Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI) : survivre aux violences dans l’enfance

Une série réalisée par MÉTA DE CHOC

Chapitre 1 : Qu’est-ce que le trouble dissociatif de l’identité ? Je me suis rendue dans le Sud de la France pour rencontrer Maïlé, atteinte d’un trouble dissociatif de l’identité, aussi appelé TDI. Elle a tenu à s’exprimer malgré la peur de s’exposer publiquement. Une peur perceptible dans sa voix, et vous comprendrez pourquoi au fil du récit de cette histoire aux multiples facettes. Parce qu’elle fait preuve d’une rare lucidité dans l’analyse de son vécu et de ses mouvements intérieurs, son témoignage est riche d’enseignement pour nous tous•tes. Vous qui allez avoir la chance de l’entendre, je vous demande d’observer le plus grand respect dans vos commentaires sur Internet. C’est important.

Chapitre 2 : Parler ne tue pas. Maïlé nous parle du quotidien des personnes TDI et de ce qui l’amène, elle, à témoigner aujourd’hui.

Chapitre 3 : Ce que l’enfant veut nous dire. Maïlé raconte avec pudeur et prévenance la folie des événements qu’elle a subis dans la secte catholique qui l’a vue naître. Son récit dévoile en filigrane les mécanismes qui ont permis l’impunité de ses bourreaux.

Chapitre 4 : Dans le vortex de l’emprise. Devenue adolescente, Maïlé tente de se rebeller mais le nombre de ses agresseurs augmente. Sa mise sous emprise atteint son paroxysme et la situation semble sans issue.

Chapitre 5 : La puissance de l’autodétermination. Les êtres humains sont complexes et leurs processus cognitifs pleins de surprises. Mon invitée nous raconte le parcours semé d’embûches qui lui a permis de sortir la tête de l’eau. Car oui, au bout du tunnel, il y a un rayon de lumière que la métacognition – la réflexion sur ses propres pensées – va lui permettre de toucher, dans une quête de connaissance d’elle-même et de guérison.

Chapitre 6 : Libérer l’esprit et le corps. Nous entrons dans le détail du processus thérapeutique et des étapes qui permettent progressivement à l’esprit et au corps de se libérer d’un passé traumatique. C’est alors que le beau détrône la laideur et qu’il nous laisse béat•es devant le spectacle de la vie qui reprend ses droits.

Emprise et abus spirituels

Une interview de Yves Hamant : « Il faut une Ciase 2 sur les phénomènes d’emprise et d’abus spirituels », dans un dossier de La Vie, « Quand la vie spirituelle devient toxique » (8/12/22).

Lanceur d’alerte sur les questions d’abus de pouvoir et de
conscience dans l’Église catholique, Yves Hamant recommande
la création d’une enquête, comparable à celle du rapport Sauvé,
pour analyser le problème en profondeur. 

Par Marie-Lucile Kubacki

Politologue, universitaire spécialiste de la Russie, catholique,
Yves Hamant est engagé aussi depuis plusieurs années dans la lutte
contre les dérives sectaires dans l’Église. En 2013, il
lance au sein d'un collectif de victimes et de leurs proches
l'Appel de Lourdes. Une initiative qui fait progresser la prise
de conscience des dérives sectaires au sein de communautés ou
mouvements d’Église.

A lire aussi : Yves Hamant : « Je ne crois pas que les choses aient beaucoup changé »

En 2013, vous avez été un des initiateurs de l’Appel de Lourdes, pour alerter l’institution sur la question des abus spirituels. Les choses ont-elles évolué depuis ?

Elles ont avancé en partie, mais un grand chemin reste à faire. Le principal problème est que globalement l’institution et les fidèles tendent encore à minimiser la gravité des phénomènes d’abus spirituels. Parce qu’ils estiment que « ce n’est pas aussi grave qu’un abus sexuel » et que comme cela touche généralement des personnes majeures, « elles étaient en capacité de se défendre ».

Ce genre de discours montre combien la plupart des gens ne comprennent pas ce qu’est l’emprise : un processus de dépersonnalisation au cours duquel l’abuseur prend le contrôle de votre volonté jusqu’à vous demander des choses délirantes. Par exemple : vous dépouiller de vos vêtements devant le saint Sacrement, comme dans l’affaire Santier. C’est extrêmement grave, car cela vous détruit moralement, psychologiquement, éventuellement physiquement et spirituellement. Bon nombre de victimes de ce type d’abus ne croient plus en rien et ne peuvent même plus prier, parce que Dieu leur est devenu comme insupportable.

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Les signalements de dérives sectaires ont augmenté de 33,6 % en 2021

Sur le site du journal La Croix le 2 novembre 2022 : Dérives sectaires : le gouvernement va organiser des assises (Pascal Charrier).

Les faits. Les signalements de dérives sectaires ont augmenté de  33,6 % en 2021, selon le rapport annuel de la Miviludes, qui doit être  publié jeudi 3 novembre. Des assises des dérives sectaires et du  complotisme devraient se tenir au premier trimestre 2023, a annoncé le  gouvernement, et la création d’un numéro Vert est à l’étude.             

En 2021, les signalements de dérives sectaires ont augmenté de 33, 6 % par rapport à l’année précédente, selon le rapport annuel de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui doit être publié jeudi 3 novembre. L’augmentation est de près de 50 % par rapport à 2015.

