Les Témoins de Jéhovah

Pour réaliser le contenu de cet exposé, je me suis beaucoup appuyé sur les travaux de M. Philippe Barbey, chercheur en sociologie des religions, docteur en sciences sociales de Paris 5 Descartes-Sorbonne, diplômé de sciences religieuses de l’École Pratique des Hautes Études — EPHE. Sa thèse, Les Témoins de Jéhovah — Une analyse sociologique, a été publiée à l’Atelier National de Reproduction des Thèses — ANRT, Villeneuve d’Ascq, 2011. Sous-titre : Max Weber et les charismes spécifiques. La mondialisation d’un christianisme de conversion : un charisme d’évangélisation ?
Son site : http://barbey.jimdo.com

A. Qui sont-ils ?

1. Un peu d’histoire

C’est Charles Taze Russell (1852-1916) qui, à partir de 1870 en Pennsylvanie, un état des États-Unis, fonde ce mouvement religieux chrétien. D’origine écosso-irlandaise, il est presbytérien-congrégationaliste. Il coopère un temps avec un journal adventiste puis, en juillet 1879, il lance la publication de La Tour de Garde, journal religieux toujours publié par les Témoins de Jéhovah. Il déclare officiellement son association religieuse du même nom, La Tour de Garde, en 1884. Sa Société Biblique est toujours aujourd’hui dirigée par les Témoins de Jéhovah.

Charles Taze Russell
Charles Taze Russell (1852-1916)

Son message qui s’inscrit dans le christianisme premier est simple : Jéhovah (c’est le nom de Dieu dans la Bible) enverra bientôt son fils Jésus-Christ détruire les impies et rétablir le paradis sur la Terre. Il pointe, plus de trente ans auparavant, la date de 1914 comme l’année durant laquelle Jésus-Christ commencerait son règne et provoquerait la fin des temps. Les Témoins de Jéhovah croient toujours que le Royaume millénaire du Christ est proche.

fin du monde programmé
Fin du monde programmé selon les tj

À sa mort en 1916, malgré des dissensions à l’intérieur du mouvement, Joseph Franklin Rutherford (1869-1942) est élu président de la Société biblique La Tour de Garde. En 1931, par un vote des membres des assemblées locales, le mouvement prend le nom de Témoins de Jéhovah. Il s’agissait pour eux de se singulariser clairement des autres mouvements chrétiens. Ils ne voulaient plus être appelés Russellistes ou Rutherfordistes ou encore Etudiants de la Bible, des termes trop vagues pour eux.

Nathan Homer Knorr (1905-1977) succède à Joseph Rutherford après sa mort en 1942 à la tête de la Société La Tour de Garde. Il lance le mouvement dans un grand élan missionnaire. Le nombre de fidèles augmente sensiblement durant cette période. Le dernier président historique du mouvement des Témoins de Jéhovah est Frederick Franz, un universitaire qui a traduit la Bible avec un comité de traducteurs.

La crise de 1975 et ses conséquences : aux alentours de 1966, l’organisation qui a toujours enseigné l’imminence de Harmaguédon se risque à nouveau à recalculer une date : celle de 1975. Bien que cette échéance soit avancée avec plus de prudence, la ferveur des fidèles redouble, amenant un prosélytisme accru. Ainsi, le nombre de baptêmes, qui stagne entre 1960 et 1966 autour d’une moyenne de 65 153 par an, ne cesse de croître ensuite, passant de 58 904 en 1966 à 295 073 en 1975. Après 1975, il faut bien constater qu’Harmaguédon n’est pas arrivé comme prévu. L’échec de cette prédiction amène une nouvelle crise, qui est amplifiée d’une part par une tentative du Collège central de régenter la vie sexuelle des couples mariés, d’autre part par l’interdiction de consommer du tabac. Sur un total de plus de 2 millions de Témoins de Jéhovah, 551 000 quittent le mouvement entre 1975 et 1979. Cette crise touche également les instances dirigeantes : une réforme interne donne en 1976 l’essentiel des pouvoirs au Collège central, le président n’ayant plus qu’un rôle administratif sur la société Watchtower, elle-même ramenée à son rôle d’entité commerciale.

Quand Knorr meurt en 1977, Frederick Franz lui succède avec un pouvoir limité. C’est dans ce contexte que Raymond Franz, neveu du président et lui-même membre du Collège central, se trouve en désaccord avec une partie de l’enseignement et des pratiques de ses coreligionnaires, et démissionne avant d’être exclu en 1981. Raymond Franz écrit par la suite deux livres décrivant les rouages internes du Collège central et ses dérives : Crise de Conscience et À la recherche de la liberté chrétienne.

> Pour plus de détails historiques, on peut se reporter à l’article TJ dans Wikipédia.

2. Un mouvement orienté vers le pôle protestant évangélique

Même s’ils refusent cette assimilation, les Témoins de Jéhovah peuvent être identifiés à des protestants au sens historico-sociologique du terme.
Leurs croyances font systématiquement référence à la Bible en matière de foi et de vie chrétienne (Sola scriptura), refus de la papauté, du culte de Marie et des saints, de la croix latine — symbole de l’Église catholique —, des dogmes de l’Immaculée Conception, de l’Assomption mais aussi de la Trinité, sans fondement biblique, affirmation du don (charisma) gratuit du salut (Sola gratia), avec l’amendement apporté par Saint Jacques sur les œuvres indispensables à la foi.

Leur position sur la création ? Les Témoins de Jéhovah prennent la plupart des versets de la Bible au sens littéral ; mais peut-on les taxer de fondamentalisme ? Par exemple, ils ne croient pas que le monde a été créé en six jours de 24 h., mais plutôt sur une longue période de temps indéterminée ; ils croient néanmoins à la création par Dieu des premiers hommes, rejetant ainsi la théorie de l’Évolution.

Leur position sur Jésus-Christ ? Il est pour eux, comme pour tous les autres chrétiens, le Fils de Dieu. Mais il n’est pas Dieu. Dieu le Père est Jéhovah, nom sous lequel il est désigné dans l’Ancien Testament (Yahvé, Yahweh ou Jéhovah en français classique). Jéhovah Dieu a transféré la vie de son Fils, appelé dans les cieux Emmanuel ou l’archange Mickaël ou Michel, dans le sein de la vierge juive Marie pour qu’il naisse comme l’homme Jésus-Christ. En donnant sa vie pour l’humanité le 14 de Nisan de l’an 33 de notre ère, il en est devenu le Rédempteur.

Leur position sur la résurrection ? Grâce à cette rançon, les hommes qui sont morts seront ressuscités (recréés). L’Homme n’a pas d’âme, il est une âme. À sa mort, il disparaît complètement. Seul son souvenir reste dans la mémoire de Dieu qui pourra ainsi le recréer sur la terre après la guerre finale et l’instauration du Paradis. Comme la Bible le stipule clairement à la fois dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, l’âme, le sang et la vie étant liés et appartenant exclusivement à Dieu, les Témoins de Jéhovah refusent la transfusion sanguine et la consommation de viandes non saignées. Les Témoins de Jéhovah attendent toujours la fin de ce monde éloigné de Dieu.

Leurs pratiques reposent sur :
la piété personnelle, l’étude individuelle de la Bible, l’observance de pratiques collectives, la participation régulière au culte hebdomadaire, la place centrale de la prédication, en chaire et dans le cadre d’une activité d’évangélisation domiciliaire systématique dévolue à chaque Témoin (sacerdoce universel des croyants), le refus d’une conception sacrale du clergé, le baptême d’adultes par immersion (baptisme), l’inutilité de la confirmation, la Sainte Cène.

La Sainte Cène est pratiquée une fois l’an à la date correspondant au 14 nisan du calendrier juif (fête mobile) comme mémorial de la Passion du Christ selon la tradition Zwinglienne, le refus de la doctrine de la transsubstantiation.
Durant cette cérémonie, le pain et le vin symbolisant le corps et le sang du Christ circulent parmi les assistants. Seuls ceux qui estiment, en toute conscience, faire partie des 144 000 élus dont parlent le livre de la Révélation ou Apocalypse, considérés comme les derniers des 144 000 qui iront siéger aux côtés de Dieu après leur mort, consomment le pain et le vin ce jour-là. En 2013, ils étaient 13 204.

La prière ? Les services religieux sont peu émotionnels. Ils consistent en réunions d’étude pendant lesquelles les fidèles écoutent des discours, lisent la Bible, commentent les publications bibliques du mouvement, principalement La Tour de Garde, ou s’entraînent à la prédication.
Les Témoins de Jéhovah ne prient pas Jésus, jamais. Ils ne vouent aucune forme d’adoration au Fils de Dieu et le considèrent comme un ange. Ils prient seulement Jéhovah. Et pour eux le Saint Esprit n’est que la « force agissante » de Dieu. Plusieurs témoignages attestent que proposer à des TJ de prier avec eux le Notre Père, la prière de Jésus, les provoque à partir.

Dans la vie quotidienne, les Témoins de Jéhovah refusent, par pacifisme, d’accomplir un service militaire mais acceptent, par civisme, d’effectuer un service civil. Ils considèrent le salut au drapeau comme une marque d’idolâtrie. Ils ne fument pas pour éviter de souiller leur corps mais boivent de l’alcool avec modération.

Leurs pasteurs (anciens) sont des laïcs bénévoles qui exercent pour vivre une activité salariée, sont souvent mariés et pères de famille, bénéficient d’une formation interne longue et continue, assurent les cultes mais aussi les différents actes cultuels (baptêmes, mariages, enterrements), animent différentes activités (études bibliques en groupe, visites des malades et des isolés), représentent leur congrégation locale à l’extérieur, agissent sans hiérarchie au sein d’un conseil presbytéral (collège des anciens) pour la direction de la congrégation locale, assument pour certains d’entre eux des ministères spécialisés – construction de lieux de culte/salles du Royaume, soutien particulier aux malades hospitalisés, activités dans le domaine des médias ; d’autres encore, peu nombreux, assument leur ministère à plein temps dans le cadre de l’organisation du culte au niveau régional.

Leur position sur l’oecuménisme ? La comparaison entre les croyances et les pratiques du protestantisme et celles des Témoins de Jéhovah démontre une appartenance orientée vers le monde protestant, bien qu’ils ne se disent pas protestants au sens institutionnel du terme. Le désir des Témoins de Jéhovah de restituer le message du Christ, de revenir aux usages et aux croyances de la toute première Église, leur inscription dans la rupture avec toutes les autres Églises, leur radicalité théologique, tout cela amène les Témoins de Jéhovah à rejeter l’œcuménisme ou toute affiliation à des regroupements institués d’Églises se réclamant du christianisme et du protestantisme.

> Pour eux, leur mouvement est le seul que Dieu peut agréer du fait de ses positions neutres quant à la politique ou aux guerres. Le christianisme ne peut cautionner aucune violence. Les religions chrétiennes ayant demandé à leurs aumôniers de bénir les conflits armés, elles se sont disqualifiées définitivement aux yeux de Dieu.

3. Un mouvement chrétien millénariste

Les Témoins de Jéhovah sont un mouvement chrétien eschatologique, millénariste, utopique, volontaire, élitiste, protestataire, radical et militant.

Eschatologique. Les Témoins de Jéhovah attendent fébrilement la fin (eschatologie) du monde dans sa forme actuelle à l’issue de la bataille d’Harmaguédon. Les tremblements de terre, les épidémies, les famines mondiales annoncés par le Christ dans les évangiles en seraient la preuve irréfutable.

Millénariste. Ils attendent le rétablissement du Royaume de Dieu, un règne qui, selon l’Apocalypse, durera mille ans (millénarisme). À la fin de cette période, les hommes auront la possibilité de renier Dieu. Ceux qui le feront mourront définitivement. Les autres resteront pour toujours dans le paradis restauré.
Utopique. Le caractère utopique est le corollaire du millénarisme. Les Témoins conçoivent le paradis restauré comme une théocratie où la mort, la maladie, l’exploitation de l’homme par l’homme seront abolies. Pour l’instant, leur organisation constitue dans l’esprit des fidèles un paradis spirituel, une sorte de déjà-là du Royaume.

Volontaire. Ils forment un groupe volontaire au sens où le candidat reçoit le baptême après en avoir fait personnellement la demande. L’eau baptismale peut lui être refusée s’il ne se conduit pas conformément aux principes du christianisme tels qu’ils sont compris par les Témoins de Jéhovah.

Élitiste. Cette confession chrétienne peut être qualifiée d’élitiste dans la mesure où elle prétend être la seule organisation de salut acceptée par Dieu. D’un côté, les profanes qu’il faut respecter, mais ne pas fréquenter parce qu’ils appartiennent sans le savoir à un monde qui repose entre les mains du Diable, de l’autre les fidèles. Seuls les convertis seront sauvés.

Protestataire. Il s’agit aussi d’un groupe protestataire. En effet, les Témoins de Jéhovah condamnent sans ambages les sociétés actuelles violentes et refusent la transfusion de sang total, une pratique médicale communément admise bien que de plus en plus encadrée et surveillée.

Radical. Le mouvement est radical au sens où il rejette par principe tout compromis avec les systèmes politiques sur les questions du militarisme et du patriotisme. Ses membres se considèrent comme neutres, c’est-à-dire qu’ils ne prennent pas position. Par essence chrétienne, ils sont totalement non-violents et ainsi ne constituent jamais une quelconque menace ni pour les biens, ni pour les personnes, ni pour l’ordre public. Même s’ils sont persécutés ou menacés, ils refusent toujours la violence. S’ils sont interdits, ils poursuivent leurs activités religieuses dans la clandestinité.

Militant. Le militantisme est un de leur trait fondamental, peut-être leur label. Leur prédication opiniâtre et mondiale de la venue proche du Royaume de Dieu est désormais légendaire.

4.Les Témoins de Jéhovah dans le monde : effectifs et expansion géographique

Dans un contexte de recomposition religieuse généralisée ou plutôt, devrait-on dire, de décomposition religieuse chrétienne, dans les pays développés, le christianisme jéhovéen, en plus d’un siècle, s’est fait une place. Les Témoins de Jéhovah sont particulièrement nombreux aujourd’hui en Europe, en Amérique du Nord et en Asie de l’Est, surtout au Japon, en Corée du Sud et aux Philippines.

En 2014, les Témoins de Jéhovah regroupaient près de 20 millions d’assistants lors de leur célébration annuelle du Mémorial dans leurs Salles du Royaume dans quasiment tous les pays du monde. Ils étaient plus de 8,2 millions d’actifs dans plus de 115.400 assemblées locales. Aux USA, leur foyer historique, ils sont plus de 2,5 millions ; 2,3 millions au Mexique, 1,7 millions au Brésil, près de 460.000 en Italie, berceau du catholicisme, 307.000 en Argentine.

Voir : http://barbey.jimdo.com/relations-avec-les-etats/monde/

* Les États-Unis et les pays anglo-saxons restent la valeur sûre de la foi jéhovéenne. Les USA et le Canada représentent à eux seuls presque 1.359.700 proclamateurs, soit 16,6 % des effectifs au plan mondial. Mais, les Européens les ont maintenant dépassés.

* Les pays européens sont majoritairement chrétiens, principalement catholiques romains au Centre et au Sud, protestants au Nord et à l’Ouest, catholiques orthodoxes à l’Est. Avec 1.611.036 proclamateurs (19,6 % de l’effectif mondial), l’Europe reste un foyer jéhovéen majeur au plan mondial et compte aujourd’hui davantage de proclamateurs que dans le foyer historique des Témoins de Jéhovah en Amérique du Nord, même si la proportion des Témoins de Jéhovah états-uniens reste supérieure à celle des Témoins de Jéhovah de l’Europe.

En France, leur communauté compte plus de 261.000 personnes (métropole et départements ultramarins), ce qui fait de ce groupe religieux chrétien la cinquième religion de France.

voir : http://barbey.jimdo.com/organisation/effectifs/

* Sans conteste, l’Amérique latine est aujourd’hui le foyer d’expansion des Témoins de Jéhovah au niveau mondial et le nombre d’études bibliques ainsi que le nombre d’assistants au Mémorial laissent entrevoir un accroissement très important dans l’avenir. L’exemple du Mexique (2.306.486 fidèles), de l’Argentine (307.654) et du Brésil (1.728.208) est intéressant à analyser quant aux ressources que trouvent les proclamateurs jéhovéens pour monter à l’assaut de ces bastions catholiques tout en faisant face à la concurrence évangélique, dans des pays à régimes très différents en ce qui concerne les rapports entre l’État et les religions.

* Dans le continent asiatique, immense et bigarré sur le plan religieux, les Témoins de Jéhovah déploient leur charisme d’évangélisation dans un milieu non-chrétien avec un certain succès en Asie de l’Est. Néanmoins, leur implantation est très irrégulière dans la partie orientale de ce grand continent. Les Témoins de Jéhovah se heurtent à des mentalités très différentes de celle de l’Amérique du Nord ou de l’Europe. Le poids des traditions familiales et sociétales est très lourd. La culture religieuse est diverse et marquée principalement par le Bouddhisme et le Shintoïsme. L’Asie de l’Est représente 6,2 % des proclamateurs du monde. Mais, en Chine et en Inde, le scénario a été très différent et l’implantation jéhovéenne dans ces territoires comptant plus de 2,5 milliards d’habitants, a quasiment échoué. D’une part les proclamateurs Témoins de Jéhovah se sont largement buttés à ces obstacles culturels asiatiques quasi insurmontables. D’autre part, le régime communiste chinois a enrayé toute progression religieuse possible par une répression systématique.

* La résistance acharnée de l’Islam aux Témoins de Jéhovah. Au Proche et au Moyen Orient, en Asie centrale, en Asie du Sud-Est, en Afrique du Nord et en Afrique saharienne, l’Islam est installé ou gagne du terrain (Il existe cependant quelques exceptions : Israël, le Liban, les pays du Caucase). Dans ces pays du Sud à majorité islamique dans lesquels l’intolérance religieuse règne, la pénétration jéhovéenne est quasiment enrayée. De fait, les Témoins de Jéhovah sont peu présents dans les pays où l’Islam domine. Pour la plupart des pays arabes du Proche-Orient, les chiffres sont tout simplement indisponibles comme pour l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats Arabes unis, l’Iran, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, la Syrie ou le Yémen.

En Asie centrale, des pays comme l’Afghanistan, l’Ouzbékistan ou le Turkménistan ont recours à la violence pour faire taire les prédicateurs jéhovéens. Si les Témoins de Jéhovah sont l’objet de mauvais traitements et de tortures dans un certain nombre de pays intégristes musulmans, d’autres pays musulmans, comme la Turquie (2.465 proclamateurs), choisissent une autre voie. Pourtant, la Turquie ne reconnaît pas de statut d’objecteur de conscience.

Au plan mondial, on constate que partout où les gouvernements construisent un véritable respect des droits de pratiquer librement la religion de son choix et admettent l’objection de conscience en matière politique, militaire et médicale, les Témoins de Jéhovah progressent.

B. Précisions sur quelques aspects particuliers :

1. Aspects financiers

La société Watchtower dispose de revenus financiers assurés par les dons volontaires des fidèles. Une partie de la somme récoltée dans chaque congrégation est généralement reversée à la filiale locale. De plus, chaque fidèle peut aussi faire des dons en espèces ou en nature directement à la filiale locale, sans passer par la congrégation.

