Comment définir le complotisme ?

Comment passe-t-on du doute à la croyance ? Pourquoi y a-t-il une porosité entre extrémisme et théorie du complot ?

Spécialiste des croyances et enseignant-chercheur en psychologie sociale à l’université de Fribourg (Suisse), Pascal Wagner-Egger vient de publier avec Gilles Bellevaut, Je ne suis pas complotiste, mais… (Editions 41, 2026), un décryptage de 30 théories du complot pour démêler le vrai du faux. David Medioni le reçoit pour un entretien exceptionnel.

Questions & attentes face au nouveau dispositif « Renaître » de l’Eglise en France

Alors que la mission de l’Inirr (Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation), créée en 2021 après la remise du rapport de la CIASE, s’achèvera à la fin de l’été 2026, les évêques de France ont annoncé la création d’un nouveau dispositif – nommé « Renaître » – pour écouter, accueillir et accompagner les personnes victimes de violences sexuelles lorsqu’elles étaient mineures pour des faits commis par des clercs diocésains ou des laïcs en mission ecclésiale, à compter du 1er septembre 2026.

Des personnes victimes, des associations et professionnels engagés sur le sujet, et d’anciens membres de la CIASE ont exprimé leurs inquiétudes et leurs attentes, dans une tribune publiée dans La Croix ce jeudi 2 avril 2026. Voir le Communiqué Réflexions suite à l’annonce du dispositif Renaître, du collectif Foi et résilience.

Trois questions à Mélanie Debrabant, fondatrice et présidente de l’association « Fraternité Victimes », qui accompagne depuis deux ans des personnes victimes de violences sexuelles, spirituelles et psychologiques dans un contexte religieux

Comment avez-vous réagi à l’annonce de la création du dispositif « Renaître » par les évêques de France ? En quoi ce nouveau dispositif marquerait un retour en arrière, selon vous ? Quelles sont vos attentes et vos propositions ?

La foi catholique est mise au défi des « nouvelles spiritualités »

Avec Sœur Catherine, religieuse ermite dans les Alpes. Auteur de Manuel de vigilance spirituelle – comment éviter les problèmes de l’esprit (éditions du Relié)

Hier au Grand Rex à Paris, un colloque exceptionnel portait sur « la conscience et l’invisible ». C’était le dimanche des Rameaux mais plutôt que d’écouter l’évangile de saint Matthieu, une foule de quelque 2500 personnes a payé jusqu’à 100 euros pour venir écouter de nouveaux prêcheurs, sans église ni dogme mais qui, armés d’un discours sur la conscience, entendent répondre au désarroi de nos contemporains.

Les sujets étaient passionnants : expérience de mort imminente, médiumnité, réincarnation, communication animale, guérisons inexpliquées, tous ces phénomènes s’agrègent sous l’étiquette des « nouvelles spiritualités ». Dans cet univers, la conscience englobe toute réalité et la réalité tout entière baigne dans la conscience. Le péché et le salut n’existent pas. La nature humaine n’est ni à réparer ni à sauver par un sacrifice. Il s’agit de découvrir en soi le potentiel infini de sa conscience.

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La résurrection, c’est possible avec le bon code

En ces jours autour de la fête de Pâques, alors que nous allons célébrer la Résurrection de Jésus, voici une information d'importance. Grâce à ce "savant" russe, Petrovitch Grabovoï, l'accès à la vie éternelle et à la résurrection pour tous est enfin mis sur le marché... Petit aperçu sur la méthode de Grabovoï, ou le pouvoir des nombres... PLUS BESOIN DE LA FOI CHRÉTIENNE !

Ce gourou a créé un dispositif « quantique » de vie éternelle !

Qui est Grigori Petrovitch Grabovoï ?

Encore un « Tout-puissant »… à l’écoute de cette vidéo de 17′ plaidoyer pro domo Mais plus exactement, qui donc est Grabovoï ? Voici sa notice Wiki

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Quand le développement personnel vire à l’endoctrinement sectaire

Quentin Meunier, 20minutes

Alexis n’imaginait pas perdre une de ses amies les plus proches ainsi. Au début de l’année de l’année 2025, la jeune femme s’est inscrite à un stage de « développement personnel » proposé par la Greatness Académie, un étrange programme qui permet de redécouvrir « son potentiel humain ». « Je n’étais pas contre, ça ne m’intéressait pas spécialement, mais je me disais que ça ne faisait de mal à personne », se remémore-t-il. Jusqu’au jour où elle l’invite à participer.

