Vulgarise en 3 minutes un grand classique de la manipulation mentale : la technique dite du “pied-dans-la-porte“ qui joue sur notre difficulté à dire non parfois. Une nouvelle démonstration implacable de notre grande vulnérabilité lors de nos prises de décision.
Auteur/autrice : domauz
Lithothérapie, énergie minérale et géobiologie
Bertran Chaudet, diacre permament
I. La lithothérapie
Il y aurait une énergie particulière, ou une mission secrète dévolue à chaque pierre, capable d’améliorer bien-être et santé, la lithothérapie. Le terme lithothérapie vient du grec lithos pierre et de thérapeuein, soigner.
Cette croyance dans les « pouvoirs » de certaines pierres remonte à la Mésopotamie, à l’Egypte ancienne, à la Grèce antique. Leur couleur, leur éclat ou leur forme permettaient des analogies symboliques, selon leurs croyances, susceptibles d’être efficientes.
Le célèbre médecin Galien (129-201), pourtant père d’une médecine reposant sur la raison et l’expérience, utilisait certaines pierres comme le jaspe, qu’il pensait susceptible de guérir de douleurs d’estomac ou d’œsophage.
Cette pharmacopée, encore marquée par des traditions sans fondements objectivables, fut contestée à la naissance de la chimie au XVIIe s., faisant notamment reculer l’usage des pierres à visées curatives ou thérapeutiques.
Rabelais en 1542, dans Gargantua, se moquait trivialement de la pseudo vertu des pierres. Dans le chapitre VIII Comment on vêtit Gargantua :
« Pour la braguette furent levées seize aunes un quart de ce même drap, et fut la forme de celle-ci comme un arc-boutant, bien attaché joyeusement à deux belles boucles d’or, que prenaient deux crochets, à chacun desquels était enchâssée une grosse émeraude de la grosseur d’une pomme d’orange : car, ainsi que le dit Orphée, dans libro De Lapidibus, et Pline, libro ultimo, elle a une vertu érective et réconfortante du membre naturel. » (Ref. : voir note 0)
Depuis les années 1970, avec les courants de pensée issus du New Age, et son approche holistique où tout est dans tout et inversement, l’usage des pierres pour la guérison, appelée désormais lithothérapie, fut encensé (parfois au sens propre du terme). Mieux-être, santé, amélioration de ressources cachées, magnétisme, médiumnité devenaient le possible attribut des pierres, pour qui savaient…
Aujourd’hui l’application Tik Tok, les hashtags # lithothérapie ou crystal healing en anglais, proposent des dizaines de milliards d’occurrences. C’est dire l’ampleur de ce phénomène de société.
Selon les explications de lithothérapeutes autoproclamés, chaque pierre aurait à une vibration spécifique entrant en résonance avec une partie du corps, une fonction, une émotion, une intention, afin de réactiver de « ré-harmoniser », ou encore d’atténuer les effets négatifs. Par prudence, les lithothérapeutes disent que les pierres n’agissent que sur les troubles fonctionnels (c’est-à-dire quand l’organe ou la partie du corps n’est pas lésé) ou émotionnels. Cependant certains promettent également un effet thérapeutique pour soigner cancers ou déficiences physiques avérées.
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)
Cette moniale bénédictine allemande, devenue abbesse, est une mystique qui écrivit une œuvre protéiforme, allant de la théologie à la cosmologie, de la « biothérapie » à la diététique, de la composition d’œuvres musicales, à l’architecture. Il faudrait examiner de près ce qu’elle a vraiment écrit elle-même, ce qu’elle a dicté, ce qui a été interprété de ses écrits et ce qui a été inventé plus récemment. Dès après sa mort au XIIè s., elle fut déclarée bienheureuse ; il fallut attendre 2012 pour qu’elle fût canonisée et proclamée Docteure de l’Église par le pape Benoît XVI. Son combat pour la défense de la doctrine catholique, notamment contre les hérésies cathares, repose sur des arguments théologiques très pertinents.

Mais ce qui nous intéresse ici est la fulgurance de ses allégations concernant les vertus de certaines pierres, devenant une référence de premier plan en lithothérapie, et en naturothérapie, non seulement dans la sphère catholique, mais dans tout le monde écolo, bio-compatible… Elle tenait ses « recherches » de quelques croyances de l’époque médiévale et de révélations mystiques. Si ses écrits d’ordre théologique ne sont pas contestables, ses affirmations médicales, physiologiques diététiques ou cosmologiques ne sont pas à prendre comme lettre d’Évangile. Une déclaration officielle des autorités ecclésiales pourrait à cet endroit dissiper les confusions, surtout quand sainte Hildegarde est déclarée Docteure de l’Église. Il y a du tri à faire entre affirmations doctrinales et élucubrations magico-superstitieuses.
