Une « pastorale de Medjugorje » ? Observations critiques de M. Hauke

L’hebdomadaire catholique allemand Die Tagespost a publié un entretien de Regina Eining avec le théologien Manfred Hauke. Le professeur Hauke, président de la Deutsche Arbeitsgemeinchaft für Mariologie (Société Allemande d’Études Mariales), reprend efficacement le status questionis de l’histoire des apparitions de Medjugorje. Il défend, en opposition avec l’orientation donnée récemment par la procédure du Vatican, que les réponses pastorales seront données en temps prévu, une fois que la question de l’authenticité du phénomène sera éclaircie. Traduction.

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Professeur Hauke, l’évêque Hoser, le Nouveau Visiteur Apostolique a dit récemment que les pèlerinages à la localité de Medjugorje de Bosnie-Herzégovine sont conformes aux directives du Concile Vatican II. Que ce qu’on déduit de cette affirmation ? Comment devrait-on encadrer l’évènement ?

Le 22 juillet, pendant la première homélie comme Visiteur Apostolique, Monseigneur Hoser a affirmé que la vénération à Marie qui se pratique dans la Paroisse, mettrait le Christ au centre, donc l’enseignement correspondait au Concile Vatican II. Cependant, ce n’est pas du ressort de l’envoyé Papal s’exprimer sur l’authenticité des soit-disant, apparitions Mariales. Continuer la lecture de « Une « pastorale de Medjugorje » ? Observations critiques de M. Hauke »

À propos du secret de la confession

Trois articles du Code de droit canonique concernent le secret de la confession :

au canon 983, il est dit que « le secret sacramentel est inviolable ; (qu’) il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d’une autre manière, et pour quelque cause que ce soit ».

Le canon 984 précise que « l’utilisation des connaissances acquises en confession qui porte préjudice au pénitent est absolument défendue au confesseur, même si tout risque d’indiscrétion est exclu ».

Enfin, le canon 1388 prévient le confesseur que la violation directe du secret sacramentel entraîne l’excommunication latae sententiae (par le fait même, immédiatement) ; la violation indirecte, une punition selon la gravité du délit. Le

Catéchisme de l’Église catholique écrit :

« Tout prêtre qui entend des confessions est obligé de garder un secret absolu au sujet des péchés que ses pénitents lui ont confessés, sous des peines très sévères. Il ne peut pas non plus faire état des connaissances que la confession lui donne sur la vie des pénitents. Ce secret […] s’appelle le ‘sceau sacramentel’(sacramentale sigillum) car ce que le pénitent a manifesté au prêtre reste ‘scellé’ par le sacrement » (CEC, 1467).

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La dénonciation éthique

Entre silence et transparence où mettre le curseur ? Dire, ou se taire ? 

L'idéologie de la transparence. Les impasses de la posture communicationnelle de l'Église. Se doter de nouveaux outils d'intelligence éthique. Dénonciation. Délation. Silence imposé. Silence complice. Dénonciation éthique. Annoncer, dénoncer, renoncer.

P. Dominique Auzenet, causerie donnée en septembre 2016

Notre société médiatique fait voler en éclat le silence et l’omerta des grandes institutions. Mais la dictature de la transparence peut aussi devenir dévastatrice. Dire ou se taire, comment assumer ce dilemme éthique ? Entre silence et transparence, où faut-il mettre le curseur ? En particulier dans l’Église…

1. LA PRESSION DE L’IDÉOLOGIE MODERNE DE LA TRANSPARENCE

Comment la tension entre le secret et la transparence se vit-elle dans la société ? J’emprunte cette analyse à Céline Bryon-Portet, La culture du secret et ses enjeux (2011) (1)

= Le secret au cœur de la vie sociale

« Jusqu’au dix-neuvième siècle, le secret était au cœur de la vie sociale. L’exercice du pouvoir revendiquait clairement l’opacité (« Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner », affirmait-on), la politique des rois était faite de complots, de tractations occultes et de diplomatie parallèle. Chaque famille avait ses secrets, et nul ne songeait que cette part d’obscurité inhérente à la sphère privée pouvait nuire à l’équilibre psychologique de ses membres. On s’exprimait par calembours, on codait les missives, on tenait des réunions à huis clos, on enfouissait de sibyllins symboles et d’étranges secrets de fabrication dans les traités d’alchimie, et personne ne semblait s’en offusquer.

