Magnétisme guérisseur

Introduction

De quoi parle-t-on lorsqu’on parle de magnétisme ? En effet :

En physique, le magnétisme est une force produite par des charges électriques en mouvement.
 En médecine parallèle, le magnétisme animal est une approche thérapeutique postulant l'existence d'un fluide magnétique.
 En sciences sociales, le magnétisme est un phénomène qui génère une attirance entre plusieurs objets.
 En informatique, pour des interfaces graphiques, le magnétisme est la faculté d'un élément graphique à se coller à un autre lorsque la distance les séparant est suffisamment réduite.
 En Sciences de la Terre, on étudie le champ magnétique terrestre.
 En littérature, Magnétisme est une nouvelle de Guy de Maupassant datée de 1882

Le sujet de cet e-book est le magnétisme guérisseur appelé aussi : magnétisme humain, magnétisme spirituel, magnétisme curatif, magnétisme guérisseur…

Ce magnétisme est probablement le « soin » alternatif à la médecine conventionnelle le plus demandé et le plus pratiqué, le plus répandu en ville comme en campagne.

Face à un problème de santé ou de tension psychique, il ne manque pas de personnes autour de nous pour nous donner l’adresse d’un guérisseur réputé, dont le magnétisme ferait merveille. Qu’est-ce donc que ce magnétisme ?

* « Une faculté naturelle » ?

Certains pensent que la science n’a pas encore tout découvert et que la plupart des gens possèdent ce type de potentialité sans avoir encore appris à utiliser. Ce serait donc une sorte de « faculté naturelle ». Est-ce vraiment le cas ? Cette hypothèse est développée, par exemple, sur le site devenir-magnetiseur.fr

capture d’écran du site devenir-magnétiseur.fr

* « Un don qui vient de Dieu » ?

Il arrive fréquemment que les magnétiseurs reçoivent dans un local personnel « orné » de nombreux symboles religieux. Pour cette raison, beaucoup de gens pensent qu’il s’agit d’ « un don qui vient de Dieu ». Est-ce vraiment le cas ?

* « Un transfert d’énergie occulte » ?

Mais comment le savoir ?

 

Pour tenter de répondre à ces questions, repartons du dictionnaire Larousse :

Magnétisme :
 - Ensemble des phénomènes que présentent les matériaux aimantés
 - Branche de la physique qui étudie les propriétés de la matière aimantée, des aimants.
 - Attrait puissant et mystérieux exercé par quelqu’un sur son entourage
 À ce stade, il n’est pas question dans le Larousse d’un quelconque magnétisme animal ou humain comme don de guérison. Tout au plus, nous notons une métaphore sur l’attraction que peut générer une personnalité.



Magnétiseur :
 Guérisseur qui prétend posséder un fluide particulier (imposition des mains, passes à distance).

La définition du magnétiseur ne renvoie donc, pour le Larousse, à aucune réalité scientifique qu’elle soit en lien avec le magnétisme scientifique ou pas. Écartons aussi d’autres confusions, approximations ou abus de langage.

Quelques manifestations à ne pas confondre avec le magnétisme guérisseur

* L’attraction exercée par certaines personnes

Parfois, on parle de magnétisme dans le sens métaphorique de l’attraction que peuvent exercer certaines personnes sur d’autres.

Les cinq sens participent à cette forme particulière de lien. Un bébé reconnaissant l’odeur de sa mère entre toutes, des amoureux pour qui le reste du monde n’existe plus, un beau visage souriant croisé dans la rue, un timbre de voix qui nous fait vibrer, tous ces exemples illustrent un mode de relation la fois irrationnel et puissant. Pour autant, il n’y a rien de problématique à cela.

Cette attraction qui parfois nous « aimante » peut fluctuer avec le temps. Elle est bien souvent involontaire et implicite.

À l’inverse, lorsqu’il y a une intention d’attirer ou de captiver, nous entrons dans le champ de la séduction avec le risque d’aliénation de la liberté personnelle. C’est ce qui est à l’œuvre dans les relations d’emprise. L’essentiel est d’en prendre conscience et de savoir raison garder en fonction des circonstances !

* L’électricité statique

Y a-t-il un rapport entre le entre le magnétisme guérisseur et le fait de dérégler les horloges, les montres, etc. au point de ne pas pouvoir en porter ? Probablement aucun, car ce sont deux réalités différentes.

En ce qui concerne l’impact sur les montres et horloges, certaines personnes ont une capacité très grande à accumuler de l’électricité statique.

Quand on serre la main de certaines personnes on peut avoir une décharge électrique comme en sortant d’une voiture quand le pied touche le sol et la main la portière. Cela peut être augmenté par les vêtements que l’on porte notamment les tricots dits « Thermolactyl » (marque commerciale d’une fibre textile).

Les climats émotionnels influencent également l’électricité statique.

* Le toucher qui apaise

Un toucher juste, avec tact et respect, peut soulager par le seul fait de la présence à l’autre. Ainsi, l’ami qui tient la main de son ami souffrant peut soulager par la compassion réelle et sa présence.

Combien de mamans consolent leur enfant en le serrant contre elle quelques instants ? Il n’y a pas de magnétisme là-dedans, mais une attention et un accueil qui réchauffent le cœur.

Une main bienveillante qui touche le lieu douloureux peut procurer un apaisement grâce au contact. Certains soignants, sages-femmes ou infirmières par exemple, savent accompagner une personne qui souffre par ce geste simple mieux que par un long discours ou des gestes techniques médicaux qui ne sont pas toujours appropriés ou simplement possibles.

* L’intuition

L’intuition repose sur des indices non-verbaux qui sont reçus par les cinq sens. Dans les relations avec les autres, l’intuition ou le feeling peuvent être une force, à condition qu’ils soient accueillis avec prudence et ensuite vérifiés, validés par la logique et les faits. En effet, une personne intuitive peut aller jusqu’à deviner chez l’autre certaines choses qu’il s’efforce de cacher. Quel usage fait-elle de ce qu’elle perçoit ou croit percevoir ?

En effet, pour certains, une prétendue intuition n’est autre que la projection de leurs propres pensées et désirs sur une personne auquel ils les attribuent !

Par prudence, face à des personnes très intuitives, qui semblent avoir des antennes de très grande sensibilité, notamment pour capter les émotions d’autrui, il faut toujours vérifier une éventuelle relation à l’occultisme pour faire le partage entre simple intuition, projection/suggestion et médiumnité.

Qu’est-ce que le magnétisme guérisseur ?

De nombreux sites internet définissent un magnétisme qu’ils qualifient d’humain ou animal. Nous entrons-là dans le cœur de notre sujet. De quoi parlent-ils au juste ?

Voici, par exemple, ce que nous pouvons lire sur le site science-et-magie.com. Cette page est une interview d’un guérisseur-rebouteux du nom de Jean-Claude Collard. Son parcours est présenté sur le lien ci-dessous et mentionne un certain nombre de points caractéristiques que nous retrouverons au fil de notre réflexion.
http://www.science-et-magie.com/sm50/sm0010jcc.htm

  • « Pour le guérisseur, le magnétisme, dont il constate chaque jour les effets bénéfiques, est une source d’énergie universelle qui émane des corps vivants, des minéraux et des éléments les plus divers qui forment le Cosmos.
    C’est une force impalpable, non mesurable, non quantifiable mais qui se manifeste dans beaucoup de domaines. Est-ce un fluide, une vibration, une onde, un corpuscule ? Ou les deux, ou les trois, ou les quatre à la fois? Ou rien de tout cela? Je ne sais.
    Le magnétisme émane-t-il de Dieu, du Cosmos, des êtres vivants, de notre âme ou de notre esprit ? Rayonne-t-il des étoiles, de l’esprit des morts, de la matière? Je ne sais!

Nous quittons donc le domaine de la science pour celui des hypothèses et de l’ésotérisme. L’empirisme sert de point d’ancrage à une pratique dont les bases ne sont ni clairement posées ni simplement avérées. Le fait de « sentir » quelque chose suffit à justifier une pratique dite « de soin ». Nous avons moins une définition qu’un spectre large de suppositions dont certaines font froid dans le dos.

  • Le magnétisme animal ou vital
    Appelé fluide vital, fluide éthérique, fluide céleste, magnétisme animal ou humain, etc., il représenterait selon le Docteur Franz Anton Mesmer, une énergie émanant des corps célestes, analogue mais beaucoup plus subtile que celle de l’aimant.
    Cette force s’exercerait par le moyen d’un fluide où baignent les êtres et les choses. Mesmer affirme que l’homme peut concentrer ce fluide et en diriger à volonté le courant sur ses semblables. Les procédés sont très divers : contact immédiat par le toucher ou l’imposition des mains, soit à distance par des passes au-dessus du corps ou des parties malades, soit par le truchement de l’eau irradiée, ou de la volition.
    Les maladies qui, selon le célèbre praticien, ont pour origine une insuffisance ou un blocage du fluide dans l’organisme, sont soignées par une thérapie de recharge ou de dégagement, dont la fameuse « crise » déclenchée et observée lors des séances de magnétisme, représente le symptôme. Cette thérapie peut aussi s’exercer par le regard, par la présence, par le toucher, ou à l’aide de produits ou d’objets que le praticien aura préalablement imprégnés de son fluide.
    La théorie du magnétisme fut également mobilisée pour expliquer des phénomènes paranormaux tels que le somnambulisme ou l’hypnose, les possessions diaboliques, la voyance voire le prophétisme, etc.

Il est intéressant de noter que cette présentation n’hésite pas à faire allusion à d’autres manifestations ou techniques d’ordre paranormal, leur supposant, peut-être, un « lien de parenté ». Ci-dessous, le « magnétisme mental » suggère une similitude avec l’hypnose sans toutefois s’en réclamer complètement :

  • Le magnétisme mental
    Il est propre à l’homme. Il est produit par l’émission et la focalisation de la pensée concentrée d’un émetteur. Il agit par la volonté, la suggestion, l’influence. Il peut agir à distance.
    Ce magnétisme est neutre. Il peut agir dans les deux sens, pour le bien comme pour le mal. Encore plus subtil, il conjugue et augmente les effets des deux magnétismes précédents (minéral et vital).
    C’est la force qui fascine, envoûte, charme, suggère, hypnotise, nous l’avons vu, même à distance. »
  • Comment agit le magnétisme ?
    Sincèrement, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que le magnétisme peut agir indépendamment de toute suggestion, puisqu’ il est employé avec succès sur les mourants, les enfants en bas âge, les handicapés mentaux, les animaux, et aussi à distance. Son véhicule ? Je l’ignore.
    Ce que je sais : lorsque je focalise puissamment ma pensée sur un malade, que je projette fortement ma volonté de guérir sur un être souffrant, que je visualise clairement ce que je veux, eh bien la situation s’éclaire, la récompense survient, le problème se résout. (souvent). »

Une conclusion à ce stade

La pratique du magnétisme guérisseur désigne ainsi la communication d’une énergie subtile non identifiable et non quantifiable, à laquelle le magnétiseur ne peut avoir accès qu’en se mettant en état de médiumnité (transe).

Cette énergie est captée puis envoyée par l’effort de la volonté vers la « cible », c’est-à-dire vers le patient, sur lequel le praticien doit prendre autorité pour pouvoir réaliser le transfert d’énergie.

Il y a donc une forme d’emprise de la volonté du magnétiseur sur celle du patient. Même les puissants phénomènes de suggestion mentale, sans doute présents dans la plupart des cas, ne suffisent pas à expliquer les modifications vécues par la personne magnétisée.

Nous formulons l’hypothèse d’un transfert d’énergie occulte. Celui-ci ne se fait probablement pas sans l’aide – implicite ou explicite – des esprits des ténèbres qui gouvernent le plan occulte sollicité. Par conséquent, la prudence nous invite à ne pas y recourir.

Laissons la parole aux magnétiseurs eux-mêmes.

Dans la confidence des magnétiseurs

Les journaux, souvent à l’affût de réalités exotiques, se font écho régulièrement de l’influence des magnétiseurs, en allant interviewer l’un ou l’autre. Mais ce ne sont que des plaidoyers « pro domo » sans recherche de discernement.

Je voudrais vous proposer de réfléchir à partir d’autres perspectives qui ont croisé mon chemin.

Vous trouverez le contenu complet de ces témoignages sur cette page
http://occultismedanger.free.fr/107_confidence_magnetiseurs.php

* Les personnes qui utilisent le magnétisme guérisseur « manipulent les énergies »…

? Écoutez ce bref message reçu sur mon répondeur. Panique et désarroi. On joue à l’apprenti sorcier, on a ouvert la cocotte-minute en pleine pression…

Lorsque l’on commence à toucher à la manipulation des énergies, c’est vite l’escalade d’une pratique à une autre, il faut toujours aller plus loin ! Ce magnétiseur interviewé l’exprime très justement LIRE LA SUITE

* Elles ne s’interrogent jamais sur l’origine profonde de leur « don ».

Or, il convient d’y regarder de plus près, et il peut arriver qu’on fasse de drôles de découvertes. Il s’agit ici d’un cas extrême, mais il devrait faire réfléchir sur l’envers du décor :

Cet homme était allé voir une rebouteuse pour se faire remettre un nerf, suite à un déménagement; et alors qu’il se raccrochait à elle, elle lui a dit: « enlevez votre main, ça me brûle ». Il a découvert à ce moment-là son don de fort magnétisme guérisseur qu’il utilise maintenant à temps plein.

Il parle de ses guérisons. « Je fais ça par téléphone, par photo, sur de l’écriture, par télépathie, à distance… Je peux faire tout ce que je veux… J’ai enlevé quelques sorts, par la force de mon magnétisme… Je fais aussi … LIRE LA SUITE

* Elles observent des conséquences problématiques sur elles-mêmes.

À force de développer leur « sensibilité » par les manipulations d’énergie, les personnes qui pratiquent le magnétisme finissent par souffrir d’un dysfonctionnement naturel (rupture d’équilibre entre l’intelligence et la sensibilité) et spirituel (ouverture aux entités malignes en rapport avec leur « travail »). Elles ont l’impression de devenir comme des éponges qui absorbent le mal présent autour d’elles, et sentent le besoin de se protéger par des rituels auprès « d’exorciseurs » qui oeuvrent avec des pouvoirs de même nature occulte…

Elles viennent quelquefois voir l’exorciste diocésain pour la même raison; j’en ai reçu plusieurs dans ce cas.

Cet homme est magnétiseur. Il a téléphoné pour avoir le prêtre exorciste, car il se dit aux prises avec des difficultés. Il n’est pas baptisé, et il a pris conscience d’être aux prises avec des « mauvaises ondes », dont il connaît très probablement l’expéditeur, ce qui a pour conséquence une perte de « patientèle ». Il utilise ce mot car il estime être professionnel, parce qu’inscrit au groupement national pour l’organisation des médecines auxiliaires (GNOMA, http://www.gnoma.com).
* Elles infiltrent leur milieu familial ou communautaire.

On peut dire qu’un don de magnétisme guérisseur dans une famille, ou une communauté religieuse ou laïque (association, groupe d’amis), est un petit poison.

Le magnétisme d’une personne ne reste pas isolé mais tend à contaminer l’ensemble du système auquel il appartient, à la fois dans l’espace et dans le temps. Les conséquences négatives s’infiltrent des uns aux autres par les liens familiaux ou communautaires, elles ont tout leur temps pour métastaser.

Cette jeune femme, baptisée à l’âge de l’adolescence, a eu l’occasion de bien cheminer. LIRE LA SUITE

Magnétisme hérité et/ou développé

Des personnes naissent avec « du magnétisme » et l’expérimentent dès l’enfance, sans avoir fait quoi que ce soit pour « l’avoir ». On pourrait donc croire que c’est un don naturel. Mais en examinant les antécédents familiaux, nous constatons que c’est une séquelle, une suite, de pratiques occultes antécédentes dans la famille.

Voici un exemple où magnétisme et médiumnité voisinent chez la même personne, avec une transmission sur trois générations…

Cet homme, autour de la cinquantaine, possède un magnétisme guérisseur, qu’il a commencé à ressentir à 17 ans. Il s’est servi d’un pendule jusqu’à un certain moment, puis n’en a plus eu besoin. En regardant les photos, il voyait la vie des gens… Et les gens l’admiraient, ce qui le valorisait. Il en est même arrivé de dire la date exacte de la mort de quelqu’un…

Sa femme affirme qu’à chaque fois qu’il utilise ces formules magiques, physiquement il le paye. Sa mère avait aussi une sensibilité divinatoire, et elle subissait des phénomènes paranormaux bizarres.

Leur fille aînée (presque 10 ans) a un magnétisme guérisseur décuplé, ainsi que des capacités divinatoires (elle est capable de mettre la main très exactement là où est le mal) ; par ailleurs elle va volontiers prier à l’église.

D’autres personnes développent un magnétisme guérisseur suite à des traitements magiques ou occultes sollicités pour elles-mêmes. Le magnétisme guérisseur semble se développer particulièrement chez des personnes qui sont allées voir des guérisseurs, subissant par conséquence l’influence de la magie blanche…

Martin a constaté, adolescent, que son père, possédait chez lui un livre de magie noire, le Petit ou le Grand Albert. La mère de son père avait un don pour conjurer les maladies. Lui-même n’a commencé à émarger à l’occultisme qu’au moment où il est allé voir une voyante. Il a continué à en voir d’autres, et a donc été l’objet d’un certain nombre d’investigations psychiques par pouvoirs médiumniques.

