
vraiment efficace, on pourrait s’attendre à ce que les Indiens et
les Népalais soient en meilleure santé et vivent plus longtemps que
les adeptes d’autres systèmes médicaux. (Il est vrai que d’autres
facteurs peuvent entrer en jeu, tels que la génétique et les
facteurs socio-économiques).
Le concept de
« sagesse ancienne » implique que tout traitement qui existe
depuis des siècles et qui est encore utilisé doit être efficace,
sinon les gens auraient cessé de l’utiliser. Ce n’est pas le
cas. L’astrologie est ancienne et les gens y croient encore. Ils
consultent l’horoscope pour guider leur vie. La psychologie a de
nombreuses explications pour expliquer pourquoi les gens peuvent
persister à croire des choses qui ne sont pas vraies : la
pression des pairs, l’habitude, les fausses attributions, l’espoir
irrationnel, la mémoire sélective, le biais de confirmation, et
bien plus encore. L’astrologie n’est pas une sagesse ancienne ;
c’est une absurdité ancienne sans fondement dans la réalité.
Georges Fenech, Gare aux gourous, Santé, bien-être, Éd. du Rocher, 2020, pp. 233-236.
Il
faut évoquer le cas des doulas
qui ont réussi à
pénétrer les maternités.
La
doula
(du grec ancien « la servante »)
accompagne, soutient, informe le couple et la femme au moment
de la naissance. Elle intervient dès le début de la grossesse,
pendant l’accouchement et après la naissance, sans aucune formation
médicale.
Certaines
maternités ont cédé aux pressions de femmes enceintes demandant à
être accompagnées au moment de l’accouchement par leur
doula,
bien que cette profession n’ait jamais reçu de validation
officielle.
L’ordre des sages-femmes ne cache pas son scepticisme lorsque les doulas affirment qu’elles ne se substituent pas aux professionnels de santé, car en réalité « elles sont très présentes, à un moment de particulière vulnérabilité psychique des parents ». L’ordre ajoute que leurs conseils ne sont pas étayés par des connaissances sérieuses dans le domaine obstétrical. À une femme qui perd les eaux, certaines déconseilleront par exemple de se rendre tout de suite à la maternité, sous prétexte qu’on va la mettre sous perfusion avec des antibiotiques. « Or, le risque d’infection et de perte du bébé est réel.1 »
Cette
nouvelle «profession», sorte d’accompagnement familial de jadis,
proche de ce qui se pratique encore dans certaines sociétés
traditionnelles, est née il y a environ une trentaine d’années
outre-Atlantique. Depuis une dizaine d’années, elle se répand en
France dans les milieux hostiles à
la médicalisation de
la maternité. Une poignée de petites associations en lien avec les
organisations nord-américaines réunit les doulas
avec l’objectif de
développer un réseau sur le territoire national.
En
l’absence de tout encadrement, la fonction des doulas
peut les conduire à
empiéter sur les compétences de professionnels de santé, en
particulier sur celles des sages-femmes, et exposer la parturiente à
des risques réels pour elle-même et l’enfant.
Georges Fenech, Gare aux gourous, Santé, bien-être, Éd. du Rocher, 2020, pp. 246-248.
Parmi les toutes dernières nouveautés ayant fait leur apparition à l’école, signalons le programme insolite appelé « Chagrin scolaire », qui risque de pervertir l’enfant malléable.
Il dispense une « thérapie brève » pour les élèves et un accompagnement pour les équipes éducatives, afin de lutter contre le harcèlement et les violences scolaires, mise en œuvre par une société privée que dirige une certaine Emmanuelle Piquet sous le titre ronflant de présidente du Centre de recherches sur l’interaction et la souffrance scolaire (Criss). La formation coûte 9 000 euros et consiste en quatre heures d’intervention par mois, sur trois ans.
Des « psychopraticiens » du Mental Research Institute expliquent s’inspirer des travaux scientifiques de Palo Alto pour recommander aux jeunes victimes d’appliquer ni plus ni moins que la « loi du Talion ». Autrement dit: rendre coup pour coup à son agresseur verbal ou physique.
Cette thérapie dite « brève et stratégique » forme les personnels de l’éducation au « boomerang verbal ». Le premier diplôme a été créé en 2017 à Dijon et s’adresse à des psychologues, chefs d’établissement, médecins scolaires … Le concept repose sur le principe qu’en réprimandant le harceleur on ne fait que le renforcer dans son statut de toute-puissance et du même coup réduire le harcelé dans la position du faible. Il faut donc outiller ce dernier pour qu’il apprenne à se défendre par lui-même et à retrouver sa fierté. Ce sont environ cinq cents enfants victimes qui sont formés chaque année par cette méthode. Selon Emmanuelle Piquet, 85 % des cas de harcèlement sont ainsi résolus. Des centres « Chagrin scolaire » fleurissent un peu partout – à Lyon, Mâcon, Paris, Lille, etc. – et leur promotrice s’est vu décerner l’Ordre national du mérite, le 12 mars 2019, des mains du ministre de !’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.
