Rossart, paisible hameau des Ardennes belges, avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner, aurait dit Jacques
Brel. Quelques maisons de pierre se dressent le long de la Grand’Rue déserte. Sur le trottoir, nous engageons la
discussion avec Tarek*, un jeune Libanais, la voix traînante et le regard perdu :
– « Tu as déjà essayé ?
– Non, répond Tarek*. J’espère que cela va m’aider. »
Son espoir s’appelle « ayahuasca », une décoction hallucinogène préparée à partir de plantes et utilisée dans les rituels chamaniques de communautés indigènes d’Amazonie. Ses plus fervents promoteurs n’hésitent pas à ranger cette potion au rayon « médecine », sorte de panacée thérapeutique et spirituelle. Ici, à 150 km de Bruxelles, bien loin des traditions de la jungle amazonienne, ce breuvage verdâtre est un produit illicite, car il contient de la diméthyltryptamine ou DMT, un puissant psychotrope. La loi belge est claire : « L’importation, l’exportation, le transport, la détention et la vente de la DMT constituent des infractions pouvant être punies d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans et/ou de lourdes amendes », précise un représentant du Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) à Bruxelles.
La législation est peu ou prou la même dans toute l’Europe, avec toutefois quelques appréciations ambiguës dans
certains pays comme l’Espagne. Malgré le risque judiciaire, ce 20 octobre, dix personnes – dont quatre Français
– sont attendues à Rossart pour participer à une retraite clandestine de trois jours. Sous une fausse identité, nous
nous sommes invités à ce rassemblement avec l’intention de suivre et d’enregistrer la cérémonie nocturne de
l’ayahuasca.
Business du trip
L’événement est organisé par Inner Mastery – la « maîtrise intérieure » ! Cette entreprise, en apparence ordinaire, est en fait une véritable multinationale des drogues psychédéliques, régnant sur le business du « trip » dans toute l’Europe et une partie de l’Amérique latine.
Alberto Varela, fondateur d’Inner Mastery
Elle a été créée en 2013 par Alberto Varela, mélange d’homme d’affaires et de maître spirituel d’origine argentine et vivant aujourd’hui en Espagne. Quelques années plus tôt, l’individu avait passé 14 mois en prison pour possession de drogue… 40 kg d’ayahuasca. Basée à Madrid, sa firme, Inner Mastery, est une entreprise tentaculaire. Elle s’est spécialisée dans le développement personnel sous psychotropes. Selon des données internes difficilement vérifiables, elle serait présente dans 25 pays et aurait rassemblé plus de 70 000 participants.
Outre la Belgique, elle organise des « retraites d’évolution intérieure » dans ses maisons ou plutôt ses « épicentres » – dans le jargon interne – situés en Allemagne, Irlande, Italie, Suisse, Pays-Bas, Malte, Roumanie, Turquie, Finlande, Suède, Norvège, ainsi qu’au Mexique, en Colombie ou en Uruguay. Avant la crise du Covid et ses confinements, Inner Mastery louait également des appartements à Paris via Airbnb pour des sessions express où les participants fumaient du bufo, autre hallucinogène aux effets instantanés, sécrété par la peau d’un crapaud. Comme l’ayahuasca, il contient la molécule interdite, le DMT.
Ces indélicatesses avec la loi, n’empêche pas pour autant l’organisation d’Alberto Varela de planifier ces séjours de shoots psychédéliques. Les épicentres semblent juste bouger ou se volatiliser au gré des changements de législation, des descentes de police et des saisies. Celui d’Eersel, près d’Eindhoven aux Pays-Bas, a fermé en 2019 à la suite d’un raid des forces de l’ordre en pleine retraite. Des membres du groupe ont été interpellés. Quelques semaines plus tôt, un homme de 31 ans, d’origine hongroise s’était suicidé après avoir quitté le lieu en état de panique, en plein trip sous iboga, encore une drogue hallucinogène au menu d’Inner Mastery. « Des descentes ont eu lieu en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Belgique. Mais cela ne les empêche pas toujours de reprendre les retraites », confie au Point Esther*, une ancienne « facilitatrice », le nom donné aux personnes travaillant dans les épicentres.