Au total, 4 020 signalements ont été enregistrés en 2021 et 20 ont été transmis à la justice. « Ce n’est sans doute que la partie émergée de l’iceberg », commente Sonia Backès, secrétaire d’État chargée de la citoyenneté, dont dépend l’organisme rattaché au ministère de l’intérieur.À lire aussiSectes : la lutte s’organise contre les nouvelles dérives, amplifiées par la crise sanitaire

L’augmentation statistique se double d’une évolution de forme. Au-delà de la permanence des habituelles « multinationales de la spiritualité », à l’image de la scientologie et des Témoins de Jéhovah, la Miviludes souligne la multiplication de « petites structures » présentes dans le domaine de la santé, du bien-être et de l’alimentation. Le rapport décrit un phénomène « à l’état gazeux », avec des groupes qui apparaissent et disparaissent. Enfin, « la mouvance chrétienne au sens large » représente 293 saisines, dont 106 sur le catholicisme et 168 sur le protestantisme.

Le champ de la santé représente 20 % des signalements

Le champ de la santé représente à lui seul 20 % des cas, soit 744 dossiers, dont 520 relèvent des thérapies non conventionnelles. C’est un sujet d’inquiétude, en raison du « danger majeur » que cela représente en termes de santé publique. « Quand vous avez un cancer et que l’on vous dit qu’il faut arrêter la chimiothérapie et qu’on vous vend des jus de légumes à la place, cela peut avoir des conséquences très graves », rappelle Sonia Backès.À lire aussi163 cas traités par la cellule des dérives sectaires dans l’Église

Le rapport évoque notamment Thierry Casasnovas, qualifié de « dérapeute », contraction de dérapage et de thérapeute. Cet homme, qui se présente comme étant « naturopathe, adepte du jeûne et du régime alimentaire cru », a fait l’objet de 54 saisines auprès de la Miviludes. Pour cette dernière, il exercerait une « emprise mentale » qui est de « nature à favoriser une dérive sectaire ».

La multiplication des « gourous 2.0 »

Les rapporteurs font également état de la multiplication des « gourous 2.0 » sur les réseaux sociaux, qui touchent en particulier les plus jeunes. Leurs activités sont à mettre en perspective avec le développement de thèses complotistes, qui entretiennent un « lien clair » avec les phénomènes sectaires et en sont une « porte d’entrée ». « Cela crée un terreau favorable », résume Sonia Backès, qui s’alarme de « la vulnérabilité des Français » face à ces thèses, notamment parmi la jeunesse : « Il y a tout un travail à faire en amont sur la formation à l’esprit critique. »À lire aussiÉcole : la méditation de pleine conscience soupçonnée de dérive sectaire

La secrétaire d’État prévoit de tenir au premier trimestre 2023 les premières assises des dérives sectaires et du complotisme, qui réuniront associations de victimes, services de l’État concernés et experts. « L’idée n’est pas juste de parler, mais qu’il en sorte un plan d’action pour faire évoluer nos réponses, assure-t-elle. On veut voir quels sont les outils qui nous manquent. » La création d’un numéro Vert pour recueillir les signalements est envisagée et des évolutions législatives ne sont pas exclues.

Une théorie du complot c’est quoi?

C’est une façon de penser, d’appréhender le réel en déconstruisant une position officielle pour créer sa propre version des faits.

Fiche réalisée par l’UNADFI, Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes. www.unadfi.org

Elle se fonde sur plusieurs critères :

La création d’une histoire

  • Invention d’un récit dans lequel le doute est systématique.
  • Un petit groupe agissant dans l’ombre est toujours incriminé.
  • Catégorisation entre« eux», les dominants, et « nous», les dominés.

Le secret

  • Une élite est liée par un secret commun.
  • Des codes et signes sont instillés partout à l’intention de ces initiés.

Des contre-vérités

  • Vrai et faux sont volontairement mêlés.
  • Conjugaison de désinformation (fausses informations) et de mal information (des faits véridiques) dans un même objectif de nuire.
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Ashram Shambala

Édition du jeudi 4 juin 2020 de « Crimes & Faits Divers », une émission de Jean-Marc Morandini diffusée sur NRJ12 Si vous voulez prendre connaissance du livre « Un Bisounours au pays des se(x)ctes » d’Alban Bourdy, c’est par ici : https://www.bod.fr/librairie/un-bisou…

« Un Bisounours au pays des se(x)ctes » est le témoignage fidèle de mes années passées au sein du mouvement spirituel sectaire Ashram Shambala. Ce mouvement, d’origine russe, est considéré par tous les experts pour être une des sectes les plus dangereuses au monde, qualifiée de totalitaire, destructrice et immorale.

Ce mouvement est typique du nouveau visage des sectes, loin des fantasmes sur le sujet, plus insidieux, implanté tentaculairement dans toutes les sphères de la société.

Cet ouvrage relate fidèlement tout le parcours qui m’a conduit à devenir durant trois ans, de 2010 à 2013, le représentant hexagonal d’Ashram Shambala.

Intimement impliqué émotionnellement avec la femme qui m’avait recruté, j’ai mis plusieurs années à ma sortie du mouvement pour apprivoiser de nouveau mon existence et parvenir à comprendre ce qui s’était passé lors de ce temps au-delà de ma vision subjective. Ce texte retrace tout ce parcours psychologique.

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