La pseudo-thérapie des « constellations familiales »

Quelques extraits d’une conférence de Mgr Rubens Miraglia Zani : « La pseudo-terapia delle “costellazioni familiari”: una sfida pastorale ». Vous pouvez consulter le texte entier (en italien) sur le site de l’Ass. Internationale des Exorcistes ici : https://www.aieinternational.it/la-pseudo-terapia-delle-costellazioni-familiari-una-sfida-pastorale/


Les « constellations familiales » sont une méthode de psychothérapie développée récemment par le psychothérapeute allemand Anton Suitbert Hellinger, plus connu sous le nom de Bert Hellinger (1925-2019).

Selon cette approche, les problèmes, les difficultés et les maladies des personnes seraient liés au sort des membres précédents de leur famille ou de leur groupe ethnique.

Le concept de « résonance morphique » est l’idée centrale selon laquelle une série d’informations se propage à travers une sorte de « mémoire collective ». Il convient tout d’abord de préciser qu’il n’existe pas d’études scientifiques définitives prouvant l’efficacité de cette pratique thérapeutique.

(…) Au cours de ses études, Hellinger a été initié à une méthodologie d’étude psychanalytique formulée par une Américaine, Virginia Satir, au milieu des années 1970. Satir avait développé sa propre méthodologie qu’elle avait « sculpture familiale ». Cette approche était dynamiquement basée sur la thérapie de groupe, qui impliquait plusieurs personnes qui vivaient des réalités problématiques et souffraient, afin qu’elles restent ensemble au cours de la thérapie.

Les « constellations » théorisées par Hellinger suggèrent qu’il existe trois « lois principales » :

  • La première est l’adhésion de chaque membre de la famille à l' »appartenance » au groupe familial
  • Deuxièmement, la famille a un « ordre » hiérarchique établi qui doit être respecté;
  • Troisièmement, la loi de réciprocité, c’est-à-dire la « compensation adéquate », pour les décisions et actions passées qui influencent le présent.

La constellation familiale vise donc à mettre en ordre ce qui n’est pas ordonné, à savoir la violation de l’une ou l’autre de ces règles. Si ces règles sont enfreintes, il faut « démêler les nœuds qui se sont formés dans les familles de génération en génération ».

Ainsi, selon cette théorie, « chaque être humain » porte en lui « toutes les informations des vies qui l’ont précédé, tant physiquement que mentalement ».

En quoi consiste cette méthode ?

Cette méthode reproduit pratiquement le même modèle que les « sculptures familiales » de Virginia Satir. Mais Bert Hellinger y intègre fortement le thème de l’hérédité, tel qu’il l’a observé dans les tribus zouloues.

Il convient de noter que, par exemple au Brésil, cette méthodologie n’est pas reconnue par le CFP (Conseil fédéral de psychologie), ni par le CFM (Conseil fédéral de médecine), en raison de l’absence d’études scientifiques prouvant son efficacité. Et elle ne devrait jamais être reconnue, car Hellinger lui-même la qualifie de « méthode phénoménologique », c’est-à-dire de méthode empirique, basée sur l’observation et les données obtenues par ‘expérience du chercheur, de sorte qu’une fois les données collectées et traitées, et les résultats testés, elle peut – selon lui – devenir une méthode scientifique.

La « constellation familiale » consiste en une expérience au cours de laquelle, tout d’abord, le « client » (c’est-à-dire le patient) présente le problème qui le préoccupe, puis le thérapeute l’interroge sur les événements survenus dans la vie des membres de sa famille, y compris les décès prématurés, les suicides, les meurtres, les maladies graves, les mariages précédents, les enfants ou les frères et sœurs, etc.

Sur la base de ces informations, le patient est invité à choisir parmi les membres du groupe de thérapie, de préférence en dehors de son histoire, ceux qui peuvent représenter des membres de sa famille ou lui-même. Ces personnes (appelées « représentants ») doivent être disposées, dans ce contexte, à « représenter » la manière dont le patient perçoit les relations au centre de son histoire (c’est-à-dire l’expérience émotionnelle).

Ensuite, guidé par les réactions de ces représentants, par la connaissance des « ordres de l’amour » et par leur lien avec le système familial du patient, le thérapeute oriente les représentants vers un cadre de résolution dans lequel ils occupent tous une place qui leur permet de se sentir bien au sein du système familial.

Cette méthode enseigne essentiellement que nous portons sans équivoque tous les maux qui se sont répétés dans l’histoire de nos ancêtres. Tout ce qu’ils ont vécu, les situations bonnes ou mauvaises, ce qu’ils ont commis, nous le portons en tant que « karma » ; par conséquent, ces situations peuvent interférer dans nos vies aujourd’hui.

