Survivante d’une communauté catholique charismatique et après ?

Maïlé témoigne ici de son enfance et de sa jeunesse sous l’emprise d’une secte, les dégâts causés dans sa vie, les dysfonctionnements des institutions et des professionnels, et propose des solutions et aussi un nouvel outil : le SECTOMÈTRE.

Elle intervenait le 4 octobre 2025 dans le cadre du colloque national du GEMPPI « Santé et dérives sectaires : le stress post traumatique » à l’Espace Ethique PACA-Corse, hôpital de La Timone – Marseille.

Avec des échanges avec la magistrate Marie-Laure Casenave de la MIVILUDES – Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : https://www.miviludes.interieur.gouv.fr/

Le calvaire d’une enfant élevée dans une communauté Charismatique sectaire

TDI : survivre aux violences dans l’enfance

La Famille Missionnaire de Notre-Dame

Dominique Auzenet

Beaucoup de personnes ont une perception très limitée de ce que peut être une dérive sectaire, un abus de faiblesse, un abus spirituel…

Peut-être l’application de l’étiquette « secte », très caractérisée il y a une trentaine d’années, pèse-t-elle encore d’un certain poids. C’est ainsi qu’on parlait autrefois de grandes sectes, sur lesquelles vous pouvez trouver des articles sur notre blog.

Mais nous avons changé d’époque. Nous parlons moins de « sectes », et plus de « dérives sectaires », caractérisées par des faisceaux d’indices portant l’empreinte d’une dérive, et pouvant mener à une emprise sectaire.

Je vous invite à consulter quelques articles sur la page DÉRIVES SECTAIRES ECCLÉSIALES, pour mieux comprendre comment on peut discerner la présence de ces indices de dérives dans l’Église elle-même.

Oser ce travail d’approche, c’est saisir comment tout n’est pas tout noir, tout n’est pas tout blanc. On peut avoir affaire à un mélange subtil de niveaux de gris. À l’intérieur d’une même communauté d’Église, qualifiée de communauté à dérives sectaires, certains peuvent avoir été préservés, d’autres fortement impactés… Il peut y avoir dans ces communautés des personnes en recherche juste et réelle de Dieu. Alors que le responsable est, ou a été toxique.

Il est inutile d’en appeler à une persécution larvée ou ouverte contre l’Église par le pouvoir judiciaire. Cette façon de regarder les choses en pensant qu’on vise à « transformer des choix religieux en indices de délit » est un refus de consentir aux réelles remises en cause nécessaires par rapport aux faits objectifs portés par les victimes.

Concernant la Famille Missionnaire de Notre-Dame

  • Vous pourrez faire vous-même une recherche sur internet concernant les débats animés autour de leur projet de construction d’une basilique en Ardèche.

Les articles récents sur le procès en cours du fondateur pour abus de faiblesse (janvier 2026) :

Quels sont les enjeux du procès de la Famille missionnaire de Notre-Dame jugée pour « abus de faiblesse » ?

« Plus on rentrait jeune, plus le sacrifice était beau ! » : au procès de la FMND, la délicate question des jeunes recrues

Entre vie religieuse et emprise, les leçons du procès de la FMND

Participants aux audiences

La condamnation

« En-deçà de ce qui avait été requis par la procureure de la République lors du procès, le Père Bernard est condamné à six mois de prison avec sursis, reconnu coupable d’abus de faiblesse sur une seule des cinq plaignantes. De son côté, la famille missionnaire Notre-Dame est reconnue coupable pour deux des plaignantes, condamnée à 50.000 euros d’amende, la moitié avec sursis. Les deux vont faire appel de cette décision ».

Sur le site Riposte-catholique

Sur Francebleu

Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre

40 ans d’abus spirituels et d’emprises psychologiques

Introduction à la vidéo sur le site KTO :

La Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques (CIASEP) a remis ce jeudi 15 janvier 2026 son rapport sur la congrégation des Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre.

En août 2024, cette commission pluridisciplinaire avait été chargée d’identifier et analyser les dérives survenues pendant plusieurs décennies. Quelle a été la méthode de travail de cette commission ? Quels sont les dysfonctionnements qui ont été constatés ? Quelles sont les préconisations du rapport, et quels enseignements généraux peut-on en tirer ?