Son ouvrage « La Physica, parfois également appelée Liber simplicis medicinae, comporte neuf chapitres consacrés, dans l’ordre, aux plantes, aux éléments, aux arbres, aux pierres, aux poissons, aux oiseaux, aux bêtes sauvages, aux reptiles et aux métaux. La nature apparaît comme une corne d’abondance dans laquelle l’homme n’a qu’à puiser pour bien se nourrir, prévenir et guérir les maladies. »1
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Un nouveau podcast d’Élisabeth Feytit
« Longtemps anecdotique au sein du vaste panorama des “médecines douces“, la lithothérapie figure aujourd’hui au catalogue des spas les plus prestigieux et a les bonnes grâces d’instagrameuses de tout niveau et de toute nationalité. Sur TikTok, les hashtags #lithotherapie et #crystal healing crèvent le plafond, avec un cumul de dizaines de milliards d’occurrences.
Bref, quel que soit votre âge, la visibilité croissante des pierres guérisseuses ne vous aura sans doute pas échappé.
La citrine, l’améthyste et le jade ne sont plus appréciées simplement pour la beauté envoûtante de leurs formes et de leurs couleurs, elles sont devenues nos partenaires pour une vie saine et épanouie. Détox, sexo, lifestyle et même santé mentale, le pouvoir des pierres semble infini. Il pousse les murs des rayons de la Fnac, fait fleurir des présentoirs jusque sur les aires d’autoroute et alimente les potins du showbiz.

(…) Sommes-nous là face à une simple mode ou la lithothérapie a-t-elle plus de coffre que ce que sa glamourisation à outrance nous en montre ?
Dans cet épisode en trois parties, je vous propose de partir à la découverte de ses fondements et de ses applications concrètes, telles que réellement vécues par celles et ceux qui la pratiquent au quotidien. Par-delà les paillettes et les vibrations positives, nous nous aventurerons aussi dans les eaux troubles de ce qui est devenu une véritable industrie. »
Image mise en avant sous copyright Métadechoc.
- Se soigner avec les pierres
- Les pierres ont-elles un pouvoir ?
- La poussière sous le cristal
Communautés nouvelles
Un article de Sandro Magister, sur le site diakonos.be, le 20 nov. 2023 :
Du triomphe au désastre. Les cinq écueils des communautés nouvelles
Il était une fois les communautés nouvelles. Oui, celles-là mêmes qui avaient été triomphalement convoquées par Jean-Paul II le jour de la Pentecôte 1998. Il voyait en elles les « expressions providentielles du nouveau printemps suscité par l’Esprit avec le Concile Vatican II ». Toutes au service direct du Pape et libérés des tracasseries des diocèses, afin que l’Église puisse refleurir dans le monde. Opus Dei, Focolari, Légionnaires du Christ, Communion et Libération, Communauté de Saint’Egidio, charismatiques, chemin néocatéchuménal, et bien d’autres encore, diverses et variées.
Mais aujourd’hui, le printemps a fait place à une saison sombre et orageuse. Après le triomphe, le désastre. Effondrements numériques, décompositions, scandales intolérables, fondateurs idolâtrés se révélant être des abuseurs de l’esprit et du corps de leurs adeptes, victimes innombrables trahies dans leur confiance.
Pourtant, les signaux d’alarme n’ont pas manqué. En 2004, « La Civiltà Cattolica », la revue des jésuites de Rome publiée avec l’imprimatur des plus hautes autorités vaticanes, publiait un éditorial de son rédacteur-vedette, Giuseppe De Rosa, mettant en garde contre les « dangers » identifiés dans de nombreux mouvements.

Une appréciation de Laetitia Gonfalon
L’article de Sandro MAGISTER du 20 novembre 2023 sur « les cinq écueils des communautés nouvelles », après la publication du livre de Giorgio RONZONI sur « les sectes sœurs » fera date.