En 2001, la société Watchtower était classée parmi les 40 sociétés générant le plus haut revenu à New York, atteignant les 951 millions de dollars de recettes annuelles. Cette même année, elle annonce avoir dépensé « plus de 70,9 millions de dollars pour permettre aux pionniers spéciaux, aux missionnaires et aux surveillants itinérants d’accomplir leur ministère ». Moins de 10 % ! Étonnant pour un mouvement essentiellement prosélyte… Selon certaines estimations, la fortune totale de la société Watchtower s’élève bien au-delà d’un milliard de dollars, et est surtout constituée de biens immobiliers. Cette puissance financière n’est que rarement destinée à des œuvres sociales ou humanitaires, mais est principalement réinvestie dans le prosélytisme.

2. Bible : la Traduction du Monde Nouveau

La Bible, dont ils ne retiennent que les 66 livres figurant dans le canon protestant, est considérée par eux comme intégralement véridique. Elle est donc selon eux scientifiquement et historiquement exacte et digne de foi. De plus, ils considèrent qu’elle a déjà prédit l’avenir, notamment des événements pour notre époque, principalement dans le livre de l’Apocalypse.

Dans les faits, le contenu de la doctrine, que les Témoins de Jéhovah nomment « la vérité », vient de l’enseignement du Collège central. Ce dernier dispense une interprétation plutôt littérale de la Bible, mêlée de commentaires allégoriques concernant principalement (mais pas exclusivement) les livres de Daniel et de l’Apocalypse. Le mouvement prétend qu’il est impossible de comprendre pleinement la Bible sans recourir à son aide. Qu’elles soient littérales ou non, le mouvement présente indistinctement ses interprétations comme étant « bibliques » ou « basées sur les Écritures », même lorsqu’elles sont « spécifiques aux Témoins ». Même si chaque Témoin de Jéhovah est encouragé à lire et à étudier la Bible chaque jour, aucun n’est autorisé à dévier de l’interprétation officielle, sous peine d’être accusé d’apostasie et excommunié.

S’agissant de la Traduction du Monde Nouveau, on peut constater, à la fois dans le texte et dans les commentaires qui en sont faits dans les écrits du mouvement, qu’elle est biaisée ou truquée pour promouvoir pratiques et doctrines du mouvement (divinité du Christ, mort et résurrection du Christ, Saint Esprit, Trinité, l’homme le péché et la mort, etc.). La critique qui revient systématiquement concerne l’introduction du nom de « Jéhovah » dans le Nouveau Testament, qui ne figure dans aucun manuscrit grec de la Bible. Voir :

http://radix.ecclesiae.pagesperso-orange.fr/inf.desinfo.t-j.html

La Bible et les Témoins de Jéhovah

http://www.info-sectes.org/tj/tmn.htm

http://jw-verite.org/les-temoins-de-jehovah-face-a-la-bible/9-traduction-du-monde-nouveau-bible-temoins-de-jehovah.html

3. La Christologie des Témoins de Jéhovah

Le symbole (Credo) provenant des importants Conciles de Nicée et de Constantinople développe la christologie d’une manière peut-être pas très familière pour les croyants d’aujourd’hui, mais qui répond à une société, une culture et, surtout, aux propres hérésies de l’époque : « Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père, par qui tout a été fait. Pour nous et pour notre salut, il descendit du ciel ; par la puissance de l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ».

La christologie des TJ rejette explicitement ceci, parce qu’elle n’accepte pas le « scandale » de l’Incarnation, le mystère d’un Dieu qui s’est fait homme. Cependant, elle célèbre la mort et la résurrection de Jésus, mais en parlant d’un homme exceptionnel qui existait avant nous, comme le plus élevé des anges. Rien de plus. Ce n’est pas nouveau, évidemment, au regard de l’arianisme et de l’Islam. Même en parlant de « christologie basse », l’usurpation du caractère chrétien par les TJ est claire.

4. Morale et vie familiale

Les Témoins de Jéhovah sont encouragés à respecter un code de pureté strict. La fornication, l’adultère et l’homosexualité sont considérés comme des péchés. Les jeux d’argent, l’idolâtrie et le spiritisme sont condamnés, tout comme la violence et ce qu’ils considèrent comme des « atteintes à la vie » comme l’avortement, les sports extrêmes, la drogue, l’ivrognerie et même le tabagisme. L’apostasie, c’est-à-dire le fait de rejeter tout ou partie du dogme jéhoviste, est aussi considérée comme un péché grave.

Selon le sociologue Andrew Holden, la famille jéhoviste est de type patriarcale, c’est-à-dire que la femme se soumet à l’autorité de son mari, et les enfants à celle de leurs parents, même dans le cas où le mari n’est pas Témoin. Le divorce n’est possible qu’en cas d’adultère. Cependant, comme le note l’historien James Penton, ce terme adultère a été interprété différemment au fil du temps. À partir de janvier 1972, il exclut de sa définition l’homosexualité et la zoophilie, pour être compris quelques mois plus tard comme concernant tous les rapports sexuels considérés comme illicites, incluant la sodomie et la fellation entre personnes mariées. Toutefois, à partir de 1978, les pratiques sexuelles entre personnes mariées ne sont plus légiférées.

5. Les affaires de pédophilie

Certains critiques accusent les Témoins de Jéhovah de promouvoir une politique qui encourage les adeptes victimes d’abus sexuels à ne pas s’en plaindre aux autorités compétentes. Ainsi, plusieurs victimes de tels abus affirment avoir été incitées au silence par des anciens de leur congrégation, afin de ne pas porter préjudice au coupable et à l’organisation. Barbara Anderson, une ex-adepte ayant travaillé au siège mondial, constate que de nombreuses affaires de pédophilie sont étouffées en interne, la politique du mouvement décourageant les Témoins de Jéhovah ayant connaissance des faits de porter plainte contre leurs coreligionnaires. William H. Bowen, un autre ex-adepte, constate le même genre de dérives, ce qui le pousse à créer le site internet SilentLambs (« agneaux silencieux ») dans le but d’aider les victimes et de dénoncer les coupables. Le 14 juillet 2002, un documentaire de la BBC, qui fut seulement repris aux États-Unis par les chaînes CBS, CNN, établit — sur les témoignages de Bill Bowen, qui avait passé vingt ans au sein de l’organisation — l’existence d’un fichier secret faisant état de 23 720 cas de pédophilie au sein de la Société de la Tour de Garde. Bill Bowen déclara que les « pédophiles étaient protégés par le système ».

Aux États-Unis, la justice a condamné à plusieurs reprises les témoins de Jéhovah pour leur politique de non-dénonciation des pédophiles aux autorités compétentes. En juin 2012, la Cour supérieure du comté d’Alameda, en Californie, condamne la société Watchtower à verser 21 millions de dollars de dommages punitifs, plus 40 % des 7 millions de dollars de dommages compensatoires à la plaignante, Candace Conti, qui a été abusée par un témoin de Jéhovah pendant plusieurs années sans que la justice ne soit saisie. En octobre 2014, la société Watchtower de New York est à nouveau condamnée pour des faits similaires. Elle doit payer cette fois 13,5 millions de dollars au plaignant. Peu de temps avant que cette dernière affaire éclate, un article du Daily Mail va même jusqu’à parler d’une « épidémie insidieuse d’abus sexuels sur des enfants » chez les témoins de Jéhovah.

Dans le livre : « Faites paître le troupeau de Dieu », véritable code pénal interne, ouvrage ultra-confidentiel, puisque réservé exclusivement à la formation des responsables T.J., on trouve à la page 73 de ce livre de la Watch Tower, une référence biblique, celle de Dt 19, 15-17, énonçant la règle de deux ou trois personnes présentes et témoins pour que l’affaire soit traitée. Évidemment, faute d’avoir deux ou trois témoins, le crime n’est pas traité et le criminel laissé en liberté. Les anciens remettront l’affaire entre les mains de Jéhovah, l’affaire est classée, est-il écrit. Est-ce normal qu’une organisation réclamant le statut de religion loi 1905 ait son propre code pénal et son propre tribunal parallèles à ceux de La République ? Est-il normal qu’une telle organisation laissant des criminels en liberté ne soit pas dissoute et ses activités interdites ? L’Église catholique est elle-même en mesure d’entendre certaines de ces questions… et l’on comprend la ligne de conduite des papes Benoît XVI et François à ce sujet.

6. Rejet des transfusions sanguines

Historiquement, les Témoins de Jéhovah ont toujours refusé de manger des aliments faits principalement à partir de sang. De plus, ils se sont aussi méfiés de certaines pratiques médicales, telles que la vaccination. Cette méfiance n’est plus d’actualité aujourd’hui, les Témoins de Jéhovah faisant désormais confiance à la médecine traditionnelle. Toutefois, les transfusions de sang, qui étaient vues favorablement sous la présidence de Rutherford, ont été interdites à partir de 1945. Ainsi, les Témoins qui acceptent sciemment les transfusions pour eux ou pour leurs enfants, et ce même lorsque le pronostic vital est engagé, commettent un péché et sont excommuniés s’ils ne se repentent pas. Des exceptions sont toutefois admises depuis les années 1980 concernant le cas des hémophiles.

Depuis qu’ils les refusent, les Témoins de Jéhovah font valoir que les transfusions sanguines ne sont pas exemptes de risques et affirment que de nombreux médecins ont reconnu que l’adhésion des Témoins à ce qu’ils considèrent être des normes bibliques, les a avantagés sur le plan médical. Cela n’est cependant attesté par aucune étude indépendante. De plus, ces solutions alternatives ne sont envisageables que dans le cadre strict de la chirurgie programmée, sous certaines conditions définies, alors que dans le cadre de l’urgence, il n’existe pas aujourd’hui de produits disponibles en alternative à la transfusion de globules rouges.

Il n’existe pas de statistique officielle recensant le nombre de décès de Témoins de Jéhovah par refus de transfusion sanguine. Toutefois, le Journal of the American Medical Association du 5 février 1997 publie la recension d’un ouvrage rédigé par un ex-Témoin de Jéhovah qui affirme que des milliers de décès en découleraient.

Selon un article du journal Le Monde du 28 octobre 2001, les responsables du mouvement en France ont reconnu en 1999 que chaque année un témoin sur 300 se trouvait confronté au problème de la transfusion, et que dans pas moins de 15 cas les transfusions étaient nécessaires. Une analyse dans quatre hôpitaux de Nouvelle-Zélande sur une dizaine d’années, comparant les patients transfusés à ceux qui, Témoins de Jéhovah, ne l’étaient pas, a montré que les premiers risquaient dix fois moins de mourir ou d’avoir des complications cardiaques, neurologiques ou infectieuses que les patients Témoins de Jéhovah.

Dans des domaines particuliers, comme celui des femmes enceintes, plusieurs études dans différents pays démontrent le danger de la position des Témoins de Jéhovah. Une étude anglaise sur les causes de mortalité des femmes en couche démontre qu’entre 1994 et 1996, le taux de mortalité des femmes Témoins était de 1 pour 1 000, soit bien plus que le taux général de 1 pour 100 000. Une étude américaine expliquait que les femmes Témoins avaient un risque 44 fois plus élevé que la moyenne de mourir à l’accouchement à l’hôpital du Mont Sinaï de New-York. En 2006, une étude hollandaise indiquait un risque de mortalité de 14 pour 1000 chez les patientes Témoins de Jéhovah contre 4,5 pour 1000 pour le reste de la population.

7. Lieu de culte et réunions

La salle du Royaume est le lieu de culte des Témoins de Jéhovah. C’est un bâtiment ouvert au public, où se réunissent parfois plus d’une congrégation, et qui accueille généralement de 50 à 100 personnes à la fois. Elle n’est pas spécialement ornée et possède une architecture variable suivant les endroits, mais est avant tout conçue de manière à être fonctionnelle. Elle est généralement composée d’une grande salle dans laquelle le public se réunit pour écouter l’orateur, ainsi que d’une salle secondaire plus petite.

lieu de culte tj
Photo de Robert de Jong sur un lieu de culte des témoins de Jéhovah

Les réunions de la congrégation réunions assurent la « formation » continuelle de tous, y compris celle des enfants, leur apprenant à connaître l’interprétation jéhoviste de la Bible et à l’utiliser tant dans leur vie personnelle que durant la prédication. Les réunions sont donc considérées comme fondamentales pour chaque Témoin de Jéhovah, qui est encouragé à y assister régulièrement. Cinq réunions se tiennent chaque semaine dans les congrégations et sont généralement réparties en deux séances, plus particulièrement le week-end et en soirées. L’étude biblique de la congrégation (30 mn), l’école du ministère théocratique (18 mn) et la réunion de service (30 mn) se tiennent en général un soir de la semaine. Le discours public (30 mn) suivi de l’étude de La Tour de garde (1h15) se déroulent pendant le week-end.

À ces réunions hebdomadaires s’ajoutent trois assemblées annuelles, dont la durée varie entre un et trois jours, et qui rassemblent plus ou moins de fidèles suivant leur importance. Du plus petit rassemblement au plus grand, il existe des assemblées de circonscription, régionale, et des assemblées internationales. C’est notamment lors de ces assemblées qu’ont lieu les baptêmes.

8. Prosélytisme

L’activité de prédication, ou « prosélytisme », est considérée par les Témoins de Jéhovah comme étant une œuvre de salut. Puisqu’ils croient que la fin de notre monde est très proche, il est essentiel pour eux d’avertir leurs contemporains, non seulement par amour du prochain, mais aussi pour éviter de se rendre coupable d’une « dette de sang ». C’est leur principale activité. Ils la pratiquent sous plusieurs formes telles que le porte-à-porte, le démarchage par téléphone ou encore de façon informelle, dans les rues ou les marchés. Elle peut revêtir des formes intrusives. Elle bénéficie d’une logistique forte leur permettant de déployer rapidement des publications attractives en plusieurs langues. C’est une vraie question : tout aspect de puissance devrait être passé au crible de l’Évangile (y compris dans la « nouvelle évangélisation » catholique).

Depuis l’époque de Knorr, la prédication est organisée de façon systématique, chaque congrégation ayant la responsabilité d’une zone géographique afin que chaque foyer soit averti au moins une fois. Les Témoins de Jéhovah doivent remplir chaque mois un « rapport de prédication ». Se basant sur ces rapports, l’organisation publie chaque année le nombre d’heures qui a été consacré par les Témoins à la prédication, soit selon elle plus de 1,84 milliard en 2013. À la fin des années 1980, on estime que la moitié seulement des « conversions » intervenues aux États-Unis sont imputables à cette méthode, le reste venant principalement de l’engagement des enfants des adeptes. L’efficacité de cette méthode a décru avec le temps. Selon les statistiques fournies par la société Watchtower, il fallait 1 630 heures de prédication pour parvenir à un baptême en 1970, 2 970 en 1990, et 5 450 heures en 2010.

proselytisme lieu public

Lors de leur activité de porte-à-porte, les Témoins de Jéhovah (TJ) ont pour objectif de s’introduire dans les familles afin d’y conduire ce qu’ils appellent « une étude biblique à domicile » sur des supports comme : « Qu’enseigne réellement la Bible » à raison d’une heure par semaine. Ce support a la caractéristique de comporter des paragraphes et des questions numérotés, le TJ pose la question et la personne qui le reçoit chez elle lit le paragraphe tout en cherchant la réponse induite par la société d’édition new-yorkaise Watch Tower qui dirige les Témoins de Jéhovah du monde entier. La personne est invitée à prendre une règle et un stylo et à souligner la réponse induite, qui n’est pas le produit de sa réflexion.

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En procédant ainsi, cette réponse soulignée dans le livre s’inscrit dans la mémoire. Les personnes sont amenées à franchir des étapes à leur insu, les amenant à penser, agir et réagir en Témoins de Jéhovah. En six mois cette méthode atteint son apogée lorsque l’esprit critique est annihilé. Les personnes ne pensent plus par elles-mêmes, elles sont rendues semblables aux adeptes comme clonées, donc prévisibles et corvéables à souhait. Privés de leur esprit critique, les adeptes obéissent aux injonctions et inductions de la multinationale new-yorkaise Watch Tower. Ils sont amenés à chanter des cantiques dont les paroles sont séditieuses envers l’État, tel le cantique 62 intitulé : « A qui appartiens-tu ? » Il est question de deux dieux et maîtres ? L’un est vérité, l’autre est factice, c’est-à-dire faux, un choix est imposé ; quel est ce faux dieu et maître ? César, c’est-à-dire l’autorité, l’État, ses institutions, ses lois et son Code Pénal ! N’y a-t-il pas là une incitation à la désobéissance envers l’État, ses lois et ses institutions, qu’on retrouve par exemple dans le traitement en interne des cas de pédophilie ?

> Voir Jean-Pierre Coquand, ancien membre, auteur de : Aliénation et prises de conscience.

Jean-Pierre Coquand : « Pourquoi j’ai quitté les Témoins de Jéhovah »

9. Baptême

Le baptême représente pour les Témoins de Jéhovah une étape capitale dans leur engagement religieux. Il doit se faire en connaissance de cause, c’est pourquoi les Témoins de Jéhovah ne baptisent pas les bébés ou les petits enfants. Il est pour eux le seul moyen de vouer leur vie à Jéhovah et servir son organisation. Devenir un Témoin de Jéhovah actif et le rester est, selon eux, le seul moyen d’échapper à la destruction prochaine du monde actuel à Harmaguédon.

Pour se faire baptiser, le candidat doit en faire la demande aux anciens de la congrégation qu’il fréquente. Ceux-ci vont alors lui demander s’il s’est d’abord voué à Jéhovah dans la prière, vérifier sa connaissance des doctrines du mouvement, et s’assurer qu’il mène une vie conforme aux enseignements. Le baptême a lieu en général lors des assemblées, où les candidats sont présentés à tous les participants. Ils sont ensuite conduits dans une piscine, où on les baptise par immersion complète.

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10. Isolement social

Les Témoins de Jéhovah sont encouragés à se tenir « séparés du monde », qu’ils considèrent comme mauvais et voué à disparaître bientôt. Cette séparation implique que les relations avec ceux qui ne sont pas Témoins, fussent-ils de la famille proche, sont réduites au minimum. Un Témoin de Jéhovah qui suit les conseils donnés par la société Watchtower, ne fréquente pas un non-Témoin de Jéhovah.

De plus, les Témoins de Jéhovah ne fêtent ni les anniversaires, ni les fêtes religieuses comme Noël, Pâques, ni les fêtes patriotiques ou Halloween ou le Nouvel an. Il ne leur est pas interdit d’organiser des fêtes et de s’amuser lors de mariages, d’anniversaires de mariage, ou de sorties récréatives, mais le cadre de ces divertissements est fortement contrôlé.

Les lectures ou les émissions qui pourraient pousser à l’immoralité ou la violence, ou même qui font simplement référence à la magie, ou qui pourrait introduire des doutes comme la philosophie, doivent être proscrites. Les adeptes sont aussi encouragés à limiter l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux, qui sont considérés comme dangereux. En fait, tout contact avec des idées contraires à celles promues par la société Watchtower est prohibé.

La société Watchtower décourage fortement les adeptes de remettre en cause ses doctrines ou ses conseils, et même d’entrer en contact avec des raisonnements critiques. Chacun est encouragé à faire confiance à l’organisation, comme s’agissant de celle de Dieu lui-même.