Trois questions à Hervé Giaume, président de la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques au sein des Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre (CIASEP-BSCM)

Télécharger le rapport de la Commission

Le musée des horreurs :

L’article du journal la Croix

À lire aussi —> Une analyse des biais cognitifs par Natalia Trouiller

ABUS chez les religieuses de Montmartre : « Parfois les évêques n’osent pas s’immiscer »

« Je n’étais qu’un pantin entre ses mains » : les derniers secrets de mère Marie-Agnès, la diabolique du Sacré-Cœur

« Les sœurs ont voulu me séquestrer » : le jour où l’ancienne prieure des bénédictines de Montmartre a révélé la vérité (FC)

« Le rapport sur les Bénédictines de Montmartre est une étape essentielle, mais que d’angles morts ! » (LC)

Une démarche corrompue de prière pour les défunts

Dominique Auzenet

Vous pourrez la trouver en ligne ici : https://www.mariereine.com/accompagnons-nos-defunts-vers-la-lumiere-divine/ et vous en faire un PDF si le coeur vous en dit…

Cette autre adresse reprend la même proposition : https://boutique.labonnenouvelle.net/messes-et-services/1931-accompagner-nos-defunts-vers-la-lumiere.html


Examinons ce « service exceptionnel »…

1. Les messages de la Vierge cités ici proviennent d’une apparition non reconnue comme surnaturelle.

Dans sa conférence de presse du 19 sept. 2024, le Cal Fernandez, préfet du Dicastère pour le Doctrine de la Foi a indiqué qu’il faut continuer à parler, à propos de Medjugorje, de « supposés voyants » et de « supposés messages ». Il a demandé au pape si à l’avenir, notamment quand les supposées apparitions seront terminées, il serait possible que les faits de Medjugorje soient déclarés surnaturels. Le pape François a répondu : No, per niente (« Pas du tout »).

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L’éducation intégrale ?

Dominique Auzenet et l’équipe de sosdiscernement.

Cet adjectif, INTÉGRAL, est très tendance aujourd’hui. On avait l’habitude d’entendre parler de calcul intégral en mathématiques, d’édition intégrale pour la publication des écrits d’un auteur, et on pourrait multiplier les exemples. Mais on constate l’application de cet adjectif à des domaines nouveaux, (c’est ainsi qu’on va parler d’humanisme intégral1, d’écologie intégrale, d’éducation intégrale). Le mot apparaît aussi sous une forme de substantif (intégralisme) et son adjectif dérivé (intégraliste2).

Il faut donc tenter de mieux cerner les concepts utilisant cet adjectif. C’est difficile, laborieux, et cela supposerait une perspective étendue. Nous allons, dans cet article nous contenter de parler d’un seul domaine, comme annoncé dans le titre : l’éducation intégrale. Ce n’est qu’un article de réflexion, pas une thèse.

1. L’ÉGLISE ELLE-MÊME PARLE DE L’ÉDUCATION INTÉGRALE

« Éduquer aujourd’hui et demain », tel est le titre d’un document de la Congrégation pour l’Éducation Catholique, daté de 20143. Cet « Instrument de travail » « peut être utilisé pour effectuer un examen pastoral sur l’engagement de l’Église dans ce domaine, mais aussi pour promouvoir des initiatives de mise à jour et de formation pour le personnel travaillant dans les écoles et les universités catholiques ». On y trouve trois fois une mention de l’éducation intégrale, dont ce passage essentiel (§ III, 1, e) :

« Éduquer, c’est beaucoup plus qu’instruire. (…) L’école ne devrait pas céder à une (…) logique technocratique et économique, même si elle se trouve sous la pression des pouvoirs extérieurs et qu’elle est exposée à des tentatives d’instrumentalisation de la part du marché. Cela vaut d’autant plus pour l’école catholique. Il ne s’agit en aucun cas de minimiser les exigences de l’économie ni la gravité du chômage, mais de respecter l’intégralité de la personne des étudiants, en développant une multiplicité de compétences qui enrichissent leur humanité : créativité, imagination, capacité d’aimer le monde et de cultiver la justice et la compassion.

La proposition de l’éducation intégrale, dans une société en rapide mutation, exige une réflexion continue capable de renouvellement et d’enrichissement qualitatif. Dans tous les cas, la prise de position est claire : l’éducation que l’école catholique promeut n’a pas pour objectif la méritocratie d’une élite. Même si la recherche de la qualité et de l’excellence est importante, il ne faut jamais oublier que les élèves ont des besoins spécifiques, qu’ils vivent souvent des situations difficiles et méritent une attention pédagogique attentive à leurs exigences.

(…) Le paradigme de la compétence, interprété selon une vision humaniste, va au-delà de l’acquisition de connaissances ou de savoir-faire spécifiques. Il concerne le développement de toutes les ressources personnelles de l’étudiant et crée un lien significatif entre l’école et la vie. Il est important que l’école valorise non seulement les compétences relatives aux domaines du savoir et du savoir-faire, mais aussi ceux de la vie avec les autres et de la croissance en humanité. Il y a des compétences telles que par exemple celle de type réflexif, où l’on est l’auteur responsable de ses propres actes, les compétences interculturelle, délibérative, citoyenne, dont l’importance grandit dans le monde globalisé et qui nous concernent directement, de même que les compétences en termes de conscience, de pensée critique, d’action créatrice et transformatrice ».

Le terme d’éducation « intégrale » se rapporte ici au développement de la multiplicité des compétences et de toutes les ressources personnelles de chacun.

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