En parlant de son initiation aux médecines énergétiques, il m’avoue qu’il vient de quitter une profession dans le créneau du bien-être (massages). Il a fait une initiation au shiatsu (massage des points d’énergie avec les pouces). En fait, depuis tout petit, on lui disait que lorsqu’il posait les mains, « on se sentait bien »…

Cet homme a probablement depuis toujours un don de magnétisme guérisseur, qu’il n’a pas exercé. Ce don s’est épanoui à travers les massages énergétiques. L’origine se situe très probablement du côté paternel.

Le fait de posséder des livres de magie noire, ce qui était le cas de son père, est aussi une forme de pacte avec les puissances des ténèbres, qui donne droit ensuite sur les descendants…

Pratique familiale, transmission générationnelle

Nous voyons mieux pourquoi certaines personnes peuvent avoir du magnétisme dès l’enfance.

Lorsqu’on demande à la personne qui possède du magnétisme d’expliciter sa relation personnelle et familiale (parents, grands-parents) avec toutes les formes de l’occultisme… on constate que l’apparition du magnétisme est la conséquence directe (ou indirecte à une ou deux générations de distance) de pratiques occultes vécues auparavant.

Le témoignage de Jean-Claude Collard (cf. deuxième partie de ce document) montre bien les différents liens du guérisseur avec le magnétisme par l’intermédiaire de son épouse et de ses deux grands-mères puis en rencontrant une guérisseuse qui lui permet d’approfondir sa pratique.

Le magnétisme et ses alliés

Il faut mentionner également le fait que le magnétisme « voisine » assez souvent avec d’autres réalités occultes, ce qui est tout de même ennuyeux. Nous rejoignons-là le « lien de parenté » entre les techniques aperçu sur le site science-et-magie.com.

Nous pouvons citer en particulier : la médiumnité, cette sensibilité paranormale et occulte présente chez certaines personnes; elle donne alors un climat tout particulier à leurs pratiques et à leurs méthodes.

Nous mentionnons aussi la magie blanche, car beaucoup de magnétiseurs ont dans leur arsenal une formule magique pour conjurer (par exemple les brûlures, et ils le font des deux manières : conjuration et magnétisme) et la magie noire.

Médiumnité et divination
Cette femme raconte la chose suivante. Son père a eu une extinction de voix. Il a alors rencontré quelqu’un qui maniait le pendule, et qui lui a affirmé : « je ne peux rien faire pour toi, tu as autant de force que moi ».

Il lui a alors proposé un test, de type paranormal, avec un morceau de viande : la gardant dans sa main un certain temps, la viande est devenue ensuite dure comme une semelle. Le résultat de ce type de tests manifeste la réalité d’un magnétisme physique, mais aussi guérisseur chez cet homme.

Car ensuite il a plus ou moins soigné ses enfants par magnétisme. Et maintenant, sa fille, elle aussi semble avoir ce magnétisme guérisseur, et ses enfants également. Mais cela n’a jamais été vraiment développé de façon claire.

Elle témoigne aussi d’une sensibilité médiumnique constante… Dans sa profession, elle a eu comme des anticipations qui lui ont permis, en tant que sous-directrice, de conseiller efficacement des directeurs…

On rencontre fréquemment des magnétiseurs qui ont aussi des capacités médiumniques. Ils profitent de la présence du « patient » pour lui dire un certain nombre de choses sur son passé et sa vie présente… La personne est en démarche de demande et le magnétiseur va plus loin dans l’emprise…

Les magnétiseurs travaillent avec les mains, mais aussi avec le pendule, parfois pour repérer où se cache le « mal », voire repérer des « entités cachées » sur le corps avant de faire leur travail avec les mains. Ces personnes ont aussi très souvent des cristaux « énergétiques » chez eux… Ce sont des signes qui orientent vers la divination et les déplacements d’énergies…

Les différentes formes de magie
Cette dame, veuve, a rencontré un homme qui avec qui elle a passé ensuite un après-midi de loisirs ; il lui a dit : « ce soir j’irai dormir chez toi ». Elle a répondu non, évidemment ; il a ensuite insisté : « mercredi, j’irai manger chez toi… » Elle a également refusé.

Devant ces refus assez précis, alors qu’en réponse au précédent courrier, elle exprimait qu’elle allait recourir à la police, il s’est permis de lui envoyer un e-mail où il exprimait posséder un don de magnétisme.

S’il l’avait toujours mis au service du bien et du soulagement des douleurs de ses semblables, il affirmait qu’il avait aussi cette faculté d’en appeler à la justice immanente, redoutable pour tous ceux qui avaient mal agi envers lui. Cette faculté, il avait décidé de l’enclencher à son égard.

«Dans les jours, les mois qui viendront, des événements tragiques, sans que je puisse en être considéré comme l’auteur, notamment par une quelconque autorité de justice, viendront me rappeler à ta moralité équivoque. Le compte à rebours est déclenché. Rien désormais ne pourra l’arrêter. »

Tous ces « dons », finalement, se tiennent par la main. On passe de l’un à l’autre sans problème. La raison tient à leurs racines communes.

Dépendance, addiction, emprise…

Demander les services d’une personne qui « magnétise » est une démarche assez courante… On y reçoit un soulagement, souvent une écoute. Certaines personnes finissent par y aller comme on va chez le médecin.

N’oublions pas que la demande d’aide auprès d’un magnétiseur intervient dans une période d’épreuve et de vulnérabilité : problème de santé, de travail, d’argent, de relation conjugale, familiale…

Une relation de confiance s’établit. On partage des choses qu’on ne dirait pas forcément à d’autres. Pour peu que le magnétiseur ait de l’empathie, voire des capacités occultes de divination, un lien s’établit où l’affectivité pourra « résonner » de façon particulière.

Mais il faudrait « raisonner » un peu plus, car le risque de dépendance est considérable. Elle peut prendre des proportions inattendues, et devenir franchement malsaine et enfermante, provoquant une emprise, voire une addiction destructrice.

En voici quelques exemples.

- André* a consulté pendant dix ans, tous les mois, quelquefois tous les deux mois, une « énergéticienne » qui lui a fait des massages d’huiles essentielles, qui lui a promis qu’il trouverait un autre travail sans que cela se réalise vraiment, qui l’a magnétisé…

Son épouse y allait aussi. Les parents de son épouse y vont maintenant. Son couple a explosé. Quelle somme d’argent dilapidée, et quelle dépendance !
 * Tous les prénoms ont été changés, ici et dans l’ensemble de l’e-book.

- Yvette dit : « On a quelque chose sur nous… Tout va mal… On se pose beaucoup de questions… » D’origine rurale, elle travaille en ferme, et affirme aller voir un magnétiseur tous les 15 jours, ses enfants aussi…

Au fil de la conversation elle dira aussi avoir vu des voyants : « des gens qui m’ont dit qui c’était… » Au vu de ses nombreux contacts avec des personnes ayant des pouvoirs occultes, elle fait elle-même son propre malheur. .

- Amélie est "suivie" chaque semaine par un magnétiseur depuis sept ans. Elle y va tous les mercredis pendant 3/4 h. Depuis un mois le magnétiseur s’est aperçu que son feu de cheminée "baissait" énormément (les flammes s’éteignaient à 90 %) lorsqu’elle était là; il lui a dit que c’était mauvais…! Elle souhaite donc savoir si on peut faire quelque chose pour elle…

Comment faire entendre à cette personne qu’elle est devenue totalement dépendante, ayant même aboli son esprit critique, et qu’il faut arrêter ? Elle dit qu’avant de le connaître, elle était très mal : dépression, boisson, etc. Elle a donc du mal à concevoir la nocivité du magnétisme...


- Sophie témoigne d’un symptôme d’enfermement dans l’échec : «On a tout le temps des problèmes… On est tout le temps malade… On a toujours quelque chose… Rien ne nous fait rien. » Ses difficultés de santé ont été l’occasion pour elle de fréquenter de très nombreux magnétiseurs.

Sa maman emmenait fréquemment son papa chez un magnétiseur tous les dimanches matin… Il se sentait comme poussé à y aller. La famille entière était donc très marquée par une dépendance du magnétisme.

- Jacqueline est atteinte de bégaiement et à cause de cela, elle a vu une trentaine (sic) de magnétiseurs. À cela il faut ajouter des consultations chez une dizaine de voyantes. Elle a toujours considéré qu’elle n’avait pas de chance, d’où le désir de savoir si ça irait mieux dans l’avenir.

Conséquences : des phénomènes paranormaux, une sensibilité de médium. Sa fille est aux prises elle-même avec des phénomènes paranormaux, et son enfant de quatre ans fait des cauchemars, et dit « voir du monde au plafond ». On voit bien ici la transmission familiale des liens à la suite des contacts de la maman avec les magnétiseurs.

Cette personne me dit : « Ce sont des années d’accumulation et d’addiction aux magnétiseurs et guérisseurs… Et avant, les courriers et les téléphones avec les voyants. J’ai l’impression que je ne suis plus moi-même ».

Des photos, pour quoi faire ?

La demande ou le dépôt de photos devrait attirer notre attention. C’est le signe d’une emprise occulte à distance à partir d’un support représentant la personne.

De nombreux sites internet proposent cette solution… plus confortable ! Voyez ces exemples http://occultismedanger.free.fr/109_des_photos.php

Les personnes préparent les photos à l’avance, pour pouvoir les donner…
Et certains se mordent les doigts de les avoir laissées, une fois qu’elles ont compris ce qui pouvait se passer…

Savez-vous ce que cela signifie ?

Le « travail » sur support est la façon ordinaire de procéder dans les rituels magiques, notamment les rituels de magie noire (vêtement, rognures d’ongle, mèche de cheveux, etc.).

Je me souviens de cette maman, en instance de divorce, venue avec son enfant. Elle me disait : « C’est bizarre, tout de même… Chaque fois que mon fils va chez son père, il revient avec une mèche de cheveux en moins, parce qu’il la lui a prélevée ». Je lui ai répondu : ne cherchez pas très loin, c’est pour pouvoir demander des rituels de magie sur lui et sur vous…

J’ai eu aussi l’une ou l’autre fois des témoignages de ce qui peut se passer à l’occasion d’une fête de famille, où des personnes réputées pour être engagées dans l’occultisme, en profitent pour prendre des photos avec leur téléphone des personnes qu’elles veulent « cibler »…

Peut-être hésiterez-vous la prochaine fois à laisser votre photo ?

Il est intéressant de lire ce qu’écrit un magnétiseur :

« La visualisation (sur photo) agit comme un fil avec une flèche qui atteint sa cible (les deux sont reliés). Aucun magnétiseur à distance ne peut projeter son magnétisme (énergie) tant que la personne n'est pas visualisée.

C'est bien évidemment là qu’intervient le pouvoir de concentration, et la puissance du magnétisme par un transfert d'énergie.

Le magnétisme à distance sur support photo donne de très bons résultats.

Je pratique le magnétisme à distance pour les personnes en dehors de ma zone géographique d'intervention, les personnes hospitalisées ..

Ces séances ne se conçoivent qu'en complément d'une prise en charge médicale

Les bénéfices sont identiques à une séance en présence à condition de faire confiance, de laisser faire les choses … »

Les liens et les parasitages paranormaux dus aux impacts occultes

Mme Y. est une femme intelligente, de milieu très aisé. Son mari est un homme cultivé. Ils forment un heureux ménage, ont deux enfants. Tout à coup, un torrent déferle sur cette maison. Cette épouse de bonne éducation, semble soudain prise dans un vent de panique. Il lui vient des goûts inattendus. Elle recherche des compagnies vulgaires, des lieux mal famés (...) Son caractère se transforme lui aussi. Elle était connue comme une femme douce, aimante ; elle devient acerbe, grossière, méchante.

Elle fait le vide autour d'elle, se désintéresse de ses enfants, tourmente son mari. Il vient me voir en me disant : « Je connais mal les évangiles. Mais si je voulais employer leur langage, je dirais de ma femme qu'elle est possédée du démon. » Je l'interroge et finis par découvrir que ce brusque changement dans sa vie coïncide avec des séances qu'elle a eues chez un magnétiseur… (Maurice Ray, L’occultisme à la lumière du Christ, p. 115-122).

D’autres exemples ici :
http://occultismedanger.free.fr/110_parasitages.php

Vous trouverez de plus amples développements sur LES LIENS DUS AUX IMPACTS OCCULTES en parcourant les pages du site occultismedanger.free.fr, et aussi en téléchargeant les e-books de la collection La Ronde Infernale de l’Occultisme qui seront mis en ligne progressivement.

L’addition finit par être lourde pour le porte-monnaie, magnétisé lui aussi…

Une pratique qui n’est pas sans risque

Les fondateurs de courants de pensée ésotérique le reconnaissent également :
« Le magnétisme n’est pas sans risque car le danger porte sur tous les germes de la maladie du thérapeute car c’est son énergie qu’il donne ». (Annie Besant, + 1933, théosophe)

« Le magnétiseur cherche à guérir, et en déversant la force dans le patient, il lui communique inévitablement en même temps que sa vitalité beaucoup de ses émanations toxiques, des résidus éthériques rejetés, toutes les pollutions du corps sont véhiculés dans les niveaux subtils, et transmises par les passes magnétiques.. Il est évident que toutes les maladies existant chez le magnétiseur peuvent être facilement transmises au sujet. » (Charles LEADBETTER, + 1934, théosophe)

« Il faut que le guérisseur cherche à relier son âme, son cœur, son cerveau, et ses mains. Cela lui permet de projeter sur le patient la force vitale curative. Telle est l'action magnétique, qui peut soit guérir la maladie soit aggraver le mauvais état du patient, selon le savoir du guérisseur. Le guérisseur doit être attentif à éviter une projection de besoins personnels qui serait un obstacle à la limpidité du travail effectué. »
 (Cinquième règle de guérison http://www.terrenouvelle.ca/les-lois-et-regles-de-guerison/)

Les praticiens eux-mêmes

IL suffit, pour cela, de taper les mots clés danger et magnétisme pour comprendre qu’il y a un problème. Voici, par exemple, quelques perles qu’on peut trouver dans une présentation du magnétisme, si on lit avec persévérance… http://florilege-du-bien-etre.over-blog.com/pages/Le_Magnetisme_Definitions_et_Pratique-5307007.html

Théorisation et initiation

Le magnétisme animal, si l’on en croit ses théoriciens Messmer, Stanislas de Guaita, Eliphas Levi, Oswald Wirth, Marius Lepage … se veut laïc, c’est-à-dire sans adhésion à une croyance révélée, mais en référence à une «philosophia perennis» qui serait réservée aux initiés. Cette initiation ouvre l’accès aux forces de vie inscrites dans la nature.

« L’individu n’est rien par lui-même, mais il peut disposer d’une force immense s’il parvient à s’aimanter aux courants de la vie collective» (Oswald Wirth « L’imposition des mains et la médecine philosophale », Guy Trédaniel, p. XX, 1).

Nous rentrons alors dans la vision de la haute magie de l’ars magna des occultistes et des alchimistes que l’on retrouve dans de nombreuses pratiques aujourd’hui et qui rejoint étonnamment une certaine pratique ostéopathique fluidique ou énergétique ou certaines nouvelles thérapies énergétiques faisant appel au magnétisme ou à la médiumnité.

Il s’agit pour l’adepte de cette science des sciences de ne plus chercher en dehors de soi mais en soi le jaillissement de la « fontaine de Vie ». Il développe ainsi sa sensibilité subtile en se laissant guider par la nature. Sa capacité à sentir s’affine au point qu’il n’a plus besoin de contact et peut même opérer à distance.

Pour les personnes qui veulent approfondir ces aspects plus complexes,
voici quelques points d’attention :

  • Magnétisme et médiumnité
  • Très rapidement un certain type de sensibilité…
  • Avec de l’exercice…
  • Mais cela ne fonctionne pas avec tout le monde…
  • « La suggestion de l’opérateur provoque ce qu’il imagine »
  • « L’effet du magnétisme n’est pas nécessairement immédiat, il peut agir pendant plusieurs jours »
  • Un « thérapeute » qui développe cette réceptivité intuitive peut capter les idées de celui qui vient le consulter
  • Le magnétiseur trouve dans une volonté active et une imagination passive les ressorts de ses pouvoirs
  • Le magnétisme agit en trois temps
  • Ces trois phases passive, neutre et active se retrouvent chez de nombreux occultistes

Retrouvez des approfondissements détaillés sur cette page
http://occultismedanger.free.fr/112_theorisation_initiation.php

L’explosion des thérapies énergétiques

Le magnétisme guérisseur dont nous parlons dans ce livret est, en quelque sorte, le « magnétisme de base ».

Mais aujourd’hui, il existe des formes multiples de magnétisme plus élaborées ou sophistiquées.

Elles se présentent comme des médecines énergétiques ou des harmonisations d’énergies.
Elles croiseront forcément votre chemin. Il serait trop long d’en parler ici en détail.

Ce sont les magnétiseurs « modernes et à la mode ».

Par le jeu de liens internes, vous pourrez trouver des pages dédiées sur le site occultismedanger.free.fr, par exemple quelques distinctions qui peuvent vous être utiles pour une réflexion.