Le temps réservé de façon hebdomadaire aux réunions et à leur préparation, ainsi qu’aux activités liées à la prédication, laisse de toute façon aux Témoins de Jéhovah peu de temps pour les loisirs. De plus, ils sont encouragés à renoncer à faire de longues études ou à suivre une carrière profane, et ce afin de se consacrer « entièrement à Jéhovah ».

Pour les Témoins de Jéhovah, cette « séparation du monde mauvais » est perçue de manière positive et sécurisante. Ils ont ainsi l’impression de se trouver parmi le « peuple de Dieu », à l’abri d’un monde corrompu et voué à l’échec. La contrepartie est la peur de l’excommunication, qui rejette toute personne déviant des principes fixés par l’organisation.

11. Excommunication

Le souci de préserver la « pureté » des congrégations a particulièrement été mis en avant par l’organisation à partir des années 1950, époque à laquelle sont codifiées les règles d’excommunication. La dénonciation des fautifs est encouragée, et peut même entraîner une violation du secret professionnel. Si cela s’avère nécessaire, les anciens peuvent aussi s’assurer, par des « visites pastorales » à son domicile, que chaque adepte vit conformément à la doctrine. Les anciens doivent reprendre les « transgresseurs » et disposent pour cela de plusieurs mesures de discipline religieuse, en fonction de l’importance des fautes commises. La « notation » et la « réprimande » concernent tout Témoin de Jéhovah qui se conduit d’une manière déviante par rapport aux normes fixées par le mouvement. Il sera conseillé de limiter la fréquentation d’un tel individu pendant quelque temps, et il se peut que les anciens décident de suspendre sa participation à certaines activités cultuelles.

L’excommunication, qui est la mesure la plus radicale, est appliquée à un adepte qui commet ce qui est considéré comme un « péché grave » et ne se repent pas. Elle fait normalement suite à un « comité de discipline religieuse » conduit par plusieurs anciens. Cette mesure implique la coupure immédiate des liens spirituels, sociaux et affectifs entre l’excommunié et l’ensemble des fidèles de la congrégation, fussent-ils de sa propre famille. Les excommuniés ont encore le droit d’assister aux réunions de la congrégation, mais ils sont évités et personne ne les salue. Comme les Témoins de Jéhovah limitent leurs relations avec les gens du monde extérieur, la majorité des excommuniés se retrouvent très seuls. Beaucoup deviennent donc dépressifs, voire suicidaires. Dans bien des cas, ils sont donc contraints de tout faire pour réintégrer le mouvement, principalement pour retrouver un milieu familial et social. Ceux qui décident de quitter le mouvement « n’ont que rarement l’occasion d’en sortir avec dignité. Non seulement leur départ est annoncé depuis le podium, mais ils sont aussi condamnés comme s’ils étaient malades mentalement ou apostats ».

12. L’ostracisme, une pratique cruelle

Passant au crible les Rapports annuels des TJ pour la période 2000-2010, nous découvrons que 1.335.139 membres ont quitté le Mouvement ou sont devenus inactifs. C’est une situation dramatique vu le nombre total répertorié de membres : 7.224.930 pour l’année 2010. Il est clair que le taux élevé de turn-over est dû au grand nombre d’entre eux qui quittent le mouvement.

Tous les Témoins qui quittent le Mouvement pour raison de conscience le font douloureusement, en sachant qu’ils seront étiquetés hérétiques par les « bons » Témoins. Même les membres de leur famille proche devront arrêter de les fréquenter étant donné qu’ils ont été exclus et seront traités comme bannis. Les règles du Mouvement n’envisagent pas de sortie honorable. L’excommunication peut être un outil très efficace de contrôle social, mais le Mouvement, à l’évidence en fait un grossier abus. Ces traitements de rejet causent de gros dégâts affectifs, psychologiques et psychiques.

Dans ce contexte, le système disciplinaire d’expulsion adopté par le Mouvement apparaît comme un instrument de pouvoir sur ses membres. Le recours à la menace de l’ostracisme en cas d’exclusion est une forme d’extorsion spirituelle, un chantage spirituel. Ils sont réellement « poignardés dans le dos » sous des accusations injustifiées et quelquefois perverses, en subissant un « lynchage moral » et on les laisse comme morts spirituellement face à ceux qui les connaissaient. Tout cela est-il de l’exagération ? Loin de là, tant de cas dépeignent ce qui arrive à l’intérieur du Mouvement, et qui relève de « l’emprise mentale », pour « protéger » ses membres d’une « contamination » externe.

13. Caractère sectaire

Au sens sociologique. Le groupe religieux des TJ possède toutes les caractéristiques de ce qu’on nomme une secte au sens sociologique : adhésion volontaire, appartenance accordée selon le mérite, exclusivité (ses membres se considèrent comme un peuple à part), idéal de perfection personnelle revendiqué par les fidèles, pas de clergé mais seulement des laïcs, un engagement militant important, une vie axée autour du christianisme jéhovéen, un refus de la compromission, et l’affirmation d’une identité chrétienne forte. Néanmoins, on ne peut pas le considérer comme une secte du point de vue juridique, mais bien comme un mouvement religieux minoritaire chrétien important au plan mondial, marqué par un certain nombre de dérives sectaires.

Au sens commun. Plusieurs anciens Témoins de Jéhovah font état de dérives sectaires. Raymond Franz, ancien membre du Collège central, accuse ce dernier de faire preuve d’autoritarisme et de refuser d’accorder la liberté d’expression aux adeptes. Il ajoute que le Collège central incite à séparer les familles et briser des amitiés, à la suite des conséquences des excommunications. Alan Rogerson présente ses anciens coreligionnaires comme des personnes endoctrinées dont les croyances et les pensées sont formées par la société Watchtower. Il précise que le Témoin récemment converti doit se conformer immédiatement à toutes les doctrines de la société, ce qui implique que ses croyances personnelles soient progressivement éradiquées s’il reste dans le mouvement. Heather et Gary Botting font remarquer quant à eux que la plupart des Témoins, bien que capable de pensées intelligentes et raisonnées, ont délégué la direction de leurs vies à l’organisation afin d’obtenir le paradis. Ils délèguent toute responsabilité et droits concernant leur vie privée, laissant ainsi la société Watchtower penser à leur place. En France, on le sait, ce groupe religieux a été classé par les rapports parlementaires de la Miviludes parmi les groupes religieux à dérives sectaires, avant d’être promu au rang de religion sous la pression de la CEDH.

Les liens avec d’autres sectes. En octobre 1992, les contacts des Témoins de Jéhovah aboutirent à la fondation de la Fédération Internationale des Religions et Philosophies Minoritaires. Ce cartel regroupe l’Église de Scientologie (reconnue comme religion officielle en Espagne en 2008) dont le fils du fondateur, Ron Hubbard, attestait qu’il était le successeur du sataniste Crowley, l’Église de l’Unification ou secte Moon, les Raéliens (secte ufologiste avec un culte sexuel), les druides celtiques, les satanistes, la Méditation transcendantale, les rites Memphis et Misraïm de la Franc-maçonnerie, ainsi que la secte des sorcières de la Wicca Occidental. Qui connaît comprendra.

14. Appartenance du fondateur à la Franc-Maçonnerie

La question semble saugrenue car les témoins de Jéhovah dénoncent dans leurs publications l’occultisme et la franc-maçonnerie. Cependant certains faits concernant Charles Taze Russell sont parlants en ce sens. Dans une allocution, Russell prétendit qu’il avait accès aux plus grandes loges.

Des réunions dans des temples maçonniques. Lancer une nouvelle religion demande de la logistique. Il est étonnant de constater que la plupart des réunions des premiers Témoins de Jéhovah se tenaient dans des temples franc-maçons ou sociétés secrètes apparentées.

Des symboles franc-maçons dans les publications. Le symbole maçonnique des chevaliers templiers figura sur la couverture de la Tour de Garde. Mais surtout, sur plusieurs livres des témoins de Jéhovah se trouve un autre symbole occulte à la présence inexpliquée : le « Disque solaire ailé ». Ce symbole est utilisé par les maçons du 33e degré (degré le plus élevé) et eux seuls en connaissent le sens. Dans les rituels de magie égyptienne, il est suspendu au-dessus de l’autel en direction de l’est et est utilisé pour invoquer le sylphe (génie de l’air dans la mythologie gauloise et germanique), pour lui demander sa protection et sa coopération. On ne peut que s’étonner de la présence de ce symbole maçonnique « magique » sur des livres à destination des « chrétiens ».

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source :info-secte.org – disque solaire ailé sur livres de tj

Les funérailles du pasteur Russell. Plusieurs symboles occultes et maçonniques sont présents lors des funérailles du pasteur Russell, celles-ci sont décrites en détail (mais probablement sans arrière-pensées) dans la Tour de Garde (Watchtower) du 1er décembre 1916, version anglaise. Le déroulement des obsèques de Charles Taze Russell ne tient pas du hasard : dans ses dernières volontés publiées dans la Tour de Garde du 1° décembre 1916, Charles Taze Russell signale avoir donné à sa sœur M. M. Land et aux filles de celle-ci, Alice et May toutes les consignes qu’il voulait faire respecter. Les cérémonies qui accompagnèrent l’incinération de son corps et son enterrement se déroulèrent selon les Rites rosicruciens.

Un cimetière maçonnique ? Le cimetière où sont enterrés Russell et les premiers responsables de la société des témoins de Jéhovah est aujourd’hui au sein d’un immense complexe maçonnique à Pittsburgh, il n’y a pas de clôture entre les deux. Qu’en penser ? Pourquoi avoir choisi cet aménagement si Russell n’avait aucun lien avec la maçonnerie ? La franc-maçonnerie aurait voulu l’honorer, qu’elle n’aurait choisi meilleur lieu pour conserver à sa vue un mémorial de C.T. Russell. Sur cet aspect, voir :

http://www.info-sectes.org/tj/russel.htm

15. La marche vers la reconnaissance comme religion officielle

Les TJ sont reconnus comme religion officielle en Italie, en Norvège et en Bulgarie. En France, la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905 stipule que le culte est organisé par le régime juridique des associations cultuelles. Même si les Témoins de Jéhovah ont été mentionnés en France parmi les mouvements sectaires par des commissions d’enquête parlementaire sur les sectes, ils ont entrepris les démarches nécessaires pour bénéficier du statut d’association cultuelle et ainsi se distinguer des mouvements considérés comme sectaires. En effet, devenir une association cultuelle permet à un groupe « sectaire » d’asseoir de façon définitive sa reconnaissance sociale. Suite à de longues démarches administratives et judiciaires et à une jurisprudence construite en leur faveur, les autorités françaises ont décidé de leur accorder ce statut cultuel, y compris à leurs instances nationales depuis 2002. Le mouvement des Témoins de Jéhovah en France est de loin celui qui a revendiqué avec le plus de succès le bénéfice d’une reconnaissance officielle, relative en particulier à son statut de culte.

Un virage décisif a été pris le 30 juin 2011 : la Cour européenne des Droits de l’Homme, à l’unanimité, a condamné la France pour ‘atteinte à la liberté de religion’ dans la question de la taxation des offrandes cultuelles faites par les fidèles entre 1993 et 1996. Par cette décision susceptible d’appel, la CEDH confirme que les Témoins de Jéhovah sont bien une ‘religion’.

L’agrément de leurs ministres du culte comme aumôniers des prisons par le Garde des Sceaux est considéré comme la dernière étape de reconnaissance du culte des Témoins de Jéhovah. En juin 2011, la Cour administrative d’appel de Paris a confirmé « que l’association  » Les Témoins de Jéhovah de France  » bénéficiait du statut d’association cultuelle régie par la loi du 9 décembre 1905 ». Le 16 octobre 2013, le Conseil d’État a entériné la jurisprudence censurant les arguments de l’administration pénitentiaire pour refuser l’agrément des aumôniers Témoins de Jéhovah, en confirmant les arrêts des cours administratives d’appel de Paris, de Douai et de Nancy. Outre les textes fondamentaux, les juges ont rappelé que le code de procédure pénale prévoit que « chaque détenu doit pouvoir satisfaire aux exigences de sa vie religieuse » et « participer aux offices ou réunions organisés » par des aumôniers agréés. Ils ont également considéré que le refus ne peut se baser légalement sur « l’insuffisance du nombre de détenus se revendiquant de la confession des Témoins de Jéhovah ».

Les Témoins de Jéhovah font désormais partie des sept confessions agréées au niveau national. Au 1er janvier 2015, ils disposaient ainsi d’un aumônier national des prisons et de 105 intervenants cultuels répartis sur le territoire français. Leur rôle est « de célébrer les offices religieux, d’animer des réunions cultuelles et d’apporter l’assistance spirituelle aux personnes détenues ».

Selon le secrétaire général de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), « les témoins de Jéhovah ne sont pas une secte parce qu’en France, il n’y a aucune secte ». Il considère cependant « que les Témoins de Jéhovah posent un certain nombre de problèmes qui, [du] point de vue [de la Miviludes], sont caractéristiques des dérives sectaires », même s’il considère que cela ne constitue pas de troubles à l’ordre public.

J’ajoute personnellement qu’il faut garder une conscience vive concernant trois axes problématiques dans la doctrine, la vie, et la pratique des TJ :

– l’imposture chrétienne évidente

– le prosélytisme intrusif et logistique

– l’emprise sectaire (nombreux témoignages).

L’espace dialogal est quasiment absent dans le rapport aux TJ : on ne peut les connaître vraiment qu’à travers les témoignages de ceux qui en sont sortis, ou en y entrant soi-même.

D. Auzenet +, mars 2016

 

DES RESSOURCES POUR ALLER PLUS LOIN

*** http://jw-verite.org : La vérité sur les Témoins de Jéhovah, jw.org, Watchtower. Très nombreuses ressources. Site d’un homme dont les parents étaient T.J., et qui a tout étudié en détail à la naissance de son premier enfant…

* Des livres pouvant venir en aide aux TJ :

http://lestemoinsdejehovahlenversdudecor.blogspot.fr

* Dossier sur les TJ sur le site Vigi-Sectes

http://vigi-sectes.org/categorie/mouvements-religieux/temoins-de-jehovah/

* Témoins de Jéhovah : les dessous de l’histoire (livre de 430 p. de Pierre Oddon en lecture sur le site ou en téléchargement) http://www.info-sectes.org/tj/tjldh/index.htm

* Tous les sites et groupes de discussion connus (malheureusement, beaucoup de liens inactifs)

http://www.info-sectes.org/pages/liens.htm

> Site-phare belge sur la problématique des TJ

http://www.aggelia.be

> Témoignages d’ex-membres

http://www.info-sectes.org/tj/temoign/index.htm

> Histoire insolite et secrète des TJ, Ed. Book on demand, 2015. Par un ancien adepte.

> Dossier sur « l’excommunication, une atteinte aux droits de l’homme » sur le site de l’ADFI :

http://www.unadfi.org/bibliothèque/l’excommunication-une-atteinte-aux-droits-de-l’homme

Enquête sur le business de la communication non verbale

Une analyse critique des pseudo-sciences du « langage corporel ».

Un livre de Pascal Lardellier.

Les relations interpersonnelles fascinent à bon droit. Existe-t-il pour autant un « langage secret du corps » qui dévoilerait nos intentions et trahirait nos émotions ?

Depuis quelques années, de nombreux ouvrages proposent de « décoder les gestes » et de « décrypter le sens caché du non-verbal ». De nouvelles « disciplines », créées ex nihilo, affirment permettre de « lire dans autrui à livre ouvert ». Et les relations professionnelles ou amoureuses n’auraient plus de secrets pour ceux qui « possèdent les clefs ».

Ces folles promesses répondent à une demande sociale : le « décryptage de la gestuelle », véritable business, massivement enseigné dans la formation continue, utilisé sans vergogne dans le coaching ou le recrutement. Car qui peut sérieusement prétendre « lire » dans le corps et les pensées d’autrui ?

L’enquête menée dans ces pages met au jour les ressorts d’une imposture scientifique, en révélant l’incroyable faiblesse de toutes ces « théories ». Replaçant ces « gourous de la communication non verbale » dans un contexte historique, social et professionnel plus large, on découvre que leur prose est porteuse d’une idéologie aux accents quasi sectaires. Ne s’agit-il pas de suivre la « parole du maître », afin de rendre ses relations efficaces et rentables ?

De nombreux experts apportent leur éclairage sur la vogue de ces bonimenteurs dans cet ouvrage au ton incisif et engagé. Un très utile « lexique de la communication non verbale » complète l’ouvrage.

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Psychophonie. Éléments de réflexion

Loin de vouloir contester les bienfaits du chant sur notre corps et ses bénéfices sur notre «climat intérieur ». Je ne doute pas qu’une approche selon les indications de Marie-Louise Aucher puisse apporter une prise de conscience renouvelée d’une voix bien posée et des résonances du son et de la musique sur tout notre être. Je voudrais cependant vous faire part d’un bémol concernant l’anthropologie qui sous-tend sa méthode. En effet, Marie-Louise Aucher se référait à une tradition orientale et initiatique qu’elle a adaptée à notre culture occidentale. Les niveaux de vibration sonore auraient un effet sur les différents étages de notre corps et sont utilisés notamment dans un but d’auto purification pouvant entraîner une ouverture des chakras, sorte de centres énergétiques de notre corps. (Des écoles ésotériques proposent une correspondance entre ces connaissances venues d’Orient et la physiologie et l’anatomie de la science médicale occidentale.) Bien des thérapies alternatives reposent ce type d’explication.

Voici le témoignage d’une religieuse spécialiste du chant liturgique qui a bénéficié des enseignements de Marie-Louise Aucher, avant de prendre des distances :

« Ces expériences m'ont permis de découvrir le monde des vibrations sonores et de ses bienfaits sur le corps, dans une intériorité qui n’a rien intellectuelle. Là où j’ai été mal à l'aise, c'est quand elle a commencé à parler de spiritualité et de la relation entre les sons et les chakras. En chantant dans mon dos les trois octaves de l'échelle sonore, elle a découvert et m'a révélé des zones de blocage, sans que je ne lui ai rien demandé. Plus grave, c'est elle-même qui me l’a raconté, elle avait dit à une jeune novice que son chakra du sommet de la tête (chakra coronaire) était ouvert, preuve selon elle, du niveau de spiritualité élevée qu'elle avait atteint… Cette novice a quitté définitivement la vie religieuse trois mois après !... »

Il y a un risque potentiel de manipulation de la personne, d’autant plus que l’harmonisation provoquée par la psychophonie est sensée « englober toutes les dimensions : physique, psychique et spirituelle. » Effectivement, « on peut rapprocher la psychophonie du yoga, de la gymnastique chinoise, des techniques énergétiques et des arts martiaux » comme le dit l’article. Marie-Louise Aucher distribuait des photos du visage du Bouddha faisant admirer son calme et sa sérénité.
Sommes-nous là dans la même spiritualité que celle de l’écoute de tout notre être d’une Parole Révélée ?

Il peut y avoir une séduction très grande à ressentir dans notre corps des subtilités vibratoires dont nous ne nous doutions pas. Nos modes de vie, tendus, pressés nous empêchent sans doute de retrouver une juste intériorité. Les berceuses de nos grands-mères, et les chants et danses de nos traditions orales produisaient aussi des effets détendants ou tonifiants.

