Notre-Dame de tous les peuples

Quelle est la positon actuelle de l’Église par rapport à ces apparitions ?

Voici deux documents datant du 30 décembre 2020 :

et celui-ci datant de 2024 : Le Vatican rend public le jugement négatif approuvé par Paul VI


Ajoutons que le P. Paul-Maria Sigl est actuellement mis en cause pour des questions d’emprises sur des personnes. On trouvera un dossier détaillé et complet de cette affaire sous ce lien, traduction en français de différents articles de la journaliste Ludovica Eugenio, accessibles sur le site adista.it

La « famille de Marie » est placée sous tutelle. Le père Paul Marie Sigl démis de ses fonctions

Une visite apostolique commandée par le Saint-Siège est à l’origine de la décision du Vatican de placer la communauté Famille de Marie et son bras sacerdotal, l’Œuvre de Jésus Grand Prêtre, sous la juridiction du Dicastère pour le Clergé (voir Adista n° 44/22). La visite apostolique est une initiative extraordinaire qui est prise lorsque Rome dispose d’éléments permettant de soupçonner des dysfonctionnements, des abus ou de graves dérives sectaires ; en l’espèce, le fait que le fondateur et président de la communauté, le père Paul Maria Sigl, ait été destitué et relevé de ses fonctions et que le Saint-Siège ait placé l’ensemble de la communauté sous le statut de commissariat pro tempore peut signifier que la visite apostolique a détecté des dysfonctionnements conformes aux soupçons, rendant nécessaire une intervention. Le jésuite Mgr Daniele Libanori, évêque auxiliaire de Rome pour la zone centrale, responsable de la zone territoriale – également responsable de l’enquête en Slovénie sur les abus du jésuite P. Marko Rupnik – et la slovaque Sœur Katarina Kristofová, pour la branche féminine de la communauté, ont été nommés commissaires, faisant office de gouvernement provisoire de la communauté. 

La Famille de Marie-Opéra de Jésus Grand Prêtre, présente dans 10 pays (dont la Slovaquie, l’Italie, l’Allemagne, la France, l’Autriche) compte plus de 60 prêtres, 30 séminaristes et 200 religieuses. Elle promeut les prétendues  » apparitions d’Amsterdam « , prétendues révélations privées condamnées par le Vatican, mais apparemment la mesure du Saint-Siège n’est pas liée à des questions théologiques controversées, mais plutôt à des dérives sectaires. Parmi les membres de cette communauté figurent des personnalités ecclésiastiques de premier plan, comme le père Martin Barta, assistant ecclésiastique international de l’Aide à l’Église en détresse.

La Famille de Marie, fondée en 1968 par l’évêque slovaque Pavel Hnilica, a pris sa forme actuelle dans les années 1990, lorsqu’elle a absorbé d’anciens membres de l' »Œuvre du Saint-Esprit », une communauté controversée, dissoute par l’Église en 1990, qui avait été cofondée en 1972 par le père Joseph Seidnitzer, déjà condamné trois fois à la prison par les tribunaux autrichiens pour des abus sexuels en série sur des adolescents, et par le père Sigl lui-même, son bras droit jusqu’à la fin. Sigl a été ordonné prêtre en 1992 par l’évêque Hnilica – garant épiscopal de la Famille de Marie jusqu’à sa mort en 2006 – sans avoir suivi de séminaire.