Ce texte largement diffusé ressemble fort à une condamnation en bonne et due forme des communautés dites « nouvelles » ou, pour le moins, une façon élégante de leur asséner un fameux coup de boutoir tant la personne de son auteur est reconnue dans les milieux ecclésiaux comme une référence incontournable.. Ces communautés se sont qualifiées ainsi et le vocable leur est resté même si leur nouveauté s’est quelque peu émoussée après un bon demi-siècle d’existence. Elles avaient fait naître une espérance sur les décombres de l’Action Catholique, mais il aura fallu cette longue période pour reconnaître la supercherie. S’en apercevoir, beaucoup avaient déjà fait ce chemin intellectuel, mais reconnaître les abus était chose déjà plus difficile et les dénoncer c’était s’exposer contre la pensée dominante. C’était donc risqué.
Le reproche que l’on pourrait faire à l’article de Sandro MAGISTER c’est son caractère trop intellectuel, la présentation trop exclusive d’arguments « de raison ». Pour nous qui, depuis fort longtemps n’étions pas dupes de ces mouvements, il manque tout simplement une condamnation de ces mouvements pour des raisons morales : le motif de supercherie et de suffisance.
Supercherie dans l’appropriation (j’allais écrire l’instrumentalisation) de l’Esprit Saint au profit des susdits mouvements. Mais peut-on instrumentaliser l’Esprit de Dieu ?
Ce serait bien audacieux ! Il leur a été bon en tout cas de se l’approprier, de garantir haut et fort sa présence parmi eux. Il leur suffisait de dire qu’ils étaient réunis en son nom. C’était automatique, ils l’invoquaient, disaient-ils. Nous dirions plutôt qu’ils le convoquaient pour s’attribuer ses dons et ses pouvoirs. L’Esprit était là avec eux, immanquablement présent : c’était garanti. Ils s’arrogeaient ainsi une compétence universelle leur permettant de traiter avec suffisance de multiples situations et de savoir les résoudre grâce cette aide spirituelle indiscutable. Il pouvait s’agir des cas de personnes malades avec ministère de guérison assuré, des cas de couples en difficulté avec conseils conjugaux garantis, de dirigeants de sociétés fatigués, de drogués, d’homosexuels, d’étudiants révisant leurs examens, de travailleurs humanitaires, de professionnels de santé, d’enseignants déconcertés, d’adolescents en recherche, de supérieurs de communautés religieuses, d’adultes en cheminement personnel, . Pour chaque catégorie professionnelle, pour chaque statut social, pour chaque état de vie, leurs clercs et leurs laïcs consacrés avaient réponse à tout et pouvaient jouer les intrus dans le for interne des personnes. Mais il était rarement question des pauvres… Tiens ! N’est-ce pas étrange ?
Comment s’en sortaient-ils ? C’était très simple : faites des dons, disaient-ils. Encore des dons. Toujours des dons… Vous aurez un crédit d’impôt…Vous avez droit à 66%. Et les bons paroissiens de les suivre…
Quoiqu’ils n’aimassent pas trop les jésuites, ces derniers temps ils avaient tous découvert les méthodes ignatiennes, la spiritualité ignatienne, les récollections ignatiennes et ils croyaient tous utile de s’en prévaloir : c’était porteur comme était porteuse également la promesse de guérison. Même si vous vous portiez bien il leur importait d’abord de vous démontrer que vous aviez besoin d’être soulagé, guéri, libéré, et, pour cela, de leur faire confiance. Etaient-ils missionnaires ? A les en croire, sous le pontificat de Benoît XVI, ils s’étaient portés en avant : « la nouvelle évangélisation, c’est nous. On sait faire ». Sous le présent pontificat c’est différent : finie l’action missionnaire, on est devenu influenceur. C’est plus tendance…
Mais l’Esprit dans tout ce tintamarre ? L’Esprit qui garantissait leur charisme et le mieux-être tout comme on appose des labels « qualité » sur des produits électroménagers. Agissait-il vraiment ? Faisait-il son choix ?
Il est fort probable que tout ce bruit l’importunait. Dans un entretien à LA CROIX le 12 juillet 2021 Elyane CASALONGA insistait sur le fait qu’il fallait écouter le silence de Dieu : L’Ancien Testament en a eu l’intuition dans un texte assez rare disait-elle, un texte, « qu’on appelle la manifestation d’Elie à l’Horeb. Quand Dieu se manifeste à Elie, parce que précisément il ne lui parle pas, c’est par « une voix de fin silence », ou « de silence subtil », que les exégètes traduisent souvent par « le murmure d’une brise légère ». Mais les mots hébreux ne parlent ni de brise ni de légèreté. Le texte dit : « la voix de fin silence ». Et c’est quand Elie entend « la voix du silence » qu’il reconnaît le passage de Dieu. C’est un moment sommet de l’expérience d’Elie, et de la nôtre. »
Souhaitons donc que tous ces mouvements autoréférentiels trop médiatisés découvrent enfin les vertus du silence.
