Sylvothérapie, sonothérapie, rebirth

Tout récemment, Joyca (un des plus gros youtubeurs français) a publié une vidéo dans laquelle on le voit tester tout un tas de thérapies qu’il présente comme « vraies » voire « reconnues ». Mais lorsqu’on examine d’un peu plus près ces thérapies : aïe aïe aïe… C’est pour cela qu’il a fini par enlever sa vidéo suite à la polémique suscitée…

Dans cette vidéo, G. Milgram décrypte trois de ces pseudothérapies ; la sylvothérapie, la sonothérapie, le rebirth

Sur le site sosdiscernement, vous pouvez retrouver d’autres analyses sur ces sujets :

  • sylvothérapie, shirin yoku : ici
  • rebirth, respiation holothropique, hyperventilation ici

La communication facilitée ou psychophanie, la communication profonde accompagnée…

La « communication facilitée » nommée aussi psychophanie a débuté en Australie dans les années 1970 ; c’est Rosemary Crossley, directrice du centre DEAL de Melbourne, qui a mis au point cette méthode « révolutionnaire ». Des personnes autistes ou atteintes de retard mental ou encore de déficiences motrices importantes, pouvaient enfin s’exprimer normalement et même avec poésie, grâce au concours d’un assistant, ou « facilitateur », spécialement formé.

Comment ?

Le facilitateur soutient la main du patient en tendant l’index sur les lettres du clavier d’un ordinateur ou sur un tableau de lettres, en suivant les impulsions données par le patient.

Les parents étaient conquis. Non seulement leurs enfants s’exprimaient pour la première fois de leur vie, mais ils s’exprimaient parfaitement donnant des détails inattendus de ce qu’ils avaient vécu… La méthode s’est vite étendue pour faire face à d’autres difficultés psychologiques moins lourdes : pour des enfants ou des adultes présentant des troubles suivis habituellement par des psychiatres ou des psychologues.

Diffusion de la méthode

Ce succès a été relayé aux États-Unis par Douglas Biken, professeur de l’Université Syracuse de New York, invité par de nombreuses universités ou par nombre de médias, afin de présenter cette méthode capable de donner la parole aux sans voix. Anne Marguerite Vexai, orthophoniste, s’est formée en Australie puis a importé cette méthode sur le sol de France en 1993, formant à son tour d’autres orthophonistes et psychologues. Ainsi, des séances de communication facilitée ont été remboursées comme des actes d’orthophonie par la sécurité sociale. Mais, depuis 2005, une information judiciaire pour escroquerie et exercice illégal de la médecine est en cours à Saint-Brieuc.

Début de contestation

Entre-temps, en Australie, l’« Intellectuel Disability Review Panel », une commission d’étude des handicaps intellectuels qui avait étudié de plus près les méthodes et affirmations de Rosemary Crossley, émettait d’expresses réserves. Elle soulignait la grande fragilité et l’influence fusionnelle que peuvent avoir les facilitateurs sur leurs patients.

De plus, un certain nombre de parents se voyaient accusés d’avoir abusé sexuellement leurs enfants ou de leur avoir caché des secrets de famille à l’origine de leurs difficultés.

Toutes les études sérieuses ont révélé que si le facilitateur ne connaissait rien de l’histoire de son patient, celui-ci ne pouvait rien dévoiler si ce n’est les fantasmes du facilitateur lui-même. De plus, il pourrait s’établir une communication avec les défunts de la famille révélant le plus souvent des banalités, mais aussi des secrets de famille cachés pour le moins troublants.

Le processus d’apprentissage naturel de la parole et de l’écrit qui nécessite de la patience et du temps, paraît n’être plus utile. Des autistes se mettent à écrire des poèmes, révèlent des souvenirs qui s’avèrent exacts ; mais plus encore ils peuvent dévoiler des non-dits, des secrets de famille, voire même communiquer avec des défunts. La médiation moderne du clavier d’ordinateur devient le support d’une nouvelle forme de médiumnité, comme les tarots divinatoires et autres sciences occultes dont les « méthodes » se diffusent à haut rendement sur Internet et dans les librairies.