De Natalia Trouiller, sur son compte Twitter

A l’origine de la Famille de Marie, il y a « L’Œuvre du Saint-Esprit » fondée en 1972 par le père Joseph Seidnitzer et Gebhard Paul Maria Sigl. Joseph Seidnitzer a auparavant été condamné à plusieurs reprises pour avoir agressé de jeunes garçons sexuellement. Il invitait les jeunes dans son appartement, les faisait boire et les contraignait à des actes sexuels. Il a au total été condamné à 24 mois de prison pour diverses affaires.
C’est en toute connaissance du passé de Joseph Seidnitzer que Paul Maria Sigl a cofondé « L’Œuvre du Saint-Esprit » avec lui. L’évêque d’Innsbruck, Mgr Reinhold Stecher, s’est prononcé à plusieurs reprises contre la communauté et a publié en 1985 une déclaration officielle à ce propos : « Il ne nous a jamais été possible d’obtenir des informations précises sur la nature et le but, l’organisation et les sources de financement de la communauté. Elle ne peut donc recevoir notre accord ». Nouvel avertissement en 1988, où le même Mgr Reinhold Stecher fit lire en chaire, dans toutes les églises du diocèse d’Innsbruck, que l’oeuvre n’était « pas une institution de l’Église catholique ».

Les 21 étudiants restants de l’ancienne communauté se sont alors placés sous la direction de l’évêque slovaque Pavel Mária Hnilica. Parmi eux se trouvait le cofondateur Gebhard Paul Maria Sigl. Ils rejoignirent le mouvement laïc « Pro fratribus » fondé par Mgr Hnilica en 1968. Leur mouvement prend une nouvelle forme reconnue le 14 août 1992 par l’évêque de Rožňava, Mgr Eduard Kojnok sous le nouveau nom « Famille de Marie Corédemptrice ». Paul Maria Sigl est ordonné prêtre en 1992 à Fátima. Il est aujourd’hui le chef spirituel de la « Famille de Marie » et présenté comme son co-cofondateur. Jusqu’en 1990, il était le bras droit de Joseph Seidnitzer et bénéficiait de ses « révélations ». Seidnitzer décède en 1993.

Au sein de sa communauté, Paul Maria Sigl se fait appeler « Padre ». Il est dit qu’il a le don de « lire dans les cœurs », de pouvoir discerner les vocations, de dire si on est destiné au mariage ou à la vie religieuse. C’est semble-t-il ainsi que nombre des membres de la Famille ont su « très vite » qu’ils étaient appelés à rejoindre la communauté. Contrairement à ce qui est annoncé sur leur site, les sœurs (qui sont en fait des laïques consacrées, ne prononçant pas de vœux) n’ont pas 3 ans de formation au « noviciat » en Slovaquie mais 1,5 ans.

Le père Sigl présente un abord très empathique, doux et sensible. Il a toujours sur lui des mitaines qu’il prétend être celles du Padre Pio dont il se dit le fils spirituel. Il les impose régulièrement sur ses fidèles. Il suscite une grande admiration. Son discernement ne peut être mis en doute.
Le mouvement ne parle pas sur son site de l’abandon (contraint) dans son nom du vocable « Corédemprice » et du fait que sa dévotion mariale est une dévotion à l’apparition mariale bien particulière de « Notre-Dame de tous les peuples » (Amsterdam 1945-1959).Le message de ces apparitions, condamnées par l’Eglise: faire promulguer par le Pape le dogme de Marie Corédemptrice.Pendant plus de 25 ans, Gebhard Paul Maria Sigl a été en effet un ami personnel et proche de la « voyante » Ida Peerdeman. Lorsque la Congrégation pour la Doctrine de la foi a statué négativement sur ces apparitions en 2020 et demandé à ce que la « Dame de tous les peuples ne soit pas vénérée et que les fidèles cessent toute propagande », la communauté a continué à promouvoir des pèlerinages à Amsterdam. Le père Sigl poursuit ses conférences et continue de vendre ses livres sur le sujet. Sur leur site, leurs anciens bulletins, tout à la dévotion de l’apparition d’Amsterdam, sont en accès libre.