L’Esprit est patient.
Arrestation du gourou Gregorian Bivolaru
Responsable du Mouvement pour l’Intégration Spirituelle dans l’Absolu
Communiqué de presse du GéPS
Le Groupe d’étude du Phénomène Sectaire (GéPS), a appris dans la journée l’arrestation du gourou Gregorian Bivolaru, responsable du Mouvement pour l’Intégration Spirituelle dans l’Absolu (MISA), et de 41 de ses fidèles sur le territoire français ce matin, mardi 28 novembre.
Des membres du GéPS étudiaient ce mouvement depuis près de 12 ans maintenant. Solidement implanté dans l’hexagone depuis le milieu des années 2000, il avait su développer tout un réseau d’activités, tantriques notamment, dont nombre d’entre elles ont conduit à des abus sexuels répétés.
Très méfiant, le mouvement prenait soins à ce qu’il il n’y ait aucune victime française, et donc aucune plainte en France, rendant la possibilité d’investigations difficile.

Le gourou faisait cependant venir de jeunes adeptes des quatre coins du monde, Australie, Argentine, Grande-Bretagne, Pologne, Finlande, etc. pour les abuser sous couvert d’initiations fleuves, dans une garçonnière de la rue Paul Klee, dans le 13ème arrondissement de Paris.
Le nombre de victimes devenant de plus en plus important, le GéPS a pu entrer en contact avec une 12aine d’entre elles à partir de 2020-21, et recueillir leurs témoignages provenant de différents continents.
Toutes décrivaient une même procédure solidement éprouvée, où elles sont prises en charge dès leur arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle par un chauffeur du mouvement, qui leur masque les yeux avec des lunettes noires bourrant de papier l’espace entre leur visage et les verres, avant de leur recouvrir la tête d’un bob de pêcheur, leur ordonnant de baisser la tête entre les sièges du véhicule pour ne rien voir du trajet.
Dans le même temps leurs passeports et leurs téléphones portables étaient confisqués, avant un premier voyage de 90 minutes environ, les conduisant dans une imposante villa de Villiers-sur-Marne, pouvant accueillir plus de 50 femmes.
Là, les futures victimes y sont conditionnées avec des régimes alimentaires particuliers, des pratiques sexuelles déviantes, des lectures obligatoires, la vision de vidéos problématiques, et avec l’idée toujours renforcée d’une adulation du gourou en vue de le rencontrer. Les pratiques sexuelles servant d’alibi à un soi-disant développement personnel.
Après 10-15 jours d’un tel conditionnement et lavage de cerveau, l’adepte féminine est de nouveau masquée pour-être conduite rue Paul Klee dans le 13 arrondissement, où elles sont férocement abusées des heures durant.
Après cela , les moins affectée des victimes passeront 24-48 heures dans des appartements des tours du Square Dunois, toujours dans le 13me arrondissement, avant de reprendre l’avion pour leur pays d’origine.
Les plus affectées, sont renvoyées dans la villa de Villiers-sur-Marne, pour une période de « déchoquage » pouvant durer jusqu’à deux semaines, avant de repartir.
À ce système malheureusement trop bien rôdé, il faut ajouter toutes sortes de trafics sexuels et salons de massage à travers la France.
Le mouvement étant particulièrement bien implanté sur Paris, Fontainebleau, Poitiers, Lyon, et notamment sur toute la côte d’Azur et la région niçoise.
Les régions parisienne et niçoise assurant également la logistique et la gestion pour l’ensemble du groupe à travers la planète, présent dans plus de trente pays et revendiquant plus de 30 000 adeptes.
Gregorian Bivolaru a été arrêté lors d’une opération de grande ampleur contre son réseau. 175 policiers sont intervenus de manière simultanée à Paris, en Seine-et-Marne, en Val-de-Marne et dans les Alpes-Maritimes. Au total, 41 personnes ont été interpellées.
Gregorian Bivolaru, est donc suspecté de «traite de personnes», «séquestration en bande organisée», «viol» et «abus de faiblesse en bande organisée par des membres d’une secte».
Présentation du mouvement en pièce jointe
Groupe d’étude du Phénomène Sectaire,
Président Hugues Gascan,
Hugues.gascan@proton.me
Le Mouvement pour l’intégration spirituelle dans l’absolu

Yoga tantrique, violences sexuelles et séquestration : qui est le gourou Gregorian Bivolaru ?

L’homme qui a contribué à faire tomber la secte de yoga tantrique