* LE REIKI.

Magnétisme haut de gamme, avec initiation en trois niveaux,
et communication avec les puissances des ténèbres…
Les dégâts humains et spirituels peuvent être graves.
Voir les documents sur cette page.

* LA MÉDECINE AYURVÉDIQUE.

Voir les documents.

* LA KINÉSIOLOGIE.

Voir les documents
Une forme simple et courante de magnétisme est la kinésiologie,
qui sonne plus logique, scientifique et européen
que les autres thérapies énergétiques.
Elle n’en est pas moins néfaste.

Cette liste n’est pas exhaustive, elle est en réalité beaucoup plus longue !
Vous pourrez retrouver le développement de ces thèmes dans des livrets dédiés, à paraître sur ce site.

Un discernement difficile pour le chrétien

Le fait que Jésus donnait des signes de guérison, quelquefois en imposant les mains, le développement contemporain de la prière pour la guérison des malades dans les courants charismatiques, tout cela peut prêter à confusion entre la guérison divine et le magnétisme occulte.

 

Aux personnes qui souhaiteraient approfondir la question des signes de guérison donnés par Jésus, je propose de travailler un numéro de la Petite École Biblique, un autre site internet que j’anime, intitulé : Jésus face aux demandes de guérison

 

 

Je voudrais ici montrer l’embarras et le questionnement du chrétien face à la réalité du magnétisme guérisseur, qui ressemble à un charisme de guérison.

Voici trois exemples de ce questionnement.
http://occultismedanger.free.fr/111_discernement_chretien.php

1. « J’ai ce que je considère comme un don reçu du Seigneur, je ne me l’explique pas. Lorsque je pose les mains sur quelqu’un, elles sont comme guidées par des sensations et ce don a déjà soigné dans mon cadre familial et amical. Tendinites diverses, blocage du dos, du coup, brûlures, blocage du genou, sciatiques.
Je suis persuadé que ce n’est pas moi qui « guéris »… LIRE LA SUITE

Une réponse : Personnellement, je ne pense pas que ce don vienne de Dieu. Vos intentions sont bonnes, c’est évident. Mais il faudrait pouvoir creuser votre rapport à l’occultisme ainsi que celui de votre famille. Cela ressemble comme deux gouttes d’eau à du magnétisme occulte.

2. « J’ai reçu, probablement à la naissance, un don dans les mains, don que mon père avait aussi… Force, fluide, je ne sais pas comment l’appeler, mais qui peut aussi bien être un don de Dieu qu’un don filial… Et peut-être même les deux… Je ne me suis aperçue de ce don qu’à l’âge d’environ 20 ans, quand j’ai commencé à travailler en milieu hospitalier. Mais je connaissais la prière à Jésus avant, vu que, adolescente, je me tordais facilement les chevilles, et mon père me massait la cheville abîmée avant de mettre un bandage. Cela soulageait la douleur sans guérir ni remettre en place les muscles froissés.

Cette prière est toute simple : « Jésus, que Ta force et Ta paix passent dans mes mains… » Par cette prière, je demande simplement et en toute humilité à Jésus de devenir son instrument pour soulager et apaiser la douleur de la personne à qui je vais imposer les mains. LIRE LA SUITE

Une réponse : Je vous remercie de me partager votre expérience personnelle. Mais je ne crois pas qu’un don de Dieu de type charisme de guérison puisse être à disposition de la personne, pour qu’elle puisse le mettre en œuvre à volonté, de la manière dont vous dites.

3. « Je voudrais savoir si toute personne possédant un don de magnétisme est forcément manipulé par le démon, même si cette personne est chrétienne. Peut-il aussi parfois s’agir d’un don de Dieu ou jamais ? Ma grand-mère a été soulagée d’un zona par un magnétiseur chrétien. »

Une réponse du P. Joseph-Marie Verlinde :
La question est redoutable, car elle me demande de prendre une position radicale. En principe pour pouvoir affirmer que le magnétisme est « toujours mauvais », je devrais … LIRE LA SUITE

Il peut être utile de rappeler ici une parole de Jésus où voisinent les mots « miracle » et « commettre le mal »

Matthieu 7, 21-23 : Ce n’est pas en me disant : «Seigneur, Seigneur», qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : «Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?» Alors je leur dirai en face : «Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. »

Comment sortir de tout cela ?

Voici des liens qui vous mèneront vers les développements concernant cet aspect important et décisif pour les personnes qui souhaitent « tourner la page »

Les cinq dimensions de LA DÉMARCHE DE LIBÉRATION

◆ Faire une prise de conscience libre et éclairée
◆ Se repentir du péché contre la sainteté de Dieu
◆ Dénoncer les pactes conclus avec l’Adversaire
◆ Abandonner ses pouvoirs occultes, renoncer à tout occultisme
◆ Laisser l’Esprit Saint nous remettre dans la grâce du baptême

La mise en oeuvre du COMBAT SPIRITUEL QUOTIDIEN

◆ La prière de protection
◆ La méditation du chapelet
◆ La lecture de la Bible
◆ Les sacrements de l’Église : eucharistie et pénitence
◆ La prière du coeur
◆ Les bénédictions
Que dit la Bible et la tradition de l’Église sur l’occultisme ?

Un beau sacrement : l’Onction des malades

Une personne me racontait comment l’un de ses amis chrétien venait d’apprendre qu’il était atteint d’un cancer. Il devait faire face à un traitement lourd, radiothérapie et chimiothérapie. Il était déjà âgé. Pour se préparer à cette épreuve majeure qui l’atteignait dans sa santé, il avait décidé d’aller voir une magnétiseuse. Il y est resté pendant près d’une heure. Il en est ressorti, a-t-il témoigné, calme et pacifié, détendu…

Un autre ami chrétien, avait appris, lui aussi qu’il était atteint d’un cancer. Radiothérapie classique en vue. Bouleversement, réflexion intérieure, prière. Il avait décidé de demander à un ami prêtre de recevoir le sacrement de l’Onction des malades. Ayant choisi une date, il avait réuni ses amis proches, afin de se remettre à Dieu dans un petit temps de prière communautaire et de louange. Puis le prêtre avait donné le sacrement de l’onction des malades, reçu dans la foi, sans affect particulier. Et l’on avait terminé la rencontre par le partage d’un verre de l’amitié et d’une brioche.

Nous voyons là deux positionnements différents, mais pas équivalents. Il ne s’agit pas de juger, mais de discerner. Lequel est vraiment chrétien ? Je vous laisse y réfléchir.

Reportons-nous à la lettre de Jacques, dans le Nouveau Testament. Celui-ci écrit, au chapitre 5 : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Eglise la fonction d’Anciens : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade ; le Seigneur le relèvera et s’il a commis des péchés, il recevra le pardon ».

Avons-nous conscience de la valeur de ce sacrement donné dans l’Église, c’est-à-dire dans la communauté chrétienne, par le prêtre ?

Il s’adresse à ceux et celles qui souffrent et qui demandent courage et espérance à l’Eglise.

Ils reçoivent par ce sacrement force spirituelle et confiance, paix intérieure, et quelquefois une amélioration de santé ou même la guérison.

L’Onction des malades comporte deux gestes:

> L’imposition des mains pour appeler l’Esprit Saint.

> L’onction d’huile sur le front et sur les mains, avec l’huile des malades bénite par l’évêque lors de la messe chrismale,

et cette parole sacramentelle :

« N…, par cette Onction Sainte, que le Seigneur en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint.
Ainsi, vous ayant libéré de tous vos péchés, qu’il vous sauve et vous relève ».

 

Cette célébration peut se dérouler lors d’une célébration communautaire, ou autour d’un seul malade à domicile ou à l’église en présence de la famille et des amis.

Conclusion : le magnétisme guérisseur est-il un don naturel ?

Aux différents axes abordés : compréhension du terme, définition et délimitation du champ, discernement des pratiques, il faut ajouter cette constatation d’importance : la bonne intention, l’honnêteté.

Les personnes qui magnétisent ou celles qui recourent aux magnétiseurs sont souvent de bonne foi, parce qu’elles souhaitent aider leur prochain avec sincérité, soulager rapidement et même ‘par magie’ leur gêne physique et leurs souffrances.

Toutefois, j’aimerais poser à tous cette question : ne faites-vous pas pas preuve de crédulité au lieu de chercher à approfondir objectivement les racines des pratiques mises en oeuvre ?

Car elles sont entachées de transferts d’énergies occultes,
et ouvrent des portes vers le monde occulte…
c’est l’antique promesse du serpent de la Genèse :
« vous serez comme des dieux »…

En près de quarante ans d’écoute et de recherche,
je n’ai jamais rencontré de « magnétisme guérisseur »
comme « don naturel ».
Il y a toujours une connexion
avec des pratiques magiques ou médiumniques.

C’est pourquoi, à la question posée en ouverture de ce livret, je réponds :
NON, le magnétisme guérisseur n’est pas un don naturel.

Cette opinion n’engage que son auteur :
certains lecteurs auront d’autres interprétations que celle développée ici,
leur opinion a droit au respect.

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Les raisons de faire dire une messe

POUR UN DÉFUNT, POUR UN VIVANT, LES RAISONS SONT DIVERSES, LES INTENTIONS VARIÉES. SI LA PRATIQUE EST ANCIENNE, ELLE ÉVOLUE AUJOURD’HUI.

Il se nomme Pierre, il a 37 ans, il est catholique et vit dans la banlieue parisienne. Faire dire une messe, il en avait déjà entendu parler. Mais dans sa famille, il n’en avait jamais été vraiment question. «Cela m’apparaissait un truc un peu vieillot et un brin superstitieux », sourit-il. Il y a quatre ans, sa fille cadette, Claire, alors nouveau-née, présentait des signes inquiétants de retard mental aux yeux de son pédiatre : des examens approfondis du cerveau furent demandés. Le jour de la consultation, Pierre est bloqué en Égypte pour son travail. « Ma femme y est allée seule. C’était terrible d’être si loin. Je me suis souvenu que l’on pouvait faire dire des messes pour des proches. J’ai demandé à un ami prêtre de le faire pour Claire. Ce jour-là, je l’ai particulièrement remise entre les mains de Dieu. » L’appréhension du pédiatre s’est révélée infondée. Pierre ne sait pas s’il y a un lien avec la messe célébrée pour sa fille mais il s’en souvient comme d’un moment de « grâce » et de « communion spirituelle » avec sa fille, son épouse et Dieu.

« Chaque messe offerte est une manière d’appliquer la rédemption du Christ à notre situation particulière, explique le P. Ludovic Serre, curé de Chaville. Concrètement, le fidèle demande au prêtre, et à travers lui, à l’Église tout entière, de prier pour une intention au moment où il célèbre l’eucharistie », ajoute le carme Christophe-Marie Baudouin, prieur du couvent de Lille.

Messe pour les défunts, pour les vivants, pour une action de grâce… les raisons en sont variées. « La plus courante est de prier pour les défunts, observe cependant le P. Serre, afinqu’ils accèdent à la plénitude de la lumière de Dieu par l’action du Christ actualisée dans l’eucharistie. » Il précise : « Il ne faut pas oublier que, une fois mort, je ne peux plus rien faire pour mon âme. Il n’y a que les vivants qui pourront m’aider, par leur prière, à rencontrer Dieu.»

Ces messes sont le plus souvent demandées par les familles des défunts. Elles peuvent faire dire une, dix, trente messes… l’usage est souple et varié. « La famille désire le salut du disparu qu’elle espère retrouver au royaume des cieux. Et c’est aussi un lien qui la rattache à cette personne», souligne le P. Serre.

Ne pas rompre ce lien, manifester la présence de l’absent parmi les vivants. C’est l’histoire d’Olivier, 52 ans. Sa mère est morte brutalement au mois de décembre à Toulon. Issue d’une famille athée, la défunte est incinérée et ses cendres sont dispersées au bord de la mer : « Et puis c’est tout, dit-il. J’ai ressenti un immense vide. Un de mes amis, qui connaissait ma mère, m’a proposé de faire dire une messe pour elle, un dimanche. J’ai accepté aussitôt.» Pourquoi ? « J’avais besoin que l’on prie pour elle, de vérifier que tout ne se finissait pas avec sa mort et son incinération. »

Continuer la lecture de « Les raisons de faire dire une messe »

Méditation de pleine conscience

En médecine, en entreprise,

dans le monde de la finance, dans l’éducation,

la méditation de pleine conscience est proposée.

Matthieu Ricard, disciple du Dalaï-Lama, s’en fait le promoteur.

D’où vient-elle, est-elle neutre, que véhicule-t-elle,

où conduit-elle, qui l’enseigne ?

En nous référant à la méditation chrétienne,

y a-t-il divergence, convergence, opposition

entre les deux formes de méditation ?

Origine

La méditation de pleine conscience tire son origine du bouddhisme revue à la sauce occidentale. Dans le bouddhisme, il est enseigné que la pleine conscience est un facteur essentiel pour la libération.

La méditation de pleine conscience permettrait une attention juste, une présence attentive ou une conscience vigilante à ses propres pensées, actions et motivations.

La pleine conscience se situe au-delà de la première forme de sagesse selon le bouddhisme qui est la dévotion, et au-delà de la deuxième forme : la logique de l’intellect ou de la raison.

Elle accéderait à la troisième forme de sagesse, qui est la vision directe de la réalité ultime en toute chose.

Dans son principe même, nous constatons que la méditation de pleine conscience se situe au-delà de toute foi et de toute raison.

Principes

Dans un premier temps, il s’agit d’être attentif à ses sensations dans l’instant présent, comment elles apparaissent, comment elles durent ou ne durent pas, et comment elles disparaissent.

Par la suite, le méditant va aussi examiner les idées qui l’habitent, les perceptions, les habitudes mentales positives ou négatives, à leur point de départ, dans leurs durées et à leur point de dissolution.

Il doit rester neutre et silencieux dans cette introspection, il accueille l’apparition et la disparition des sensations agréables, neutres ou désagréables, sans juger, sans chercher à retenir la sensation agréable ou à rejeter la sensation désagréable.

C’est ainsi que le méditant arriverait progressivement au détachement et à la libération de la matière, de la sensation, de la perception, des conditionnements mentaux.

Ce détachement est typiquement bouddhique, il faut se détacher de toute sensation et même de tout sentiment de joie ou de tristesse comme autant d’illusions qui empêchent de nous libérer.

L’important est qu’il soit tout à ce qu’il fait, à ressentir plus que penser à expérimenter plus qu’à savoir.

Concepteur

Le concepteur et promoteur de la méditation de pleine conscience, mindfulness méditation, est Jon Kabat-Zinn, né le 5 juin 1944.

Depuis 1979, il présente la « méditation de la pleine conscience » comme une technique destinée à aider les gens à surmonter leur stress, leur anxiété, leur douleur et leur maladie.

Il est l’un des leaders actuels de l’institut ésotérique ESALEN, centre historiquement lié au mouvement GURDJIEFF.

C’est là, le cœur des pratiques du New Age qui tentent de rapprocher l’enseignement bouddhique et les dernières expériences en psychologie.

Ce syncrétisme, prédisant la venue d’un nouveau type d’homme au potentiel illimité, a engendré un grand nombre de dérives sectaires et de pratiques « spirituelles », et attiré 350 millions d’adeptes à travers le monde.

C’est une vision totalitaire qui cherche le bonheur de l’homme sans perspective de transcendance. L’homme devient Dieu, il n’a plus besoin de Dieu Créateur et Sauveur du christianisme.

Médias

L’expansion (l’explosion même) de la méditation de pleine conscience passe actuellement par les médias.

Tous les magazines, toutes les chaînes de télévision ont consacré articles et émissions à la méditation de pleine conscience.

Sur Internet, il suffit de taper « méditation de pleine conscience » ou « mindfulness » pour trouver une multitude de sites, tous à la gloire de la mindfulness.

Il est presque impossible de trouver des sites émettant des questions ou des réserves sur cette méthode.

Le géant mondial de la publicité JWT a listé la Pleine conscience comme l’une de ses 10 tendances pour façonner le monde en 2014.

Actuellement, de grandes entreprises proposent à leurs membres, dans le cadre de formations internes et à large échelle, des stages de méditation de pleine conscience pour apprendre à « optimiser sa performance par une meilleure prise de décision ».

Pour les enseignants et les familles, des livres et CD sont lancés en direction des enfants… (« Calme et attentif comme une grenouille… »).

Matthieu Ricard

Docteur en génétique cellulaire de formation, moine bouddhiste depuis 1979, disciple rapproché du dalaï-lama, dont il est le traducteur français, Matthieu Ricard est aussi connu pour ses nombreux écrits et ses interventions télévisuelles.

Son site.

Selon lui, vingt minutes de pratique quotidienne de méditation de pleine conscience contribueraient à la diminution de l’anxiété, du stress, de la tendance à la colère et à augmenter la bienveillance, ceci améliorant la vie sociale…

Nous sommes exactement dans les mêmes promesses de résultats mirifiques, que proposait la méditation transcendantale dans les années 1970.

Comment ces recherches sont-elles financées ? L’Institut Mind & Life dans laquelle Matthieu Ricard milite refuse selon ses dires tout lien avec des sociétés commerciales, y compris les laboratoires pharmaceutiques.