Cette méthode considère que toutes nos réactions négatives, le manque d’amour, la dépression, la tristesse, le tempérament, le comportement, les émotions, ainsi que nos échecs économiques, affectifs et familiaux, nous les héritons de nos ancêtres. C’est pourquoi il est nécessaire que les participants – en thérapie de groupe – entrent et interviennent dans des séances qui semblent plus théâtrales qu’autre chose.

Alors, que penser de la « constellation familiale »

Tout d’abord, la réalité de la thérapie des constellations familiales n’est rien d’autre qu’un théâtre d’induction dans l’esprit des gens, qui fantasment des sentiments et des émotions comme s’ils étaient connectés à l’âme ou à l’énergie de ceux qu’ils représentent.

(…) Il y a des émotions qui, dans le moment du psychodrame, sont dramatisées et exposées, et qui coïncident parfois avec ce que vivent les participants. Cela a produit certains types de résultats : ce que l’on ne sait pas vraiment, c’est ce qui se passe ensuite.

D’un point de vue clinique, tout professionnel sérieux de la santé mentale sait à quel point il est dangereux de manipuler les patients pour susciter leurs émotions. L’utilisation « thérapeutique » des émotions est en effet une arme à double tranchant et peut entraîner des risques graves, parfois difficilement réparables. Les charlatans, en effet, sont passés maîtres dans l’art d’utiliser les émotions et la confiance des autres : l’émotion est addictive !

Faire preuve de logique et de bon sens

Les personnes qui participent à ces groupes le font parce qu’elles ont des problèmes. Les personnes en difficulté elles-mêmes sont appelées à « représenter » ceux qui « composent la scène » de la réalité personnelle d’une personne qui est là parce qu’elle a besoin d’aide.

S’il ne s’agit que de suggestion et de persuasion de l’esprit, les « acteurs » seront influencés par leur propre état intérieur (qui a besoin d’aide) et prétendront être connectés à l’« âme » ou à l’« énergie » de ceux qu’ils représentent, alors qu’en fait ils risquent de projeter leurs propres problèmes sur les réponses

D’un point de vue purement humain, on pourrait dire qu’il y a des gens qui ont des problèmes, qui projettent leurs problèmes sur … des gens qui cherchent de l’aide pour leurs problèmes! Résultat : il ne peut y avoir que de nouveaux et plus gros PROBLÈMES !

Rappelez-vous : « Toute démarche psychologique visant à investiguer et à faire ressurgir des souvenirs de périodes conflictuelles non surmontées peut provoquer chez la personne une crise dépressive, voire existentielle » (Bruno Costa).

D’un point de vue chrétien

Dans les constellations classiques et spirituelles, c’est l’idée d’être dans un champ morphogénétique qui guide. Le problème est le système, qui peut en réalité être comparé, comme nous l’avons déjà souligné, à un rituel chamanique en version moderne, où le chaman est le constellateur, avec d’autres vêtements, qui agit, sans agir.

Le constellateur est présent comme celui qui donne accès au champ morphogénétique, mais il se retire, pour laisser la grande force agir sur le client, qui suit les mouvements et les paroles des représentants de la mise en scène, mais aussi lui-même, ses perceptions concomitantes. Le client ne reçoit rien d’autre que ce qu’il a perçu, étant immergé dans la perception du corps entier, dans le champ morphogénétique.

Bien que dans la pratique les constellations familiales ne semblent pas être évocation des morts, pratique condamnée par le texte sacré (par exemple Lévitique 20,27), les expériences et les approches qu’elles pratiquent peuvent être attribuées à l’occultisme ou au spiritisme.


D’autres articles sur la page dédiée.

La pratique de la « guérison intergénérationnelle »

Note doctrinale de la Conférence Épiscopale Espagnole sur la pratique de la « guérison intergénérationnelle »

(traduction et sous-titres, D. Auzenet, avec deepl.com)

Justification de la présente note

Ces dernières années, dans certains diocèses espagnols, notamment dans le cadre de prières et de retraites organisées par de nouveaux mouvements religieux à caractère charismatique, on a constaté que des prêtres liés à ces mouvements pratiquaient ce que l’on appelle la « guérison intergénérationnelle ». Les évêques de la Commission pour la Doctrine de la Foi de la Conférence Episcopale Espagnole, ayant eu vent de cette situation, poussés par une grave préoccupation pastorale, ont décidé d’étudier la question en demandant des rapports à divers experts dans le domaine de la théologie dogmatique, de la théologie spirituelle et de la psychologie.