Ces séjours attirent toujours davantage de candidats avec la promesse d’un « épanouissement dans son plus haut potentiel », « de transcender ses limitations », « de transformer sa souffrance en vie ». Ce, grâce à une « technologie de transformation » qui combine « des méthodes évolutionnaires, conscientes et thérapeutiques » aux « outils traditionnels amérindiens les plus avancés. » N’en jetez plus. Le commerce d’Inner Mastery : un gloubi-boulga new age abscons, mi-spirituel, mi-thérapeutique, combiné à des drogues hallucinogènes connues pour leur pouvoir de soumission chimique des esprits.
La Loi de
l’attraction et la pensée positive sont présentées comme des outils
utiles pour réussir sa vie. D’où viennent ces notions et sont-elles
efficaces ?
par Carlos A. Quintana (original espagnol, trad. D. Auzenet avec l’aide de Linguee)
Les enfants Indigo, les enfants de Lumière ou Les enfants de Grâce est l’une des nombreuses ramifications du courant pseudo-scientifique New Age qui se présente comme une alternative pour vivre dans un monde meilleur. Cependant, autour de la philosophie des enfants Indigo se cache un dangereux message messianique contre la médecine, qui promeut l’existence d’êtres extraterrestres et soutient une nouvelle forme de racisme.
L’idée des enfants Indigo a été inventée en 1982 par la parapsychologue Nancy Ann Tappe, qui se présente comme une thérapeute ou une spirite. Dans son livre « Comprendre votre vie par la couleur« , elle a proposé une classification des personnes en fonction de la couleur de leur aura, une mise à jour New Age du système pervers et tout aussi démenti de la races humaines qui a fait tant de mal à l’humanité. Cette fraude a pris de l’ampleur à partir du livre « Les enfants Indigo » de Lee Carroll et de sa femme Jan Tober, qui, dans des textes ultérieurs, ont insisté davantage sur le fait qu’ils communiquent par télépathie avec une entité extraterrestre qui les enseigne à propos de ces nouveaux êtres. Ce livre, dans lequel N. Tappe joue un rôle de premier plan, est composé de nombreux petits chapitres écrits par divers « professionnels » et « spécialistes » qui donnent des conseils sur la manière de traiter un enfant Indigo.
Une grande partie du texte est constituée de conseils utiles pour l’éducation de tout enfant, du type : « Les enfants ont besoin de sécurité, d’attention, de respect, de dignité et d’un endroit sûr. Ne les frappez pas et n’utilisez pas de langage offensant. Laissez vos émotions vous montrer votre amour. Tenez votre parole ».
Ces conseils sont courants dans les conférences et les cours d’enfant Indigo, mais la question qui se pose au lecteur est qu’ils ne sont pas propres à un type supposé d’enfant nouveau et unique qui, en raison de sa différence supposée, nécessite des soins différents. Les autres enfants n’ont-ils pas besoin de sécurité et de respect ? Peut-on les frapper et les offenser ? Ne doit-on pas leur montrer de l’amour ? Peut-on les tromper ? D’autres suggestions sont pernicieuses, car elles favorisent un traitement différencié en matière d’éducation, d’alimentation, de traitement quotidien et de soins de santé.
Une publication récente (12 juillet 2022), dans Femme Actuelle : Enfants indigo : qui sont-ils et comment les reconnaître ? (Pauline Campas-Delarue). Avez-vous déjà entendu parler des êtres Indigo, Cristal ou Arc-en-ciel ? Ces termes font références à des générations de nouveaux enfants, plus conscients et plus évolués sur le plan spirituel, dotés d’une grande sensibilité, qui se sont incarnés sur Terre afin d’aider l’humanité à avancer dans la bonne direction. Décryptage.
Je suis une internaute comme tant d'autres, qui, faisant des recherches, suis tombée sur le site sosdiscernement. J'y ai trouvé une manne nourrissante, éclairante, et substantielle. J'ose confier à vos prières des personnes de ma famille qui depuis quelque temps, utilisent des pendules... soit-disant " pour connaître l'âge des arbres" mais aussi finalement pour retrouver des choses... et croient dans des méthodes de bien-être qui, personnellement, à les entendre, guérissent de tout sans vraiment d'effort ni travail. La lecture de plusieurs articles, les vôtres et ceux de Bertran Chaudet m'ont vraiment tellement rejointe que je tenais à vous remercier !