Mathieu Ricard ne cultiverait-il ici pas une certaine ambiguïté ? En effet, les travaux expérimentaux auxquels il se réfère, semblent être biaisés par des conflits d’intérêts. Les différents scientifiques nommés qui pilotent ces études pratiquent eux-mêmes la méditation de pleine conscience.

Méditations

La méditation de pleine conscience se présente comme étant strictement laïque, cependant, lorsque certains moines bouddhistes font la promotion de cette technique, il est alors permis de douter de cette affirmation. D’autres bouddhistes se sont opposés à cette « laïcisation », faisant valoir qu’il est déraisonnable de dissocier cette pratique ancrée dans la religion bouddhiste.

Claire Chartier, de l’Express, pose la question à Matthieu Ricard :

« Se recueillir en souhaitant l’amour du prochain : n’est-ce pas dans le sens même de la prière ?

Et voici sa réponse :

– Il y a une différence importante : le fait de s’unir à quelque chose qui vous dépasse, par l’oraison, est davantage un abandon qu’une méthode destinée à transformer votre façon de voir les choses. »

(L’Express n° 3289 du 16 au 22 juillet 2014. « Les vrais pouvoirs de la méditation. » p.22.)

Effectivement, la différence est de taille, la relation à Dieu dans la tradition chrétienne, nécessite une conversion qui entraîne à une autre manière de penser de dire de faire, cette relation n’est pas une méthode, mais un échange qui transforme notre cœur, nos pensées et nos actions.

La méditation de pleine conscience invite à l’acceptation sans jugement de ce qui est. Elle nous invite au détachement, le monde apparent étant fait d’illusion, c’est en entrant en soi-même que l’on trouvera la libération.

Ce type de pensée a généré un système de caste. Le bouddhisme tibétain notamment a permis un système de servage particulièrement cruel.

Aimer son prochain comme soi-même n’a pas présidé à l’élaboration de ce système de gouvernement du peuple.

Dans une perspective chrétienne, la conscience est une valeur morale, elle est liée à la connaissance du bien et du mal. La vie spirituelle a pour objectif de maintenir une bonne conscience morale en évitant le péché et en choisissant ce qui est le bien, le juste et le vrai.

Annexe : pour aller plus loin sur ce qu’est la méditation chrétienne

> Lettre « Quelques aspects de la méditation chrétienne » (1989, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signée de Joseph Ratzinger, le futur benoît XVI).

> La prière contemplative pour tous.Un résumé du livre de Peggy Wilkinson « Trouver le mystique qui est en vous », par le P. Dominique Auzenet

> Positions et attitudes du corps en vue de la prière. Yoga et méditation chrétienne. Collation de différents textes par le P. Dominique Auzenet.

Expérimenter l’extension et la dissolution

La finalité de la méditation de pleine conscience : une extension jusqu’à la dissolution de soi. Là où le moi n’a plus de raison d’être, car il est en tout et tout est en lui.

« La pleine conscience est une expansion de soi. On absorbe tout ce qui est autour de nous, on s’en imprègne et on le devient. Comme un cercle qui s’élargit pour tout englober. On est au centre de cet univers. Mais ce n’est pas un univers borné, toutes ses frontières sont poreuses… Dans la pleine conscience, nous éprouvons des sentiments récurrents d’abolition des frontières entre nous et l’extérieur. Sentiments de fusion de soi dans l’environnement. De diffusion de l’environnement en soi. »

(Christophe André, « Méditer jour après jour », L’iconoclaste, 2011.p.282, 283)

Voici la dernière leçon qui termine le livre :

« Méditer la pleine conscience c’est se connecter au monde, si fortement que les distinctions entre soi et non-soi deviennent absurdes, inutiles et encombrantes. Se préparer doucement à revenir d’où on vient, comme la vague se dissoudra bientôt dans l’océan. Il n’y a alors plus de limites. Que des liens. »

 Le quiétisme

Nous retrouvons le même type de langage dans l’histoire dans la spiritualité catholique française. Cette tendance porte un nom, c’est le quiétisme, prôné entre autres par le couple FénelonMadame Guyon.

En cette fin de dix-septième siècle. Madame Guyon se perd dans des métaphores aquatiques, pour dire le chemin de l’âme : « L’âme se perd dans l’immense comme un petit poisson se perd toujours plus avant dans la mer infinie. » Ou encore, elle se sent pareille au fleuve qui s’étend perdu dans l’océan « a pris tellement la nature de l’eau marine qu’on ne voit plus rien qui lui soit propre. »

Plus de différence entre l’homme et Dieu, plus d’obstacle entre l’intérieur et l’extérieur. Bossuet luttera avec une certaine rugosité contre cet illuminisme, maugréant contre ce faux abandon qui fait fi de l’incarnation et glisse inexorablement dans la fusion et la confusion.

En forme de conclusion

Pas de dissolution

Eh bien non, un chrétien ne peut pas adhérer à cette vision des choses. Il ne peut se confondre et se dissoudre dans la matière du monde comme la vague dans l’océan.

La rencontre d’un amour

Il fait l’expérience d’être aimé de Dieu, et confronte son expérience à la tradition de l’Église, pour éviter tout subjectivisme.

Un engagement de charité

Cet amour de Dieu l’invite à aimer son prochain, non seulement comme lui-même mais comme le Christ lui-même nous a aimés en donnant sa vie.

Pour aller plus loin sur cette réflexion

> Un texte approfondi sur la méditation de pleine conscience

> Chemin de sérénité ou illusion ?

> Une réflexion sur le livre pour enfants « Calme et attentif comme une grenouille »…  Cette réflexion pour les parents existe aussi sous forme d’e-book

 

  

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Le combat spirituel

Je souhaite vous faire connaître un livre du P. Hervé Ponsot, dominicain, Combat, la spiritualité au quotidien. Éd. du Cerf, 2016 (1), que je vous invite à vous procurer, à lire, et à travailler. Je souhaite vous en présenter ici uniquement les articulations et des extraits. Ce livre aide à entrer dans une compréhension équilibrée de cette réalité centrale de la vie chrétienne.

En fait, le combat spirituel ne devrait pas être vu en le rapportant au démon, mais à Jésus. Ce combat est en effet celui qui va permettre de s’identifier à Jésus, de « le revêtir » pour employer un terme très familier à l’apôtre Paul (Rm 13, 14; 1 Co 15, 53- 54 ; 2 Co 5, 2-4 ; Ga 3, 27) : en d’autres termes, de transfigurer le premier ou vieil Adam, cet être que nous sommes par notre naissance, en le configurant au second ou nouvel Adam, Jésus.

Ce combat implique bien une lutte contre le démon et sa cour, avec la valeur primordiale et exemplaire de ce e lutte, mais il ne s’y réduit pas : il est l’ajustement à Jésus de toute une vie en ses différentes composantes. D’ailleurs, dans le récit des Tentations, toutes les idoles mondaines potentielles évoquées, que l’on peut classer commodément sous les rubriques de l’avoir, du savoir et du pouvoir (Lc 4, 1-13), manifestent bien la diversité et l’étendue du « combat spirituel », qui ne se limite pas à un combat frontal et ponctuel contre Satan, que l’homme ne pourrait d’ailleurs que perdre.

I. Les acteurs du combat

Beaucoup plus que l’homme et Satan, les deux protagonistes sont Dieu et l’homme, dans leurs rapports réciproques tels que les campe la Bible: un Dieu de miséricorde, en quête de cet homme pécheur, qui s’est dressé contre lui dans le jardin de la Genèse, mais qu’il refuse d’abandonner. Et auquel il propose sans cesse de s’écarter du péché pour retrouver sa véritable identité d’être de communion, à l’image et la ressemblance de Dieu : par la venue au monde de Jésus, crucifié, mort et ressuscité, homme nouveau et parfait, Dieu met un point d’orgue à cette quête en offrant désormais à tout homme un modèle et une voie à suivre.

1. Dieu et l’homme

1a. L’homme à la recherche de la ressemblance perdue

« Adam, où es-tu? »: c’est la première demande que Dieu adresse à l’homme après le péché. Et Adam est un homme désorienté qui a perdu sa place dans la création parce qu’il croit devenir puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu. Et l’harmonie se rompt, l’homme se trompe et cela se répète aussi dans la relation avec l’autre qui n’est plus le frère à aimer, mais simplement l’autre qui dérange ma vie, mon bien-être. » (Homélie aux migrants, pape François à Lampedusa, le 8 juillet 2013).

En résumé, le combat spirituel apparaît comme la lutte que l’homme doit mener pour retrouver le Paradis perdu, autrement dit la condition qui fut la sienne avant le péché et dont l’image de Dieu en lui garde la trace : un homme de communion en face du Dieu amour, différent de lui et recevant de lui à chaque instant, directement ou par la médiation d’autrui, tout ce qui lui est nécessaire pour grandir dans ses deux composantes relationnelles, humaine et divine. C’est le chemin que trace pour lui le Fils.

1b. Jésus le crucifié, parfaite image de Dieu

Comprenons bien toutefois qu’après la chute, ce e image qu’il s’agira de reproduire, en reprenant toutes les ressemblances, sera toujours celle de Jésus crucifié et glorifié, glorifié dans sa crucifixion : la croix sera désormais le seul chemin qui permette de revenir au Paradis. Un chemin que Jésus qualifie lui-même de resserré (Mt 7, 14), et qu’il est venu annoncer, vivre et promouvoir sur la terre. Nous allons visiter ce chemin en évoquant les étapes, les lieux, les moyens de « revêtir le Christ ».

2. Dieu et l’homme à l’épreuve l’un de l’autre

Dans les le res dites « Pastorales », saint Paul insiste sur la qualité du combat : « afin que tu combattes le bon combat » (1 Tm 1, 18), « combats le bon combat de la foi » (1 Tm 6, 12), « j’ai combattu jusqu’au bout le bon combat » (2 Tm 4, 7). L’homme est donc appelé à combattre pour retrouver le chemin du paradis perdu, mais contre qui doit-il lutter ? Comme le suggère l’évocation de la foi, le combat ne vise pas en priorité des êtres de chair et d’os, même si cela ne doit pas être complètement exclu. On pense donc plutôt spontanément aux forces spirituelles démo- niaques déjà évoquées et sur lesquelles on reviendra, qui trouvent tout un tas de relais tels l’orgueil ou l’argent, mais il en est d’autres que l’on mentionne plus rarement : soi-même, et Dieu. Tous les auteurs spirituels, comme les textes bibliques, en témoignent, la lutte contre Dieu est un des aspects du combat spirituel.

2a. L’homme en lutte contre Dieu

Dieu et l’homme sont en cause : ils doivent s’ajuster, et leur rapport s’exprime en termes de « mise à l’épreuve » car ni l’un ni l’autre ne font l’économie d’un tel ajustement.

Peut-on se battre contre Dieu? La proposi on paraît pour le moins étrange si, comme il a été dit, Dieu ne cesse de chercher l’homme, de venir à sa rencontre. Et pourtant, le fameux combat de Jacob (Gn 32, 23-31), même si l’on en adoucit les termes en parlant de « lutte contre l’ange », met bien en scène un combat contre Dieu, représenté par son ange: « tu as été fort contre Dieu » (v. 29). Et même si l’événement se présente de manière très différente, c’est aussi une forme de combat contre Dieu que mène Jésus à Gethsémani : « Éloigne de moi cette coupe » (Mc 14, 32-36).

Ne limitons pas l’ajustement au seul être humain : comme le rapporte l’Ancien Testament, dans sa quête de l’homme, Dieu n’a de cesse de s’ajuster à lui. En lui envoyant prophète après prophète, en lui donnant sa parole par de multiples canaux, y compris le canal de ses adversaires, Dieu ajuste sa proposition de salut à l’homme. Les pères de l’Église parleront de la « condescendance de Dieu », dont le sommet sera atteint dans la venue au monde de Jésus, fils de Dieu, venu ouvrir un chemin afin que nous marchions sur ses traces (cf. 1 P 2, 21).

Continuer la lecture de « Le combat spirituel »

Yoga et méditation chrétienne. Positions et attitudes du corps en vue de la prière

La pénétration de stages inspirés du Yoga dans les Centres Spirituels chrétiens est une réalité qui pose question.

Voici par exemple le compte rendu d’un stage « Yoga, souffle, sons, couleurs », en Savoie (2011).

« Telles les douze notes chromatiques, c’est une équipe fantastique qui s’est constituée à Notre-Dame de Myans, la deuxième semaine de juillet, pour pratiquer le matin le yoga-nidra, au rythme de chacun en particulier, et découvrir, à travers les postures, les possibilités de chaque créature ! Clôturant la matinée, un temps de méditation guidée conduit vers les profondeurs de l’individualité ! Ouvrant l’après-midi, une carte de couleur choisie, révèle les différentes facettes de la personnalité ! Prolongeant, une séance sonore agrémentée de jeux, de joie et de rires, où chacun fait ce qu’il peut, pour admirablement s’en sortir ! Le tout dans l’harmonie construite jour après jour, dévoilant l’Infini de l’Éternel Présent Amour… »

> Mais nous pourrions regarder tout aussi bien dans notre Sarthe, et écouter les CD « Chemins d’oraison » proposés par une Association dans la Sarthe. On constaterait aisément une importance centrale, omniprésente, donnée à la conscience du corps, à la posture, à la respiration, à la détente, à la relaxation corporelle ; cette insistance prégnante est quasiment obsessionnelle jusqu’à saturation… Une affirmation comme celle-ci : « la présence à Dieu commence par la présence au corps » résume bien cette fixation univoque sur le ressenti de chacun des organes allant jusqu’à l’induction de sensations corporelles… « Choisir de s’appuyer sur la sensation du corps et de la respiration est un choix toujours à recommencer si l’on veut parvenir à prier de tout son être », est une autre phrase emblématique de tout le contenu. On serait tenté de discerner une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle…

Certaines allusions à des pratiques yogiques sont sans doute l’expression de tout un vécu de yoga sous-jacent, chez les enseignants, et qui est comme la « quille » immergée du bateau qui navigue au fil de la méditation… Le nom de Jésus est chanté à diverses reprises, soit en hébreu de façon assez harmonieuse, soit en français d’une voix grave et monocorde, évoquant dans ce deuxième cas la vibration d’un mantra. Le Seigneur Jésus est-il au centre de la démarche ? Celle-ci ressemble à une tentative de présenter un yoga « déshindouïsé » et habillé de concepts de relaxation ainsi que de vêtements chrétiens… Subtile dérive qui risque de conduire à une régression…

Le cheminement méditatif est parsemé de conseils de bon sens (assez volontaristes à l’impératif), et de spiritualité classique (l’abandon, la confiance, la simplicité). Mais une place excessive est donnée à la perception de la sensation pure, manière Vittoz, au détriment complet de la tradition carmélitaine, experte en matière d’oraison, dont on se demande vraiment où la trouver ici. Le mot « oraison » semble donc dévoyé dans ce contexte. Il nous faut donc aller plus loin dans la compréhension de spécificités propres au Yoga, et à la méditation chrétienne.

Le yoga

Compilé par F Despert, Tours, mai 2011.

L’origine du Yoga

Le yoga classique indien provient d’un texte attribué à Patanjali dont on connaît peu de chose. Il aurait vécu au Pendjab au IVe siècle avant notre ère. Ce texte est une collection de maximes écrites en sanscrit du nom de yoga-Sûtras (« aphorismes sur le yoga »). Ces courtes phrases sont difficilement compréhensibles ; elles sont mémorisées par l’étudiant, puis commentées par des spécialistes dans les ashrams. Patanjali enseignait le Râja-yoga (yoga royal). le terme yoga (litt. « joug », « attelage ») évoque la recherche de l’union entre le soi (atman) et l’Absolu (brahman).

2. Les principes du Yoga

Le yoga part de l’idée que tout est souffrance dont il faut être délivré. Cette douleur provient de la séparation d’avec l’essence (l’Absolu, le brahman) : l’ « âme » individuelle (atman) qui n’est pas différente de cet Absolu mais qui porte le poids des actes accomplis dans les existences antérieures (loi du karma) est amenée à s’incarner dans un corps vivant et souffre de cette condition déchue aspirant à retourner se fondre dans le principe universel dont elle est issue.

3. Une libération qui permet au moi de se fondre dans l’Absolu impersonnel

Cette libération est favorisée par la pratique du Hatha-yoga (technique tirée du Yoga royal). Cette pratique associe exercices physiques (Âsana) et exercices respiratoires (Prânâyâma). C’est essentiellement cette technique qui est pratiquée en occident. Selon le Dictionnaire de la sagesse orientale, le yoga « cherche à montrer la voie pratique qui mène au salut et à la délivrance par l’activité disciplinée ».

