Eurythmie ? Rythmique ésotérique ?

Une vidéo humoristique du Gemppi

Peut-on communiquer avec des êtres magiques grâce à un langage mystique ? Peut-on leur demander d’utiliser leurs pouvoirs pour changer la matière ? Peut-on leur demander de changer le goût des pommes, voire même de soigner ?

C’est ce que propose l’eurythmie, alors testons si ce langage dansé peut nous donner les pouvoirs d’un X-Men.

Méfions-nous, derrière des propositions attirantes, flatteuses ou miraculeuses, peut se dissimuler un mouvement générant des dérives sectaires.

Qu’est-ce que l’eurythmie ?

D. Auzenet

L’eurythmie (du Grec ancien « bon rythme ») est une forme d’art créée par Rudolf Steiner et sa femme Marie von Sivers.

L’eurythmie est une expression artistique dans laquelle la musique et les paroles sont exprimées par les mouvements spécifiques du corps qui correspondent à des notes, à des accords. On l’a également appelée « discours visible » ou « chant visible ».

D’après Rudolf Steiner, mouvement, parole et chant n’étaient par le passé qu’une seule activité. Les prêtresses dansaient dans les temples pour honorer les dieux. Le chant et la musique y étaient associés. Ces arts se sont ensuite individualisés. L’eurythmie serait donc un chemin moderne où le mouvement du corps serait à nouveau expression objective du chant, de la parole, de la musique.

L’eurythmie fait partie intégrante du programme de toutes les écoles Steiner-Waldorf dans le monde. Les enfants entrent naturellement dans les rythmes et les exercices simples qui les aident à harmoniser leur corps et leurs forces vitales. Plus tard, les élèves plus âgés élaborent des représentations eurythmiques à partir de poèmes, de pièces de théâtre ou de morceaux de musique, gagnant ainsi une perception plus fine des œuvres en étudiant par exemple les différentes tonalités d´une œuvre musicale. L’eurythmie améliore la coordination et renforce la capacité à écouter.

Selon Rudolf Steiner, faire de l’eurythmie permet de préparer son corps à recevoir les mouvements du monde spirituel, la regarder permet d’intensifier le corps astral et le « Moi ». « L’eurythmie fortifie l’âme en la faisant pénétrer vivante dans le suprasensible ».

Cette discipline a pris plusieurs formes  : l’eurythmie pédagogique, l’eurythmie de scène et l’eurythmie thérapeutique.

Art social par excellence, il permettrait de se relier en conscience avec le groupe ainsi qu’avec l’espace. L’utilisation de cannes en cuivre permet de travailler concrètement ce lien avec l’autre ainsi qu’avec soi-même.

L’eurythmie en France est enseignée sur un cycle de 4 ans d’étude à l’institut de formation Eurythmée (Chatou) et permet, notamment, d’enseigner cet art dans les écoles Waldorf.

Pour lire ces articles, se munir de chaussons souples et d’une tenue confortable :

G. Perra : L’Eurythmie dans les écoles Steiner-Waldorf : de l’Anthroposophie à visage presque découvert !

D’autres articles de Grégoire Perra sur ses blogs

Naturopathie : un regard critique

Sur le blog lepharmacien.fr le docteur en Pharmacie et journaliste santé Alexandra Chopard présente Sohan Tricoire : « Une ex-naturopathe prend la parole pour expliquer ce que recouvre cette discipline et pourquoi elle a renoncé à la pratiquer« .

Devenue diététicienne, Sohan Tricoire a exercé en tant que naturopathe. A présent, elle passe au crible de la science tous les enseignements qu’elle a reçus lors de sa formation initiale mais aussi les idées promues sur la Toile par de nombreux « praticiens en thérapies alternatives ». Une excellente initiative permettant de pointer les dérives et le charlatanisme de certaines personnes peu scrupuleuses.

À l’occasion des Rencontres de l’esprit critique de Toulouse en avril 2022, Sohan Tricoire a donné une conférence intitulée « Regard critique sur la naturopathie ».

Pour comprendre ce qui pose problème avec la naturopathie, l’experte décrypte notamment les disciplines la composant, allant de l’iridologie aux techniques énergétiques, de l’hydrologie à la radiesthésie. Elle détaille ce que sont le vitalisme ou encore l’hygiénisme, deux des piliers de cette pratique et précise leurs limites. Elle revient aussi sur les raisons qui expliquent pourquoi il est si difficile de convaincre une personne adhérant à ce type de prise en charge des dangers qu’elle encourt.

Sur son site internet, la « naturopathe repentie » (telle qu’elle se décrit elle-même) propose également de nombreux articles sourcés permettant de creuser les sujets tels que l’alimentation végétale ou les vaccins. Une rubrique « revue de lectures » regroupant des critiques d’ouvrages santé est également mise à jour régulièrement.

Sur le blog Cortecs, on trouve en ligne une série de douze articles.