De plus, ils sont toujours en charge de la chapelle bâtie à Amsterdam sur le lieu des apparitions, et dont le site internet https://devrouwevanallevolkeren.nl/en cultive l’ambiguïté : si la mise au point du Vatican est bien sur le site, ce dernier milite toujours activement pour la reconnaissance du dogme de Marie Corédemptrice. On y lit un appel au don sans équivoque: « Bien que la Fondation ne soit pas immédiatement visible, elle porte la responsabilité financière de la chapelle et de l’ancienne maison de la voyante, et de la diffusion de la dévotion de la Dame. C’est pourquoi nous voudrions vous demander votre soutien afin que la chapelle puisse continuer à être le centre de la vénération de la Dame, et que les prêtres et les sœurs puisse continuer à y faire la leur. » Puis ceci : « Ce site est développé sous la responsabilité de la Famille de Marie. » Bref, un mouvement créé par deux personnages extrêmement troubles, dont la théologie se fonde sur des apparitions condamnées et pour lequel suffisamment de signalements sont arrivés à Rome pour qu’il y ait nomination d’un commissaire.


2024. LE NOVICIAT DE LA FAMILLE DE MARIE A ÉTÉ FERMÉ. Comme indiqué dans la communiqué ci-joint (en bas de la page) https://www.familiemariens.info/html/fr/gemeinschaft.html


Sanction de Rome (18 sept. 24) : Le père Gebhard Sigl, cofondateur de la Famille de Marie, interdit de ministère

12 nov. 24 : Lettre des victimes au Préfet du Dicastère pour le Clergé

Emprise et abus spirituels

Une interview de Yves Hamant : « Il faut une Ciase 2 sur les phénomènes d’emprise et d’abus spirituels », dans un dossier de La Vie, « Quand la vie spirituelle devient toxique » (8/12/22).

Lanceur d’alerte sur les questions d’abus de pouvoir et de
conscience dans l’Église catholique, Yves Hamant recommande
la création d’une enquête, comparable à celle du rapport Sauvé,
pour analyser le problème en profondeur. 

Par Marie-Lucile Kubacki

Politologue, universitaire spécialiste de la Russie, catholique,
Yves Hamant est engagé aussi depuis plusieurs années dans la lutte
contre les dérives sectaires dans l’Église. En 2013, il
lance au sein d'un collectif de victimes et de leurs proches
l'Appel de Lourdes. Une initiative qui fait progresser la prise
de conscience des dérives sectaires au sein de communautés ou
mouvements d’Église.

A lire aussi : Yves Hamant : « Je ne crois pas que les choses aient beaucoup changé »

En 2013, vous avez été un des initiateurs de l’Appel de Lourdes, pour alerter l’institution sur la question des abus spirituels. Les choses ont-elles évolué depuis ?

Elles ont avancé en partie, mais un grand chemin reste à faire. Le principal problème est que globalement l’institution et les fidèles tendent encore à minimiser la gravité des phénomènes d’abus spirituels. Parce qu’ils estiment que « ce n’est pas aussi grave qu’un abus sexuel » et que comme cela touche généralement des personnes majeures, « elles étaient en capacité de se défendre ».

Ce genre de discours montre combien la plupart des gens ne comprennent pas ce qu’est l’emprise : un processus de dépersonnalisation au cours duquel l’abuseur prend le contrôle de votre volonté jusqu’à vous demander des choses délirantes. Par exemple : vous dépouiller de vos vêtements devant le saint Sacrement, comme dans l’affaire Santier. C’est extrêmement grave, car cela vous détruit moralement, psychologiquement, éventuellement physiquement et spirituellement. Bon nombre de victimes de ce type d’abus ne croient plus en rien et ne peuvent même plus prier, parce que Dieu leur est devenu comme insupportable.

Continuer la lecture de « Emprise et abus spirituels »

Maria Valtorta, l’Évangile dévoyé

Ce travail documenté de René Gounon met en lumière le fait que ces « visions et messages ne peuvent venir de Dieu »

Un nouveau livret à diffuser aux addicts de MV, en pièce jointe à vos mails…

Extrait de l’introduction :

Ceux qui se passionnent pour des événements d’origine apparemment surnaturelle justifient souvent leur enthousiasme par cette phrase de Saint Paul s’adressant aux Thessaloniciens :

« N’éteignez pas l’Esprit. Ne dépréciez pas le don de prophétie mais examinez tout et, ce qui est bon, retenez le ».