Jean Varenne (grand spécialiste de l’hindouisme et du sanskrit) commente ainsi les phases d’un cours de yoga :

« Ces différentes étapes ne se comprennent que par référence à la doctrine du corps « subtil » qui, chez chacun d’entre nous, double le corps « grossier » seul accessible aux sens. Ainsi, la tenue du souffle, ou Prânâyâma, sert-elle à permettre au prana (souffle inspiré) d’atteindre un Centre (chakra, roue) situé à la base du corps subtil. Là gît une Puissance qui, chez l’homme ordinaire, n’est que virtuelle (on la compare à un serpent femelle endormi). Réalisée par le yoga (éveillée par le souffle), cette Puissance (on l’appellera Kundalini, l’Enroulée) s’activera et, guidée par la pensée durant les exercices de méditation, montera progressivement de chakra en chakra, jusqu’au sommet du corps subtil où elle s’unira à l’âme (atman est un mot masculin) : les noces de l’atman et de la Kundalini, comparées à celles de Shiva (Siva) et de sa parèdre Pârvat, provoquent une véritable transmutation alchimique de l’individu, que l’on, qualifie dès lors de jivan-mutka (délivré-vivant). On ne pourra jamais séparer la pratique du yoga de la théologie »

à laquelle elle est liée. En quelque sorte, le hatha-yoga offre à l’hindouisme ce que les sacrements offrent au catholicisme. Ils sont les rites initiatiques et opérants de privilèges spirituels.

Ysé Tardan-Masquelier (spécialiste de l’Hindouisme à Paris IV) évoque la « sacralisation du souffle comme le symbole de l’élan vital, de la conscience lumineuse et, éventuellement, d’un don divin : à l’enseignant de savoir susciter cette dimension en conservant à chaque élève son espace de liberté ». Elle écrit par ailleurs : « Le yoga n’a jamais été conçu seulement comme une discipline de mieux-être dans la vie actuelle, mais comme un mode de transformation si radical que ses effets se répercutent sur l’après vie ».

4. Une vision philosophique fondamentalement différente de celle du Christianisme

La philosophie et la pratique du yoga sont basées sur la croyance que l’homme et Dieu ne font qu’un. Elle enseigne à se concentrer sur soi-même plutôt que sur Dieu Seul et Unique. Le Yoga encourage ses participants à rechercher les réponses aux problèmes de la vie au sein de leur propre esprit et conscience au lieu de trouver les solutions dans la Parole de Dieu par l’intermédiaire de l’Esprit Saint comme c’est le cas dans le Christianisme.

5. La pratique du Yoga est incompatible avec la foi chrétienne

Beaucoup de ceux qui pratiquent le Yoga disent : « Il n’y a aucun mal à pratiquer ces exercices, il suffit de ne pas croire dans la philosophie qu’il y a derrière ». Toutefois les promoteurs du Yoga, du Reiki, etc. affirment très clairement que la philosophie et la pratique sont inséparables. Entrer dans une pratique régulière du Yoga amène à plus ou moins consciemment entrer dans une vision de l’homme où les énergies du cosmos vont pouvoir agir en lui et lui redonner un équilibre auquel il aspire. Le Yoga prétend fournir à l’homme une technique lui permettant de retrouver sa véritable nature par l’union au Brahman, sa souffrance sa souffrance provenant de sa séparation d’avec celui-ci.

Par contre le christianisme voit comme cause de sa souffrance la rupture de l’intimité de l’homme avec Dieu en raison du péché. Ainsi l’homme est séparé de Dieu et il a besoin de réconciliation. La réponse chrétienne est Jésus-Christ « L’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Grâce à la mort de Jésus sur la Croix, Dieu a réconcilié le monde avec lui-même et il appelle l’homme à recevoir gratuitement tous les bénéfices de son salut par la foi en Jésus-Christ seul. C’est pourquoi un Chrétien ne peut, en aucun cas, accepter la philosophie et la pratique du Yoga parce que le Christianisme et le Yoga ont des points de vue qui s’excluent mutuellement. Contrairement au Yoga, le Christianisme voit la rédemption comme un cadeau gratuit qui peut seulement être reçu et ne jamais être gagné ou atteint par ses propres efforts ou œuvres. Jésus est le Chemin, La Vérité et la Vie et seule la Vérité peut nous rendre libres.

Peut-on dissocier le Yoga de sa visée spirituelle ?

1. Extrait du livre du Père J.M. Verlinde : l’expérience interdite, p 138 :

«- Vous semblez affirmer que l’on ne peut séparer les techniques du yoga de l’horizon hindouiste auxquelles elles appartiennent.  – C’est exact. Je me souviens du sourire amusé du gourou devant les motivations invoquées par les Occidentaux pour pratiquer le yoga : relaxation, détente, maîtrise, etc. Il répondait en substance : « Vous êtes étonnants : vous pratiquez ces techniques sacrées pour des effets périphériques auxquels nous n’attachons aucune importance, et ne portez qu’une moindre attention aux transformations profondes qu’elles induisent en vous !… » et il haussait les épaules d’un air de dire : Qu’à cela ne tienne, votre ignorance ou votre manque d’intérêt pour ces effets profonds n’empêchent pas les techniques de produire en vous ce pour quoi elle sont conçues… »  

2. Extraits du livre de Jean Déchanet, moine bénédictin, Le yoga en dix leçons :

« Il faut savoir que le Yoga, les postures, mais surtout les exercices de respiration contrôlée développent mécaniquement une grande énergie. Et je vais vous étonner en affirmant bien haut ici qu’en ce sens il est dangereux… » et plus loin … «couper le Yoga de sa visée spirituelle, c’est renier ses origines religieuses ; c’est surtout courir le risque, le gros risque de retourner contre soi les énergies qu’il doit libérer ».

J. Déchanet cite S. Yesudian, lui aussi un grand nom du yoga : « Tous les exercices yogiques, que nous le voulions ou non, tendent à éveiller ces centres nerveux (chakras) et à nous mettre en possession de facultés généralement insoupçonnées… » « Qu’un yogi chrétien se découvre un jour plus intuitif, plus clairvoyant… et même qu’il expérimente, en passant, quelque pouvoir paranormal (j’ai noté pour ma part, de curieux, très curieux pressentiments, des espèces de prémonitions), il n’y a là rien qui soit de nature à inquiéter. Qu’il se complaise dans ces « effets » ou ces « à-côtés » du yoga, qu’il les désire intensément, et qu’il en fasse comme le but de ses pratiques, c’est autre chose. Viciée dans sa racine, sa visée ne peut aboutir qu’au plus vil désenchantement ».

3. L’expression « Yoga chrétien » n’est-elle pas contradictoire ?

En orient, le Karma, l’enchaînement des vies, la réincarnation, est vécue comme une sorte de malédiction. Le yoga, par l’exercice de postures et la maîtrise du souffle, permet d’en sortir. Il fait parvenir à des états modifiés de conscience, et au « plongeon » dans l’énergie cosmique. Autrement dit, par une technique longuement mise en œuvre, on se fait « sauter » dans l’Un… C’est une sorte d’échappatoire à la force du poignet.

Rien à voir avec l’accueil de la miséricorde du Père obtenue par l’acte rédempteur de Jésus (sa mort sur la croix, sa résurrection, et le don de l’Esprit Saint), qui me fait entrer dans la vie éternelle dès maintenant et la promesse de la résurrection dans la gloire divine.

Aucun besoin de postures, ni de maîtrise du souffle, pour prier chrétiennement : il s’agit de laisser l’Esprit de Dieu nous entraîner à une communion de cœur avec Jésus et avec son Père. Rien à voir avec « faire le vide ». Ni avec l’ouverture des chakras ou la montée de la kundalini…

La grande tradition mystique de l’Église, représentée au premier plan par les grands maîtres du Carmel, Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila, mais aussi Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, nous propose de « faire oraison », d’entrer dans la « contemplation »… Ils ont déjà balisé le cheminement : voir la « Montée du Carmel » de Jean de la Croix, et le « Château Intérieur » de Thérèse d’Avila… Voyez par exemple le site http://www.carmel.asso.fr/

Chercher à s’appuyer d’abord sur la sensation du corps et la respiration, fait dériver, imperceptiblement, vers une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle… ! Le résultat est périlleux ; le Christ Jésus, de la place centrale qu’il occupe dans la perspective chrétienne, devient généralement tout-à-fait marginal, au profit de la réalisation de soi…

4. Le yoga peut-il aider à prier ? L’avis du Père Joseph-Marie Verlinde Famille Chrétienne 1249 — 22/12/2001

Yoga, méditation transcendantale, zen — les techniques de méditation orientales sont très séduisantes. Elles constituent de puissants moyens de nous retirer du monde extérieur, désinvolte et changeant, pour nous recentrer sur notre intériorité, dont nous avons tous la nostalgie. Je le sais pour les avoir moi-même pratiquées pendant plusieurs années.

Au départ, la démarche est la même que dans la prière chrétienne : il y a une volonté de rompre avec une vie superficielle, dispersée, très décevante, pour rentrer en soi. Dans les deux cas, il y a une grande soif d’Absolu.

Mais dès le début de ce chemin intérieur, les routes divergent : dans les techniques orientales, il s’agit de rentrer de plus en plus en soi, par ses propres forces, jusqu’à atteindre une sorte de fusion dans le Tout, une sensation d’exister très intense ; dans cette expérience, il n’y a aucune place pour l’autre : je suis de plus en plus centré sur moi et sur moi seul.

Tout au contraire, la prière chrétienne est rencontre de l’Autre, de Dieu qui vient vers moi. Je rentre en moi-même, mais c’est pour me disposer à y recevoir ce que le Seigneur veut me donner.

C’est toute la différence entre une mystique naturelle, qui ne s’appuie que sur des moyens naturels et me laisse seul avec moi-même, et une mystique surnaturelle, qui me tourne vers Dieu, un Dieu personnel qui se donne à moi dans un dialogue d’amour. Dans les techniques orientales, c’est moi qui suis le maître de ma vie intérieure ; dans la prière chrétienne, c’est Dieu : j’accepte de m’en remettre à Lui et de Le laisser me conduire jusqu’à Lui.

De plus, les techniques orientales visent à une dissolution du moi dans le grand Tout, alors que la relation avec le Christ respecte mon altérité : la prière chrétienne est une communion, pas une fusion.

Bien sûr les techniques qui relèvent d’une mystique naturelle — telles que les techniques de méditation orientales — peuvent conduire à des expériences très fortes… mais cela n’a rien à voir avec la paix surnaturelle de l’Esprit Saint.

Le risque est grand de confondre la sérénité produite par certains exercices respiratoires, certaines postures, avec la présence authentique de l’Esprit Saint.

Les méthodes psychophysiques et corporelles dans la prière

1. Extrait de « Quelques aspects
de la méditation chrétienne », lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, 1989.

La posture du corps. 26. L’expérience humaine démontre que la position et l’attitude du corps ne sont pas sans influence sur le recueillement et la disposition de l’esprit. C’est là une donnée à laquelle certains auteurs spirituels de l’Orient et de l’Occident chrétien ont prêté attention. Ces auteurs spirituels ont adopté les éléments qui facilitent le recueillement dans la prière, reconnaissant en même temps aussi leur valeur relative : ceux-ci sont utiles s’ils sont reformulés en vue du but de la prière chrétienne. Ainsi, par exemple, le jeûne possède avant tout, dans le christianisme, la signification d’un exercice de pénitence et de sacrifice ; mais déjà chez les Pères, il avait aussi pour fin de rendre l’homme plus disponible à la rencontre avec Dieu, et le chrétien plus capable de se dominer et en même temps plus attentif à ceux qui sont dans le besoin.

Dans la prière, c’est l’homme tout entier qui doit entrer en relation avec Dieu, et donc son corps aussi doit prendre la position la mieux adaptée au recueillement. Cette position peut exprimer d’une manière symbolique la prière elle-même, variant selon les cultures et la sensibilité personnelle. Dans certaines zones, les chrétiens acquièrent aujourd’hui une conscience plus grande du fait que l’attitude du corps peut favoriser la prière.

Le symbolisme psychophysique. 27. La méditation chrétienne de l’Orient a valorisé le symbolisme psychophysique, souvent absent de la prière de l’Occident. Il peut aller d’une attitude corporelle déterminée jusqu’aux fonctions vitales, comme la respiration et le battement cardiaque. Ainsi l’exercice de la  » prière de Jésus « , qui s’adapte au rythme respiratoire naturel, peut, au moins pour un certain temps, être d’une aide réelle à beaucoup.

D’autre part, les mêmes maîtres orientaux ont aussi constaté que tous ne sont pas également aptes à utiliser ce symbolisme, parce que tous ne sont pas en mesure de passer du signe matériel à la réalité spirituelle recherchée. Compris d’une manière inadéquate et incorrecte, le symbolisme peut même devenir une idole, et par conséquent un obstacle à l’élévation de l’esprit vers Dieu. Vivre dans le cadre de la prière toute la réalité de son propre corps comme symbole est encore plus difficile : cela peut dégénérer dans un culte du corps, et porter à identifier subrepticement toutes ses sensations avec des expériences spirituelles.

Ne pas confondre le bien-être psychologique et spirituel avec l’œuvre de l’Esprit Saint. 28. Certains exercices physiques produisent automatiquement des sensations de quiétude et de détente, des sentiments gratifiants, voire même des phénomènes de lumière et de chaleur qui ressemblent à un bien-être spirituel. Les prendre pour d’authentiques consolations de l’Esprit-Saint serait une manière totalement erronée de concevoir le cheminement spirituel. Leur attribuer des significations symboliques typiques de l’expérience mystique, alors que l’attitude morale de l’intéressé ne lui correspond pas, représenterait une sorte de schizophrénie mentale, pouvant même conduire à des troubles psychiques et parfois à des aberrations morales. Cela n’empêche pas que d’authentiques pratiques de méditation provenant de l’Orient chrétien et des grandes religions non chrétiennes, qui attirent l’homme d’aujourd’hui divisé et désorienté, puissent constituer un moyen adapté pour aider celui qui prie à se tenir devant Dieu dans une attitude de détente intérieure, même au milieu des sollicitations extérieures.

Il faut toutefois rappeler que l’union habituelle à Dieu, à savoir cette attitude de vigilance intérieure et d’invocation de l’aide divine que le Nouveau Testament nomme la prière continuelle, ne s’interrompt pas nécessairement lorsque l’on s’adonne aussi, selon la volonté de Dieu, au travail et au soin du prochain.  » Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu « , nous dit l’Apôtre (1 Co 10, 31). En effet, comme le soutiennent les grands maîtres spirituels, la prière authentique réveille en ceux qui prient une ardente charité, qui les pousse à collaborer à la mission de l’Église et au service de leurs frères, pour la plus grande gloire de Dieu.

Faire le vide ? 19. Il convient d’interpréter correctement l’enseignement des maîtres qui recommandent de  » vider  » l’esprit de toute représentation sensible et de tout concept, en maintenant toutefois une aimante attention à Dieu, de sorte qu’il y ait en celui qui prie un vide qui peut alors être rempli par la richesse divine. Le vide dont Dieu a besoin est celui du renoncement au propre égoïsme, pas nécessairement celui du renoncement aux réalités créées qu’il nous a données et au milieu desquelles il nous a placés. Il n’y a pas de doute que dans la prière, on doive se concentrer entièrement sur Dieu et exclure le plus possible les choses du monde qui enchaînent notre égoïsme.

Saint Augustin est sur ce point un maître insigne : si tu veux trouver Dieu, dit-il, abandonne le monde extérieur et rentre en toi-même. Toutefois, poursuit-il, ne demeure pas en toi-même, mais surpasse-toi, car tu n’es pas Dieu : Lui est plus profond et plus grand que toi. « Je cherche sa substance dans mon âme, et je ne la trouve pas ; j’ai toutefois médité sur la recherche de Dieu et, tendu vers lui, à travers les choses créées, j’ai cherché à connaître les perfections invisibles de Dieu ». Demeurer en soi-même : voilà le vrai danger. Le grand Docteur de l’Église recommande de se concentrer en soi-même, mais aussi de transcender le moi qui n’est pas Dieu, mais une créature. Car Dieu est bien en nous et avec nous, mais il nous transcende dans son mystère.

2. Le « dieu intérieur » et la « theosis » Extrait de « Jésus-Christ Porteur d’eau vive »,

réflexion chrétienne sur le Nouvel Age, publié en 2003 par le Conseil Pontifical pour la Culture, et le Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux.

3.5. Il s’agit d’un point fondamental opposant le Nouvel Âge au christianisme. Nombre d’ouvrages Nouvel Âge expriment la conviction qu’il n’y a pas d’être divin « là dehors », ou du moins que celui- ci ne se distingue pas vraiment du reste de la réalité. Depuis l’époque de Jung, il y a toujours eu un mouvement professant la croyance dans « le dieu intérieur ». Notre problème, dans l’optique du Nouvel Âge, est que nous sommes incapables de reconnaître notre propre divinité, une incapacité qui peut être surmontée avec l’aide d’un guide spirituel ou au moyen d’une série de techniques destinées à libérer notre potentiel caché (divin).

L’idée fondamentale est que ‘Dieu’ est présent au fin fond de nous-mêmes. Nous sommes des dieux, et nous pouvons découvrir le pouvoir illimité qui est en nous en éliminant une à une les couches d’inauthenticité. Plus ce potentiel est reconnu, mieux il est réalisé, et en ce sens le Nouvel Âge a une conception bien à lui de la theosis ou divinisation, qui consiste à reconnaître et à accepter notre nature divine. Pour certains, nous vivons « une époque où notre compréhension de Dieu doit être intériorisée : du Dieu Tout-Puissant et extérieur au Dieu comme force dynamique et créative au cœur même de tout être : Dieu comme Esprit ».