Par ailleurs, des parents ayant eu affaire à plusieurs « facilitateurs » successifs, ont constaté, selon la personnalité diverse de ceux-ci, une communication singulièrement différente de l’expression de leur enfant, (poèmes, souvenirs, etc.) ; de profondes et graves questions se sont alors posées…

Les désirs profonds des parents de rentrer en contact avec leurs enfants leur ont fait croire, dans un premier temps, en cette chance d’avoir enfin trouvé la méthode pour y arriver. Une grande subjectivité affective et émotionnelle veut transformer l’espoir d’un progrès en réalité. Et cependant des faits relatés par cette médiation peuvent se révéler exacts, ajoutant à la séduction opérée et à l’illusion d’une réelle communication. De même que pour une voyante ou un magnétiseur, pourraient se révéler des informations sur le passé ou sur des organes souffrants, ceci sans connaître vraiment les personnes et sans examen clinique !

Le rapport de 2006 de la MIVILUDES, (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) indiquait déjà les problèmes posés par cette méthode de la « communication facilitée ». Plus largement, elle s’inscrit parmi les dérives psychothérapeutiques où se situent les « faux souvenirs induits ».

Le rapport de 2007 de la MIVILUDES 16, nous en donne une définition en citant une association nord-américaine luttant contre les méfaits de ce symptôme : « le faux souvenir est une expérience déformée par la mémoire du sujet qui l’a vécu ou encore un souvenir imaginaire résultant d’un fantasme qui a remplacé inconsciemment un fait dans la mémoire. »

« Le faux souvenir induit résulte de techniques d’autosuggestion ou d’une influence indue qu’exercent certains thérapeutes. »

Il existe plusieurs sortes de faux souvenirs : « des faux souvenirs de maltraitance, des faux souvenirs de viols, d’inceste (la personne accusée étant souvent le père, parfois le frère) ou d’abus sexuels par une autre personne faisant figure d’autorité (enseignant, prêtre, nourrice, un ami de la famille…). Ou encore des faux souvenirs de vie antérieure etc. »

Le syndrome du faux souvenir est le fait de praticiens ramenant systématiquement toutes les difficultés de la personne à des souvenirs occultés souvent depuis la prime enfance… » 17.

Le « thérapeute » découvrant enfin l’origine des maux, invite son patient à prendre de la distance vis-à-vis de cet entourage familial si perturbant. Ce scénario est malheureusement trop fréquent, il invite à une grande prudence. Les diplômes d’orthophonie ou de psychologie ne doivent pas servir de garants à de telles pratiques qui sortent de leur domaine de compétence et entraînent de telles dérives.

Bertran Chaudet

Compléments, d’après des notes de 2005 (1)

Energies occultes

La phsychophanie ou « communication facilitée » est réellement une technique de communication que l’on pourrait qualifier de « chemin non verbal vers l’autre ».
Mais pour cela, le « facilitant » fait appel aux énergies occultes de la même façon que le médium ou tout autre personne qui utilise une technique énergétique et donc avec les mêmes dangers d’intervention d’entités psychologiques pour des non chrétiens, spirituelles pour des chrétiens mais de toute façon inconnues c’est-à-dire potentiellement dangereuses et peu recommandables.

Médiumnité

Le facilitant a développé sans le savoir des dons de médiumnité. Il est en fait un médium qui accède, par un travail, par force de volonté, à un corps énergétique subtil, non visible, non palpable dans lequel se trouve, entre autres, la mémoire du facilité, ses traumatismes ou blessures enfouies, ses émotions, ses passions, son émotivité, etc… Disons que les facilitants accèdent au psychisme des personnes mutiques qu’ils accompagnent ce qui expliquent que des faits réels ressortent. Mais l’interprétation, le psychisme, les émotions, les passions, les blessures du facilitant interviennent puisqu’il s’agit d’un échange énergétique. Il est impossible de faire le tri et de connaître la part de chacun dans ce qui est écrit.

Télépathie

La machine ou l’ordinateur qui sont utilisés pour communiquer ne sont que des supports tout comme la boule de cristal, le pendule ou les tarots. Le facilitant peut d’ailleurs travailler par téléphone ou à distance. Il s’agit de télépathie.
La télépathie est un don naturel entre des êtres qui s’aiment mais nous entrons dans le domaine du paranormal dès qu’il y a un travail volontaire pour obtenir des résultats.

