Rebirth veut dire renaissance en anglais. Peut-on renaître deux fois ? C’est la question fondamentale de Nicodème à Jésus.
Naissance de la méthode
Cette méthode est née dans les années 60, sous l’influence de Leonard Orr. Dans une interview au magazine «Psychologies», il livre quelques clés de l’origine de sa méthode : « J’avais été attiré par la spiritualité dès mon adolescence, notamment par les yogis et leurs techniques de respiration qui, disent-ils, permettent d’accéder à l’immortalité. » 12 Ces techniques se retrouvent notamment dans le pranayama ou yoga respiratoire. Orr fait référence également à l’énergie du Chi Qong. C’est dire qu’il se situe résolument dans une anthropologie orientale revue à la sauce New Age. « C’est cette extraordinaire fluidité des mouvements qui permet de faire circuler l’énergie en soi et autour de soi. »
Il relate ses premières expériences dans sa baignoire où il reste plus d’une heure, et expérimente alors un relâchement de son corps, un vagabondage de son esprit qui, dit-il, lui « fait dépasser ses limites habituelles ». Il vit alors un rêve éveillé, avec des sensations physiques et émotionnelles intenses. Ces conditionnements régressifs, lui permettent de retrouver des souvenirs de sa petite enfance, des traumatismes oubliés qui lui permettent une transformation qu’il a nommée rebirthing.3
Toutes les expériences sont possibles dans ces années soixante. Orr systématise son expérience dans des baignoires californiennes. Une personne est totalement immergée, avec un tuba permettant de réaliser des respirations contrôlées, en fait des techniques d’hyperventilation, tandis qu’une autre la soutient pour permettre une sensation d’apesanteur. Effectivement une expérience si régressive qu’elle rappelle les sensations d’un fœtus dans le ventre de sa mère.
Leonard Orr affine ensuite sa méthode, en sortant de l’eau, et en induisant des états modifiés de conscience par la modification des rythmes respiratoires.
L’hyperventilation est provoquée et contrôlée par le flux incessant de l’inspir et de l’expir sans pauses, et augmentée insensiblement durant une heure, jusqu’à une perte de contrôle respiratoire.
Tout récemment, Joyca (un des plus gros youtubeurs français) a publié une vidéo dans laquelle on le voit tester tout un tas de thérapies qu’il présente comme « vraies » voire « reconnues ». Mais lorsqu’on examine d’un peu plus près ces thérapies : aïe aïe aïe… C’est pour cela qu’il a fini par enlever sa vidéo suite à la polémique suscitée…
Dans cette vidéo, G. Milgram décrypte trois de ces pseudothérapies ; la sylvothérapie, la sonothérapie, le rebirth…
Sur le site sosdiscernement, vous pouvez retrouver d’autres analyses sur ces sujets :
Le milieu du travail semble a priori trop “sérieux“ pour véhiculer des idées qui n’auraient pas leur utilité, des outils qui n’apporteraient pas de résultat tangible. Et pourtant ! Les pratiques de l’ordre de la croyance, sans fondement solide, y sont omniprésentes ; des métiers de la tech à ceux de l’industrie ou de l’accompagnement.
Astrologie pour recruter, tests de personnalité pour mieux manager les équipes, coaching pour gagner en efficacité, chamanisme pour déterminer les grandes orientations de l’entreprise ou encore méditation obligatoire… Les plus grandes entreprises, les institutions étatiques et même les agences de recherche d’emploi y ont recours en masse. Mais ces “solutions“ profitent-elles vraiment aux travailleurs et travailleuses, permettent-elles d’augmenter les performances ou la qualité de vie au travail ?
En juin 2023, j’échangeais avec Camille Lin, la créatrice du podcast “Panser l’entreprise“, sur les croyances qui s’imposent actuellement au travail. Basée à Montréal, elle est consultante en prévention des risques psychosociaux et mène une réflexion opiniâtre sur les moyens de réduire la souffrance au travail en s’appuyant sur des données et des outils solides.