Dans la préface du livre V de l’Adversus Hæreses, saint Irénée nous parle de « Jésus-Christ qui, à cause de son surabondant amour, est devenu ce que nous sommes afin de faire de nous ce qu’il est ». Telle est la conception chrétienne de la theosis ou divinisation, qui ne saurait être l’aboutissement de nos seuls efforts, mais requiert l’intervention de la grâce de Dieu qui opère dans et à travers nous. Cela demande nécessairement de notre part une prise de conscience initiale de notre incomplétude et de notre péché, qui est tout l’opposé de l’exaltation du moi. Qui plus est, cela nous ouvre la voie à la participation à la vie trinitaire, un cas parfait de distinction au cœur de l’unité: plus qu’une fusion, c’est une synergie. Tout cela est le fruit d’une rencontre personnelle, l’offre d’une vie entièrement nouvelle. La vie en Jésus-Christ n’est pas si personnelle et privée qu’elle se limite au domaine de la conscience. Elle n’est pas non plus uniquement un nouveau niveau de conscience. Elle est une transformation de notre corps et de notre âme par la participation à la vie sacramentelle de l’Église.

Neuf manières de prier avec son corps à la manière de saint Dominique

Entretien avec Sœur Catherine Aubin, o.p. (16 mars 2005, ZENIT. org), religieuse dominicaine, auteur d’un ouvrage intitulé « Prier avec son corps à la manière de saint Dominique » (Editions du Cerf, Paris, en 2005)

Licenciée en psychologie et docteur en théologie, sœur Catherine Aubin est entrée chez les sœurs dominicaines en 1984. Après cinq années de vie et de ministère dans la communauté saint Leu-Saint Gilles, rue saint Denis à Paris, et des études de théologie, elle est actuellement professeur de théologie sacramentaire et de théologie spirituelle à l’institut pontifical Regina Mundi, à l’institut de théologie de la Vie Consacrée Claretianum et à l’université pontificale saint Thomas d’Aquin Angelicum à Rome.

Comment est née l’idée d’un tel ouvrage ?

Pendant 10 ans, j’ai vécu rue saint Denis à Paris où notre communauté de sœurs dominicaines étaient implantée. Et là j’ai rencontré des personnes en quête d’unité intérieure et de paix qui pratiquaient des techniques ou des exercices corporels tels que le zen, la méditation transcendantale ou autres. De mon côté je découvrais comme jeune religieuse la spiritualité dominicaine et je venais d’avoir « un vrai coup de foudre » pour les 9 manières corporelles de prier de saint Dominique. La rencontre de ces événements a donné naissance à ce livre dont un des messages est justement de dire à ceux qui pratiquent des techniques : « nous aussi dans la tradition catholique, nous avons une pédagogie de la prière avec le corps qui peut vous combler dans votre recherche ».

Qu’est-ce que vous entendez exactement par « prier avec son corps » ?

Quand on aime, on le manifeste avec des gestes, salutations, sourires etc. Il en est de même pour la prière. Devant moi, en moi, je suis habitée par une Présence celle du Christ vivant, alors comment vais-je lui montrer mon attachement sinon par des attitudes. Dans ce livre le maître est saint Dominique, en effet sa prière était tellement fascinante que ses premiers frères ont transcris ce qu’il disait et ce qu’il faisait avec neuf images qui le représente en train de prier. Chaque attitude corporelle correspond à une attitude spirituelle et permet à celle-ci de se déployer : les gestes donnent figure à ce qui est caché et illustrent les mouvements du cœur. Par exemple au geste de l’inclination correspond l’humilité, à l’agenouillement la confiance.

Pouvez-vous nous expliquer quelles sont ces neuf manières de prier ?

La première manière de prier est l’inclination, saint Dominique s’humilie devant l’autel où le Christ est vivant sur la croix et de son côté jaillit du sang pour dire qu’Il nous communique sa vie. Toutes les images se passent devant ce Christ. La disposition intérieure de Dominique est l’humilité du cœur.

La seconde manière est la prosternation, Dominique est allongé de tout son long sur le sol et il pleure, il vit intérieurement la componction du cœur, son cœur est transpercé par la conscience de son péché.

Dans la troisième manière de prier Dominique se donne la discipline à genoux, son désir est d’être conforme au Christ dans sa Passion.

Pour la quatrième manière de prier, saint Dominique s’agenouille et se relève et survient en son cœur une grande confiance en la miséricorde de Dieu pour lui, ses frères et les pécheurs.

Pour ces quatre premières manières de prier, le corps de Dominique est dirigé vers le sol, dans la première manière son dos est dirigé vers le bas et son regard est tourné vers le sol, dans la deuxième son corps est sur le sol, dans la troisième et quatrième ce sont ses genoux qui touchent la terre. Or la terre est le lieu d’où nous venons, c’est le lieu des origines, lieu de nos limites. Les quatre dispositions spirituelles correspondantes, l’humilité, la componction du cœur, la discipline, la confiance, sont des dispositions spirituelles qui reconnaissent une dépendance et la primauté envers Dieu. On peut regrouper ces quatre premières manières de prier autour d’une attitude : l’accueil, accueil de sa condition de créature devant Dieu, accueil de Dieu comme Créateur et Sauveur, accueil de ses limites devant Celui qui est infini.

Pour la cinquième manière, le saint s’est dressé et levé sans s’appuyer à quoi que ce soit, à la manière d’un prophète ou de Jésus lui-même. Son attitude est celle de la résurrection, il est debout dans son corps et dans son cœur. Ses bras et ses mains manifestent l’écoute de la parole. Progressivement il se tait pour écouter et se laisser saisir par Celui qui lui parle à travers les Écritures.

Puis ses bras s’ouvrent majestueusement dans la sixième manière, pour embrasser et imiter son Ami qui a donné sa vie pour lui sur la Croix. Son geste des bras en croix, signifie la Vie donnée par le Christ et la Vie reçue par le saint. Geste du crucifié-ressuscité qui donne à saint Dominique de redonner vie au jeune garçon tombé de cheval et aux pèlerins anglais.

Il continue son mouvement des bras dans la septième manière en les étendant fortement vers le ciel, les mains jointes ou légèrement ouvertes en forme de coupe pour recevoir quelque chose du ciel. La tension de tout son être montre son désir d’être avec Celui qui est au ciel et avec nous chaque jour. Son corps comme son cœur témoignent de sa supplication qui monte, qui jaillit comme une flèche : il connaît Celui à qui il s’adresse et sait que sa prière sera exaucée car elle correspond à celle du Christ : la promesse de nous envoyer l’Esprit Saint.

Trois positions debout, trois attitudes intérieures de présence. Saint Dominique est présent à Celui qui est présent en Lui. Il nous est montré attentif, éveillé, concentré, recueilli, élancé. C’est le moment de la rencontre avec Dieu dans un dialogue face à face. Ces trois manières de prier forment un tout autour d’une attitude ; celle de la rencontre avec Dieu, du face à face avec l’Ami : face à face, debout, redressé ; face à face pour un dialogue d’amitié ; face à face pour être enraciné dans son unicité.

Dans la huitième manière de prier, saint Dominique est assis à une table et lit et écoute ce que le Seigneur lui dit à travers sa parole, et dans la dernière manière de prière on voit saint Dominique avec un compagnon partir en voyage sur les chemins pour aller transmettre ce qu’il a contemplé. Saint Dominique illustre ainsi l’amitié de Jésus avec ses proches. Une amitié où non seulement on prend le temps de s’asseoir ensemble, mais aussi de marcher sur les routes pour la partager. Ces deux dernières manières sont ordonnées autour du don : don de Dieu dans sa Parole et dans sa Vie, don de Dieu qui entraîne à donner et à se donner.

Les neuf manières de prier se divisent donc en trois étapes : l’accueil, la rencontre, le don. Elles nous font entrer dans un chemin de salut pour être guéris de la dévalorisation sur nous-mêmes et entendre le Seigneur nous dire : Je te reçois comme tu es ; Tu es mon ami ; sois fécond, donne du fruit. […]

Quels enseignements pouvons nous tirer de cette forme de prière ?

Je répondrai par un exemple celui de Madeleine Delbrel : lorsque Madeleine Delbrel se retrouve terrassée par une conversion qu’elle qualifie de « violente », elle choisit ce qui lui paraissait le mieux traduire son changement de perspective : elle décida de prier. « Dès la première fois je priai à genoux par crainte, encore, de l’idéalisme. Je l’ai fait ce jour là et beaucoup d’autres jours… En priant j’ai cru que Dieu me trouvait et qu’il est la vérité vivante, et qu’on peut l’aimer comme on aime une personne ». Pour prier, Madeleine Delbrel éprouva le besoin de s’agenouiller, comme si elle inscrivait dans son corps le cri de son âme. Elle remit à Dieu ce jour là sa force et lui présenta sa faiblesse, dans un mouvement de confiance. Prier avec tout son corps c’est aimer avec tout son cœur.

Réflexion finale

« Les différentes méthodes de méditation orientale visent à se centrer sur soi-même, à rechercher son « moi ». La méditation chrétienne est une rencontre avec un autre. Le chrétien croit que le secret de l’humanité a un nom, et que celui-ci a été révélé par le Christ.

La méditation chrétienne, et c’est là une seconde différence fondamentale, ne cherche pas l’élévation personnelle. En effet, elle se concentre sur l’environnement, sur le prochain, sur le quotidien. A l’opposé, la méditation centrée sur soi-même peut se révéler dangereuse, parce qu’elle nous abandonne, livrés à nous-mêmes.

Au centre de la méditation chrétienne, on trouve le Christ. Ce choix n’est pas arbitraire. Dépasser ses limites est l’espérance d’un grand nombre de personnes qui souffrent des limites de leur « petite » existence. Pourtant, il est impossible de franchir les obstacles qui nous séparent de Dieu. Ces derniers ne peuvent être surmontés que par Dieu lui-même. C’est la raison pour laquelle la méditation chrétienne recherche la présence de Dieu dans notre monde en Jésus-Christ.

Par conséquent, la méditation chrétienne cherche à concrétiser l’inspiration en actions. Se retirer dans le recueillement et s’engager dans la société sont comme les deux phases de la respiration, l’inspiration et l’expiration. Tout ce qui est réellement nouveau naît dans le recueillement et se concrétise par l’amour. C’est là la dynamique du recueillement.

La méditation chrétienne contient encore une autre dimension. L’exercice de la vue, de l’écoute et de l’action par la prière méditative, le dialogue avec Dieu et l’écoute de sa Parole, conduisent à la présence du Christ. La grâce qui nous touche nous permet d’être prêts intérieurement à recevoir le cadeau de son Esprit : Christ en nous, nous en Christ. »

(Jörg Gutzwiller, pasteur (Suisse). Tiré d’un article paru pour la première fois dans le journal « Der Bund » sous le titre « Le recueillement dynamique »).
Réflexion annexe : méditer ou prier ?

Les deux dispositions mentales ont en commun une volonté de rompre avec l’environnement, de suspendre l’action. Elles voudraient cesser de faire pour être. Elles voudraient aussi entendre ce qui ne parle pas, voir ce qui ne se montre pas. Car sans s’être concertées, elles le savent : non loin de soi, sous le chahut de la pensée, il y a ce murmure indicible, cette ombre projetée de ce qui échappe, la fascinante énigme…

La parenté n’est pourtant que de surface : quand la méditation cherche dans l’« ici et maintenant » la plénitude de l’instant, la prière regarde d’avant en arrière. Elle fait place au passé — regret ou remords — mais aussi, et peut-être surtout, au futur qui, pour elle, est Espérance. Quand la méditation tend vers l’immobile et le vide, la prière cherche ailleurs, plus loin, au-delà. Elle est un saut hors de soi-même, un élan prodigieux vers l’invisible et l’inouï. L’une s’affranchit des mots, l’autre s’incarne dans le verbe. La première se vit à travers les sensations éprouvées, la seconde prend forme dans la parole adressée. Car elle n’en doute pas : un Autre existe, plus près ou plus loin, plus bas ou plus haut. Un Autre existe, à portée de soi.

« Je me recentre, dirait le méditant. Je ne raisonne plus. Je ne veux plus. J’ouvre très grand les yeux. Du balcon de moi-même, j’observe, je me regarde être. Je me rends présent à ce que j’éprouve. Je me rejoins, je me perds, je me retrouve. À mesure que j’immerge, j’élargis mon espace… Je tends vers la conscience. Là où je vais, je suis. » « Je me recueille, dirait l’orante. Je me détourne de moi-même. Je baisse les paupières. Je consens au mystère. La brèche s’ouvre et je la reconnais. Ce qui s’en échappe, ce qui me tourmente ou me trouble, j’ai besoin de le confier. Je vais vers Toi dont j’ignore tout. Je cherche ton visage, je guette ton regard ou quelques messages qui pourraient s’en échapper. Je tends vers la connaissance. Là où je cherche, tu es. »

Cousines par l’esprit, ces deux approches vagabondent à travers les souffles. Elles rôdent aux confins de la Transcendance, mais, quand l’une, pensant pouvoir se passer de Dieu, s’arrête au seuil et s’en tient à une apesanteur profane, l’autre, plus téméraire, consent à se laisser soulever, enrôler, mener plus loin, vers la divine présence.

Extrait d’un article de CATHERINE TERNYNCK, Psychanalyste, département d’éthique de l’Université catholique de Lille, dans le journal La Croix du 30 décembre 2013.

P. Dominique Auzenet, formation pncds72, 15 janv. 2014.

Avenir de la Culture

Alias : Tradition-Famille-Propriété, Pro Europa Christiana

A l’origine de la TFP, il y a un homme : Plinio Correâ de Oliveira (1908-1995). Né dans une riche famille de l’aristocratie brésilienne, avocat et professeur, il fonde une Ligue électorale catholique puis dirige le Legionario, hebdomadaire très influent où il se lie d’amitié avec deux prêtres qui deviendront évêques : Antonio de Castro Mayer et Geraldo de Proença Sigaud. Autour du mensuel Catolicismo, il écrit son maître-ouvrage, Révolution et contre-révolution où il systématise les thèses traditionalistes […]. Le 26 juillet 1960, il fonde la « Société brésilienne de défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété », ou « TFP ». Cette nouvelle organisation orchestre des manifestations publiques avec mégaphones, banderoles, grands étendards rouges frappés du lion héraldique (emblème de l’organisation), jeunes en capes rouges…  [ NDPP :  le kitsch néo-moyenâgeux caractéristique de la TFP ]. Des « caravanes » formées de jeunes militants sillonnent le pays pour diffuser les thèses de la TFP.

Dès sa création, la TFP vole au secours des latifundia (grandes propriétés terriennes) menacées par les projets successifs de réforme agraire (redistribution des terres improductives aux ouvriers agricoles) : projets appuyés par l’épiscopat brésilien mais qualifiés de communistes par l’organisation. La TFP engage également un combat [NDPP : remarqué par Washington] contre «l’infiltration communiste» dans le clergé latino-américain, contre l’oecuménisme et contre l’Ostpolitik vaticane.

Les années 1970 sont celles de l’essaimage de la TFP sur les cinq continents. Aux Etats-Unis, des liens sont tressés avec les milieux néo-conservateurs. [ NDPP : milieux qui cherchent dès cette époque à établir un réseau de « droite religieuse » pro-américaine dans le monde entier ].

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La biorésonance

Qu’est-ce que la biorésonance ?

La définition suivante est proposée par les tenants de la discipline :

« La biorésonance représente la capacité qu’ont les êtres vivants de capter et d’émettre des rayonnements dans leur environnement. Elle englobe aussi les méthodes de soins et appareils basés sur l’émission de rayonnements électromagnétiques destinés à rééquilibrer l’énergie corporelle. » www.bioresonance.net/

D’autres définitions apportent des précisions sur la méthode ou le traitement lui-même :

 « Issue de la naturopathie, la biorésonance est une méthode thérapeutique qui consiste à enregistrer et à modifier, avec un appareil spécial METATRON, les ondes électro-magnétiques générées par les différentes parties du corps. Cette nouvelle médecine, dite médecine quantique, ou médecine informative, offre la possibilité de traiter la personne entière et de soulager ses symptômes. Dans le concept de biorésonance, les différentes parties du corps émettent des ondes électromagnétiques. Celles-ci présentent un spectre typique pour chaque personne, formé de parties harmonieuses (saines) et discordantes (malades).» www.biotenna.fr/bioresonance/

« BioRésonance : méthode thérapeutique anti-allergies :

La biorésonance consiste à enregistrer et à modifier, avec un appareil particulier, les ondes électromagnétiques émises par le corps. Celles-ci présentent un spectre typique pour chaque personne, formé de parties harmonieuses (saines) et discordantes (malades). Les signaux émis par le corps sont captés par des électrodes, transmis dans un appareil où ils seront modifiés et renvoyés dans le corps au moyen d’autres électrodes. Cette opération permet d’éliminer les ondes malsaines et d’activer le potentiel d’auto-guérison du corps.
Cette thérapie énergétique enrichie des  nouvelles technologies de la médecine quantique met à jour les véritables causes des maladies – souvent dissimulées. C’est une thérapie douce, sans médicament
».

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La mémoire cellulaire

Au pays des merveilles

de la mémoire cellulaire

et de la reprogrammation cellulaire 
 

Un tour rapide du sujet

Cette théorie proposée et développée essentiellement avec la grande facilité que l’on connaît sur les nombreux sites consultables sur internet, est également présente régulièrement dans les médias, la presse féminine, ou même les émissions TV aux heures dites de grande écoute.