Nécromancie

Le livre de Mme Vexiau, orthophoniste qui a importé cette méthode d’Australie relate bien que la technique peut mener à la communication avec des personnes décédées. Je crois qu’il est bon de rappeler que Dieu ne permet pas que nous communiquions avec les morts. Par conséquent, ce sont des entités qui parlent. Les énergies occultes sont régies par ces entités.

Idolâtrie

Nous sommes dans le spiritisme, la nécromancie, interdite dans la Bible mais aussi dans l’Église, la forme la plus grave d’idolâtrie. Les facilitants tout comme les médiums tentent d’accéder à des plans que Dieu nous a interdits depuis le péché originel.

Viol psychique et spirituel

Je crois qu’en leur âme et conscience, les facilitants doivent se poser cette question : La personne mutique est-elle véritablement libre ? A-t-elle la liberté et la capacité à refuser cette intrusion pour ne pas parler de viol psychique et spirituel ?

D. Auzenet

(1) Je pense que ces notes reprennent des écrits du P. Verlinde.


La communication profonde accompagnée

C’est une variante de la la Communication Facilitée… dont la « fondatrice » est Martine Garcin-Fradet

Sur ce site, par exemple, ou va retrouver les mêmes noms : Crossley, Vexiau… Chacun fait son miel à sa manière, mais l’outil est le même : mediumnité spirite…

Sur cet autre site encore, on va vous parler de mémoire du corps, concept n’ayant aucune validité scientifique. « L’objectif de ce travail est de permettre l’émergence aux travers des mots, d’un aspect du passé enfoui ou refoulé tel qu’il fût enregistré par la personne pour qu’il soit ensuite accueilli et intégré ».

Un exemple qui m’a été rapporté montre qu’une personne aidante, ayant pratiqué la CPA sur un membre de sa famille en impossibilité de communication orale, va continuer à chercher la relation avec cette personne une fois qu’elle sera décédée. La médiumnité se transforme alors en spiritisme, avec toutes les compromissions avec les esprits diaboliques que cela entraîne, ainsi que les parasitages paranormaux qui en sont la signature.

Les bons « amis » de la CPA sont la kinésiologie, les constellations familiales, et d’autres pseudo-thérapies alternatives new-age…

La pseudo-thérapie des « constellations familiales »

Quelques extraits d’une conférence de Mgr Rubens Miraglia Zani : « La pseudo-terapia delle “costellazioni familiari”: una sfida pastorale ». Vous pouvez consulter le texte entier (en italien) sur le site de l’Ass. Internationale des Exorcistes ici : https://www.aieinternational.it/la-pseudo-terapia-delle-costellazioni-familiari-una-sfida-pastorale/


Les « constellations familiales » sont une méthode de psychothérapie développée récemment par le psychothérapeute allemand Anton Suitbert Hellinger, plus connu sous le nom de Bert Hellinger (1925-2019).

Selon cette approche, les problèmes, les difficultés et les maladies des personnes seraient liés au sort des membres précédents de leur famille ou de leur groupe ethnique.

Le concept de « résonance morphique » est l’idée centrale selon laquelle une série d’informations se propage à travers une sorte de « mémoire collective ». Il convient tout d’abord de préciser qu’il n’existe pas d’études scientifiques définitives prouvant l’efficacité de cette pratique thérapeutique.

(…) Au cours de ses études, Hellinger a été initié à une méthodologie d’étude psychanalytique formulée par une Américaine, Virginia Satir, au milieu des années 1970. Satir avait développé sa propre méthodologie qu’elle avait « sculpture familiale ». Cette approche était dynamiquement basée sur la thérapie de groupe, qui impliquait plusieurs personnes qui vivaient des réalités problématiques et souffraient, afin qu’elles restent ensemble au cours de la thérapie.

Les « constellations » théorisées par Hellinger suggèrent qu’il existe trois « lois principales » :

  • La première est l’adhésion de chaque membre de la famille à l' »appartenance » au groupe familial
  • Deuxièmement, la famille a un « ordre » hiérarchique établi qui doit être respecté;
  • Troisièmement, la loi de réciprocité, c’est-à-dire la « compensation adéquate », pour les décisions et actions passées qui influencent le présent.

La constellation familiale vise donc à mettre en ordre ce qui n’est pas ordonné, à savoir la violation de l’une ou l’autre de ces règles. Si ces règles sont enfreintes, il faut « démêler les nœuds qui se sont formés dans les familles de génération en génération ».