Pourtant cette invitation à accueillir favorablement ce qui pourrait venir du Ciel est aussi un appel à la prudence : s’il faut tout examiner avant de retenir ce qui est bon, c’est évidemment qu’il peut y avoir aussi du mauvais. C’est dans cette démarche de discernement demandée par l’apôtre que s’inscrit cet ouvrage. En effet une manifestation de ce type qui prend toujours plus de place dans le monde catholique mérite un examen: le nouvel Evangile qui aurait été révélé à Maria Valtorta au milieu du XXème siècle. Maria Valtorta est une visionnaire italienne qui a vu quotidiennement le Christ, la Vierge et de multiples saints à partir de 1943 et jusqu’au début des années 50. Son œuvre principale est une monumentale relation de la vie de Jésus en Palestine (10 tomes de plus de 500 pages chacun), écrite à partir de ses visions et baptisée « L’Evangile tel qu’il m’a été révélé ».

Bien que jamais reconnue par l’Eglise, cette oeuvre est toujours plus largement diffusée, elle a été traduite dans une trentaine de langues, est répandue dans le monde entier et toute une littérature se développe aujourd’hui autour d’elle. Une intense activité de promotion contribue à cette expansion, comme en témoignent les multiples ouvrages et vidéos à la gloire de l’oeuvre et de son auteur. Cette œuvre extraordinaire dont l’Eglise conteste absolument l’origine divine a aujourd’hui pignon sur rue, on trouve ce soi-disant « Evangile » et les livres qui s’y rattachent sur les rayons des librairies catholiques et jusque dans certaines librairies généralistes. Il est donc naturel de s’interroger.

Contenu

Introduction

            Qui est la visionnaire ?

            Quelle est son œuvre ?

Chapitre 1 : Des points qui interrogent

            1. La nécessité de disposer d’un nouvel Evangile

            2. Le volume de l’oeuvre

            3. L’origine des visions

            4. Les conditions dans lesquelles les visions ont été reçues

            5. La forme des messages dictés

            6. L’ « encouragement » de Pie XII

Chapitre 2 : Quelques certitudes

            1. La condamnation de l’œuvre par l’Eglise

            2. La désobéissance chronique des défenseurs de l’œuvre

            3. Une désinformation systématique

            4. Une troublante agressivité envers les contradicteurs

            5. Une activité commerciale et médiatique en expansion

Chapitre 3 : Un autre Evangile

            1. L’essentiel noyé dans le superflu

            2. Les évangiles revisités

Chapitre 4 : Des messages qui ne peuvent venir du Ciel

            1. Message du « Père Eternel » à l’intention de Pie XII

            2. Message de « Jésus » suite au décès d’un responsable du Saint-Office

            3. Message de « Jésus » critiquant les évangélistes

            4. « Jésus » jette l’éponge

Chapitre 5 : Une œuvre divisée contre elle-même

            1. Un évangile ou pas un évangile ?

            2. Simple illustration des évangiles, ou sommet spirituel ?

            3. Révélation privée venue du Ciel ou de son ennemi ?

            4. Des visions authentiques de la vie publique, ou une reconstitution?

            5. Importance ou vacuité des détails des visions ?

            6. Une Eglise sainte, ou soumise à la domination de l’Enfer ?

            7. Le Père Berti : totalement dévoué à Maria, ou traître à la cause ?

Chapitre 6 : Des failles dans la validation de l’œuvre par la science

            1. Une mauvaise approche

            2. Des visions de la Passion contredites par le Linceul de Turin

Chapitre 7 : De graves problèmes théologiques

Chapitre 8 : De très mauvais fruits

            1. La division dans l’Eglise

            2. La défiance envers l’Eglise

            3. Le doute sur la valeur et l’authenticité des évangiles

Chapitre 9 : Pourquoi écouter l’Eglise

            1. Par esprit d’obéissance

            2. Par simple raison

Conclusion

Annexe 1 : Commentaire de l’Osservatore Romano justifiant la mise à l’Index

Annexe 2 : Message reçu du « Père Eternel » le 23 décembre 1948, à transmettre à Pie XII