Sur la base des rapports reçus, lors de la réunion du 7 mars 2024, les évêques de la Commission, dans l’exercice de leur ministère d’enseignement et de vigilance sur le bien du Peuple de Dieu, ont jugé opportun de rédiger une brève note d’information sur la « guérison intergénérationnelle » et d’émettre une appréciation doctrinale sur le sujet, mettant en garde contre les risques de cette pratique, ainsi que contre le contexte théologique qui la sous-tend, étranger à la tradition et à la foi de l’Église catholique. Le texte a été approuvé pour publication lors de la réunion de la Commission permanente de la Conférence épiscopale espagnole, qui s’est tenue les 26 et 27 septembre 2024.

1. Origine, définition et risques de la guérison intergénérationnelle

Les fondements théoriques et la pratique de la « guérison intergénérationnelle », également connue sous le nom de « guérison de l’arbre généalogique », sont décrits dans les ouvrages controversés de plusieurs auteurs qui établissent des liens entre la psychologie, la médecine thérapeutique et la spiritualité. L’un des principaux auteurs est le thérapeute médical et missionnaire anglican Kenneth McAll (Healing the Family Tree, 1982), qui s’appuie sur la psychologie de Carl Gustav Jung, disciple de Freud, pour affirmer le lien entre certaines maladies et les forces du mal. McAll est suivi par le prêtre clarétain John Hampsch (Healing your Family Tree, 1986) et le prêtre catholique de la Société Saint-Joseph, Robert DeGrandis (Intergenerational Healing : A Journey to the Depths of Forgiveness, 1992), qui a popularisé la pratique dans le Renouveau charismatique catholique en s’y associant1 .

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De maitre reiki à disciple du Christ : le passage de l’occultisme au christianisme de Nelly Gillant

Avec un délicieux accent canadien… Un parcours étonnant à travers les pièges occultes et new-âge d’aujourd’hui.

Notons que ces parcours commencent souvent par des séances de spiritisme… Elle a commencé à prendre ses distances à la suite d’une séance d’écriture automatique (elle a vécu une grande oppression).

En fin de parcours : état dépressif, idées suicidaires, violence envers sa fille de 3 ans…

Voir aussi :

Naturopathie : un regard critique

Sur le blog lepharmacien.fr le docteur en Pharmacie et journaliste santé Alexandra Chopard présente Sohan Tricoire : « Une ex-naturopathe prend la parole pour expliquer ce que recouvre cette discipline et pourquoi elle a renoncé à la pratiquer« .

Devenue diététicienne, Sohan Tricoire a exercé en tant que naturopathe. A présent, elle passe au crible de la science tous les enseignements qu’elle a reçus lors de sa formation initiale mais aussi les idées promues sur la Toile par de nombreux « praticiens en thérapies alternatives ». Une excellente initiative permettant de pointer les dérives et le charlatanisme de certaines personnes peu scrupuleuses.

À l’occasion des Rencontres de l’esprit critique de Toulouse en avril 2022, Sohan Tricoire a donné une conférence intitulée « Regard critique sur la naturopathie ».

Pour comprendre ce qui pose problème avec la naturopathie, l’experte décrypte notamment les disciplines la composant, allant de l’iridologie aux techniques énergétiques, de l’hydrologie à la radiesthésie. Elle détaille ce que sont le vitalisme ou encore l’hygiénisme, deux des piliers de cette pratique et précise leurs limites. Elle revient aussi sur les raisons qui expliquent pourquoi il est si difficile de convaincre une personne adhérant à ce type de prise en charge des dangers qu’elle encourt.

Sur son site internet, la « naturopathe repentie » (telle qu’elle se décrit elle-même) propose également de nombreux articles sourcés permettant de creuser les sujets tels que l’alimentation végétale ou les vaccins. Une rubrique « revue de lectures » regroupant des critiques d’ouvrages santé est également mise à jour régulièrement.

Sur le blog Cortecs, on trouve en ligne une série de douze articles.

« Cette série d’articles a été rédigée avec la volonté de porter un regard détaillé et critique sur la discipline. Critiquer la naturopathie, en effet, mais je précise qu’il n’est pour autant pas question ici de remettre en cause les intentions louables des naturopathes, ni leur volonté sincère de prendre soin d’autrui. Il ne s’agit pas non plus de partir en quête d’une vérité absolue, mais d’alimenter des réflexions destinées à éviter de causer ou laisser perdurer des souffrances inutiles, de permettre à chacun.e de faire les meilleurs choix en termes de santé ».