Attention : notre conversation, garantie sans langue de bois, risque fort de vous retourner le cerveau. J’espère qu’elle donnera envie aux décideurs en management, ressources humaines et formation de se détourner d’offres de service décidément inutiles et souvent problématiques !
Comment l’astrologie s’immisce-t-elle dans le processus de recrutement ? Quels sont les effets de la méditation et pourquoi est-elle proposée en entreprise ? Qu’est-ce que le chamanisme corporate ? Les tests de personnalité permettent-ils de mieux manager les équipes ? Peut-on se fier au coaching en entreprise ? Cette conversation explore toutes ces questions !
À propos des formations à la guérison de Henri Lemay
Dominique Auzenet
Depuis 2010, de nombreuses sessions sur la guérison ont été données dans les diocèses de France par un laïc canadien, Henry Lemay. Il était à ce moment-là Membre des Services Internationaux du Renouveau Charismatique Catholique (ICCRS).
Les diocèses de l’Ouest de la France ont été particulièrement concernés, avec l’agrément ou le silence de leurs évêques. Le contenu de ces sessions où l’on « apprend à guérir » s’enracine dans les courants psycho-spirituels des églises évangéliques et catholique.
Les dangers pastoraux : instrumentalisation de la Bible au service de la guérison prétendument divine, manque d’équilibre théologique dans la compréhension du charisme de guérison puisqu’on en fait le fruit d’un apprentissage humain…
Déjà dans les années 2010…
En 2012, j’avais rédigé un texte questionnant cette pratique :
La Conférence des ordinaires romands (COR) a souhaité qu’Henri Lemay, prédicateur issu du renouveau charismatique canadien, s’abstienne « de tout enseignement et prédication en Suisse romande » (info : La Croix).
Mais le manque de position claire de l’épiscopat français a laissé la porte ouverte à la prolifération de sessions qui ont continué à se dérouler en France, jusqu’à maintenant. La preuve :
Bien-être, créativité, énergies, connexion à la nature et cailloux magiques, les nouvelles spiritualités saturent notre réalité contemporaine. Trend hyper moderne ou rejeton d’un seul et même schéma religieux ? Dans cette vidéo on décortique les quelques grandes pratiques ésotériques à partir notamment de l’étude de Raphaël Liogier dans son ouvrage « Souci de soi, conscience du monde
Cette vidéo traite des dangers et des dérives des nouvelles spiritualités. L’approche est sociologique et anthropologique. Elle donne des repères intéressants dans ces domaines, notamment lorsque cela est intégré dans une perspective historique.
On nous dit que nos contemporains sont de plus en plus individualistes, et c’est sans doute vrai : obsession de l’apparence physique, de l’équilibre psychique, du développement personnel, quête du bien-être et d’un bonheur égocentré. Mais, dans le même temps, nous ne nous sommes jamais autant préoccupés du monde, du monde dans son ensemble, au-delà de toutes les frontières : conscience écologique, développement durable, dialogue des cultures, action humanitaire.
L’individuel d’un côté, de l’autre le global. Deux pôles apparemment inconciliables comme l’huile et l’eau, qui sont pourtant magiquement mêlés dans les consciences contemporaines. Ce mélange paradoxal a donné naissance à la religion dominante de notre temps, l’individuo-globalisme, qui imprègne tous les domaines de la vie humaine : la santé, la politique, le sport, l’éthique, et même l’entreprise.
Elle consacre l’authenticité, le naturel, le ressourcement, l’énergie et s’accompagne de pratiques (nouvelles, même si elles ont parfois des origines anciennes), telles que le yoga, la sophrologie, le qi gong, la méditation. Cette foi nouvelle est en train de changer, silencieusement, notre monde. D’imposer un nouveau rythme de vie, de nouvelles règles du jeu. C’est ce changement insidieux mais radical que cet essai se propose de décrire et d’expliquer. Raphaël Liogier est professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence où il dirige l’Observatoire du religieux.