« Cette série d’articles a été rédigée avec la volonté de porter un regard détaillé et critique sur la discipline. Critiquer la naturopathie, en effet, mais je précise qu’il n’est pour autant pas question ici de remettre en cause les intentions louables des naturopathes, ni leur volonté sincère de prendre soin d’autrui. Il ne s’agit pas non plus de partir en quête d’une vérité absolue, mais d’alimenter des réflexions destinées à éviter de causer ou laisser perdurer des souffrances inutiles, de permettre à chacun.e de faire les meilleurs choix en termes de santé ».

L’écospiritualité

Bertran Chaudet, diacre permanent

Préalablement, il est important de définir ce qu’est la spiritualité qui, selon une acception récente, ne revêt pas du tout la même signification que celle retenue dans le catholicisme.

Quelle définition ?

Ainsi, quand le Dalaï-lama parle de « spiritualité laïque », André Comte-Sponville parle de « spiritualité sans Dieu » (Comte-Sponville, 2006). Cette spiritualité très peu définie est associée implicitement à une recherche d’intériorité, de connaissance de soi, de sagesse, voire de développement personnel. Indifféremment, cette perspective partisane semble aller de soi et être couramment admise. Ainsi,la spiritualité pourrait se vivre au sein d’une religion établie ou en dehors de tout contexte religieux, voire de toute foi en Dieu.

Déjà accepter cette définition inclusive met hors course, ceux qui n’y adhéreraient pas.

Pour le catholicisme, Dieu est trinitaire, Père, et Fils et Saint-Esprit. Dieu crée le monde ex nihilo, à partir de rien par sa Parole. Dieu sauve les hommes tombés dans le péché par son Fils Jésus-Christ. La vie spirituelle est générée et animée par le Saint-Esprit : à travers l’écoute de la Parole de Dieu (Bible) en Église, l’accueil des sacrements que celle-ci nous transmet, et la vie fraternelle vécue en cellules communautaires. Ainsi la vie spirituelle est infuse, elle est irriguée par les trois vertus théologales, la Foi, l’Espérance et la Charité. La notion de grâce est première, la sagesse exercée par les vertus cardinales est seconde : la prudence, la tempérance, la force et la justice. Aussi quand il est question de vie spirituelle, il est fondamental de savoir sur quelle représentation se construit notre réflexion.

La notion d’écologie a également le dos large, discipline scientifique, mouvement politique, idéologique, philosophique, néo-religieux ou engagement pratique. Il ne s’agit pas ici d’évoquer l’agriculture biologique, ou la permaculture qui ont une expertise dans leur domaine de compétence théorique et pratique établi sur des fondements objectivables.

Par contre, l’écospiritualité mélange deux catégories qui sont à distinguer. On serait surpris d’associer, chirurgie et spiritualité. La formule d’Ambroise Paré, « Je le panse, Dieu le guérit » laisse la compétence objectivable au chirurgien dans l’art du bistouri et du pansement, le mystère de la vie revenant à Dieu.

Or, l’écospiritualité fusionne deux mots formant un néologisme ; ainsi écologie et spiritualité seraient indissociables. Nous serions unis à la terre et au cosmos en une unité de vie, de destin et d’âme. L’écospiritualité se situe au-delà des dualismes, apparences illusoires, hérités de la culture judéo-chrétienne. Ainsi, l’écospiritualité dépasse les notions d’esprit et de matière, de visible et d’invisible, de masculin et de féminin, pour se connecter à l’énergie de vie. Pour cela, il s’agit de dépasser la raison qui appauvrirait et enfermerait l’être, et de développer l’intuition, la sensibilité, ouvrant à une spiritualité hors de toutes frontières.

En effet, il s’agirait de se dédouaner de la source néfaste qui serait issue de l’héritage biblique où Dieu bénit l’homme et à la femme qu’il vient de créer, et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre » (Gn 1,28).

Des écologistes y voient la permission que le couple et sa descendance bénis par Dieu sont autorisés à dominer et par conséquent à polluer la terre. C’est ainsi que, l’historien américain Lynn Townsend White Jr (1907-1987) dans un article devenu culte, paru en 1967 dans la revue Science, accusait le christianisme d’avoir contribué au saccage de la planète par son arrogance anthropocentrique.

L’hypothèse Gaïa conçoit la Terre non pas matériellement, mais comme un organisme vivant, capable de conscience, d’autorégulation intelligente où tout est interdépendant. La terre étant considérée alors comme notre mère, la déesse Gaïa. Ce concept panthéiste est né en 1969, sous la plume d’un biologiste britannique James Lovelock.

L’écologie profonde devient alors une religion gnostique qui professe un « culte de la vie », la biosphère étant une entité douée d’une conscience intrinsèque quasiment divine, plus élevée que tout être y compris l’homme. Il s’agit alors par une prise de conscience symbiotique, auto réalisée, de se fondre à cette nature divinisée.