La lecture de ce mail m’amène à écrire ce petit article… Car faut distinguer entre les recherches scientifiques sur le monde des arbres, et les démarches thérapeutiques liées aux arbres, très tendance actuellement. Après tout, quoi de mieux qu’une balade en forêt, en bord de mer ou à la campagne pour se détendre après une semaine chargée ? Mais pour ses tenants, la sylvothérapie est bien plus qu’une simple promenade. Des stages de sylvothérapie organisés par des « thérapeutes énergétiques », des coachs ou des guides fleurissent un peu partout dans l’Hexagone, à des prix parfois exagérés. De plus, en partant câliner les arbres, on se retrouvera un jour ou l’autre propulsé vers d’autres pratiques comme la méditation de pleine conscience, et on finira par entrer dans des perspectives hindouïsantes de fusion avec la nature… Bref, exit la saine distinction entre le Créateur et la création…
La chronobiologie des arbres
Ernst Zürcher s’est aventuré dans des contrées aux confins du visible et de l’invisible*, peu explorées par la science. Ingénieur forestier et enseignant à la Haute École spécialisée bernoise, le sexagénaire interroge les mythes et les savoirs traditionnels pour les confronter aux lois de la physique. « Il faut se demander s’il s’agit de superstition ou de sagesse ». Ses découvertes dans le domaine de la chronobiologie des arbres étonneront d’abord la communauté scientifique avant de lui apporter une reconnaissance internationale. « Dans la vie, j’essaie de suivre la leçon de l’arbre : être “dans le monde” sans être “du monde”. L’arbre transforme l’invisible en visible, l’énergie lumineuse et l’air en matière organique – qui est vie et source de vie. Il est comme un cadeau du ciel venu déployer la majesté de sa forme et nous inspirer par sa maîtrise du temps. L’arbre est un exemple de liberté, de joie et de force. Il n’attend qu’une chose : que nous levions nos yeux vers lui. » (La Croix, 3 janvier 2018).
Ernst Zürcher, Les Arbres, entre visible et invisible, Éd. Actes Sud, 2016.
« Quand les responsables de votre quotidien préféré m’ont proposé de tester un « bain de forêt », je n’avais pourtant pas hésité une seconde. (…) Rendez-vous est donné à notre petit groupe à l’orée de la forêt pour une déambulation de trois heures. « Je suis guide en sylvothérapie », se présente Serge. « Le thérapeute, c’est la forêt », prévient-il, dressant la liste de ses bienfaits supposés. Je tais mes doutes concernant « les découvertes scientifiques récentes » à ce sujet. Bien décidé, néanmoins, à me prêter au jeu. Après tout, comme le rappelle Serge à juste titre, « cela fait des millénaires que l’on se ressource en forêt ».
Chaque guide a sa méthode. Serge lance des « invitations » que nous sommes libres de suivre ou non. Et cela commence fort : « Nous allons faire une marche animale », annonce le meneur. Par conscience professionnelle, me voilà dans la peau d’un cerf. Curieusement, mes sens s’éveillent. J’écoute les bruits que m’apporte le vent. Je me sur- prends à jeter mon regard au loin pour percer les taillis. C’est étonnant. Puis nous nous regroupons pour une séquence de relaxation. « Scannez votre corps des pieds à la tête, relâchez-vous. » Là, je me sens bien… Serge nous invite à écouter bruire la forêt, à sentir ses parfums. L’humus le dispute à la citronnelle, dont on s’est généreusement aspergé. Nous voici invités à palper le sol et même à «goûter» l’air en tirant la langue. Un échec, en ce qui me concerne.
« Tournez sur vous-mêmes, comme un radar, pour trouver l’endroit où votre corps se sent le mieux. » Je trouve. Quand j’ouvre les yeux, je suis face au chemin forestier semé de pousses de chênes et de jeunes ronciers aux tendres épines. C’est là que nous nous engageons, après un partage de sensations. Puis nous échangeons sur ce que nous avons remarqué dans un « cercle de parole ».
Cette fois, nous observons « tout ce qui est en mouvement ». Nous marquons des arrêts dans notre marche, tels des suricates scrutant la savane. Nous admirons l’eau qui tremblote au bord des feuilles, la lumière qui se joue de nous. Et toutes ces araignées – au moins quatre espèces détectées, c’est fou ! Le chant du coucou lancé par notre guide signale la fin de la séance. Voilà, nous y sommes… « Maintenant que vous êtes connectés à la forêt, vous pouvez choisir un arbre et lui offrir votre amitié. » Salut Douglas ! Je l’ai repéré de loin. J’ai eu pitié de lui en raison d’une marque de peinture annonçant (peut-être) son prochain abattage. Je m’approche. Campe mes deux pieds sur le sol souple. Redresse le buste. Pose délicatement mes mains sur ses hanches, comme une première danse timide. Puis je penche mon front contre lui. Et j’attends. Ouvrant les yeux de temps en temps, pour observer le décor de sa vie. Me voilà en empathie avec un arbre !