La tradition grégorienne nous fait aujourd’hui redécouvrir des lieux de résonance entre le corps et l’âme, sans que nous ayons analysé scientifiquement leurs effets psychophysiologiques. Mais la finalité de la vie chrétienne n’est pas une recherche de sensations si bénéfiques soient-elles, c’est une action de grâce tournée vers Dieu.

L’Eglise a toujours favorisé la participation du corps à la prière. Peut-être ces méthodes sont-elles un appel, et même un aiguillon pour que nous retrouvions la justesse de la place du corps dans notre vie spirituelle et nos liturgies ? Ainsi le geste l’inclination profonde redonne sens à l’orientation de nos offices : rendre gloire à Dieu, Père Fils et Saint Esprit. Notre réponse libre et gratuite à l’écoute de la Parole de Dieu, n’a pas comme objectif premier le bien-être ou la relaxation. Parfois, cette Parole nous entraîne là on ne nous n’aurions pas voulu aller. La prière est le lieu privilégié de ce repos en Dieu, sans crainte, dans un abandon en Lui, comme des petits-enfants, (et non comme des initiés), sûrs, parfois de manière non sensible, dans la Foi et l’Espérance de sa Présence et de son Amour.

B. Chaudet, 2008.

Commencer un combat spirituel après l’occultisme, l’ésotérisme, le new-age

Certains d’entre vous ont baigné pendant des dizaines d’années dans les pratiques occultes, le new-âge, l’ésotérisme. Vous avez fait l’expérience des perturbations et dysfonctionnements qui s’ensuivent. Vous ressentez que vous êtes en état de fragilité sur ce point, et vous cherchez à contrer des attaques spirituelles.

Après une prière de libération, il est important de prendre conscience que le COMBAT SPIRITUEL s’impose, et ce sans remettre à demain!

Saint Paul affirme : « Au reste, frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa vertu toute-puissante. Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l’air. C’est pourquoi prenez l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout. » (Ep 6, 10-13)

Jésus lui-même nous a prévenus : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos. N’en trouvant point, il dit : Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti. Et quand il arrive, il la trouve nettoyée et ornée. Alors il s’en va, prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; puis ils entrent et s’y établissent : et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. » (Luc 11, 24-26).

Il ne faut pas sous-estimer ce combat. Vous devez passer par une période de « remise à niveau » spirituel.

Icône Michèle Koné

 

1 — SORTIR D’UN ÉTAT DE FAIBLESSE SPIRITUELLE

Renouez avec la prière

J’ai dans mon garage un vélo. Parce que j’ai décidé de privilégier la marche à pied, je ne m’en sers plus. Les pneus sont à plat. Ainsi de la vie spirituelle des chrétiens qui ne prient plus et ne reçoivent plus les sacrements de l’Église.

Beaucoup ne savent pas qu’ils sont en ÉTAT DE FAIBLESSE

À la suite d’attaques spirituelles (phénomènes paranormaux ou diaboliques), ils finissent par en prendre conscience.

Ils le comprennent le jour où cette faiblesse les met dans un ÉTAT DE DÉTRESSE.

Le secret élémentaire du combat spirituel est la remise en pression de notre organisme spirituel.

 Il va falloir se décider à inscrire la prière dans l’agenda de sa journée, en plusieurs moments différents.

✓       Il y aura la prière du matin, avant de commencer ma journée…

✓       La méditation de l’Évangile avec la récitation du chapelet, sans doute à un autre moment.

✓       Peut-être une courte prière en commun avec d’autres. À voir quand.

✓       Le dimanche, et quelquefois en plus dans la semaine, la participation à la célébration de la messe.

✓       La prière du soir avant de me coucher…

✓       Et l’état de prière à cultiver tout au long de la journée (la prière du coeur)

ÉTAT D’URGENCE. Ne dites pas : je n’ai pas le temps… Trouvez-le.

 

Réglez votre réveil plus tôt

La première chose à décider, c’est de se lever plus tôt pour prier. Il va falloir régler mon réveil autrement.

La prière se vit d’abord le matin, car la journée s’offre à nous remplie de promesses. Prier le soir, c’est bien, et il faut le faire; mais la journée s’en est allée.

La spécificité de la prière du matin, c’est qu’on va se préparer à vivre la journée qui se trouve devant nous en s’ouvrant à la présence de Jésus vivant.

« La prière joue le rôle d’une prise de courant : c’est elle qui assure le contact permanent avec la source de lumière, de chaleur et de force...


 

Devant cette prise de courant, il n’y a pas moyen de savoir si le courant arrive ou non. On a envie de penser que cela ne sert à rien, quand on ne voit ni lumière, ni résultat. En attendant, il faut durer dans le silence et l’espérance, maintenir coûte que coûte le contact dans la foi. Il faut y croire.

Dans notre vie, de cette source cachée ruisselleront des fontaines, de cette obscurité fusera la lumière, de ce creux d’ombre se répand la paix, de ce temps perdu votre journée reçoit efficacité, dans ce repos votre travail prend valeur, à partir de ce silence votre parole devient féconde. Mais la prière, par où vous viennent tous ces biens, peut rester glacée, voire, inaccessible et dure. Aucune importance : c’est la prise de courant ». (Soeur Jeanne d’Arc. Du temps pour la prière)

Prenez ces petites décisions

QUAND ?

Décidez à quel moment vous allez prier : après votre toilette… avant ou après votre petit déjeuner… ?

OÙ ?

Prévoyez dans quel endroit vous allez prier : au pied de votre lit dans votre chambre ? Assis dans votre salle de séjour… Dans un petit endroit que je vous vous serez aménagé ? Dans ce cas : un crucifix, une petite bougie, une bible ?

COMBIEN ?

Prévoyez combien de temps vous vous donnez, pardon, vous donnez au Seigneur, pour cette prière du matin : dix minutes, un quart d’heure, une demi-heure…

AVEC QUI ?

Si vous êtes en couple ou en famille et que l’appel s’en fait sentir, y a-t-il une petite partie de cette prière qui sera commune à tous ? (simple exemple : dire le Notre Père ensemble au moment de prendre le petit déjeuner…)

QUOI ?

Quel va être le contenu de votre temps de prière ?

Votre prière du matin

Voici quelques suggestions, à arranger à votre façon pour une durée de 10 mn.

✓      Commencer par un beau signe de croix.

✓      Lire un Psaume (c’est-à-dire une prière titrée de la Bible, dans le livre des Psaumes)

✓      Prendre un temps de silence

✓      Ouvrir mon coeur à la présence de Dieu, qui m’est intérieur

✓      Faire la prière de protection

✓      Recommander à dieu telle ou telle personne

✓      Réciter lentement le Notre Père, la seule prière que Jésus nous ait donnée

✓      Demander l’aide de la Vierge Marie, en récitant le Je vous salue Marie

✓      Écouter un chant de louange ou de méditation…

✓      Terminer par le signe de croix

À vous d’ajouter, de retrancher, de mettre dans un autre ordre…


 

2 — LES ARMES SPIRITUELLES ESSENTIELLES

Faites la prière de protection

Les pages qui suivent sont consacrées aux huiles essentielles, pardon aux armes essentielles du combat spirituel.

Voici tout d’abord une toute petite prière, qui s’adresse au Père, pour demander la protection de Jésus

Père, dans le combat spirituel de ce jour (de cette nuit),

que le Sang de ton Fils Jésus soit ma protection.

Je me place moi-même, ma famille (nommer des personnes),

mes biens, mon travail (mon entreprise)

sous la protection du précieux Sang

que Jésus a versé pour nous sur la Croix.

Père, merci pour cette protection que tu me donnes. Amen.

Il ne s’agit pas d’appliquer une formule, de réciter une « prière efficace », ou « la prière qui marche le mieux ».

Vous pouvez imprimer, à partir de ce lien, le feuillet concernant la prière pour mieux vivre le combat spirituel.

Il s’agit d’entrer en relation vivante avec Jésus ressuscité, par la foi, en réclamant explicitement la protection spéciale de son amour sauveur. Il nous a montré son amour en donnant sa vie pour nous sur la croix, en versant son sang en sacrifice pour tous les hommes. « Vous avez été rachetés… non par de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1, 18-19)

 « Le Sang de Jésus nous purifie de tout péché » (1 Jn 1, 7); il nous protège également des défaites dans les tentations provenant de l’ennemi. Il prend la brebis perdue sur ses épaules.

En faisant cette prière — un esprit à acquérir plus qu’une formule à réciter telle quelle —, c’est comme si nous établissions un bouclier de protection par rapport à tout ce qui nous concerne.

Une personne d’origine Africaine en butte à des attaques spirituelles, et qui avait commencé à dire chaque matin la prière de protection, me disait : « J’ai encore des attaques, mais c’est comme si j’avais mis un toit sur ma maison ».

Il faut faire cette prière tous les jours, l’intégrer à notre prière du matin, sans faiblir. Vous pouvez y ajouter, en page 2 du feuillet, la petite prière ou vous demandez à Jésus qu’il veuille bien couper tout lien mauvais entre vous-même et les personnes à qui vous aviez demandé des services occultes…

Lisez régulièrement la Bible

Lorsque Jésus a été tenté par le diable, il lui a répondu en citant des passages de la Bible.

« Le diable lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, commande à cette pierre de se changer en pain. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. » (Mt 4, 3)

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, et ne lisent quasiment pas leur Bible.

Une bible ?

Procurez-vous une Bible, placez-la dans votre coin prière à la maison, ouvrez-là régulièrement.

Un abonnement mensuel ?

Si cela vous semble trop compliqué, abonnez-vous à un missel mensuel comme « Prions en Église » ou « Magnificat », et lisez chaque jour les deux lectures bibliques de la messe, en communion avec tous les chrétiens.

Cela représente une petite somme d’argent pour l’année (entre 40 et 50 €, moins cher somme toute que les oboles répétées laissées chez les magnétiseurs !) Il faut savoir ce qu’on veut ?

Paul affirmait à son disciple Timothée que la Parole de Dieu est : « divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour former à la justice, afin que l’homme de Dieu soit parfait, apte à toute bonne œuvre. » (2 Tm 3, 16-17)

Une étude personnelle brève ?

Vous pouvez chercher aussi du côté de mon site petiteecolebiblique.fr

Chaque mois, un thème biblique transversal est mis en ligne, composé d’une trentaine d’étapes à parcourir, une par jour…

 

Récitez le chapelet de la Vierge Marie

La Vierge Marie est l’Immaculée. Elle a été conçue sans péché, et n’a jamais péché personnellement.

Pour ces raisons, marcher main dans la main avec elle est une aide précieuse dont nous avons tous besoin.

Je conseille très vivement, au regard du combat spirituel marquant la vie contemporaine, de se débrouiller pour dégager une vingtaine de minutes dans sa journée pour méditer et réciter le chapelet.

On peut le faire chez soi, on peut le faire en marchant, en s’arrêtant dans une église, on peut le faire la nuit si l’on a des insomnies… mais il faut le faire, et chaque jour .

Voici sous ce lien UNE MÉDITATION POUR MÉDITER QUATRE CHAPELETS DIFFÉRENTS, dont le thème, ici, est en rapport avec la famille.

Si vous n’avez jamais récité le chapelet, essayez de trouver dans votre entourage chrétien quelqu’un qui pourra vous aider à commencer.

Pour entendre comment on récite le chapelet, servez-vous de ces médias
Vous pouvez ainsi vous unir au chapelet récité à Lourdes, en direct (15h30), ou en différé par podcast.

Il est important de méditer le « mystère » sur chaque dizaine de chapelet; peu à peu, vous finirez par les savoir par coeur, et ne plus avoir besoin d’un papier qui vous les rappelle.

Encore une précision : ne vous affiliez à aucun des « messages » proposés ici ou là; récitez simplement le chapelet telle que l’Église le propose. Apprenez par coeur la prière du « Je vous salue Marie ».

La Vierge Marie est l’Immaculée. Sa descendance, Jésus, écrase la tête du serpent. Lisez le récit de ce songe de Don Bosco, dans la nuit du 14 août 1862, « LE SERPENT ET LE CHAPELET »

Recevez le pardon des péchés

Recevoir le sacrement de réconciliation régulièrement, cette démarche fréquente contient une grande grâce de régénération…

Dans la demande de services occultes (magnétiseurs, guérisseurs, voyants, médiums, etc.), il y a un péché contre la sainteté de Dieu. Il est essentiel d’en demander pardon. Même si l’on n’était pas conscient de pécher à l’époque, Dieu bénit notre repentir, et nous remet dans une grande paix intérieure. J’ai vu des personnes être totalement libérées uniquement par la confession qu’elles vivaient avec sincérité et foi.

Demander et recevoir périodiquement le pardon de ses péchés, c’est une nécessité pour demeurer dans la sainteté de son baptême, et donner le moins de prise possible à l’ennemi, qui est aussi « l’accusateur » (Ap 12, 10). Il nous pousse à pécher, et ensuite nous accuse intérieurement d’avoir péché…

Voici une la feuille que vous pouvez imprimer, une sorte de petit mode d’emploi : COMMENT CONFESSER MES PÉCHÉS ET RECEVOIR LE PARTON DE DIEU APRÈS TANT D’ANNÉES OÙ JE NE L’AI PAS FAIT ?

Au début d’un combat spirituel, il faut vraiment faire une démarche approfondie dans ce sens. Car tout péché non confessé est comme une sorte de prise que nous donnons au Tentateur pour nous tenir captif. Purifiés de nos péchés, nous offrons beaucoup moins de prise à l’ennemi… C’est ce que j’appelle « savonner la planche » !

Cherchez un prêtre auprès de qui vous pouvez faire la démarche de recevoir le sacrement de réconciliation, après vous être préparé(e).

N.-B. : Bien sûr, les personnes qui ne sont pas baptisées peuvent envisager de se préparer à recevoir le sacrement du baptême, en se rapprochant de leur paroisse géographique. Un cheminement vers le baptême s'accomplit sur une certaine durée, deux années environ. Que cela ne les empêche pas de se repentir dès maintenant de leurs péchés devant Dieu au cours d’un moment de prière personnelle.

Participez à l’eucharistie le dimanche

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, ils ne communient pas à l’aliment divin que Jésus nous a laissé pour la route, le Pain de Vie, l’eucharistie…

Pour être fort spirituellement, il faut manger la « pain des forts », celui qui nous unit à la victoire de Jésus, et soutient ainsi notre courage.

Jésus dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. » (Jean 6, 56-57).

Cela nécessite de PARTICIPER À LA MESSE DOMINICALE, ce qui veut dire aussi intégrer la communauté chrétienne de sa paroisse.

D’ailleurs, quand cela est possible, il ne faut pas hésiter à demander au curé de sa paroisse, à son pasteur, le nom d’une personne qui pourra nous aider pendant un temps par un « accompagnement spirituel », c’est-à-dire de petites rencontre d’aide au discernement spirituel.

Dans le cadre d’un combat spirituel, il est clair que la Communion eucharistique est l’état de protection maximale, car nous y recevons Jésus lui-même.

Avant de vous remettre à communier, recevez d’abord le pardon des péchés.

Allez voir au tableau d’affichage de votre église, en ville ou en rural, pour savoir où se trouve la célébration de la messe.

Vous êtes en déplacement ?


 

Soyez intérieurement en état de prière

Cela suppose moins de distractions, moins de bruit, plus d’intériorité tout au long de nos journées.

Voici une prière transmise par les premiers Pères du désert (3è – 4è siècle). Répétée intérieurement, en synchronie avec la respiration, elle permet à notre âme de rester consciente de la présence de Dieu, alors que nous nous occupons aux tâches quotidiennes.

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur »

La tradition orthodoxe insiste pour qu’on entrelace prière et respiration l’une avec l’autre.

On dira dans l’inspiration: « Jésus-Christ, Fils de Dieu », et dans l’expiration : « Aie pitié de moi, pécheur ».

Dans sa version courte, cette prière devient « Seigneur, aie pitié de moi » (Kyrie eleison) que l’on répète intérieurement des centaines de fois par jour jusqu’à ce qu’elle devienne aussi spontanée et instinctive que la respiration.

Chacun peut, bien sûr, modifier ou simplifier la formule selon ses goûts, ses préoccupations, son rythme, son humeur, soit à mi-voix, soit en pensée intérieure :

- « Seigneur, apprends-moi à t’aimer » 

- « Seigneur, pardonne-moi »

- « Jésus, viens »

- « Jésus, merci » 

- « Jésus, j’ai confiance en toi »

- « Ô Jésus, roi d’Amour, j’ai confiance en ta miséricordieuse bonté ».

- « Que tout esprit loue Dieu »

Plus notre « intérieur » est habité par la prière, moins l’esprit mauvais peut s’insinuer. C’est vrai pour tout combat spirituel, en particulier celui contre les tentations, qui sont l’essentiel du travail diabolique pour nous éloigner de Dieu.

Combattez les tentations, développez les vertus

À votre avis, quel est le travail le plus habituel du démon ? C’est la tentation intérieure, discrète, insistante, pour nous faire tomber dans le péché.

Jésus lui-même a été tenté.

Les évangiles se font l’écho de trois tentations, qui résument toutes les autres. Vous pouvez en lire l’évocation dans l’évangile selon saint Matthieu au chapitre 4.

Jésus nous apprend à repousser la tentation par la puissance de la Parole biblique et par la prière.

Tous, nous devons entrer dans ce combat spirituel qui consiste à lutter contre les tentations et à développer les vertus.

J’ai écrit un petit commentaire sous forme de méditation, intitulé trois fois tenté, trois fois libre ! Vous pouvez en lire le texte sur mon blog sous ce lien.

 

3 — PETITS COMPLÉMENTS ANTI-DIABOLIQUES

Manifestations paranormales, que faire ?

Bien des personnes sont terrorisées par certains phénomènes paranormaux. D’autres, en détresse, ont fini, par tâtonnements successifs, par découvrir que la prière les faisait cesser.

C’est en effet la bonne tactique. Les phénomènes paranormaux objectivement avérés sont le fruit de la présence des esprits ténébreux qui parasitent une personne. La peur ne sert à rien. Il est normal d’avoir peur dans certains cas, mais il ne faut pas nous laisser envahir par la peur…

 

Il faut réagir immédiatement par la prière. Prier, c’est s’ouvrir à l’Esprit de Dieu. Invoquer le nom de Jésus, celui de la Vierge Marie, celui de l’archange Saint Michel, c’est leur permettre de se rendre présents et de faire reculer les esprits mauvais.

Petite vérification à faire : rien dans ma maison ou sur moi qui puisse être un « signe » occulte (pendule, jeu de tarots divinatoires, talismans, représentations d’idoles, la formule magique sur une petite feuille, etc.). Faire le ménage.

Quelle prière dire ?

> D’abord le Notre Père. La seule prière que Jésus nous ait donnée est le « Notre Père ». Celui-ci se termine par cette demande : « Délivre-nous du Mal ».

J'ai reçu bien des témoignages de personnes qui ont fait l'expérience d'éloigner tel ou tel phénomène paranormal qui les accablait simplement en récitant le Notre Père... « Ça s'est arrêté d'un seul coup… »

Vous avez une sensibilité médiumnique et divinatoire ? Refusez volontairement les « informations » qui affluent, et réagissez tout de suite par la prière …

> Le Je vous salue Marie, bien sûr, prière qui se compose de la salutation de l’ange Gabriel, et du cri d’admiration de la cousine de Marie, Elisabeth… Des paroles bibliques, donc.