« Quelle ne sera pas la stupeur de parents découvrant que, suite à une consultation, il a été conseillé à leur fille d’organiser une baston en cours de récréation? [ … ] Comment a-t-on pu permettre l’usage d’une thérapie en milieu scolaire par une personne qui ne dispose d’aucun titre professionnel? », s’interroge le site d’information Médiapart (1), qui s’inquiète en outre que « dans cette ouverture de l’école à l’innovation viennent s’engouffrer bon nombre de marchands d’offres pédagogiques, de charlatans toujours prêts à [ … ] assurer de leur capacité à produire l’école du bonheur et à régler les problèmes [ … ] quotidiens professionnels. Et ce aux dépens des élèves.
Comment les parents réagiront-ils lorsqu’ils apprendront que leurs enfants sont invités, dans un but pédagogique, à pratiquer l’autodéfense et la vengeance? »
Ne risque-t-on pas, en effet, de créer au sein de l’école de nouvelles tensions?
L’Access Bars est
une pseudo-médecine énergétique inventée par Gary Douglas en
1995, qui a été longtemps en contact avec l’Église de la
Scientologie ainsi que Dain Heer, un chiropracteur reconverti dans le
coaching mental.
Sur la page
principale de leur site internet1,
la promesse est belle : « Access
Consciousness te permet de changer tout ce que tu ne parviens pas à
changer, et à créer tout ce que tu désires, d’une manière
différente et plus aisée ».
Il est expliqué que
Gary a reçu dans son esprit 32 points situés au niveau de la tête
pour activer certaines « barres » : comme par
exemple celles de l’argent, du pouvoir, de la sexualité, de la
guérison ou encore des tunnels de l’espace-temps…
Cette pratique est
aujourd’hui répandue dans plus de 170 pays. Et vous pouvez
devenir « facilitateur » c’est-à-dire praticien, en
une seule journée moyennant la somme de 300 euros.
Des dérives
sectaires
Plus d’une
cinquantaine de signalements ont déjà été recensés à la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires : une retraitée qui a perdu plusieurs milliers
d’euros dans des formations ; une autre qui a subi des
sollicitations pour des levées de fonds afin de financer les impôts
d’un des cofondateurs ; une personne qui s’inquiète du
changement brutal de son épouse et qui ne s’occupe plus de ses
enfants…
Il y a un degré d’initiation, explique une enquête de l’Express2. Une évolution du discours, au fur et à mesure, typique des méthodes de type sectaire.
Il est très probable que la Scientologie soit en arrière-fond de l’Access Bars.
Gnosticisme et
occultisme
Devant l’ampleur
du phénomène, le magazine Envoyé Spécial de France 2 a décidé
d’envoyer une journaliste faire la fameuse formation3.
Elle y apprend notamment ceci :
L’exercice du thymus, position censée la reconnecter avec
l’énergie de l’univers, faisant « remonter l’état
vibratoire de son corps à l’état vibratoire de son être
infini » ;
La lecture du
manuel remis aux participants à leur arrivée. Le passage étudié
concerne une « entité démoniaque » appelée
« BHCEEMECS » – qu’il s’agit d’apprendre à
exorciser ;
L’accès
aux bars, un entraînement pour apposer les doigts sur certains
points du crâne (dont le point toaster du vieillissement qui permet
de travailler le concept du vieillissement).
L’Express fait
également référence à des entités et des démons, que les
praticiens de l’Access Bars seraient donc capables de maitriser,
car ils sont des « humanoïdes » sortes d’êtres
humains augmentés, car initiés : ils voient ce que d’autres
ne voient pas.
Au début, les
praticiens se contentent de la théorie de la « libération des
mémoires cellulaires »4,
puis ils confient à leurs disciples qu’ils sont « humanoïdes »,
une espèce supérieure aux humains, capable de pouvoirs psychiques
surnaturels.
« Les
humanoïdes seraient dotés de pouvoir psychiques, comme celui de
« percevoir les pensées, sentiments et émotions de tous ceux
qui t’entourent sur un rayon entre 12 et 12 000 m² dans toutes les
directions ». »
Il y aurait des
entités bonnes et d’autres mauvaises. Ils faut donc se débarrasser
des mauvaises et utiliser les bonnes, parfois pour avoir des
avantages matériels sur Terre. Gary Douglas explique qu’un jour,
il a choisi une entité « antiquaire » car cela lui
permettait de connaître les bonnes affaires à faire…
Quant aux démons,
« êtres que nous avons apportés ici venant d’autres
domaines pour nous aider à avoir du pouvoir sur les autres »,
Gary propose de les exorciser avec une formule. Il raconte ainsi
qu’il a pu acheter une maison après avoir fait fuir certaines
entités : il explique que d’un seul coup la maison avait
repris de la valeur et tout le monde souhaitait l’acheter.
Conclusion
A partir du moment où l’on nomme une entité démoniaque, et même que l’on propose « d’exorciser », cela mérite immédiatement une grande prudence et doit faire « tilt ».
Dans le document d’Envoyé Spécial, on propose d’ailleurs à la journaliste de réciter une « formule magique » avant chaque début de séance. Une suite de mot en anglais qui « ne veut rien dire » dit-elle…