Ainsi, selon cette théorie, « chaque être humain » porte en lui « toutes les informations des vies qui l’ont précédé, tant physiquement que mentalement ».

En quoi consiste cette méthode ?

Cette méthode reproduit pratiquement le même modèle que les « sculptures familiales » de Virginia Satir. Mais Bert Hellinger y intègre fortement le thème de l’hérédité, tel qu’il l’a observé dans les tribus zouloues.

Il convient de noter que, par exemple au Brésil, cette méthodologie n’est pas reconnue par le CFP (Conseil fédéral de psychologie), ni par le CFM (Conseil fédéral de médecine), en raison de l’absence d’études scientifiques prouvant son efficacité. Et elle ne devrait jamais être reconnue, car Hellinger lui-même la qualifie de « méthode phénoménologique », c’est-à-dire de méthode empirique, basée sur l’observation et les données obtenues par ‘expérience du chercheur, de sorte qu’une fois les données collectées et traitées, et les résultats testés, elle peut – selon lui – devenir une méthode scientifique.

La « constellation familiale » consiste en une expérience au cours de laquelle, tout d’abord, le « client » (c’est-à-dire le patient) présente le problème qui le préoccupe, puis le thérapeute l’interroge sur les événements survenus dans la vie des membres de sa famille, y compris les décès prématurés, les suicides, les meurtres, les maladies graves, les mariages précédents, les enfants ou les frères et sœurs, etc.

Sur la base de ces informations, le patient est invité à choisir parmi les membres du groupe de thérapie, de préférence en dehors de son histoire, ceux qui peuvent représenter des membres de sa famille ou lui-même. Ces personnes (appelées « représentants ») doivent être disposées, dans ce contexte, à « représenter » la manière dont le patient perçoit les relations au centre de son histoire (c’est-à-dire l’expérience émotionnelle).

Ensuite, guidé par les réactions de ces représentants, par la connaissance des « ordres de l’amour » et par leur lien avec le système familial du patient, le thérapeute oriente les représentants vers un cadre de résolution dans lequel ils occupent tous une place qui leur permet de se sentir bien au sein du système familial.

Cette méthode enseigne essentiellement que nous portons sans équivoque tous les maux qui se sont répétés dans l’histoire de nos ancêtres. Tout ce qu’ils ont vécu, les situations bonnes ou mauvaises, ce qu’ils ont commis, nous le portons en tant que « karma » ; par conséquent, ces situations peuvent interférer dans nos vies aujourd’hui.

Cette méthode considère que toutes nos réactions négatives, le manque d’amour, la dépression, la tristesse, le tempérament, le comportement, les émotions, ainsi que nos échecs économiques, affectifs et familiaux, nous les héritons de nos ancêtres. C’est pourquoi il est nécessaire que les participants – en thérapie de groupe – entrent et interviennent dans des séances qui semblent plus théâtrales qu’autre chose.

Alors, que penser de la « constellation familiale »

Tout d’abord, la réalité de la thérapie des constellations familiales n’est rien d’autre qu’un théâtre d’induction dans l’esprit des gens, qui fantasment des sentiments et des émotions comme s’ils étaient connectés à l’âme ou à l’énergie de ceux qu’ils représentent.

(…) Il y a des émotions qui, dans le moment du psychodrame, sont dramatisées et exposées, et qui coïncident parfois avec ce que vivent les participants. Cela a produit certains types de résultats : ce que l’on ne sait pas vraiment, c’est ce qui se passe ensuite.

D’un point de vue clinique, tout professionnel sérieux de la santé mentale sait à quel point il est dangereux de manipuler les patients pour susciter leurs émotions. L’utilisation « thérapeutique » des émotions est en effet une arme à double tranchant et peut entraîner des risques graves, parfois difficilement réparables. Les charlatans, en effet, sont passés maîtres dans l’art d’utiliser les émotions et la confiance des autres : l’émotion est addictive !

Faire preuve de logique et de bon sens

Les personnes qui participent à ces groupes le font parce qu’elles ont des problèmes. Les personnes en difficulté elles-mêmes sont appelées à « représenter » ceux qui « composent la scène » de la réalité personnelle d’une personne qui est là parce qu’elle a besoin d’aide.