Plus simple encore : répéter tranquillement le nom de JÉSUS, « le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers » (Ph 2, 9-10)

Jésus a été tenté par le diable, et l’a vaincu. C’est sa victoire qui est le gage de la nôtre. Ayons bien conscience que nous sommes, par notre FOI en Jésus, établis sur une base de victoire.

? Pour écouter le chant Victoire, tu règneras (Jean-Paul Prat)

? Victoire au Seigneur de la Vie (groupe de louange Le Pain de Vie)

Notre combat ne consiste pas à essayer de remporter la victoire, mais à éloigner l’ennemi que Jésus a déjà vaincu, et qui vient nous « titiller » pour nous faire croire que nous sommes dans la défaite…

« Désormais, la victoire, la puissance et la royauté

sont acquises à notre Dieu,

et la domination à son Christ,

puisqu'on a jeté bas l'accusateur de nos frères,

celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. »

(Ap 12, 10)

Des gestes et des attitudes de foi

* L’eau bénite est utile pour nous rappeler la grâce de notre baptême, et combattre la présence de l’ennemi. Avoir un petit bénitier, chez soi, où l’on peut plonger l’extrémité de ses doigts et faire un beau signe de croix avec foi…

* L’invocation à Saint Michel Archange est traditionnelle dans l’Église pour demander son aide dans notre combat spirituel contre les démons. Cliquer ici pour voir la prière.

* Le fait de porter des objets bénis sur soi (ou d’en avoir à la maison), par exemple une médaille de la Vierge de la rue du Bac, une petite croix, une médaille de Saint Benoît, un chapelet… tout cela peut nous aider dans notre marche vers la sainteté. Encore une fois, il ne s’agit pas de grigris, ni de talismans, mais d’objets qui nous rappellent notre condition de chrétiens.

* Bien sûr, on peut demander au curé de sa paroisse de passer chez soi pour bénir l’appartement ou la maison. Afin de manifester qu’on désire y vivre vraiment en présence de Dieu. En se rappelant que s’il y a des phénomènes paranormaux dans la maison, c’est plutôt la personne qui habite la maison qui provoque ce genre de choses; ils peuvent cesser après la démarche de prière de libération et dès qu’on entreprend un combat spirituel.

Nous t'en supplions, Seigneur, visite cette maison, et repousse loin d'elle toutes les embûches de l'ennemi; que tes saints anges viennent l'habiter pour nous garder dans la paix; et que ta bénédiction demeure à jamais sur nous. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. (Complies du mardi)

* Oui les anges gardiens existent, et chacun de nous a un ange à son service. Lui demander son aide dans la prière est une excellente chose. À condition de ne pas tomber dans l’évocation des esprits « guides spirituels », par des recettes dont le réseau internet regorge… Ces recettes aboutissent aux « anges déchus » que sont les démons. Au contraire, demandons l’aide des Saints Anges.

Quelques belles citations sur les Anges gardiens…


L’invocation au Précieux Sang de Jésus

Certaines personnes ont un combat spécial à mener, pour des raisons particulières.

Elle pourront trouver comme une sorte d’extension de la prière de protection dans cette supplication pour demander libération et protection par l’invocation du Sang de Jésus composée sous la forme d’un chapelet à réciter,

à télécharger sous ce lien

J’ai composé cette prière de façon plus biblique, sur le modèle du chapelet à la divine miséricorde. Je l’ai montrée à mon évêque qui m’a permis de la mettre à votre disposition.

L’invocation au Sang de Jésus est puissante contre les démons, à chacun d’en faire l’expérience.Du coeur ouvert de Jésus, toutes les grâces nous sont accordées.

Spirituellement fort

Vous direz : c’est beaucoup trop pour moi. Je n’y arriverai pas ?

Cependant, c’est maintenant le moment favorable pour entreprendre une démarche profonde — C’est maintenant le jour du salut !

Vous êtes motivé(e) parce que vous subissez l’impact des attaques spirituelles, et les parasitages liés aux compromissions avec l’occultisme.

Écoutez Jésus : « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent » (Mt 7, 13-14).

Gravissez jour après jour les marches, même si elles vous semblent trop hautes. Soyez progressif et proactif.

En peu de temps, vous verrez la différence.

Pour conclure, un peu d’humour

Il avait été annoncé que le diable devait se retirer des affaires et mettre ses outils en vente.

Le jour de la vente, les outils étaient exposés d’une manière attrayante : malice, haine, envie, jalousie, pornographie, fourberie, vengeance… tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué de son prix.

Il y avait aussi un outil en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix était supérieur à tous les autres.

Quelqu’un demanda au diable ce que c’était :

– C’est le découragement, répondit-il

– Pourquoi le vendez-vous aussi cher ?

– Parce qu’il est plus utile que n’importe quel autre. Avec ça je peux entrer dans n’importe qui, et une fois à l’intérieur, manœuvrer de la manière qui me convient le mieux.

– Pourquoi est-il si usé ?

Parce que je l’emploie avec tout le monde… Mais très peu de gens savent qu’il m’appartient.

Le prix fixé pour le découragement était si élevé que l’instrument n’a jamais été vendu.

Le diable en est toujours possesseur et… il continue à l’utiliser…

P. Dominique Auzenet (et une équipe)

Bibliographie

Si vous souhaitez aller plus loin sur ce thème du combat spirituel, il existe de très nombreux livres, dont voici quelques-uns.

* P. Hervé Ponsot, dominicain. Combat, la spiritualité au quotidien. Éd. du Cerf, 2016

Vous trouvez les principales articulations de ce livre ici.

* Christian Poirier. Le combat spirituel. De l’ombre à la lumière. Éd. Salvator, 2008.

* P. Pierre Descouvemont, Gagner le combat spirituel. Éd. de l’Emmanuel. 2006.

* Marie-Anne Le Roux. Sortir gagnant de nos luttes intérieures. Éd. des Béatitudes. 2008.

* P. Benedict Héron. Jésus est le plus fort. les voies du combat spirituel. Éd. P. Téqui, 2000 (Trad. de l’anglais par Béatrice Soulary). Voici le chapitre 5 du livre : face aux attaques du démon.

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Magie et prière

La seule prière des chrétiens

Elle est enseignée par Jésus,
transmise par les évangiles,
et utilisée dans la liturgie.

 Notre Père, qui es aux cieux,
 que ton Nom soit sanctifié,
 que ton Règne vienne,
 que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
 Pardonne-nous nos offenses,
 comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé,
 Et ne nous soumets pas à la tentation,
 mais délivre-nous du Mal.

Elle n’est pas « secrète »,
il l’a enseignée publiquement,
elle contient tout ce que nous avons à demander.

Elle s’adresse à Dieu-Père,
avec un coeur d’enfant;
et nous lui disons humblement :
que TA volonté soit faite…

Alors, pensez-vous que ceci soit une prière ?

Reprenons la petite ritournelle pour « couper le feu ». Elle s’adresse au feu, le commande, le « conjure » au nom de Judas, et en faisant allusion à Jésus…

« Feu, feu, feu,
je te conjure de perdre ta chaleur,
comme Judas perdit sa couleur
en trahissant Notre Seigneur».

Ce n’est pas une prière.

Ça ne s’adresse pas à Dieu.

Et comment se fait-il qu’elle produise un effet quasi instantané pour supprimer la douleur liée à la brûlure ? Quel est son secret ? Une action magique ?

Serait-ce une bonne magie réservée à certains qui ont reçu « le don » ?

Beaucoup de gens disent cela, pour se tirer d’affaire :
« Il y a une bonne magie et une mauvaise magie »

Sous-entendu : il y a une magie pour faire du bien, et une autre pour faire du mal.

Et aussi : ne vous posez pas trop de questions, ces gens font de la bonne magie, puisqu’ils soulagent des souffrances et guérissent des maladies. Donc c’est bien.

En d’autres termes : qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !
C’est une erreur grave. Il n’y a pas de bonne magie.

Qu’est-ce donc que la magie ?

Dans le vieux fonds commun à toutes les civilisations traditionnelles, la « nature » est perçue comme un grand tout, où les esprits invisibles sont mêlés aux manifestations sensibles de la vie.

Avant même l’émergence des grandes religions traditionnelles, l’homme va se situer de deux façons différentes par rapport à ces réalités invisibles :

– soit il leur rend un culte de respect et d’adoration, tout en cherchant à se les concilier par des prières, des offrandes et des sacrifices : c’est la religion païenne;

– soit il s’efforce de mettre la main sur ces forces mystérieuses afin de les manipuler selon ses besoins et ses désirs : ce sont les rituels de la magie.

Même avec l’émergence des grandes religions monothéistes, ces attitudes n’ont jamais vraiment disparu.

En ce XXIè siècle, la magie est toujours présente. Pas seulement comme « mentalité magique ». Mais comme vraie magie.

Dans notre monde pluriel, multiculturel, la pensée et l’action magiques sont vécues de plus en plus ouvertement.

Rendre un culte aux forces de la nature ou apprendre à manipuler les énergies, ce sont des postures devenues banales, du moment que « ça marche »…

Le caméléon

On sait que la magie se décline à travers des couleurs : noire, blanche, rose ou rouge, verte… Mais au-delà de ces catégories, je voudrais faire la distinction entre :

* La magie MANIFESTÉE ouvertement

– Elle consiste à invoquer ouvertement Satan, ou des démons, ou « des esprits  » par des « rites ou rituels»

– afin d’obtenir pour soi ou pour d’autres : le succès, la réussite, la santé, l’argent;

– et souvent pour faire du mal à d’autres, pour leur nuire.

J’appelle cette magie manifestée parce qu’on y fait ouvertement
des rituels de magie blanche (même si on l’ignore),
et/ou de la magie noire (car là, on le sait très bien)

* La magie CAMOUFLÉE, version religieuse

– Elle consiste à invoquer Dieu, la Trinité, la Vierge Marie, les Saints (vrais ou faux)

– en prétendant mettre la main sur la puissance divine à notre profit.

– en employant des « formules » qui recherchent la guérison, la préservation des difficultés, la puissance, la réussite …

– pour se faire du bien, se protéger, et très souvent pour soulager les autres.

J’appelle cette magie camouflée parce qu’elle est revêtue de beaux atours religieux et bienfaiteurs… Si bien qu’on croit être dans la religion, alors qu’on est toujours dans la magie. Comme le caméléon, elle a su s’adapter !

L’éléphant

La frontière entre les deux peut devenir très floue… Et le caméléon se transforme en éléphant, comme la grenouille des fables de La Fontaine, qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf…

CAR IL N’Y A QU’UNE SEULE MAGIE, sous deux formes :

– ouvertement magique, en faisant appel aux esprits et/ou au démon, la magie noire;

– ou masquée sous des habits religieux et charitables, la magie blanche.

Dans la magie noire, on s’adresse à Satan, au diable et aux démons…

Dans le cas de la magie blanche, on semble s’adresser à Dieu par l’intermédiaire des saints ou de prières (qui sont souvent des formules).

Là se trouve la TROMPERIE et le PIÈGE dans lequel tombent la plupart des gens.

En fait, le rite de magie blanche aboutit aussi au démon, car on ne met jamais la main sur Dieu.

Les super pouvoirs de la magie

La prière chrétienne La magie camouflée La magie manifestée
S’adresse à Jésus, au Père, à l’Esprit Saint Invoque des saints, vrais ou faux (Judas) Appelle Satan, les démons, les esprits
Implore et accueille, demande (humilité) Prend, s’approprie, conjure, commande (orgueil), formules, énergétique Rituels appropriés channeling, pactes
Le résultat est soumis à la volonté de Dieu. Que ta volonté soit faite Le résultat est automatique et immédiat. Que ma volonté soit faite Obtient des choses extraordinaires ou accomplit des maléfices puissants
Dieu répond sur la terre ou au ciel, à sa façon, souvent autrement que notre demande, souvent aussi longtemps après Le démon répond sur la terre, tout de suite, selon notre demande, mais il a un pied dans la maison, et il va le faire savoir Le démon répond sur la terre, avec puissance, pour mieux nous enfermer éternellement,  à cause du pacte

Mettre la main la puissance divine est une illusion dangereuse

Dans la magie, en asservissant des forces occultes
(c’est-à-dire cachées, et dont on ignore la provenance),

* on cherche à FORCER le cours des événements,

* à avoir une influence, un POUVOIR sur les autres à son propre avantage ou à l’avantage des personnes demandeuses.

Rien à voir avec la prière !

Celui qui va répondre à mon rituel ou à mon engagement occulte risque bien d’être… le démon.

En tout cas, ce n’est pas Jésus.

Il a dû déjouer certaines attitudes magiques suggérées par le démon; par exemple lors de son jeûne au désert, changer les pierres en pain

ou encore suggérées par les personnes autour de lui, par exemple après la multiplication des pains :

«  A la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient: « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » Alors Jésus, se rendant compte qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. » (Jn 6,11-15)

De sa naissance dans une étable jusqu’à sa mort en croix, Jésus témoigne d’un esprit de pauvreté et de service qui lui fait fuir toutes les situations de pouvoir et d’emprise, qu’il a toujours considérées comme des tentations diaboliques.

Il a vécu le super-pouvoir de l’Amour désarmé …

Plutôt magique ou plutôt religieux ?

Quand j’ai besoin de la pluie, je peux m’adresser à Dieu par une prière. De toute façon, Dieu répondra comme il le voudra.

Supposons qu’il ne me donne pas la pluie. J’ai vraiment un comportement religieux si je demeure ferme dans ma foi en lui, et en paix devant sa libre décision.

Au contraire, quand j’ai besoin de la pluie, si je suis convaincu qu’il me suffit de réciter une formule pour obliger Dieu – ou bien une divinité, un esprit, voire le diable – à faire pleuvoir, je suis alors en plein comportement superstitieux et magique.

Une personne a un comportement religieux :

+ quand elle croit en Dieu, l’adore, le loue, le bénit, le remercie,
+ lui demande pardon de ses péchés en les confessant,
+ compte sur lui en lui remettant sa vie sans conditions;
+ et s’abandonne à son amour avec une confiance totale.

Et, quand elle le prie, elle n’a jamais l’idée de le forcer par cette prière, ou de le plier à sa propre volonté, mais seulement d’obtenir la grâce nécessaire pour s’ajuster elle-même à ce que lui veut.

En revanche, un comportement magique se traduit par :

– le recours à des formules déterminées : des rites, des gestes, des philtres, des amulettes ou des talismans,
– afin de se protéger du malheur et d’attirer la chance
– ou d’acquérir un pouvoir et une maîtrise extraordinaires sur la réalité.

Jésus nous a prévenus : des gens peuvent sembler faire des miracles, mais, en fait, commettent le mal.

« CE N’EST PAS EN ME DISANT : « SEIGNEUR, SEIGNEUR », QU’ON ENTRERA DANS LE ROYAUME DES CIEUX, MAIS C’EST EN FAISANT LA VOLONTÉ DE MON PÈRE QUI EST DANS LES CIEUX.

BEAUCOUP ME DIRONT EN CE JOUR-LÀ : « SEIGNEUR, SEIGNEUR, N’EST-CE PAS EN TON NOM QUE NOUS AVONS PROPHÉTISÉ ? EN TON NOM QUE NOUS AVONS CHASSÉ LES DÉMONS ? EN TON NOM QUE NOUS AVONS FAIT BIEN DES MIRACLES ? »

ALORS JE LEUR DIRAI EN FACE : « JAMAIS JE NE VOUS AI CONNUS ; ÉCARTEZ-VOUS DE MOI VOUS QUI COMMETTEZ LE MAL. »
(Mt 7, 21-23).

C’est très frappant de trouver dans ce passage de l’évangile, dans la bouche de Jésus, la juxtaposition entre le mot miracle et le mot commettre le mal… On en perd le nord ! Si c’est Jésus qui nous embrouille maintenant…

À moins qu’il veuille nous dire simplement que le Mal est capable de se déguiser en Bien pour mieux nous attraper…

Comme le caméléon qui s’adapte à son milieu pour mieux arriver à attraper sa proie.

Le funambule

Rester dans l’équilibre de la prière, comme le funambule sur son fil… Ne pas basculer dans le vide de la magie, car quelqu’un est tapi qui nous y attend… Apprendre à distinguer le vrai du faux.

* Faux : les recueils de prières où chaque « prière » correspond à la demande de guérison d’une maladie précise… La prière devient alors comme une « recette », un remède qui doit prouver son efficacité. Vous trouverez sous ce lien un exemple; je ne donne que la table des matières et l’index.

* Faux : les amicales pressions sur Dieu, en jouant sur la crédulité des gens avec un zeste de superstition. Voyez par exemple :

cette prière typographiée en forme de croix

cette « prière de sainte Thérèse » reçue par mail sous forme de chaîne de prière

copie de la lettre écrite par la bienheureuse Vierge dans la cité de Messine au temps de St Paul prêchant l’Évangile…

* Vrai : essayer de s’y retrouver. Il y a un tel méli-mélo aujourd’hui, beaucoup sont désorientés. Voyez ce long questionnement d’une personne qui cherche sincèrement la lumière par rapport à toutes ces prières qui semblent chrétiennes, mais qui sont rédigées dans un esprit magique, ou qui sont carrément des formules magiques.

* Le champion toutes catégories des recueils de prières chrétiennes devenues invocations magiques est un certain Abbé Julio. Il aura droit à un livret pour lui tout seul !

Ne pas basculer dans le vide de la magie, car quelqu’un y est tapi qui nous attend…

Une offre surnaturelle ?

Des personnes croient recevoir de leurs proches une « prière ». Ils ne se sont pas aperçu, par manque de formation, qu’il s’agit d’une formule magique.

> Entre charlatans et magiciens. « Quand je soigne sur photo, je fais des prières. Tous les jours, je prie pour mes patients. » Ce mélange des genres déconcerte. Il préoccupe également la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

> Avant sa mort, elle m’a appris une prière. Je la dis dans ma tête et cela semble stopper les brûlures…  LIRE LA SUITE…

> Au culot : « Je trouve dommage que les guérisseurs comme moi et d’autres ne fonctionnent pas encore avec les membres du clergé! » m’écrit cette personne… LIRE LA SUITE...

Il n’y a pas de magie compatible avec le baptême chrétien

Le Catéchisme de l’Église Catholique dit (n° 2115-2118) : « Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie, par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain - fût-ce pour lui procurer la santé, sont gravement contraires à la vertu de religion. »

« La démarche magique est le contraire de la saine guidance spirituelle et de la conversion à Dieu dans laquelle l’homme trouve la confiance en ses ressources et en la vie.

La démarche magique est aussi le contraire de la prière, dans laquelle l’homme s’abandonne à une puissance d’amour et de paix, et s’en remet à la volonté du Dieu d’Amour.

La magie fonctionne comme une recette, comme un catalogue de vente par correspondance: on passe sa commande pour obtenir avec acharnement tout ce qu’on veut.

Dans la prière, on attend d’être exaucé, en rendant grâce, si notre demande va dans le sens de l’amour et du bien que Dieu veut pour nous.

Par la magie par exemple, des gens demandent la défaite, la ruine ou la mort de leurs ennemis, alors que, dans la prière, Dieu n’exaucera jamais une telle demande, contraire à l’amour, qui rejette le pardon et la miséricorde.