Elle s’est propagée par des conférences, le bouche à oreille, sans oublier les vidéos en grand nombre, à l’aide de divers ouvrages sur ces sujets, non seulement vantés par des sites commerciaux connus, mais bien en vue sur les rayons des librairies, des points presse et livres des centres commerciaux, multiples grandes enseignes culturelles, sous format de poche ou en collection économique. Il est donc devenu très facile de partir à la rencontre de la mémoire cellulaire.

Il est aisé de se procurer ces ouvrages aux titres prometteurs,

  • de la méthode pratique de libération des mémoires cellulaires,
  • en passant par des promesses de libération quantique
  • ou encore par la perspective enivrante d’une descente dans le Corps…

le voyage s’annonce particulièrement tentant !

Toute une littérature biographique a participé également à rendre ce sujet populaire avec les greffes de tissus et d’organes, sujet relayé par les médias et certaines personnalités:

Charlotte Valandrey, un cœur pour deux :

http://www.leparisien.fr/societe/charlotte-valandrey-un-coeur-pour-deux-16-09-2011-1610238.php

« Elle se livre encore une fois dans son dernier ouvrage, qui est sorti hier, « De coeur inconnu », et fait part de son incroyable expérience. La comédienne, séropositive, subit une greffe du coeur en 2003. Deux ans plus tard, elle se découvre de nouveaux goûts, comme le baba au rhum, ou éprouve une sensation de « déjà-vu » dans des lieux où elle n’est jamais allée… »

Examiner globalement les définitions

Citation de l’Ecole de mémoire cellulaire :

« Votre corps garde en lui les mémoires enfouies de vos souffrances d’enfant, de fœtus, celles de vos parents et ancêtres. Ces mémoires se font douleur en se réveillant au fil des évènements de la vie. Elles sont la cause des schémas répétitifs qui jalonnent notre existence. La Mémoire Cellulaire permet de trouver et éprouver ce qui est inscrit dans le corps afin de libérer ces souffrances. »

Que recouvre exactement le terme « mémoire cellulaire » selon les propagateurs de cette discipline ?

LES OBJECTIFS ESSENTIELS DE LA MEMOIRE CELLULAIRE

SONT AMBITIEUX :

LE NETTOYAGE DES MÉMOIRES NÉFASTES

ET LA RE-PROGRAMMATION CELLULAIRE .

Mise en garde sur la confusion des termes employés :

entre des termes identiques,

– ceux recouvrant une réalité scientifique avérée, documentée, sérieuse,

– et ceux employés de façon abusive, alternative et surtout pseudo scientifique.

attention à la confusion des genres.

L’étude de la mémoire des cellules a une réalité scientifique, de même que la programmation cellulaire.

Mais la vigilance, l’appel au raisonnement et aux connaissances s’imposent

Il ne s’agit pas de prendre ces allégations pour argent comptant — c’est le cas de le dire —, car le coût des formations, stages, conférences, et des prestations des praticiens est souvent élevé…

Que disent la science, les sceptiques, et la médecine ?

  1. Une pincée salutaire de science…

☀︎ Mémoire cellulaire : demandez le programme !

site de l’AFIS – SCIENCE … & pseudo-sciences

Rubrique réalisée par Sébastien Point – SPS n°317, juillet 2016 (suivie d’une liste d’une vingtaine d’adresses Internet à consulter)

www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2717

 

☀︎ Aller plus loin :

Les Transversales du CNRS, une synthèse sur la notion de mémoire, familiale, informatique, collective, objet d’étude de la biologie et ses mécanismes :

http://www.cnrs.fr/cw/fr/pres/compress/memoire/synthese.htm

(si vous avez un problème d’affichage des accents, mettre l’encodage en Occidental ISO Latin 1)

 

  1. Garder l’esprit critique et sceptique

☀︎ Avec les Sceptiques du Québec

« Il est inimaginable de penser qu’on puisse transmettre l’expérience de la vie par la transplantation d’organes. » Dr. John Schroeder, Centre médical Stanford

http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/cellular.html

« Théorie selon laquelle les cellules du corps humain renferment des traces de nos personnalités, nos goûts et notre passé, indépendamment du code génétique ou des cellules cérébrales. Cette idée absurde vient peut-être de La Dianétique de L. Ron Hubbard. L’ancien auteur de science-fiction y propose la mémoire cellulaire comme explication au fonctionnement des engrammes. »

☀︎ Article de blog : La mémoire cellulaire dans la jungle des pseudo-sciences

http://nicobetrencourt.blogspot.fr/2014/06/la-memoire-cellulaire-dans-la-jungle.html

☀︎ Site de la MIVILUDES : Les dérives sectaires dans le domaine de la santé

www.derives-sectes.gouv.fr

guide 2011, rapports 2013, 2013-2014…

 

 

  1. La médecine

Les médecins ne croient pas à la mémoire cellulaire…

« Un organe greffé peut-il faire passer dans le corps du receveur les souvenirs du donneur, ses goûts ou des aspects de sa personnalité? Aux Etats-Unis, et aussi depuis peu en France, cette théorie de la « mémoire cellulaire » a de plus en plus d’adeptes parmi les férus de thérapies parallèles. Mais cette théorie n’a aucun fondement scientifique et les « vrais » médecins n’y croient pas un instant. »

http://www.leparisien.fr/societe/les-medecins-ne-croient-pas-a-la-memoire-cellulaire-16-09-2011-1610236.php

Une escroquerie ?

La théorie de la « mémoire de nos cellules » relève en effet davantage de l’abus et de l’escroquerie intellectuelle.

Manipulation psychologisante, elle repose sur

  • l’astrologie,
  • les croyances et pensées magiques,
  • la superstition,
  • les sensations,
  • le toucher superficiel,
  • et sur des mécanismes psychologiques dépassés.

Elle est voisine de la psycho-généalogie et de la kinésiologie,

emprunte à la sagesse orientale ou indienne des croyances en la réincarnation,

s’inspire de la scientologie et de l’anthroposophie.

Aucune étude scientifique n’a prouvé la validité de ses théories et de ses résultats

qui s’expliquent par des effets placebo et psychologiques.

La Scientologie la reprend avec la notion d’engramme.

La thérapie est également proche des démarches régressives

déjà connues comme le ‘rebirth’ :

« technique de respiration amplifiée, consciente et dirigée permettant de s’abandonner à soi-même pour libérer des émotions enfouies sans intervention du mental. Méthode qui induit une hyperventilation conduisant parfois à un état de transe dont la profondeur diffère selon les individus. »

 

Elle a pour but d’enlever un trauma psychologique réel, vécu personnel,

ou même monté de toutes pièces par de faux souvenirs induits.

La guérison par soi-même et à l’aide de praticiens ou de thérapeutes

ayant suivi des sessions dans des écoles non officielles promet :

  • Une réparation des traumatismes
  • Un renouvellement des cellules
  • Une régénération
  • Un bien-être psychologique retrouvé
  • Une avancée, voire une supériorité spirituelle…

Les principaux dangers sont les suivants

  • Elle attire les personnes en situation de faiblesse, de désarroi psychologique, de stress, fragiles ou atteintes de maladie grave, qui sont en recherche de solutions à leur souffrance ou leur mal-être, et qui ne trouvent pas une écoute appropriée à leurs besoins en milieu médical, familial ou social.
  • Elle favorise et accentue la culpabilité par ses aspects psychologisants.
  • Elle délivre en réalité des réponses stéréotypées et généralistes qui n’apportent qu’un soulagement passager.
  • Elle rejette la science officielle considérée comme rigide et inappropriée, réticente aux méthodes alternatives, vécue comme sourde à la souffrance des patients.
  • Ce qui devient dramatique dans les cas de cancer, à cause du refus de soigner cette maladie par la médecine classique, par les chimiothérapies ou radiothérapies.

Puisse ce petit e-book vous permettre d’apprécier la vérité de la chose … !

P. Dominique Auzenet et une équipe.

 

Un e-book au format PDF

ou au format pour tablettes et smartphones  EPUB et MOBI

Obéissance et liberté dans la vie religieuse

PARMI LES TROIS VŒUX QUE PRONONCENT LES RELIGIEUX, CELUI D’OBÉISSANCE EST LE PLUS DÉLICAT. S’IL EST MAL COMPRIS, IL EST SUSCEPTIBLE DE CONDUIRE À DES DÉRIVES.

D’où vient l’appel à l’obéissance ?

Lorsqu’ils s’engagent dans une communauté, les religieux prononcent un vœu d’obéissance, souvent décrit comme le plus délicat. De fait, l’obéissance dans la vie religieuse est bien plus radicale que celle requise dans une entreprise ou l’armée. Sa raison d’être n’est pas qu’organisationnelle, au service du bien commun, mais avant tout théologique. Elle s’enracine dans l’idéal chrétien de l’amour de Dieu et des autres : faire la volonté de Dieu en imitant l’humilité du Christ, lui-même décrit comme s’étant fait « obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur une croix » (Philippiens 2,8).

Obéissant, c’est-à-dire, étymologiquement, celui qui écoute. Dans la cathédrale du Puy-en-Velay, la chapelle du Saint-Crucifix présente un Christ du XVe siècle avec de grandes oreilles, symbole de celui qui a écouté parfaitement la volonté de son Père. « L’obéissance est avant tout une attitude filiale (…), une écoute imprégnée de la confiance qui rend le fils accueillant à la volonté du père, assuré qu’elle sera pour son bien », rappelle l’instruction romaine de 2008 sur

« Le service de l’autorité et l’obéissance ». Ainsi, poursuit-elle, « l’obéissance à Dieu est chemin de croissance et donc de la liberté de la personne, parce qu’elle consent à accueillir un projet ou une volonté différente de la sienne qui non seulement n’humilie pas ou n’abaisse pas, mais fonde la dignité humaine ».

Si l’obéissance comme écoute de la Parole de Dieu est capitale pour tout chrétien, la vie religieuse lui donne une autre radicalité car le religieux renonce à sa volonté égoïste et se remet dans les mains de supérieurs. L’obéissance religieuse est alors vécue comme un acte de foi : le religieux croit que Dieu lui communique sa volonté dans le cadre de sa mission par l’intermédiaire des supérieurs et l’associe par là à sa volonté de salut. Ce que formalise le droit canonique : « Le conseil évangélique d’obéissance, assumé en esprit de foi et d’amour à la suite du Christ obéissant jusqu’à la mort, oblige à la soumission de la volonté aux supérieurs légitimes qui tiennent la place de Dieu, lorsqu’ils commandent suivant leurs propres constitutions » (canon 601).

Quelles en sont les limites ?

Si le propos est radical, l’histoire de l’Église – et récemment les dérives sectaires de certaines communautés – rappelle toutefois que le risque d’abus de l’obéissance est bien réel et qu’elle doit toujours être encadrée. « C’est un équilibre très fragile qui demande de la prudence », relève le dominicain Henry Donneaud, professeur de théologie à Toulouse, qui fut commissaire pontifical pour la communauté des Béatitudes (1).

Première limite du côté de celui qui obéit : il reste toujours éminemment libre. « L’obéissance est un acte de foi mais elle n’est jamais irrationnelle. La liberté reste souveraine. On ne peut obéir quepar choix, sinon ce n’est plus de l’amour », souligne Frère Oliveto, maître des novices à l’abbaye olivétaine de Maylis (Landes). C’est même la condition d’une vraie obéissance : pour être capable d’obéir, il faut être capable de désobéir. Faisant le lien entre « obéir » et « écouter, pour ensuite répondre », le dominicain Yves Bériault (2) rappelle que le mot « responsabilité » veut aussi dire « donner une réponse » et qu’en ce sens, « obéissance et responsabilité » sont « indissociables » dans la vie religieuse : « L’obéissance implique donc une attitude très active et très dynamique qui fait appel à toute la personne », et notamment « à l’adulte en nous ».

Elle n’est jamais obéissance aveugle : le consacré ne doit jamais démissionner de son intelligence et de sa volonté, mais garder sa capacité de juger de ce que lui demande son supérieur, ne serait-ce que pour entrer plus librement dans ce qui lui est demandé. Sachant que le précepte posé par le supérieur ne peut jamais porter que sur un sujet extérieur, précise le

P. Donneaud : « Il peut me commander de faire cela, mais pas de penser que cela est bon. » Sachant aussi que le supérieur ne peut jamais demander un acte mauvais. « Si un religieux commettait un péché sur ordre de son supérieur, sa responsabilité ne serait pas dédouanée au motif qu’il a obéi », poursuit le dominicain. Saint Thomas d’Aquin parle en ce cas d’« obéissance indiscrète » c’est-à-dire non discernée, non réfléchie.

Et du côté du supérieur ?

Même si le religieux juge que les motivations de son supérieur ou le contenu même de ce qu’il demande ne paraissent pas les meilleurs, à partir du moment où ce qui est demandé n’est pas un mal, il est invité à obéir et à croire qu’ainsi il fait la volonté de Dieu. C’est toute la spécificité de l’obéissance religieuse… « À condition, précise le P. Donneaud, que je sois la seule ”victime”. Car si toute une communauté subit les conséquences négatives d’une autorité abusive, alors il y a dysfonctionnement et j’ai le devoir d’alerter les autorités de l’Église. »

L’autorité du supérieur est toujours subordonnée au bien commun, au service du bien des frères et sœurs. S’il la tient de Dieu, il n’est pas Dieu sur terre : « Ses paroles ne sont pas les paroles du Christ, ses ordres non plus. Ils restent le fruit d’un discernement et d’une délibération humaine, quelles que soient par ailleurs les aides divines dont il a pu bénéficier, rappelle le P. Donneaud. Il n’est pas infaillible et peut se tromper. Il ne faut donc jamais démissionner de sa capacité de juger, mais obéir jusqu’à preuve du contraire. »

Dans le cas de dérives intervient aussi le paramètre des « conditionnements psychologiques et moraux (…), ces derniers cas découlant facilement d’une emprise mentale exercée plus ou moins consciemment par le supérieur ». Il relève de la responsabilité du supérieur de veiller à enseigner la liberté, « au lieu d’enfermer dans une pseudo-obéissance qui est dressage, manipulation ». Cela suppose également une vigilance des autorités de l’Église et une formation rigoureuse des religieux à la juste obéissance, et au droit canonique qui l’encadre.

(1) Il s’est exprimé en juin lors d’un séminaire sur « Liberté et obéissance dans la vie religieuse » faisant intervenir à Paris responsables religieux, magistrats, lanceurs d’alerte…

(2) Article « Obéir à Dieu, à soi-même et au monde », dans La Vie des communautés religieuses, mars-avril 2004.

Céline HOYEAU, La Croix – samedi 28 janvier 2017

Calme et attentif comme une grenouille

Calme et attentif… comme une grenouille ?

Curieuse promesse ! Et tellement séduisante pour des parents ou des enseignants débordés par les enfants qu’ils côtoient ! Si seulement il existait une méthode miracle pour les faire tenir en place, les rendre attentifs, leur permettre de se concentrer et d’apprendre !!!

Cette promesse est le nom d’un succès de librairie, vendu très cher (25 € pour une centaine de pages imprimées très gros avec des grandes marges tout autour + un CD), à grand renfort d’outils marketing et de relais média. On nous vante déjà 100 000 parents et enseignants conquis !

La préface est signée par l’incontournable Christophe André qui se fend d’une anecdote sur son enfance et nous annonce tout de go que les enfants sont naturellement prédisposés à la « pleine conscience ».

Il nous affirme même que la pleine conscience peut aider nos enfants à « acquérir plus d’humanité », rien de moins ! À le lire, hors de la pleine conscience, point de salut !

Allons voir de plus près cette proposition de « pleine conscience » pour enfant.

Faire du neuf avec de l’ancien

Tout d’abord, les enfants, comme les adultes, ne sont pas tant disposés à la « pleine conscience » qu’à une présence dans l’instant, en ayant conscience des perceptions de leur corps et reliés à ce qui les entoure par les 5 sens.

La méthode Vittoz (du nom de son concepteur Roger Vittoz, médecin suisse, 1863-1925) appelle cela réceptivité.

Maria Montessori (médecin italien, 1870-1952) a largement développé sa pédagogie à partir de cette aptitude commune à tous les êtres humains dès leur plus jeune âge.

La capacité d’attention d’un enfant est visible dès les premiers jours de sa vie lorsqu’il observe, saisit, hume, goûte et expérimente les nombreuses facultés de son corps.

Pour cela, il a avant tout besoin d’un environnement calme et sécurisant ainsi que d’une alternance de moments seuls et de temps d’interaction.

La méditation à la mode reprend donc à son compte des observations déjà opérées et développées avant elle en Europe et se les attribue comme si elle venait d’en faire la découverte, revendiquant une paternité bouddhiste là où il est avant tout question du potentiel de l’être humain et de son bon fonctionnement neurophysiologique.

De même, le constat que ce fonctionnement « réceptif » est peu à peu délaissé pour une attitude dans laquelle le mental devient trop prépondérant et de manière incontrôlée a été fait par le Dr Vittoz et se trouve à l’origine de la méthode qui porte son nom, et qui est proposée depuis plus de 100 ans sans interruption.