En se renseignant, il trouve les discours un peu trop bien rodés, s’étonne de découvrir des sociétés dissoutes puis recréées, des paliers d’engagement coûteux et des retraites à l’étranger, en République dominicaine ou au Pérou, entre membres du groupe. « Là, je me suis dit : il n’y a plus de doute, c’est une secte. » Il tente de convaincre son amie de lâcher l’affaire. En vain. « Même avec des preuves, elle m’a menti et a continué à participer aux réunions, regrette-t-il. Quand je lui ai dit que c’était une secte, elle a rigolé. Ils avaient déjà été briefés à répondre à cette question. »

Ils ne sont ni adeptes ni anciens membres d’une secte. Les proches des personnes embrigadées sont pourtant des victimes collatérales de ces dérives. Beaucoup ont assisté impuissants à l’embrigadement d’un proche, se sentent démunis face à une emprise qu’ils ne comprennent pas toujours. Surtout lorsque celle-ci se passe sur les réseaux sociaux, sous couvert de bien-être, de coaching ou de développement personnel. Il est parfois difficile de percevoir derrière des propos qui semblent bienveillants l’endoctrinement sectaire.

Du doute à la rupture

Martine a ainsi vu sa fille Camille commencer à changer de discours après un congé parental. A cette époque, la jeune mère de famille s’est mise à suivre des contenus de développement personnel sur les réseaux sociaux. Rien d’inquiétant au premier abord, mais sa consommation devient de plus en plus frénétique.

Ses parents commencent à voir ses discours changer. « Désirez, et vous obtiendrez », « il n’est pas nécessaire de travailler dur pour gagner de l’argent »… Des phrases tout droit sorties de la « Haute école de la manifestation consciente », fondée par Sophie Chague, une créatrice de contenus. Prix d’entrée : 3.300 euros.

Peu à peu, le discours de sa fille se radicalise et inquiète Martine, ancienne professionnelle des ressources humaines, formée à l’éthique du coaching. Les parents se sentent impuissants. Ils tentent de la discuter, de la confronter « sans la juger ». Peine perdue. « Elle a commencé à nous dire : « Si ça vous gêne, on ne se voit plus. » » Après des mois de tensions et de rapports dégradés, Martine tente de ramener sa fille à la réalité. Elle s’appuie notamment sur l’analyse de la Miviludes ou d’associations comme l’Unadfi, qui qualifient les tendances auxquelles Camille adhère de dérives sectaires. « Depuis, aucun contact », confie, peinée, la sexagénaire.

Une reconstruction psychologique difficile

Du côté d’Alexis, la tension devient extrême lorsqu’il apprend que son amie part en République dominicaine pour un des fameux stages. « Je lui ai pris son passeport pour l’empêcher de partir, admet-il. Depuis ce jour-là, nos rapports sont un peu froids. » Il évoque un avant et un après. Ils continuent d’échanger, de se croiser mais leurs liens ne seront, à l’en croire, plus jamais comme avant. « On ne sait jamais si la personne est vraiment sortie, comme un ancien alcoolique », compare-t-il.

Martine, quant à elle, décrit un « conflit de loyauté permanent », d’autant que Camille est devenue une créatrice de ce type de contenus de « développement personnel », vend même des formations pour les « entreprises d’accompagnement fréquentiel ». « C’est notre fille, on veut la sauver. Mais on ne va pas réussir seuls », regrette-t-elle. Avec son mari, ils ont envisagé d’avertir l’ordre professionnel de Camille, mais ils y ont finalement renoncé, de crainte de ruiner la carrière de leur fille si un jour elle venait à sortir de sa dérive.

« On parle des victimes directes, jamais de ceux qui restent », regrette Martine qui envisage aujourd’hui de créer un collectif dédié aux parents des victimes de dérives sectaires. Elle-même confie avoir dû se faire suivre par un psy pour faire face à cette situation, peinant à prendre de la distance, se sentant complètement « envahie » par l’emprise dont sa fille était victime.

Elle compare la perte de sa fille à un « deuil blanc », un concept d’habitude utilisé pour les proches des victimes pour accepter la perte de la présence mentale ou affective des victimes d’Alzheimer.