La pensée magique veut commander à autrui, à la vie et même à la mort. La prière est un lâcher-prise de l’homme qui s’en remet à la volonté de Dieu la Père qui promet le bonheur de chacun. »

(Jean PLlYA, Le combat spirituel, « Résistez au diable et vous serez libres», Éd. Saint Paul, 2014, p. 48)

Comment ne pas s’inquiéter de la diffusion d’une culture magique en direction des jeunes générations ? Ce formatage s’annonce délétère pour l’avenir.

Si vous souhaitez lire une réflexion plus élaborée, je vous invite à lire une lettre pastorale des évêques de Toscane, de 1994, intitulée Magie et démonologie.

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et pour smartphones, tablettes et liseuses  ZIP

 

Magnétisme guérisseur

Introduction

De quoi parle-t-on lorsqu’on parle de magnétisme ? En effet :

En physique, le magnétisme est une force produite par des charges électriques en mouvement.
 En médecine parallèle, le magnétisme animal est une approche thérapeutique postulant l'existence d'un fluide magnétique.
 En sciences sociales, le magnétisme est un phénomène qui génère une attirance entre plusieurs objets.
 En informatique, pour des interfaces graphiques, le magnétisme est la faculté d'un élément graphique à se coller à un autre lorsque la distance les séparant est suffisamment réduite.
 En Sciences de la Terre, on étudie le champ magnétique terrestre.
 En littérature, Magnétisme est une nouvelle de Guy de Maupassant datée de 1882

Le sujet de cet e-book est le magnétisme guérisseur appelé aussi : magnétisme humain, magnétisme spirituel, magnétisme curatif, magnétisme guérisseur…

Ce magnétisme est probablement le « soin » alternatif à la médecine conventionnelle le plus demandé et le plus pratiqué, le plus répandu en ville comme en campagne.

Face à un problème de santé ou de tension psychique, il ne manque pas de personnes autour de nous pour nous donner l’adresse d’un guérisseur réputé, dont le magnétisme ferait merveille. Qu’est-ce donc que ce magnétisme ?

* « Une faculté naturelle » ?

Certains pensent que la science n’a pas encore tout découvert et que la plupart des gens possèdent ce type de potentialité sans avoir encore appris à utiliser. Ce serait donc une sorte de « faculté naturelle ». Est-ce vraiment le cas ? Cette hypothèse est développée, par exemple, sur le site devenir-magnetiseur.fr

capture d’écran du site devenir-magnétiseur.fr

* « Un don qui vient de Dieu » ?

Il arrive fréquemment que les magnétiseurs reçoivent dans un local personnel « orné » de nombreux symboles religieux. Pour cette raison, beaucoup de gens pensent qu’il s’agit d’ « un don qui vient de Dieu ». Est-ce vraiment le cas ?

* « Un transfert d’énergie occulte » ?

Mais comment le savoir ?

 

Pour tenter de répondre à ces questions, repartons du dictionnaire Larousse :

Magnétisme :
 - Ensemble des phénomènes que présentent les matériaux aimantés
 - Branche de la physique qui étudie les propriétés de la matière aimantée, des aimants.
 - Attrait puissant et mystérieux exercé par quelqu’un sur son entourage
 À ce stade, il n’est pas question dans le Larousse d’un quelconque magnétisme animal ou humain comme don de guérison. Tout au plus, nous notons une métaphore sur l’attraction que peut générer une personnalité.



Magnétiseur :
 Guérisseur qui prétend posséder un fluide particulier (imposition des mains, passes à distance).

La définition du magnétiseur ne renvoie donc, pour le Larousse, à aucune réalité scientifique qu’elle soit en lien avec le magnétisme scientifique ou pas. Écartons aussi d’autres confusions, approximations ou abus de langage.

Quelques manifestations à ne pas confondre avec le magnétisme guérisseur

* L’attraction exercée par certaines personnes

Parfois, on parle de magnétisme dans le sens métaphorique de l’attraction que peuvent exercer certaines personnes sur d’autres.

Les cinq sens participent à cette forme particulière de lien. Un bébé reconnaissant l’odeur de sa mère entre toutes, des amoureux pour qui le reste du monde n’existe plus, un beau visage souriant croisé dans la rue, un timbre de voix qui nous fait vibrer, tous ces exemples illustrent un mode de relation la fois irrationnel et puissant. Pour autant, il n’y a rien de problématique à cela.

Cette attraction qui parfois nous « aimante » peut fluctuer avec le temps. Elle est bien souvent involontaire et implicite.

À l’inverse, lorsqu’il y a une intention d’attirer ou de captiver, nous entrons dans le champ de la séduction avec le risque d’aliénation de la liberté personnelle. C’est ce qui est à l’œuvre dans les relations d’emprise. L’essentiel est d’en prendre conscience et de savoir raison garder en fonction des circonstances !

* L’électricité statique

Y a-t-il un rapport entre le entre le magnétisme guérisseur et le fait de dérégler les horloges, les montres, etc. au point de ne pas pouvoir en porter ? Probablement aucun, car ce sont deux réalités différentes.

En ce qui concerne l’impact sur les montres et horloges, certaines personnes ont une capacité très grande à accumuler de l’électricité statique.

Quand on serre la main de certaines personnes on peut avoir une décharge électrique comme en sortant d’une voiture quand le pied touche le sol et la main la portière. Cela peut être augmenté par les vêtements que l’on porte notamment les tricots dits « Thermolactyl » (marque commerciale d’une fibre textile).

Les climats émotionnels influencent également l’électricité statique.

* Le toucher qui apaise

Un toucher juste, avec tact et respect, peut soulager par le seul fait de la présence à l’autre. Ainsi, l’ami qui tient la main de son ami souffrant peut soulager par la compassion réelle et sa présence.

Combien de mamans consolent leur enfant en le serrant contre elle quelques instants ? Il n’y a pas de magnétisme là-dedans, mais une attention et un accueil qui réchauffent le cœur.

Une main bienveillante qui touche le lieu douloureux peut procurer un apaisement grâce au contact. Certains soignants, sages-femmes ou infirmières par exemple, savent accompagner une personne qui souffre par ce geste simple mieux que par un long discours ou des gestes techniques médicaux qui ne sont pas toujours appropriés ou simplement possibles.

* L’intuition

L’intuition repose sur des indices non-verbaux qui sont reçus par les cinq sens. Dans les relations avec les autres, l’intuition ou le feeling peuvent être une force, à condition qu’ils soient accueillis avec prudence et ensuite vérifiés, validés par la logique et les faits. En effet, une personne intuitive peut aller jusqu’à deviner chez l’autre certaines choses qu’il s’efforce de cacher. Quel usage fait-elle de ce qu’elle perçoit ou croit percevoir ?

En effet, pour certains, une prétendue intuition n’est autre que la projection de leurs propres pensées et désirs sur une personne auquel ils les attribuent !

Par prudence, face à des personnes très intuitives, qui semblent avoir des antennes de très grande sensibilité, notamment pour capter les émotions d’autrui, il faut toujours vérifier une éventuelle relation à l’occultisme pour faire le partage entre simple intuition, projection/suggestion et médiumnité.

Qu’est-ce que le magnétisme guérisseur ?

De nombreux sites internet définissent un magnétisme qu’ils qualifient d’humain ou animal. Nous entrons-là dans le cœur de notre sujet. De quoi parlent-ils au juste ?

Voici, par exemple, ce que nous pouvons lire sur le site science-et-magie.com. Cette page est une interview d’un guérisseur-rebouteux du nom de Jean-Claude Collard. Son parcours est présenté sur le lien ci-dessous et mentionne un certain nombre de points caractéristiques que nous retrouverons au fil de notre réflexion.
http://www.science-et-magie.com/sm50/sm0010jcc.htm

  • « Pour le guérisseur, le magnétisme, dont il constate chaque jour les effets bénéfiques, est une source d’énergie universelle qui émane des corps vivants, des minéraux et des éléments les plus divers qui forment le Cosmos.
    C’est une force impalpable, non mesurable, non quantifiable mais qui se manifeste dans beaucoup de domaines. Est-ce un fluide, une vibration, une onde, un corpuscule ? Ou les deux, ou les trois, ou les quatre à la fois? Ou rien de tout cela? Je ne sais.
    Le magnétisme émane-t-il de Dieu, du Cosmos, des êtres vivants, de notre âme ou de notre esprit ? Rayonne-t-il des étoiles, de l’esprit des morts, de la matière? Je ne sais!

Nous quittons donc le domaine de la science pour celui des hypothèses et de l’ésotérisme. L’empirisme sert de point d’ancrage à une pratique dont les bases ne sont ni clairement posées ni simplement avérées. Le fait de « sentir » quelque chose suffit à justifier une pratique dite « de soin ». Nous avons moins une définition qu’un spectre large de suppositions dont certaines font froid dans le dos.

  • Le magnétisme animal ou vital
    Appelé fluide vital, fluide éthérique, fluide céleste, magnétisme animal ou humain, etc., il représenterait selon le Docteur Franz Anton Mesmer, une énergie émanant des corps célestes, analogue mais beaucoup plus subtile que celle de l’aimant.
    Cette force s’exercerait par le moyen d’un fluide où baignent les êtres et les choses. Mesmer affirme que l’homme peut concentrer ce fluide et en diriger à volonté le courant sur ses semblables. Les procédés sont très divers : contact immédiat par le toucher ou l’imposition des mains, soit à distance par des passes au-dessus du corps ou des parties malades, soit par le truchement de l’eau irradiée, ou de la volition.
    Les maladies qui, selon le célèbre praticien, ont pour origine une insuffisance ou un blocage du fluide dans l’organisme, sont soignées par une thérapie de recharge ou de dégagement, dont la fameuse « crise » déclenchée et observée lors des séances de magnétisme, représente le symptôme. Cette thérapie peut aussi s’exercer par le regard, par la présence, par le toucher, ou à l’aide de produits ou d’objets que le praticien aura préalablement imprégnés de son fluide.
    La théorie du magnétisme fut également mobilisée pour expliquer des phénomènes paranormaux tels que le somnambulisme ou l’hypnose, les possessions diaboliques, la voyance voire le prophétisme, etc.

Il est intéressant de noter que cette présentation n’hésite pas à faire allusion à d’autres manifestations ou techniques d’ordre paranormal, leur supposant, peut-être, un « lien de parenté ». Ci-dessous, le « magnétisme mental » suggère une similitude avec l’hypnose sans toutefois s’en réclamer complètement :

  • Le magnétisme mental
    Il est propre à l’homme. Il est produit par l’émission et la focalisation de la pensée concentrée d’un émetteur. Il agit par la volonté, la suggestion, l’influence. Il peut agir à distance.
    Ce magnétisme est neutre. Il peut agir dans les deux sens, pour le bien comme pour le mal. Encore plus subtil, il conjugue et augmente les effets des deux magnétismes précédents (minéral et vital).
    C’est la force qui fascine, envoûte, charme, suggère, hypnotise, nous l’avons vu, même à distance. »
  • Comment agit le magnétisme ?
    Sincèrement, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que le magnétisme peut agir indépendamment de toute suggestion, puisqu’ il est employé avec succès sur les mourants, les enfants en bas âge, les handicapés mentaux, les animaux, et aussi à distance. Son véhicule ? Je l’ignore.
    Ce que je sais : lorsque je focalise puissamment ma pensée sur un malade, que je projette fortement ma volonté de guérir sur un être souffrant, que je visualise clairement ce que je veux, eh bien la situation s’éclaire, la récompense survient, le problème se résout. (souvent). »

Une conclusion à ce stade

La pratique du magnétisme guérisseur désigne ainsi la communication d’une énergie subtile non identifiable et non quantifiable, à laquelle le magnétiseur ne peut avoir accès qu’en se mettant en état de médiumnité (transe).

Cette énergie est captée puis envoyée par l’effort de la volonté vers la « cible », c’est-à-dire vers le patient, sur lequel le praticien doit prendre autorité pour pouvoir réaliser le transfert d’énergie.

Il y a donc une forme d’emprise de la volonté du magnétiseur sur celle du patient. Même les puissants phénomènes de suggestion mentale, sans doute présents dans la plupart des cas, ne suffisent pas à expliquer les modifications vécues par la personne magnétisée.

Nous formulons l’hypothèse d’un transfert d’énergie occulte. Celui-ci ne se fait probablement pas sans l’aide – implicite ou explicite – des esprits des ténèbres qui gouvernent le plan occulte sollicité. Par conséquent, la prudence nous invite à ne pas y recourir.

Laissons la parole aux magnétiseurs eux-mêmes.

Dans la confidence des magnétiseurs

Les journaux, souvent à l’affût de réalités exotiques, se font écho régulièrement de l’influence des magnétiseurs, en allant interviewer l’un ou l’autre. Mais ce ne sont que des plaidoyers « pro domo » sans recherche de discernement.

Je voudrais vous proposer de réfléchir à partir d’autres perspectives qui ont croisé mon chemin.

Vous trouverez le contenu complet de ces témoignages sur cette page
http://occultismedanger.free.fr/107_confidence_magnetiseurs.php

* Les personnes qui utilisent le magnétisme guérisseur « manipulent les énergies »…

? Écoutez ce bref message reçu sur mon répondeur. Panique et désarroi. On joue à l’apprenti sorcier, on a ouvert la cocotte-minute en pleine pression…

Lorsque l’on commence à toucher à la manipulation des énergies, c’est vite l’escalade d’une pratique à une autre, il faut toujours aller plus loin ! Ce magnétiseur interviewé l’exprime très justement LIRE LA SUITE

* Elles ne s’interrogent jamais sur l’origine profonde de leur « don ».

Or, il convient d’y regarder de plus près, et il peut arriver qu’on fasse de drôles de découvertes. Il s’agit ici d’un cas extrême, mais il devrait faire réfléchir sur l’envers du décor :

Cet homme était allé voir une rebouteuse pour se faire remettre un nerf, suite à un déménagement; et alors qu’il se raccrochait à elle, elle lui a dit: « enlevez votre main, ça me brûle ». Il a découvert à ce moment-là son don de fort magnétisme guérisseur qu’il utilise maintenant à temps plein.

Il parle de ses guérisons. « Je fais ça par téléphone, par photo, sur de l’écriture, par télépathie, à distance… Je peux faire tout ce que je veux… J’ai enlevé quelques sorts, par la force de mon magnétisme… Je fais aussi … LIRE LA SUITE

* Elles observent des conséquences problématiques sur elles-mêmes.

À force de développer leur « sensibilité » par les manipulations d’énergie, les personnes qui pratiquent le magnétisme finissent par souffrir d’un dysfonctionnement naturel (rupture d’équilibre entre l’intelligence et la sensibilité) et spirituel (ouverture aux entités malignes en rapport avec leur « travail »). Elles ont l’impression de devenir comme des éponges qui absorbent le mal présent autour d’elles, et sentent le besoin de se protéger par des rituels auprès « d’exorciseurs » qui oeuvrent avec des pouvoirs de même nature occulte…

Elles viennent quelquefois voir l’exorciste diocésain pour la même raison; j’en ai reçu plusieurs dans ce cas.

Cet homme est magnétiseur. Il a téléphoné pour avoir le prêtre exorciste, car il se dit aux prises avec des difficultés. Il n’est pas baptisé, et il a pris conscience d’être aux prises avec des « mauvaises ondes », dont il connaît très probablement l’expéditeur, ce qui a pour conséquence une perte de « patientèle ». Il utilise ce mot car il estime être professionnel, parce qu’inscrit au groupement national pour l’organisation des médecines auxiliaires (GNOMA, http://www.gnoma.com).
* Elles infiltrent leur milieu familial ou communautaire.

On peut dire qu’un don de magnétisme guérisseur dans une famille, ou une communauté religieuse ou laïque (association, groupe d’amis), est un petit poison.

Le magnétisme d’une personne ne reste pas isolé mais tend à contaminer l’ensemble du système auquel il appartient, à la fois dans l’espace et dans le temps. Les conséquences négatives s’infiltrent des uns aux autres par les liens familiaux ou communautaires, elles ont tout leur temps pour métastaser.

Cette jeune femme, baptisée à l’âge de l’adolescence, a eu l’occasion de bien cheminer. LIRE LA SUITE

Magnétisme hérité et/ou développé

Des personnes naissent avec « du magnétisme » et l’expérimentent dès l’enfance, sans avoir fait quoi que ce soit pour « l’avoir ». On pourrait donc croire que c’est un don naturel. Mais en examinant les antécédents familiaux, nous constatons que c’est une séquelle, une suite, de pratiques occultes antécédentes dans la famille.

Voici un exemple où magnétisme et médiumnité voisinent chez la même personne, avec une transmission sur trois générations…

Cet homme, autour de la cinquantaine, possède un magnétisme guérisseur, qu’il a commencé à ressentir à 17 ans. Il s’est servi d’un pendule jusqu’à un certain moment, puis n’en a plus eu besoin. En regardant les photos, il voyait la vie des gens… Et les gens l’admiraient, ce qui le valorisait. Il en est même arrivé de dire la date exacte de la mort de quelqu’un…

Sa femme affirme qu’à chaque fois qu’il utilise ces formules magiques, physiquement il le paye. Sa mère avait aussi une sensibilité divinatoire, et elle subissait des phénomènes paranormaux bizarres.

Leur fille aînée (presque 10 ans) a un magnétisme guérisseur décuplé, ainsi que des capacités divinatoires (elle est capable de mettre la main très exactement là où est le mal) ; par ailleurs elle va volontiers prier à l’église.

D’autres personnes développent un magnétisme guérisseur suite à des traitements magiques ou occultes sollicités pour elles-mêmes. Le magnétisme guérisseur semble se développer particulièrement chez des personnes qui sont allées voir des guérisseurs, subissant par conséquence l’influence de la magie blanche…

Martin a constaté, adolescent, que son père, possédait chez lui un livre de magie noire, le Petit ou le Grand Albert. La mère de son père avait un don pour conjurer les maladies. Lui-même n’a commencé à émarger à l’occultisme qu’au moment où il est allé voir une voyante. Il a continué à en voir d’autres, et a donc été l’objet d’un certain nombre d’investigations psychiques par pouvoirs médiumniques.

En parlant de son initiation aux médecines énergétiques, il m’avoue qu’il vient de quitter une profession dans le créneau du bien-être (massages). Il a fait une initiation au shiatsu (massage des points d’énergie avec les pouces). En fait, depuis tout petit, on lui disait que lorsqu’il posait les mains, « on se sentait bien »…

Cet homme a probablement depuis toujours un don de magnétisme guérisseur, qu’il n’a pas exercé. Ce don s’est épanoui à travers les massages énergétiques. L’origine se situe très probablement du côté paternel.

Le fait de posséder des livres de magie noire, ce qui était le cas de son père, est aussi une forme de pacte avec les puissances des ténèbres, qui donne droit ensuite sur les descendants…

Pratique familiale, transmission générationnelle

Nous voyons mieux pourquoi certaines personnes peuvent avoir du magnétisme dès l’enfance.

Lorsqu’on demande à la personne qui possède du magnétisme d’expliciter sa relation personnelle et familiale (parents, grands-parents) avec toutes les formes de l’occultisme… on constate que l’apparition du magnétisme est la conséquence directe (ou indirecte à une ou deux générations de distance) de pratiques occultes vécues auparavant.