On peut s’interroger sur ce tropisme qui voudrait faire de la pleine conscience la panacée des temps moderne sans reconnaître que des éléments de bon sens s’inscrivent dans une continuité de recherche et de réflexion, initiés bien avant elle, sous nos cieux notamment !

Dès la couverture, l’ouvrage « calme et attentif comme une grenouille » oscille entre méditation de pleine conscience et conseils éducatifs. Or, ce sont deux registres différents. On peut être un éducateur ou un parent tout à fait satisfaisant sans pratiquer la méditation de pleine conscience, heureusement !

Quelle enfance pour nos enfants ?

Un certain nombre d’adultes, aujourd’hui, semblent en difficulté avec les enfants qui les entourent. Ils se plaignent de leur excitation, leur énervement, leur difficulté à se poser, à se concentrer, à fixer leur attention, leur besoin continuel d’être en mouvement et, pour certains enfants et adolescents, des problèmes scolaires et relationnels dus à un manque de maîtrise de soi.

Nous pouvons constater également que de nombreux enfants de notre époque sont sur-investis et hyper-sollicités, souvent dès la naissance. Ils sont l’objet de toutes les attentes. Ils doivent être parfaitement heureux, éduqués voire formatés et ils ont pour mission de réussir dans la vie, valorisant au passage leurs parents.

Les parents eux-mêmes sont fréquemment stressés, survoltés, éparpillés entre mille préoccupations et soumis au même diktat de la réussite.

On peut supposer que les pressions exercées sur les parents par la société et l’air du temps viennent impacter directement la vie des enfants. Un développement sociologique et philosophique de ces questions donnerait un éclairage supplémentaire sur le succès des propositions de pleine conscience pour les enfants mais serait trop long à exposer ici.

Au plan concret et pratique, l’enfant contemporain est bien souvent l’otage consentant de la déesse télévision et de sa cour d’écrans grands et petits. Les adultes confondent parfois le calme et la concentration avec cet état de sidération passive, quasi hypnotique, provoquée par le flux d’images sur des enfants immobiles et généralement laissés seuls.

Or, sidération et concentration sont bien différentes. Pour la première, le sujet conscient et incarné a disparu; alors qu’avec la deuxième il est au centre de l’activité.

Un enfant longtemps affalé devant un écran a ensuite une grande difficulté à se contenir, à revenir à lui, à sa corporalité, son environnement. Il s’énerve, saute, gesticule et vient solliciter son entourage de façon démesurée comme pour s’y confronter après l’avoir perdu de vue.

C’est là, en général, que l’adulte rêve à cet enfant irréel qui serait au long cours « calme et attentif » voire docile.

Le succès de cette proposition de pleine conscience pour les enfants parle de la société dans laquelle nous sommes : captivés par les écrans derrière lesquels nous sommes assis plusieurs heures par jour, fascinés par le virtuel, il nous faut ensuite payer des personnes ou des livres qui nous invitent à revenir au concret, au réel.

Faisant cela, nous cherchons à appliquer un remède sans parer aux causes et nous risquons de nous exonérer d’une question fondamentale en termes de choix de vie concrets comme adultes et comme parents. Nous y reviendrons en guise de conclusion.

Du bon sens

Le livre d’Eline Snel enfonce quelques portes ouvertes et redonne quelques éléments de bon sens : être présent aux goûts des aliments, aux sensations tactiles, à la sensation de fatigue ou de repos, nommer ce que l’on ressent… Tout cela n’est pas très savant et passe naturellement dans une relation simple entre l’enfant et l’adulte, qu’il soit parent, grand-parent, enseignant… pour peu qu’on lui consacre suffisamment de temps et d’attention justement !

Ne nous privons donc pas de vivre ces moments d’échanges qui exercent chez nous aussi la capacité à être présents à nous-mêmes, à l’autre, au monde. Loin des formules ronflantes et des phénomènes de mode, nous sommes invités à redécouvrir les choses toutes simples de la vie quotidienne. Il n’y a nul besoin de rebaptiser cette attitude « méditation » ou « pleine conscience ». La présence ici et maintenant suffit amplement.

Sur la forme, le livre comporte 10 chapitres abordant des thèmes qui se recoupent, sans progression logique, ni dynamique. Le sujet est comme éclaté en plusieurs thématiques au détriment d’une réflexion de fond.

Nous passons de propos généraux suivis d’exemples (trop) simples à des « conseils et recommandations » suivis de « trucs pour la maison ».

Bref, on vous dit comment être parents à l’aune d’un nouveau dogme.

Visualisations ou rapport ajusté à la réalité ?

Curieusement, le projet d’accueil de la réalité cède très vite du terrain à une technique bien différente : la visualisation.

De nombreuses images dont proposées par l’adulte avec force détails :

–     La grenouille devient modèle de calme et d’attention. Par exemple, nous apprenons que la grenouille ne se laisse pas entraîner par toutes sortes d’idées qui lui passent par la tête. Curieux anthropomorphisme !

–     La détente du corps est comparée à la consistance du spaghetti dur qui devient spaghetti cuit… quid de la tonicité qui nous fait tenir debout dans la détente ? D’ailleurs, ai-je envie de devenir comme un spaghetti cuit ???

–     Un arbre et des pigeons blancs permettent de réaliser les souhaits.

C’est regrettable que l’image soit donnée de l’extérieur, elle s’impose au sujet qui aurait pu en choisir une autre justement en lien avec ce qu’il expérimente ou ne pas en choisir pour rester dans la sensation vécue.

Une image ne devient symbolique et parlante que dans la mesure où elle vient de la personne et non de l’induction du thérapeute, du livre ou du CD.

Les visualisations sont donc inutiles voire elles appauvrissent l’expérience. Notons au passage que la visualisation est une technique très utilisée en sophrologie pour induire un état ou un sentiment. Ce n’est plus l’accueil de la réalité mais une suggestion mentale.

L’enjeu est celui de ma liberté d’être comme je me sens, comme je suis, et non comme l’autre voudrait que je sois. En termes d’éducation, ce choix est central, surtout lorsque nous considérons que les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain.

L’éducation positive façon guimauve et le mythe du parent-thérapeute tout-puissant

Ce livre a quelque chose de lénifiant, il est rempli de bons sentiments, dégouline de gentillesse, les problèmes se résolvent à coups d’empathie, de bienveillance et de visualisation.

Par exemple, page 129, l’enfant visualise un « arbre à souhaits » avec des pigeons blancs sur les branches :

 « prends maintenant le temps de penser à un souhait, un souhait qui vient du cœur. […] Une fois que tu sais bien ce que tu souhaites, tu appelles doucement un pigeon. Tu le laisses venir se poser sur ta main près de ton cœur. De ton cœur, tu fais savoir ton souhait au pigeon. Il va comprendre. Tu donnes le souhait au pigeon et tu le laisses s’envoler. Tu le vois s’envoler. […] Aie confiance. Laisse aller le souhait et toutes les images qui s’y rapportent. »

 Dans le livre, suit un exemple d’un enfant harcelé à l’école, faisant l’exercice de l’arbre à souhaits avec sa maman, laquelle résout le problème de harcèlement séance tenante. Nous naviguons ainsi entre la méthode Coué et la pensée magique.

C’est de la thérapie éducation guimauve : c’est mou, sucré, peu consistant…

On retrouve là le courant de la « parentalité bienveillante » et de « l’éducation positive » qui prétendent transformer la vie de famille en un cocon douillet et gratifiant. C’est une des utopies du moment. Le mot bienveillant est mis à toutes les sauces.

Or, de tout temps, l’éducation est un subtil équilibre de frustration et de gratification, à la maison comme à l’école. C’est une des conditions pour avoir des adultes qui tiennent debout.

Que penser du « parent-thérapeute » présenté dans le livre, un adulte quasiment parfait, maître de lui et rompu aux techniques de développement personnel ? Cet adulte a la solution en toutes circonstances. N’y a-t-il pas un mythe de toute-puissance dans cette présentation, là où l’expérience des adultes est parfois de l’ordre de l’impuissance à contenir les enfants ?

Or, gageons que l’équilibre se trouve entre ces deux extrêmes.

Ce livre fait la promesse de l’enfant parfait du parent parfait, binôme promis à la fusion puisque ni l’un ni l’autre auront de motifs de se quitter ! C’est oublier qu’une saine confrontation permet de s’affirmer, de se construire comme sujet et le moment venu de devenir indépendant. C’est aussi ignorer le caractère nécessairement imparfait de nos actions, même avec les meilleures intentions.

L’autosatisfaction de l’auteure est agaçante, de nombreux exemples semblent tirés de sa vie de maman où elle sait trouver la bonne solution et s’en sert pour édifier les autres. La page de remerciements vaut le détour :

« Je remercie mon mari Henk et nos enfants, Hans, Anne Marlijn, Koen et Rik, pour leur profonde aspiration à s’aimer mutuellement et à aimer les autres, à les accepter, à les consoler et à les stimuler en toute occasion. »

C’est le monde des Bisounours, la famille formidable !

Être gentil, c’est agréable !

L’ensemble du livre est très moralisateur car on nous parle d’exercices de gentillesse, un chapitre s’intitule « être gentil, c’est agréable ! » et explique les exercices à pratiquer pour devenir gentil.

Or, sommes-nous encore dans la perception de la réalité ou dans le vœu pieux d’une morale laïque détachée de la source de la Charité qu’elle prétend pourtant infuser par des techniques ?

De plus, cette histoire de gentillesse est un peu retorse car, au fond, la raison principale pour être gentil résiderait dans le bien-être que cela me procure.

L’injonction « sois gentil (le) ! » ne date pas d’hier et de nombreux adultes abordent en psychothérapie cette demande insistante qui leur a été faite lorsqu’ils étaient enfants afin de la remettre à une place plus adaptée. N’oublions pas que « sois gentil » est aussi parfois une façon pour l’adulte de dire « fiche-moi la paix ! ».

Or, un enfant qui vient solliciter l’attention de ses parents continuera tant qu’il n’a pas été entendu.

S’il est préoccupé ou en souffrance, il n’a nul intérêt à entrer dans un programme de gentillesse sur commande.

Pour éduquer, c’est-à-dire « conduire vers l’extérieur », il me semble qu’il est plus juste de chercher à éduquer la conscience morale d’un enfant plutôt que de lui faire faire des exercices de gentillesse. Nous retrouvons à nouveau la question de la liberté personnelle.

Exercices ou attitude ?

Le CD qui accompagne le livre propose une mise en œuvre des exercices expliqués dans l’ouvrage. On voit là une des grandes différences entre l’approche de la méditation de pleine conscience et celle des propositions de Maria Montessori ou Roger Vittoz, par exemple. Pour la pleine conscience, il faut prendre un temps et se mettre à l’écart afin de méditer ou vivre une expérience d’attention. L’attention est donc limitée dans l’espace et dans le temps, c’est un moment à part dans la journée.

Pour Montessori ou Vittoz, il s’agit plutôt d’être attentif, présent, tout au long de la journée, quelles que soient les activités en cours. La Méthode Vittoz, par exemple, propose des exercices dans un premier temps afin de retrouver des facultés laissées de côté, mais le projet est toujours d’expérimenter l’état de présence à soi et au monde de manière habituelle, en toutes circonstances dans le concret de la vie. L’attention n’est pas une parenthèse de type relaxation mais une attitude au long cours, une façon d’être.

Soyons assurés que notre présence comme adulte en lien avec notre ou nos enfants donnera un bien meilleur « résultat » qu’un CD qui ne permet pas d’interaction et raconte à chaque fois la même chose de la même manière. L’enfant comme l’adulte a besoin d’être en relation et non pas alimenté par média interposé. Le media ne nourrit pas l’affectivité et le psychisme, la présence si !

Que garder de ce livre ?

Tout d’abord, abandonnons bien vite le mythe de la famille merveilleuse et des parents formidables. Cela fait vendre mais cette promesse intenable nous fait finalement beaucoup de tort en fixant un objectif irréaliste.

Aimons nos familles très imparfaites et nos enfants tels qu’ils sont ! Prenons du recul par rapport aux témoignages mirifiques, acceptons les conflits et les frustrations.

Faut-il pour autant renoncer à aider les enfants qui en ont besoin ? Non, bien sûr !

Tout d’abord, cherchons ce qui nous aide nous, comme adultes, à nous sentir plus calme. Interrogeons-nous sur la façon dont nous sommes attentifs ou non.

Quelle est notre gestion du bruit, du mouvement, de notre agenda ? L’hyperactivité de notre enfant dit-elle quelque chose de notre façon de vivre ? Il ne s’agit pas de nous culpabiliser mais de faire des liens éventuels.

Pour une bonne partie, la solution aux difficultés d’attention et de concentration ne vient pas de l’extérieur : livre, consultation, séances de groupe… Il est possible et plus utile d’agir chez soi, dans le quotidien.

Voici quelques idées.

Une seule chose à la fois

Nous pouvons aider les enfants à être ancrés dans le réel en étant nous-mêmes dans cette attitude. Nos enfants apprennent beaucoup plus par imitation des attitudes que par des exercices que nous leur ferions faire.

Par exemple, si je donne la main à l’enfant que je vais chercher à l’école tout en discutant au téléphone avec une amie, où suis-je ? À qui suis-je vraiment attentive ?

Nos enfants ont besoin de nous sentir présents à 100 %, ici et maintenant, pour être capables eux aussi d’être là.

Un petit peut apprendre très vite à être là sans être là. Par la suite l’enseignant le trouvera rêveur, étourdi, pas concentré, ou tapageur et provocateur pour qu’on s’intéresse enfin à lui !

Nous nous vantons parfois de savoir faire plusieurs choses à la fois… c’est pourtant une très mauvaise idée !

Le cerveau fait beaucoup mieux une seule chose à la fois : cela permet justement de développer l’attention, la concentration, la mémoire, ainsi que la justesse et l’exactitude de l’acte réalisé (cf. la notion de l’acte conscient développé dans la Méthode Vittoz).

Pour nous prémunir des approximations, du surmenage et pour aider nos enfants, nous pourrions réapprendre à faire les tâches une par une. Faites l’expérience pour constater que c’est moins fatigant, plus précis et plus efficace !

Pour les plus jeunes, il est utile de ne donner qu’une consigne à la fois, en respectant le rythme de l’enfant, rythme qui peut ne pas être le nôtre… ainsi l’attention de l’enfant n’est pas éclatée entre plusieurs demandes, il peut l’appliquer à l’action en cours avant de passer à la suivante.

Que faisons-nous de nos états d’âme, émotions, ressentis ?

En avons-nous conscience, savons-nous les exprimer de façon juste ? Là aussi, l’enfant apprend par imitation.

Nous pouvons prendre quelques instants pour accueillir ce que nous ressentons : agacement, colère, tristesse, paix intérieure, amusement… Il ne s’agit pas d’une longue introspection suivie d’une analyse, simplement d’une prise de conscience, souple et rapide, de ce qui nous habite.

Certains ressentis sont à partager, d’autres à garder pour soi. En prenant conscience de notre état émotionnel, nous permettons à nos enfants de le faire à leur tour de manière simple et spontanée.

Dire du bien de notre enfant en sa présence

N’oublions pas de dire du bien de notre enfant en sa présence, et même en tête à tête dans le cas d’une fratrie. Là aussi, le plus simple est le mieux. Un petit mot glissé de temps en temps pour leur dire qu’ils ont de la valeur, qu’ils possèdent des qualités que nous apprécions, sans comparaison ni bémol, cela construit et apaise.

L’important est que nous soyons dans une attitude vraie et non dans l’application d’une technique en vue d’un résultat.

Quand faut-il consulter un professionnel ? Cette question est à estimer au cas par cas. Un des critères à prendre en compte est la souffrance éprouvée. Étymologiquement, le « patient » est celui qui souffre.

Un enfant ou un parent en souffrance ne doit pas hésiter à chercher de l’aide à l’extérieur, pour un temps. Il pourra déposer en lieu sûr ce qui a besoin d’être écouté, formulé, travaillé.

Parfois, c’est le travail psychothérapeutique du parent qui aide le mieux l’enfant.

D’autres fois, il est bénéfique que l’enfant ait lui aussi un lieu extérieur pour exprimer ses difficultés.

Lorsque le quotidien est trop douloureux (conflits, maladie, etc.), un enfant peut chercher à s’en échapper. Il utilise alors la rêverie, l’inattention, comme une forme de défense entre lui et une réalité trop difficile à appréhender. L’aide d’un professionnel bien formé a alors toute sa place pour lui permettre d’affronter le concret de sa vie et les souffrances qu’il rencontre.

En conclusion

En conclusion, ce livre est un mélange

  • de bon sens,
  • de données issues de la psychologie positive,
  • de conseils assez simples,
  • avec une dose non négligeable de formules creuses,
  • de visualisations
  • et d’auto célébration de son auteure…

Ce n’est pas indispensable de le lire mais si vous l’avez entre les mains abordez-le avec une distance critique en faisant le tri entre ce qui vous parle et vous aide et en laissant de côté les recettes et les artifices du marketing.

Dans tous les cas, la clé du calme et de l’attention n’est pas dans la méditation de pleine conscience mais bien plutôt dans la capacité à nous rendre présents très concrètement à nous, aux autres, à notre environnement et cela nous savons tous le faire, il suffit d’essayer !

A. L., avec une équipe.

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