= L’avènement des technologies d’information et de communication

Mais l’avènement de la modernité, marqué par le développement de l’« espace public » et par l’essor conjoint des mass medias puis des technologies d’information et de communication (TIC), a opéré une inversion des valeurs et sonné le glas du secret. Ce dernier n’est plus toléré que lorsqu’il engage les intérêts supérieurs de la Nation (tel le « secret d’État »), ou, dans certains cas très particuliers, lorsque la divulgation de renseignements peut être préjudiciable à un individu et contraire à la déontologie d’un corps de métier (on parle alors de secret professionnel). D’un point de vue culturel, il se dissipe progressivement au profit d’un droit à l’information, de même que le silence, qui lui est souvent apparenté (« le secret est le frère utérin du silence », affirme un proverbe bambara), voit son champ réduit par le bruit, la parole, le tout-communication. Aujourd’hui, seules les institutions fermées (p. ex. : l’Armée, la Franc-Maçonnerie, et dans une certaine mesure l’Église) et les communautés empreintes d’un fort traditionalisme conservent encore quelque attachement à la culture du secret et au silence. Synonyme de rétention d’information ou de mensonge, le secret est globalement frappé de discrédit, de même que les sociétés secrètes, considérées comme contraires à l’esprit de la démocratie.

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Transparence dans l’Église. Où mettre le curseur ?

Notre société médiatique fait voler en éclat le silence et l’omerta des grandes institutions. Mais la dictature de la transparence peut aussi devenir dévastatrice. Dire ou se taire, comment assumer ce dilemme éthique ? Entre silence et transparence, où faut-il mettre le curseur ? En particulier dans l’Église…

1. LA PRESSION DE L’IDÉOLOGIE MODERNE DE LA TRANSPARENCE

Comment la tension entre le secret et la transparence se vit-elle dans la société ? J’emprunte cette analyse à Céline Bryon-Portet, La culture du secret et ses enjeux (2011) (1)

= Le secret au cœur de la vie sociale

« Jusqu’au dix-neuvième siècle, le secret était au cœur de la vie sociale. L’exercice du pouvoir revendiquait clairement l’opacité (« Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner », affirmait-on), la politique des rois était faite de complots, de tractations occultes et de diplomatie parallèle. Chaque famille avait ses secrets, et nul ne songeait que cette part d’obscurité inhérente à la sphère privée pouvait nuire à l’équilibre psychologique de ses membres. On s’exprimait par calembours, on codait les missives, on tenait des réunions à huis clos, on enfouissait de sibyllins symboles et d’étranges secrets de fabrication dans les traités d’alchimie, et personne ne semblait s’en offusquer.

= L’avènement des technologies d’information et de communication

Mais l’avènement de la modernité, marqué par le développement de l’« espace public » et par l’essor conjoint des mass medias puis des technologies d’information et de communication (TIC), a opéré une inversion des valeurs et sonné le glas du secret. Ce dernier n’est plus toléré que lorsqu’il engage les intérêts supérieurs de la Nation (tel le « secret d’État »), ou, dans certains cas très particuliers, lorsque la divulgation de renseignements peut être préjudiciable à un individu et contraire à la déontologie d’un corps de métier (on parle alors de secret professionnel). D’un point de vue culturel, il se dissipe progressivement au profit d’un droit à l’information, de même que le silence, qui lui est souvent apparenté (« le secret est le frère utérin du silence », affirme un proverbe bambara), voit son champ réduit par le bruit, la parole, le tout-communication. Aujourd’hui, seules les institutions fermées (p. ex. : l’Armée, la Franc-Maçonnerie, et dans une certaine mesure l’Église) et les communautés empreintes d’un fort traditionalisme conservent encore quelque attachement à la culture du secret et au silence. Synonyme de rétention d’information ou de mensonge, le secret est globalement frappé de discrédit, de même que les sociétés secrètes, considérées comme contraires à l’esprit de la démocratie. Continuer la lecture de « Transparence dans l’Église. Où mettre le curseur ? »