Le témoignage de Jean-Claude Collard (cf. deuxième partie de ce document) montre bien les différents liens du guérisseur avec le magnétisme par l’intermédiaire de son épouse et de ses deux grands-mères puis en rencontrant une guérisseuse qui lui permet d’approfondir sa pratique.

Le magnétisme et ses alliés

Il faut mentionner également le fait que le magnétisme « voisine » assez souvent avec d’autres réalités occultes, ce qui est tout de même ennuyeux. Nous rejoignons-là le « lien de parenté » entre les techniques aperçu sur le site science-et-magie.com.

Nous pouvons citer en particulier : la médiumnité, cette sensibilité paranormale et occulte présente chez certaines personnes; elle donne alors un climat tout particulier à leurs pratiques et à leurs méthodes.

Nous mentionnons aussi la magie blanche, car beaucoup de magnétiseurs ont dans leur arsenal une formule magique pour conjurer (par exemple les brûlures, et ils le font des deux manières : conjuration et magnétisme) et la magie noire.

Médiumnité et divination
Cette femme raconte la chose suivante. Son père a eu une extinction de voix. Il a alors rencontré quelqu’un qui maniait le pendule, et qui lui a affirmé : « je ne peux rien faire pour toi, tu as autant de force que moi ».

Il lui a alors proposé un test, de type paranormal, avec un morceau de viande : la gardant dans sa main un certain temps, la viande est devenue ensuite dure comme une semelle. Le résultat de ce type de tests manifeste la réalité d’un magnétisme physique, mais aussi guérisseur chez cet homme.

Car ensuite il a plus ou moins soigné ses enfants par magnétisme. Et maintenant, sa fille, elle aussi semble avoir ce magnétisme guérisseur, et ses enfants également. Mais cela n’a jamais été vraiment développé de façon claire.

Elle témoigne aussi d’une sensibilité médiumnique constante… Dans sa profession, elle a eu comme des anticipations qui lui ont permis, en tant que sous-directrice, de conseiller efficacement des directeurs…

On rencontre fréquemment des magnétiseurs qui ont aussi des capacités médiumniques. Ils profitent de la présence du « patient » pour lui dire un certain nombre de choses sur son passé et sa vie présente… La personne est en démarche de demande et le magnétiseur va plus loin dans l’emprise…

Les magnétiseurs travaillent avec les mains, mais aussi avec le pendule, parfois pour repérer où se cache le « mal », voire repérer des « entités cachées » sur le corps avant de faire leur travail avec les mains. Ces personnes ont aussi très souvent des cristaux « énergétiques » chez eux… Ce sont des signes qui orientent vers la divination et les déplacements d’énergies…

Les différentes formes de magie
Cette dame, veuve, a rencontré un homme qui avec qui elle a passé ensuite un après-midi de loisirs ; il lui a dit : « ce soir j’irai dormir chez toi ». Elle a répondu non, évidemment ; il a ensuite insisté : « mercredi, j’irai manger chez toi… » Elle a également refusé.

Devant ces refus assez précis, alors qu’en réponse au précédent courrier, elle exprimait qu’elle allait recourir à la police, il s’est permis de lui envoyer un e-mail où il exprimait posséder un don de magnétisme.

S’il l’avait toujours mis au service du bien et du soulagement des douleurs de ses semblables, il affirmait qu’il avait aussi cette faculté d’en appeler à la justice immanente, redoutable pour tous ceux qui avaient mal agi envers lui. Cette faculté, il avait décidé de l’enclencher à son égard.

«Dans les jours, les mois qui viendront, des événements tragiques, sans que je puisse en être considéré comme l’auteur, notamment par une quelconque autorité de justice, viendront me rappeler à ta moralité équivoque. Le compte à rebours est déclenché. Rien désormais ne pourra l’arrêter. »

Tous ces « dons », finalement, se tiennent par la main. On passe de l’un à l’autre sans problème. La raison tient à leurs racines communes.

Dépendance, addiction, emprise…

Demander les services d’une personne qui « magnétise » est une démarche assez courante… On y reçoit un soulagement, souvent une écoute. Certaines personnes finissent par y aller comme on va chez le médecin.

N’oublions pas que la demande d’aide auprès d’un magnétiseur intervient dans une période d’épreuve et de vulnérabilité : problème de santé, de travail, d’argent, de relation conjugale, familiale…

Une relation de confiance s’établit. On partage des choses qu’on ne dirait pas forcément à d’autres. Pour peu que le magnétiseur ait de l’empathie, voire des capacités occultes de divination, un lien s’établit où l’affectivité pourra « résonner » de façon particulière.

Mais il faudrait « raisonner » un peu plus, car le risque de dépendance est considérable. Elle peut prendre des proportions inattendues, et devenir franchement malsaine et enfermante, provoquant une emprise, voire une addiction destructrice.

En voici quelques exemples.

- André* a consulté pendant dix ans, tous les mois, quelquefois tous les deux mois, une « énergéticienne » qui lui a fait des massages d’huiles essentielles, qui lui a promis qu’il trouverait un autre travail sans que cela se réalise vraiment, qui l’a magnétisé…

Son épouse y allait aussi. Les parents de son épouse y vont maintenant. Son couple a explosé. Quelle somme d’argent dilapidée, et quelle dépendance !
 * Tous les prénoms ont été changés, ici et dans l’ensemble de l’e-book.

- Yvette dit : « On a quelque chose sur nous… Tout va mal… On se pose beaucoup de questions… » D’origine rurale, elle travaille en ferme, et affirme aller voir un magnétiseur tous les 15 jours, ses enfants aussi…

Au fil de la conversation elle dira aussi avoir vu des voyants : « des gens qui m’ont dit qui c’était… » Au vu de ses nombreux contacts avec des personnes ayant des pouvoirs occultes, elle fait elle-même son propre malheur. .

- Amélie est "suivie" chaque semaine par un magnétiseur depuis sept ans. Elle y va tous les mercredis pendant 3/4 h. Depuis un mois le magnétiseur s’est aperçu que son feu de cheminée "baissait" énormément (les flammes s’éteignaient à 90 %) lorsqu’elle était là; il lui a dit que c’était mauvais…! Elle souhaite donc savoir si on peut faire quelque chose pour elle…

Comment faire entendre à cette personne qu’elle est devenue totalement dépendante, ayant même aboli son esprit critique, et qu’il faut arrêter ? Elle dit qu’avant de le connaître, elle était très mal : dépression, boisson, etc. Elle a donc du mal à concevoir la nocivité du magnétisme...


- Sophie témoigne d’un symptôme d’enfermement dans l’échec : «On a tout le temps des problèmes… On est tout le temps malade… On a toujours quelque chose… Rien ne nous fait rien. » Ses difficultés de santé ont été l’occasion pour elle de fréquenter de très nombreux magnétiseurs.

Sa maman emmenait fréquemment son papa chez un magnétiseur tous les dimanches matin… Il se sentait comme poussé à y aller. La famille entière était donc très marquée par une dépendance du magnétisme.

- Jacqueline est atteinte de bégaiement et à cause de cela, elle a vu une trentaine (sic) de magnétiseurs. À cela il faut ajouter des consultations chez une dizaine de voyantes. Elle a toujours considéré qu’elle n’avait pas de chance, d’où le désir de savoir si ça irait mieux dans l’avenir.

Conséquences : des phénomènes paranormaux, une sensibilité de médium. Sa fille est aux prises elle-même avec des phénomènes paranormaux, et son enfant de quatre ans fait des cauchemars, et dit « voir du monde au plafond ». On voit bien ici la transmission familiale des liens à la suite des contacts de la maman avec les magnétiseurs.

Cette personne me dit : « Ce sont des années d’accumulation et d’addiction aux magnétiseurs et guérisseurs… Et avant, les courriers et les téléphones avec les voyants. J’ai l’impression que je ne suis plus moi-même ».

Des photos, pour quoi faire ?

La demande ou le dépôt de photos devrait attirer notre attention. C’est le signe d’une emprise occulte à distance à partir d’un support représentant la personne.

De nombreux sites internet proposent cette solution… plus confortable ! Voyez ces exemples http://occultismedanger.free.fr/109_des_photos.php

Les personnes préparent les photos à l’avance, pour pouvoir les donner…
Et certains se mordent les doigts de les avoir laissées, une fois qu’elles ont compris ce qui pouvait se passer…

Savez-vous ce que cela signifie ?

Le « travail » sur support est la façon ordinaire de procéder dans les rituels magiques, notamment les rituels de magie noire (vêtement, rognures d’ongle, mèche de cheveux, etc.).

Je me souviens de cette maman, en instance de divorce, venue avec son enfant. Elle me disait : « C’est bizarre, tout de même… Chaque fois que mon fils va chez son père, il revient avec une mèche de cheveux en moins, parce qu’il la lui a prélevée ». Je lui ai répondu : ne cherchez pas très loin, c’est pour pouvoir demander des rituels de magie sur lui et sur vous…

J’ai eu aussi l’une ou l’autre fois des témoignages de ce qui peut se passer à l’occasion d’une fête de famille, où des personnes réputées pour être engagées dans l’occultisme, en profitent pour prendre des photos avec leur téléphone des personnes qu’elles veulent « cibler »…

Peut-être hésiterez-vous la prochaine fois à laisser votre photo ?

Il est intéressant de lire ce qu’écrit un magnétiseur :

« La visualisation (sur photo) agit comme un fil avec une flèche qui atteint sa cible (les deux sont reliés). Aucun magnétiseur à distance ne peut projeter son magnétisme (énergie) tant que la personne n'est pas visualisée.

C'est bien évidemment là qu’intervient le pouvoir de concentration, et la puissance du magnétisme par un transfert d'énergie.

Le magnétisme à distance sur support photo donne de très bons résultats.

Je pratique le magnétisme à distance pour les personnes en dehors de ma zone géographique d'intervention, les personnes hospitalisées ..

Ces séances ne se conçoivent qu'en complément d'une prise en charge médicale

Les bénéfices sont identiques à une séance en présence à condition de faire confiance, de laisser faire les choses … »

Les liens et les parasitages paranormaux dus aux impacts occultes

Mme Y. est une femme intelligente, de milieu très aisé. Son mari est un homme cultivé. Ils forment un heureux ménage, ont deux enfants. Tout à coup, un torrent déferle sur cette maison. Cette épouse de bonne éducation, semble soudain prise dans un vent de panique. Il lui vient des goûts inattendus. Elle recherche des compagnies vulgaires, des lieux mal famés (...) Son caractère se transforme lui aussi. Elle était connue comme une femme douce, aimante ; elle devient acerbe, grossière, méchante.

Elle fait le vide autour d'elle, se désintéresse de ses enfants, tourmente son mari. Il vient me voir en me disant : « Je connais mal les évangiles. Mais si je voulais employer leur langage, je dirais de ma femme qu'elle est possédée du démon. » Je l'interroge et finis par découvrir que ce brusque changement dans sa vie coïncide avec des séances qu'elle a eues chez un magnétiseur… (Maurice Ray, L’occultisme à la lumière du Christ, p. 115-122).

D’autres exemples ici :
http://occultismedanger.free.fr/110_parasitages.php

Vous trouverez de plus amples développements sur LES LIENS DUS AUX IMPACTS OCCULTES en parcourant les pages du site occultismedanger.free.fr, et aussi en téléchargeant les e-books de la collection La Ronde Infernale de l’Occultisme qui seront mis en ligne progressivement.

L’addition finit par être lourde pour le porte-monnaie, magnétisé lui aussi…

Une pratique qui n’est pas sans risque

Les fondateurs de courants de pensée ésotérique le reconnaissent également :
« Le magnétisme n’est pas sans risque car le danger porte sur tous les germes de la maladie du thérapeute car c’est son énergie qu’il donne ». (Annie Besant, + 1933, théosophe)

« Le magnétiseur cherche à guérir, et en déversant la force dans le patient, il lui communique inévitablement en même temps que sa vitalité beaucoup de ses émanations toxiques, des résidus éthériques rejetés, toutes les pollutions du corps sont véhiculés dans les niveaux subtils, et transmises par les passes magnétiques.. Il est évident que toutes les maladies existant chez le magnétiseur peuvent être facilement transmises au sujet. » (Charles LEADBETTER, + 1934, théosophe)

« Il faut que le guérisseur cherche à relier son âme, son cœur, son cerveau, et ses mains. Cela lui permet de projeter sur le patient la force vitale curative. Telle est l'action magnétique, qui peut soit guérir la maladie soit aggraver le mauvais état du patient, selon le savoir du guérisseur. Le guérisseur doit être attentif à éviter une projection de besoins personnels qui serait un obstacle à la limpidité du travail effectué. »
 (Cinquième règle de guérison http://www.terrenouvelle.ca/les-lois-et-regles-de-guerison/)

Les praticiens eux-mêmes

IL suffit, pour cela, de taper les mots clés danger et magnétisme pour comprendre qu’il y a un problème. Voici, par exemple, quelques perles qu’on peut trouver dans une présentation du magnétisme, si on lit avec persévérance… http://florilege-du-bien-etre.over-blog.com/pages/Le_Magnetisme_Definitions_et_Pratique-5307007.html

Théorisation et initiation

Le magnétisme animal, si l’on en croit ses théoriciens Messmer, Stanislas de Guaita, Eliphas Levi, Oswald Wirth, Marius Lepage … se veut laïc, c’est-à-dire sans adhésion à une croyance révélée, mais en référence à une «philosophia perennis» qui serait réservée aux initiés. Cette initiation ouvre l’accès aux forces de vie inscrites dans la nature.

« L’individu n’est rien par lui-même, mais il peut disposer d’une force immense s’il parvient à s’aimanter aux courants de la vie collective» (Oswald Wirth « L’imposition des mains et la médecine philosophale », Guy Trédaniel, p. XX, 1).

Nous rentrons alors dans la vision de la haute magie de l’ars magna des occultistes et des alchimistes que l’on retrouve dans de nombreuses pratiques aujourd’hui et qui rejoint étonnamment une certaine pratique ostéopathique fluidique ou énergétique ou certaines nouvelles thérapies énergétiques faisant appel au magnétisme ou à la médiumnité.

Il s’agit pour l’adepte de cette science des sciences de ne plus chercher en dehors de soi mais en soi le jaillissement de la « fontaine de Vie ». Il développe ainsi sa sensibilité subtile en se laissant guider par la nature. Sa capacité à sentir s’affine au point qu’il n’a plus besoin de contact et peut même opérer à distance.

Pour les personnes qui veulent approfondir ces aspects plus complexes,
voici quelques points d’attention :

  • Magnétisme et médiumnité
  • Très rapidement un certain type de sensibilité…
  • Avec de l’exercice…
  • Mais cela ne fonctionne pas avec tout le monde…
  • « La suggestion de l’opérateur provoque ce qu’il imagine »
  • « L’effet du magnétisme n’est pas nécessairement immédiat, il peut agir pendant plusieurs jours »
  • Un « thérapeute » qui développe cette réceptivité intuitive peut capter les idées de celui qui vient le consulter
  • Le magnétiseur trouve dans une volonté active et une imagination passive les ressorts de ses pouvoirs
  • Le magnétisme agit en trois temps
  • Ces trois phases passive, neutre et active se retrouvent chez de nombreux occultistes

Retrouvez des approfondissements détaillés sur cette page
http://occultismedanger.free.fr/112_theorisation_initiation.php

L’explosion des thérapies énergétiques

Le magnétisme guérisseur dont nous parlons dans ce livret est, en quelque sorte, le « magnétisme de base ».

Mais aujourd’hui, il existe des formes multiples de magnétisme plus élaborées ou sophistiquées.

Elles se présentent comme des médecines énergétiques ou des harmonisations d’énergies.
Elles croiseront forcément votre chemin. Il serait trop long d’en parler ici en détail.

Ce sont les magnétiseurs « modernes et à la mode ».

Par le jeu de liens internes, vous pourrez trouver des pages dédiées sur le site occultismedanger.free.fr, par exemple quelques distinctions qui peuvent vous être utiles pour une réflexion.

* LE REIKI.

Magnétisme haut de gamme, avec initiation en trois niveaux,
et communication avec les puissances des ténèbres…
Les dégâts humains et spirituels peuvent être graves.
Voir les documents sur cette page.

* LA MÉDECINE AYURVÉDIQUE.

Voir les documents.

* LA KINÉSIOLOGIE.

Voir les documents
Une forme simple et courante de magnétisme est la kinésiologie,
qui sonne plus logique, scientifique et européen
que les autres thérapies énergétiques.
Elle n’en est pas moins néfaste.

Cette liste n’est pas exhaustive, elle est en réalité beaucoup plus longue !
Vous pourrez retrouver le développement de ces thèmes dans des livrets dédiés, à paraître sur ce site.

Un discernement difficile pour le chrétien

Le fait que Jésus donnait des signes de guérison, quelquefois en imposant les mains, le développement contemporain de la prière pour la guérison des malades dans les courants charismatiques, tout cela peut prêter à confusion entre la guérison divine et le magnétisme occulte.

 

Aux personnes qui souhaiteraient approfondir la question des signes de guérison donnés par Jésus, je propose de travailler un numéro de la Petite École Biblique, un autre site internet que j’anime, intitulé : Jésus face aux demandes de guérison

 

 

Je voudrais ici montrer l’embarras et le questionnement du chrétien face à la réalité du magnétisme guérisseur, qui ressemble à un charisme de guérison.

Voici trois exemples de ce questionnement.
http://occultismedanger.free.fr/111_discernement_chretien.php

1. « J’ai ce que je considère comme un don reçu du Seigneur, je ne me l’explique pas. Lorsque je pose les mains sur quelqu’un, elles sont comme guidées par des sensations et ce don a déjà soigné dans mon cadre familial et amical. Tendinites diverses, blocage du dos, du coup, brûlures, blocage du genou, sciatiques.
Je suis persuadé que ce n’est pas moi qui « guéris »… LIRE LA SUITE

Une réponse : Personnellement, je ne pense pas que ce don vienne de Dieu. Vos intentions sont bonnes, c’est évident. Mais il faudrait pouvoir creuser votre rapport à l’occultisme ainsi que celui de votre famille. Cela ressemble comme deux gouttes d’eau à du magnétisme occulte.

2. « J’ai reçu, probablement à la naissance, un don dans les mains, don que mon père avait aussi… Force, fluide, je ne sais pas comment l’appeler, mais qui peut aussi bien être un don de Dieu qu’un don filial… Et peut-être même les deux… Je ne me suis aperçue de ce don qu’à l’âge d’environ 20 ans, quand j’ai commencé à travailler en milieu hospitalier. Mais je connaissais la prière à Jésus avant, vu que, adolescente, je me tordais facilement les chevilles, et mon père me massait la cheville abîmée avant de mettre un bandage. Cela soulageait la douleur sans guérir ni remettre en place les muscles froissés.

Cette prière est toute simple : « Jésus, que Ta force et Ta paix passent dans mes mains… » Par cette prière, je demande simplement et en toute humilité à Jésus de devenir son instrument pour soulager et apaiser la douleur de la personne à qui je vais imposer les mains. LIRE LA SUITE

Une réponse : Je vous remercie de me partager votre expérience personnelle. Mais je ne crois pas qu’un don de Dieu de type charisme de guérison puisse être à disposition de la personne, pour qu’elle puisse le mettre en œuvre à volonté, de la manière dont vous dites.