Continuer la lecture de « L’écospiritualité »

J’ai élevé mon enfant dans une secte

Radio Télévision Suisse

Caroline a vécu les 40 premières années de sa vie au sein des Témoins de Jéhovah. Elle est née dans ce mouvement religieux ultra conservateur. Mis à part fréquenter l’école publique, elle n’avait aucun contact avec le monde extérieur. Mais avec les années qui passent Caroline prend conscience de l’emprise que l’organisation a sur elle. Il y a 3 ans, elle décide de quitter la communauté. Depuis, elle n’a plus de nouvelle de ses parents qui ont l’interdiction de prendre contact avec elle. Une situation de grande souffrance, qui est le lourd prix à payer pour gagner sa liberté !

Isabelle a vécu dans un mouvement sectaire de ses 18 à ses 35 ans. Pendant cette période, elle est devenue maman de deux petites filles qu’elle a élevé, tant bien que mal, au sein de la communauté. Les enfants des adeptes devaient être éduqués dans les valeurs de l’organisation religieuse et étaient souvent confiés à d’autres personnes que leurs parents. Ceci a été source de grande souffrance pour Isabelle, qui encore aujourd’hui regrette d’avoir imposé une telle enfance à ses filles.

Caroline et Isabelle ne se connaissent pas. Mama Forever va provoquer la rencontre !

Retrouvez tous les épisodes de la série dans la playlist:    • MAMA FOREVER !  

Jésus, un essénien ?

La vie de Jésus a toujours donné lieu à des interprétations, des réinterprétations, notamment en milieu gnostique et ésotérique. Cela fait maintenant plus de vingt siècles que cela dure, et il va sans dire que notre XXIè siècle n’est pas en reste. L’internet est utile pour se rendre compte du phénomène, et je propose de regarder la figure d’un Jésus « essénien1 ». En plus des notes, vous pourrez cliquer sur les liens hypertextes.

Ce n’est pas vraiment nouveau !

« Les Esséniens ont fasciné les universitaires et les amateurs depuis le siècle des Lumières. Frédéric le Grand affirmait que « Jésus était en réalité un Essénien; il était pénétré de l’éthique des Esséniens ». Ernest Renan, auteur de la si célèbre Vie de Jésus, au 19e siècle, proclamait que le christianisme était tout simplement une version de l’Essénisme qui avait survécu. Blavastky tomba d’accord sur le fait que « les gnostiques, ou les premiers chrétiens, n’étaient, sous un autre nom, que les continuateurs des anciens Esséniens. »Ledge, en 1915, parle des Esséniens comme des « gnostiques pré-chrétiens », et cite l’ argument, alors très courant, que « Saint Jean Baptiste était un Essénien et que Jésus lui-même appartenait à la secte ». Déjà au début du 20e siècle, G.K. Chesterton pouvait se moquer de l’idée démodée selon laquelle Jésus était  » un instructeur éthique à la façon des Esséniens qui n’avait apparemment pas grand-chose de plus à dire que Hillel ou une centaine d’autres Juifs n’auraient pu le faire; par exemple que c’était une chose douce que d’être doux et que cela aidait à la purification d’être pur ». Les Esséniens étaient déjà vieux jeu bien avant les premières découvertes à Qumran »2.

Notre XXI° siècle poursuit sur la lancée

On nous dit que l’enseignement ésotérique de Jésus serait incontournable. «  L’homme véritable est immortel… Pendant la vie, il ne fait qu’occuper son corps ; il le quitte quand il est hors d’usage, pour en prendre un autre plus tard… Il évolue vers Dieu, son principe et sa fin… Sachant cela, on ne doit se lamenter de rien. Une telle vérité, ouvertement proclamée dans les Écritures sacrées de l’Inde antique (Bhagavad-Gîtâ), la Sagesse Occidentale la maintint au contraire prudemment sous le boisseau. (…) Elle était la doctrine traditionnelle des Esséniens, admise aussi par les Pharisiens, nous dit l’historien Josèphe. De plus, les allusions nombreuses à cette même doctrine qui subsisteraient dans les Évangiles, prouveraient à l’évidence qu’elle faisait partie des enseignements que Jésus donnait en particulier à ses disciples, se refusant à en faire l’objet d’un enseignement public, en raison des dangers qu’il pouvait présenter » (Pierre d’Angkor, 2014).

Ernest Bosc dans La vie ésotérique de Jésus-Christ (2020) fait de Jésus de Nazareth, un Essénien et haut Initié de l’Ordre, possédant des connaissances approfondies sur les phénomènes de la Nature et produisant des faits absolument merveilleux pour la majorité des humains. Il se révèle ainsi au lecteur non plus sous la forme du prophète, mais sous celle du Thaumaturge et du Thérapeute tout à fait hors de pair qu’il fut…

Continuer la lecture de « Jésus, un essénien ? »