Pervers narcissiques

Manipulateurs Pervers Narcissiques

Accompagnement des victimes de violence psychologique et de manipulateurs pervers narcissiques, hommes ou femmes. Le site de Geneviève Schmit (sans pour autant adhérer à certaines recommandations de « médecines » parallèles).

http://pervers-narcissiques.fr

 

Les pervers narcissiques : les reconnaître, s’en protéger

Les pervers narcissiques séduisent au premier abord par leur côté charmeur et flatteur, très vite, à leur contact, un malaise s’installe, malaise qui se transforme rapidement en une spirale infernale de culpabilisation et de dévalorisation pour celles et ceux qui vivent à leurs côtés.

Qui sont ces pervers narcissiques ? Pourquoi se comportent-ils ainsi ? Comment les repérer ? Comment s’en protéger ? Est-il possible de leur venir en aide ?

Une émission RCF de 60 mn avec Christophe Medici

https://rcf.fr/vie-quotidienne/les-pervers-narcissiques-les-reconnaitre-sen-proteger

 

 

Les manipulateurs, ils sont partout !

Interview du P. Pacal Ide  au moment de la sortie de son livre Manipulateurs. Les personnalités narcissiques : détecter, comprendre, agir.

On lira avec intérêt l’interviewe menée par Famille Chrétienne ci-dessous.

http://www.famillechretienne.fr/famille-education/psychologie/les-manipulateurs-ils-sont-partout-%21-206685

>>> Qu’il me soit permis de faire une petite réflexion à propos du chapitre sur les manipulateurs dans l’Église. « L’Église est un terreau favorable aux manipulateurs ».

Un ami me faisait remarquer ce titre d’un article sur le site de la Croix, écrit par Céline Hoyeau, qui interviewe le P. Pascal Ide, de l’Emmanuel, à propos de son livre.

Céline Hoyeau pose la question qui fâche… « Comment se fait-il qu’on semble en trouver autant parmi les fondateurs de communautés nouvelles ? » Et Pascal Ide de renchérir : « D’abord on n’en trouve pas seulement là, mais aussi dans les congrégations religieuses, les paroisses, le clergé diocésain… En fait partout où  il y a des postes de pouvoir… » Là, peut-être va-t-on un peu vite, on dirait une esquive.

Ensuite : — Q « Certaines de ces personnalités portent du fruit : de nombreuses vocations, un rayonnement de leur prédication, des conversions, etc. N’est-ce pas contradictoire ? » — R « La parole du Christ selon laquelle on juge l’arbre à ses fruits (cf. Mt 7,16) demande que l’on vérifie bien si fruits proviennent de l’arbre. Prenez l’exemple des Légionnaires Christ. Le fruit ne vient pas de Martial Maciel, mais des vérités évangéliques qu’il énonçait ».

La journaliste  part de prémisses non vérifiées : il y a de nombreuses vocations, il y a un rayonnement de leur prédication, ils provoquent des conversions. En un mot « certaines de ces personnalités portent du fruit » et le père Pascal Ide l’admet sans discussion.

Partant de là, puisqu’on a posé a priori qu’il y a du fruit, il faut bien qu’il vienne de quelque part, il faut en expliquer la source. Ce ne peut quand même pas être les manipulateurs à la tête de ces communautés portent du fruit, mais ce sont les vérités évangéliques qu’ils ont énoncées…

Là, ce n’est plus de la pétition de principe, mais de la casuistique ! Donc les communautés fondées ou dirigées par des manipulateurs, des narcissiques, portent du fruit. CQFD. C’est la conclusion rassurante que l’on insinue pour clore l’entretien.

Finalement, peuple des baptisés, ne t’inquiète pas s’il y a des manipulateurs dans l’Église puisque, in fine, ils ont énoncé des vérités évangéliques qui font porter du fruit à leurs communautés. Blanc seing pour les Communautés nouvelles. Bravo Pacal Ide ! Et tant pis pour les victimes : elles ont trop mangé de fruits.