3. « Je voudrais savoir si toute personne possédant un don de magnétisme est forcément manipulé par le démon, même si cette personne est chrétienne. Peut-il aussi parfois s’agir d’un don de Dieu ou jamais ? Ma grand-mère a été soulagée d’un zona par un magnétiseur chrétien. »

Une réponse du P. Joseph-Marie Verlinde :
La question est redoutable, car elle me demande de prendre une position radicale. En principe pour pouvoir affirmer que le magnétisme est « toujours mauvais », je devrais … LIRE LA SUITE

Il peut être utile de rappeler ici une parole de Jésus où voisinent les mots « miracle » et « commettre le mal »

Matthieu 7, 21-23 : Ce n’est pas en me disant : «Seigneur, Seigneur», qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : «Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?» Alors je leur dirai en face : «Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. »

Comment sortir de tout cela ?

Voici des liens qui vous mèneront vers les développements concernant cet aspect important et décisif pour les personnes qui souhaitent « tourner la page »

Les cinq dimensions de LA DÉMARCHE DE LIBÉRATION

◆ Faire une prise de conscience libre et éclairée
◆ Se repentir du péché contre la sainteté de Dieu
◆ Dénoncer les pactes conclus avec l’Adversaire
◆ Abandonner ses pouvoirs occultes, renoncer à tout occultisme
◆ Laisser l’Esprit Saint nous remettre dans la grâce du baptême

La mise en oeuvre du COMBAT SPIRITUEL QUOTIDIEN

◆ La prière de protection
◆ La méditation du chapelet
◆ La lecture de la Bible
◆ Les sacrements de l’Église : eucharistie et pénitence
◆ La prière du coeur
◆ Les bénédictions
Que dit la Bible et la tradition de l’Église sur l’occultisme ?

Un beau sacrement : l’Onction des malades

Une personne me racontait comment l’un de ses amis chrétien venait d’apprendre qu’il était atteint d’un cancer. Il devait faire face à un traitement lourd, radiothérapie et chimiothérapie. Il était déjà âgé. Pour se préparer à cette épreuve majeure qui l’atteignait dans sa santé, il avait décidé d’aller voir une magnétiseuse. Il y est resté pendant près d’une heure. Il en est ressorti, a-t-il témoigné, calme et pacifié, détendu…

Un autre ami chrétien, avait appris, lui aussi qu’il était atteint d’un cancer. Radiothérapie classique en vue. Bouleversement, réflexion intérieure, prière. Il avait décidé de demander à un ami prêtre de recevoir le sacrement de l’Onction des malades. Ayant choisi une date, il avait réuni ses amis proches, afin de se remettre à Dieu dans un petit temps de prière communautaire et de louange. Puis le prêtre avait donné le sacrement de l’onction des malades, reçu dans la foi, sans affect particulier. Et l’on avait terminé la rencontre par le partage d’un verre de l’amitié et d’une brioche.

Nous voyons là deux positionnements différents, mais pas équivalents. Il ne s’agit pas de juger, mais de discerner. Lequel est vraiment chrétien ? Je vous laisse y réfléchir.

Reportons-nous à la lettre de Jacques, dans le Nouveau Testament. Celui-ci écrit, au chapitre 5 : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Eglise la fonction d’Anciens : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade ; le Seigneur le relèvera et s’il a commis des péchés, il recevra le pardon ».

Avons-nous conscience de la valeur de ce sacrement donné dans l’Église, c’est-à-dire dans la communauté chrétienne, par le prêtre ?

Il s’adresse à ceux et celles qui souffrent et qui demandent courage et espérance à l’Eglise.

Ils reçoivent par ce sacrement force spirituelle et confiance, paix intérieure, et quelquefois une amélioration de santé ou même la guérison.

L’Onction des malades comporte deux gestes:

> L’imposition des mains pour appeler l’Esprit Saint.

> L’onction d’huile sur le front et sur les mains, avec l’huile des malades bénite par l’évêque lors de la messe chrismale,

et cette parole sacramentelle :

« N…, par cette Onction Sainte, que le Seigneur en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint.
Ainsi, vous ayant libéré de tous vos péchés, qu’il vous sauve et vous relève ».

 

Cette célébration peut se dérouler lors d’une célébration communautaire, ou autour d’un seul malade à domicile ou à l’église en présence de la famille et des amis.

Conclusion : le magnétisme guérisseur est-il un don naturel ?

Aux différents axes abordés : compréhension du terme, définition et délimitation du champ, discernement des pratiques, il faut ajouter cette constatation d’importance : la bonne intention, l’honnêteté.

Les personnes qui magnétisent ou celles qui recourent aux magnétiseurs sont souvent de bonne foi, parce qu’elles souhaitent aider leur prochain avec sincérité, soulager rapidement et même ‘par magie’ leur gêne physique et leurs souffrances.

Toutefois, j’aimerais poser à tous cette question : ne faites-vous pas pas preuve de crédulité au lieu de chercher à approfondir objectivement les racines des pratiques mises en oeuvre ?

Car elles sont entachées de transferts d’énergies occultes,
et ouvrent des portes vers le monde occulte…
c’est l’antique promesse du serpent de la Genèse :
« vous serez comme des dieux »…

En près de quarante ans d’écoute et de recherche,
je n’ai jamais rencontré de « magnétisme guérisseur »
comme « don naturel ».
Il y a toujours une connexion
avec des pratiques magiques ou médiumniques.

C’est pourquoi, à la question posée en ouverture de ce livret, je réponds :
NON, le magnétisme guérisseur n’est pas un don naturel.

Cette opinion n’engage que son auteur :
certains lecteurs auront d’autres interprétations que celle développée ici,
leur opinion a droit au respect.

Un e-book à télécharger pour le communiquer à d’autres

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Les raisons de faire dire une messe

POUR UN DÉFUNT, POUR UN VIVANT, LES RAISONS SONT DIVERSES, LES INTENTIONS VARIÉES. SI LA PRATIQUE EST ANCIENNE, ELLE ÉVOLUE AUJOURD’HUI.

Il se nomme Pierre, il a 37 ans, il est catholique et vit dans la banlieue parisienne. Faire dire une messe, il en avait déjà entendu parler. Mais dans sa famille, il n’en avait jamais été vraiment question. «Cela m’apparaissait un truc un peu vieillot et un brin superstitieux », sourit-il. Il y a quatre ans, sa fille cadette, Claire, alors nouveau-née, présentait des signes inquiétants de retard mental aux yeux de son pédiatre : des examens approfondis du cerveau furent demandés. Le jour de la consultation, Pierre est bloqué en Égypte pour son travail. « Ma femme y est allée seule. C’était terrible d’être si loin. Je me suis souvenu que l’on pouvait faire dire des messes pour des proches. J’ai demandé à un ami prêtre de le faire pour Claire. Ce jour-là, je l’ai particulièrement remise entre les mains de Dieu. » L’appréhension du pédiatre s’est révélée infondée. Pierre ne sait pas s’il y a un lien avec la messe célébrée pour sa fille mais il s’en souvient comme d’un moment de « grâce » et de « communion spirituelle » avec sa fille, son épouse et Dieu.

« Chaque messe offerte est une manière d’appliquer la rédemption du Christ à notre situation particulière, explique le P. Ludovic Serre, curé de Chaville. Concrètement, le fidèle demande au prêtre, et à travers lui, à l’Église tout entière, de prier pour une intention au moment où il célèbre l’eucharistie », ajoute le carme Christophe-Marie Baudouin, prieur du couvent de Lille.

Messe pour les défunts, pour les vivants, pour une action de grâce… les raisons en sont variées. « La plus courante est de prier pour les défunts, observe cependant le P. Serre, afinqu’ils accèdent à la plénitude de la lumière de Dieu par l’action du Christ actualisée dans l’eucharistie. » Il précise : « Il ne faut pas oublier que, une fois mort, je ne peux plus rien faire pour mon âme. Il n’y a que les vivants qui pourront m’aider, par leur prière, à rencontrer Dieu.»

Ces messes sont le plus souvent demandées par les familles des défunts. Elles peuvent faire dire une, dix, trente messes… l’usage est souple et varié. « La famille désire le salut du disparu qu’elle espère retrouver au royaume des cieux. Et c’est aussi un lien qui la rattache à cette personne», souligne le P. Serre.

Ne pas rompre ce lien, manifester la présence de l’absent parmi les vivants. C’est l’histoire d’Olivier, 52 ans. Sa mère est morte brutalement au mois de décembre à Toulon. Issue d’une famille athée, la défunte est incinérée et ses cendres sont dispersées au bord de la mer : « Et puis c’est tout, dit-il. J’ai ressenti un immense vide. Un de mes amis, qui connaissait ma mère, m’a proposé de faire dire une messe pour elle, un dimanche. J’ai accepté aussitôt.» Pourquoi ? « J’avais besoin que l’on prie pour elle, de vérifier que tout ne se finissait pas avec sa mort et son incinération. »

Continuer la lecture de « Les raisons de faire dire une messe »

Méditation de pleine conscience

En médecine, en entreprise,

dans le monde de la finance, dans l’éducation,

la méditation de pleine conscience est proposée.

Matthieu Ricard, disciple du Dalaï-Lama, s’en fait le promoteur.

D’où vient-elle, est-elle neutre, que véhicule-t-elle,

où conduit-elle, qui l’enseigne ?

En nous référant à la méditation chrétienne,

y a-t-il divergence, convergence, opposition

entre les deux formes de méditation ?

Origine

La méditation de pleine conscience tire son origine du bouddhisme revue à la sauce occidentale. Dans le bouddhisme, il est enseigné que la pleine conscience est un facteur essentiel pour la libération.

La méditation de pleine conscience permettrait une attention juste, une présence attentive ou une conscience vigilante à ses propres pensées, actions et motivations.

La pleine conscience se situe au-delà de la première forme de sagesse selon le bouddhisme qui est la dévotion, et au-delà de la deuxième forme : la logique de l’intellect ou de la raison.

Elle accéderait à la troisième forme de sagesse, qui est la vision directe de la réalité ultime en toute chose.

Dans son principe même, nous constatons que la méditation de pleine conscience se situe au-delà de toute foi et de toute raison.

Principes

Dans un premier temps, il s’agit d’être attentif à ses sensations dans l’instant présent, comment elles apparaissent, comment elles durent ou ne durent pas, et comment elles disparaissent.

Par la suite, le méditant va aussi examiner les idées qui l’habitent, les perceptions, les habitudes mentales positives ou négatives, à leur point de départ, dans leurs durées et à leur point de dissolution.

Il doit rester neutre et silencieux dans cette introspection, il accueille l’apparition et la disparition des sensations agréables, neutres ou désagréables, sans juger, sans chercher à retenir la sensation agréable ou à rejeter la sensation désagréable.

C’est ainsi que le méditant arriverait progressivement au détachement et à la libération de la matière, de la sensation, de la perception, des conditionnements mentaux.

Ce détachement est typiquement bouddhique, il faut se détacher de toute sensation et même de tout sentiment de joie ou de tristesse comme autant d’illusions qui empêchent de nous libérer.

L’important est qu’il soit tout à ce qu’il fait, à ressentir plus que penser à expérimenter plus qu’à savoir.

Concepteur

Le concepteur et promoteur de la méditation de pleine conscience, mindfulness méditation, est Jon Kabat-Zinn, né le 5 juin 1944.

Depuis 1979, il présente la « méditation de la pleine conscience » comme une technique destinée à aider les gens à surmonter leur stress, leur anxiété, leur douleur et leur maladie.

Il est l’un des leaders actuels de l’institut ésotérique ESALEN, centre historiquement lié au mouvement GURDJIEFF.

C’est là, le cœur des pratiques du New Age qui tentent de rapprocher l’enseignement bouddhique et les dernières expériences en psychologie.

Ce syncrétisme, prédisant la venue d’un nouveau type d’homme au potentiel illimité, a engendré un grand nombre de dérives sectaires et de pratiques « spirituelles », et attiré 350 millions d’adeptes à travers le monde.

C’est une vision totalitaire qui cherche le bonheur de l’homme sans perspective de transcendance. L’homme devient Dieu, il n’a plus besoin de Dieu Créateur et Sauveur du christianisme.

Médias

L’expansion (l’explosion même) de la méditation de pleine conscience passe actuellement par les médias.

Tous les magazines, toutes les chaînes de télévision ont consacré articles et émissions à la méditation de pleine conscience.

Sur Internet, il suffit de taper « méditation de pleine conscience » ou « mindfulness » pour trouver une multitude de sites, tous à la gloire de la mindfulness.

Il est presque impossible de trouver des sites émettant des questions ou des réserves sur cette méthode.

Le géant mondial de la publicité JWT a listé la Pleine conscience comme l’une de ses 10 tendances pour façonner le monde en 2014.

Actuellement, de grandes entreprises proposent à leurs membres, dans le cadre de formations internes et à large échelle, des stages de méditation de pleine conscience pour apprendre à « optimiser sa performance par une meilleure prise de décision ».

Pour les enseignants et les familles, des livres et CD sont lancés en direction des enfants… (« Calme et attentif comme une grenouille… »).

Matthieu Ricard

Docteur en génétique cellulaire de formation, moine bouddhiste depuis 1979, disciple rapproché du dalaï-lama, dont il est le traducteur français, Matthieu Ricard est aussi connu pour ses nombreux écrits et ses interventions télévisuelles.

Son site.

Selon lui, vingt minutes de pratique quotidienne de méditation de pleine conscience contribueraient à la diminution de l’anxiété, du stress, de la tendance à la colère et à augmenter la bienveillance, ceci améliorant la vie sociale…

Nous sommes exactement dans les mêmes promesses de résultats mirifiques, que proposait la méditation transcendantale dans les années 1970.

Comment ces recherches sont-elles financées ? L’Institut Mind & Life dans laquelle Matthieu Ricard milite refuse selon ses dires tout lien avec des sociétés commerciales, y compris les laboratoires pharmaceutiques.

Mathieu Ricard ne cultiverait-il ici pas une certaine ambiguïté ? En effet, les travaux expérimentaux auxquels il se réfère, semblent être biaisés par des conflits d’intérêts. Les différents scientifiques nommés qui pilotent ces études pratiquent eux-mêmes la méditation de pleine conscience.

Méditations

La méditation de pleine conscience se présente comme étant strictement laïque, cependant, lorsque certains moines bouddhistes font la promotion de cette technique, il est alors permis de douter de cette affirmation. D’autres bouddhistes se sont opposés à cette « laïcisation », faisant valoir qu’il est déraisonnable de dissocier cette pratique ancrée dans la religion bouddhiste.

Claire Chartier, de l’Express, pose la question à Matthieu Ricard :

« Se recueillir en souhaitant l’amour du prochain : n’est-ce pas dans le sens même de la prière ?

Et voici sa réponse :

– Il y a une différence importante : le fait de s’unir à quelque chose qui vous dépasse, par l’oraison, est davantage un abandon qu’une méthode destinée à transformer votre façon de voir les choses. »

(L’Express n° 3289 du 16 au 22 juillet 2014. « Les vrais pouvoirs de la méditation. » p.22.)

Effectivement, la différence est de taille, la relation à Dieu dans la tradition chrétienne, nécessite une conversion qui entraîne à une autre manière de penser de dire de faire, cette relation n’est pas une méthode, mais un échange qui transforme notre cœur, nos pensées et nos actions.

La méditation de pleine conscience invite à l’acceptation sans jugement de ce qui est. Elle nous invite au détachement, le monde apparent étant fait d’illusion, c’est en entrant en soi-même que l’on trouvera la libération.

Ce type de pensée a généré un système de caste. Le bouddhisme tibétain notamment a permis un système de servage particulièrement cruel.

Aimer son prochain comme soi-même n’a pas présidé à l’élaboration de ce système de gouvernement du peuple.

Dans une perspective chrétienne, la conscience est une valeur morale, elle est liée à la connaissance du bien et du mal. La vie spirituelle a pour objectif de maintenir une bonne conscience morale en évitant le péché et en choisissant ce qui est le bien, le juste et le vrai.

Annexe : pour aller plus loin sur ce qu’est la méditation chrétienne

> Lettre « Quelques aspects de la méditation chrétienne » (1989, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signée de Joseph Ratzinger, le futur benoît XVI).

> La prière contemplative pour tous.Un résumé du livre de Peggy Wilkinson « Trouver le mystique qui est en vous », par le P. Dominique Auzenet

> Positions et attitudes du corps en vue de la prière. Yoga et méditation chrétienne. Collation de différents textes par le P. Dominique Auzenet.

Expérimenter l’extension et la dissolution

La finalité de la méditation de pleine conscience : une extension jusqu’à la dissolution de soi. Là où le moi n’a plus de raison d’être, car il est en tout et tout est en lui.

« La pleine conscience est une expansion de soi. On absorbe tout ce qui est autour de nous, on s’en imprègne et on le devient. Comme un cercle qui s’élargit pour tout englober. On est au centre de cet univers. Mais ce n’est pas un univers borné, toutes ses frontières sont poreuses… Dans la pleine conscience, nous éprouvons des sentiments récurrents d’abolition des frontières entre nous et l’extérieur. Sentiments de fusion de soi dans l’environnement. De diffusion de l’environnement en soi. »

(Christophe André, « Méditer jour après jour », L’iconoclaste, 2011.p.282, 283)

Voici la dernière leçon qui termine le livre :

« Méditer la pleine conscience c’est se connecter au monde, si fortement que les distinctions entre soi et non-soi deviennent absurdes, inutiles et encombrantes. Se préparer doucement à revenir d’où on vient, comme la vague se dissoudra bientôt dans l’océan. Il n’y a alors plus de limites. Que des liens. »

 Le quiétisme

Nous retrouvons le même type de langage dans l’histoire dans la spiritualité catholique française. Cette tendance porte un nom, c’est le quiétisme, prôné entre autres par le couple FénelonMadame Guyon.

En cette fin de dix-septième siècle. Madame Guyon se perd dans des métaphores aquatiques, pour dire le chemin de l’âme : « L’âme se perd dans l’immense comme un petit poisson se perd toujours plus avant dans la mer infinie. » Ou encore, elle se sent pareille au fleuve qui s’étend perdu dans l’océan « a pris tellement la nature de l’eau marine qu’on ne voit plus rien qui lui soit propre. »

Plus de différence entre l’homme et Dieu, plus d’obstacle entre l’intérieur et l’extérieur. Bossuet luttera avec une certaine rugosité contre cet illuminisme, maugréant contre ce faux abandon qui fait fi de l’incarnation et glisse inexorablement dans la fusion et la confusion.

En forme de conclusion

Pas de dissolution

Eh bien non, un chrétien ne peut pas adhérer à cette vision des choses. Il ne peut se confondre et se dissoudre dans la matière du monde comme la vague dans l’océan.

La rencontre d’un amour

Il fait l’expérience d’être aimé de Dieu, et confronte son expérience à la tradition de l’Église, pour éviter tout subjectivisme.

Un engagement de charité

Cet amour de Dieu l’invite à aimer son prochain, non seulement comme lui-même mais comme le Christ lui-même nous a aimés en donnant sa vie.

Pour aller plus loin sur cette réflexion

> Un texte approfondi sur la méditation de pleine conscience

> Chemin de sérénité ou illusion ?

> Une réflexion sur le livre pour enfants « Calme et attentif comme une grenouille »…  Cette réflexion pour les parents existe aussi sous forme d’e-book

 

  

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