Annexe 3 : Analyse du témoignage du Père Corrado Berti

Annexe 4 : Jean L’Evangéliste ne peut être Jean de Zébédée

Annexe 5 : Feuillet de promotion de l’Oeuvre de Maria Valtorta


DÉJÀ PUBLIÉ :

Déjouer les pièges de l’éducation positive

Un article de Charled Hadji, Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes (UGA), sur le site « The Conversation » : Déjouer les pièges de l’éducation positive avec la philosophie de Hegel


L’éducation positive est une belle idée. C’est pourquoi de nombreux parents ont cru trouver en elle les fondements d’une pratique éducative libératrice pour leurs enfants. Cependant, elle expose à des pièges qui, si l’on n’y prend garde, risquent d’interdire tout vrai travail éducatif. La « grande Ombre » de Hegel, telle que Alain l’évoque dans ses Propos sur l’éducation, peut à ce sujet nous « parler » très fort. Écoutons-la.

L’espoir des parents qui adoptent le modèle d’une éducation positive est de travailler à l’émergence d’enfants libres, un peu à l’image des Libres enfants de Summerhill, qui eurent leur heure de gloire dans les années soixante. Il est clair qu’il est difficile de s’élever contre les idées directrices de l’éducation positive, dont les maîtres mots sont écoute, respect et accompagnement : promouvoir une éducation fondée sur l’empathie ; développer une coopération entre les parents et les enfants, les adultes et les jeunes ; accompagner l’enfant en étant à l’écoute de ses besoins ; faire apprendre en s’appuyant sur les forces individuelles et la motivation personnelle. Qui pourrait y trouver à redire ?

Mais l’éducation positive se heurte très vite au problème des limites éducatives. Car il ne faut pas se méprendre sur la liberté. Ce qui est souvent décrit comme une « violence éducative », en tant que contrainte, refus de certains comportements, et inversement imposition de manières d’être et de faire conformes à des normes, ou à une morale, est-il, par principe, et toujours, attentatoire à la liberté de celui-ci ?

Le piège de la liberté du vide

Hegel nous rappelle que la liberté ne se réduit pas au refus de tout contenu extérieur, jugé alors comme étant simplement « une restriction » inadmissible. Cette « liberté négative » n’est qu’une « liberté du vide », qui n’existe que dans la destruction de ce qui s’oppose à elle. Il ne faut pas laisser les enfants, en croyant les respecter, être emportés par une « furie de destruction », refusant « tout ordre social existant », et visant « l’anéantissement de toute organisation voulant se faire jour ».

Certes, d’un côté, « Les enfants sont en soi des êtres libres, et leur vie est l’existence immédiate de cette liberté seulement ». Les enfants n’appartiennent à personne, ni aux parents, ni aux éducateurs. Mais, d’un autre côté, ils ont besoin d’une éducation pour les « élever de la nature immédiate où ils se trouvent primitivement à l’indépendance et à la personnalité libre ». Ce qui apparaît immédiatement comme négativité – l’intervention éducative restrictive et canalisante – a une irremplaçable dimension positive. Cette positivité est appelée et ressentie par les enfants eux-mêmes.

Éducation positive : théorie, pratique, controverses (Débat organisé par Sciences Humaines, 2022).

« La nécessité d’être élevés existe chez les enfants comme le sentiment qui leur est propre de ne pas être satisfaits de ce qu’ils sont. ». Toute pédagogie qui « traite l’élément puéril comme quelque chose de valable en soi (et) le présente aux enfants comme tel… rabaisse pour eux ce qui est sérieux, et elle-même, à une forme puérile peu considérée par les enfants. En les présentant comme achevés dans l’état d’inachèvement où ils se sentent », elle ne peut que déboucher sur « la vanité… des enfants pleins du sentiment de leur distinction propre ».

L’achèvement de la personne devenue libre en soi et pour soi exigera le dépassement de ce que l’on est au « moment » de l’enfance, quand on exerce ce qui risque de n’être qu’une liberté du vide.

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