S’il ne s’agit que de suggestion et de persuasion de l’esprit, les « acteurs » seront influencés par leur propre état intérieur (qui a besoin d’aide) et prétendront être connectés à l’« âme » ou à l’« énergie » de ceux qu’ils représentent, alors qu’en fait ils risquent de projeter leurs propres problèmes sur les réponses

D’un point de vue purement humain, on pourrait dire qu’il y a des gens qui ont des problèmes, qui projettent leurs problèmes sur … des gens qui cherchent de l’aide pour leurs problèmes! Résultat : il ne peut y avoir que de nouveaux et plus gros PROBLÈMES !

Rappelez-vous : « Toute démarche psychologique visant à investiguer et à faire ressurgir des souvenirs de périodes conflictuelles non surmontées peut provoquer chez la personne une crise dépressive, voire existentielle » (Bruno Costa).

D’un point de vue chrétien

Dans les constellations classiques et spirituelles, c’est l’idée d’être dans un champ morphogénétique qui guide. Le problème est le système, qui peut en réalité être comparé, comme nous l’avons déjà souligné, à un rituel chamanique en version moderne, où le chaman est le constellateur, avec d’autres vêtements, qui agit, sans agir.

Le constellateur est présent comme celui qui donne accès au champ morphogénétique, mais il se retire, pour laisser la grande force agir sur le client, qui suit les mouvements et les paroles des représentants de la mise en scène, mais aussi lui-même, ses perceptions concomitantes. Le client ne reçoit rien d’autre que ce qu’il a perçu, étant immergé dans la perception du corps entier, dans le champ morphogénétique.

Bien que dans la pratique les constellations familiales ne semblent pas être évocation des morts, pratique condamnée par le texte sacré (par exemple Lévitique 20,27), les expériences et les approches qu’elles pratiquent peuvent être attribuées à l’occultisme ou au spiritisme.


D’autres articles sur la page dédiée.

La pratique de la « guérison intergénérationnelle »

Note doctrinale de la Conférence Épiscopale Espagnole sur la pratique de la « guérison intergénérationnelle »

(traduction et sous-titres, D. Auzenet, avec deepl.com)

Justification de la présente note

Ces dernières années, dans certains diocèses espagnols, notamment dans le cadre de prières et de retraites organisées par de nouveaux mouvements religieux à caractère charismatique, on a constaté que des prêtres liés à ces mouvements pratiquaient ce que l’on appelle la « guérison intergénérationnelle ». Les évêques de la Commission pour la Doctrine de la Foi de la Conférence Episcopale Espagnole, ayant eu vent de cette situation, poussés par une grave préoccupation pastorale, ont décidé d’étudier la question en demandant des rapports à divers experts dans le domaine de la théologie dogmatique, de la théologie spirituelle et de la psychologie.

Sur la base des rapports reçus, lors de la réunion du 7 mars 2024, les évêques de la Commission, dans l’exercice de leur ministère d’enseignement et de vigilance sur le bien du Peuple de Dieu, ont jugé opportun de rédiger une brève note d’information sur la « guérison intergénérationnelle » et d’émettre une appréciation doctrinale sur le sujet, mettant en garde contre les risques de cette pratique, ainsi que contre le contexte théologique qui la sous-tend, étranger à la tradition et à la foi de l’Église catholique. Le texte a été approuvé pour publication lors de la réunion de la Commission permanente de la Conférence épiscopale espagnole, qui s’est tenue les 26 et 27 septembre 2024.

1. Origine, définition et risques de la guérison intergénérationnelle

Les fondements théoriques et la pratique de la « guérison intergénérationnelle », également connue sous le nom de « guérison de l’arbre généalogique », sont décrits dans les ouvrages controversés de plusieurs auteurs qui établissent des liens entre la psychologie, la médecine thérapeutique et la spiritualité. L’un des principaux auteurs est le thérapeute médical et missionnaire anglican Kenneth McAll (Healing the Family Tree, 1982), qui s’appuie sur la psychologie de Carl Gustav Jung, disciple de Freud, pour affirmer le lien entre certaines maladies et les forces du mal. McAll est suivi par le prêtre clarétain John Hampsch (Healing your Family Tree, 1986) et le prêtre catholique de la Société Saint-Joseph, Robert DeGrandis (Intergenerational Healing : A Journey to the Depths of Forgiveness, 1992), qui a popularisé la pratique dans le Renouveau charismatique catholique en s’y associant1 .

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