Pour le reste, pas de révélation arboricole. Certes, je suis d’une nature sceptique. Mais même mes camarades du jour, de meilleure composition, ne prétendent pas à l’expérience symbiotique. Je rentre à Lyon, « plus zen » que d’ordinaire, me taquine un proche. Voilà donc le « bénéfice » vanté par notre guide, me dis-je en regardant ma compagne se préparer à partir pour sa séance de méditation « en pleine conscience ». « Se relaxer en silence, en laissant son esprit voleter entre un bruit, une odeur, une sensation. C’est ce que tu as fait aujourd’hui », me fait-elle remarquer. Exact. Une dernière inspection s’impose. Aucune tique à signaler. Une journée sympathique, décidément.*
Bénévent Tosseri, La Croix du 8 août 2018, dans une série « On va (presque) tout essayer ». On ne peut que s’étonner de la faiblesse des argumentations et du manque de recul critique de ce quotidien chrétien en ces matières…
Le Shinrin-yoku
Une pratique de santé anti-stress venue du Japon. A l’image des bains de mer, prendre un « bain de forêt » consiste à se rendre dans un environnement peuplé de grands arbres (bois ou parcs arborés) et de s’y plonger en sollicitant ses cinq sens. Cette pratique est née au Japon, un pays où l’amour et le respect de la nature sont très ancrés dans la culture. Tout a commencé dans les années 1980, lorsque le stress est devenu un problème de société majeur : l’agence nationale des forêts nippone a alors lancé une grande campagne invitant la population à aller se ressourcer au contact des arbres. L’expression « Shinrin yoku » est née, shinrin signifiant forêt et yoku ce qui enveloppe, d’où la traduction « bain de forêt ».
Aujourd’hui au Japon, une soixantaine de centres de « sylvothérapie » (la thérapie par les arbres) certifiés existent et environ 5 millions de personnes les fréquentent chaque année. Des consultations en « médecine de la forêt » sont même proposées : on y évalue par exemple l’évolution du niveau de stress en mesurant la tension artérielle des patients avant et après l’immersion en forêt.
Les bénéfices allégués de la sylvothérapie. A partir des années 2000, un médecin, le Dr Qing Li, a orchestré de nombreuses recherches portant sur les effets du Shinrin yoku sur la santé. Pour les diffuser auprès du grand public, il en a fait la synthèse dans un livre, Shirin yoku- L’art et la science du bain de forêt, qu’il est venu présenter en France au printemps 2018. Que montreraient ces différents travaux prétendûment scientifiques ?
Tout d’abord, les bains de forêt font chuter le taux de cortisol (hormone du stress) et la tension artérielle. En particulier, la zone du cerveau correspondant aux ruminations est désactivée. Ainsi, la sylvothérapie agit donc non seulement sur le stress mais aussi sur l’anxiété. De plus, les bains de forêt agissent au niveau cellulaire sur le fonctionnement du système immunitaire : l’immersion en forêt constitue donc une pratique idéale pour se préparer aux épidémies hivernales. Troisième grand bénéfice : des études ont montré que le simple fait de marcher en forêt améliorait l’intuition, la concentration et l’imagination.*
« Comment pratiquer le Shinrin Yoku ? Toute comme la méditation de pleine conscience ou mindfulness, l’un des objectifs est d’être pleinement dans l’instant présent, dans l’Ici et maintenant. Oubliez le temps et les soucis. Videz-vous l’esprit. Promenez-vous sans but en vous concentrant sur votre marche, votre respiration, le chant des oiseaux, le bruit des feuilles, les rayons du soleil, les jeux d’ombre et de lumière, les odeurs … Faites fonctionner vos 5 sens : vue, ouïe, odorat, toucher … Pourquoi pas faire une pause et déguster un goûter en pleine conscience également. Faites l’expérience de ce que les Japonais appellent le yugen, la magie de ne faire qu’un avec le monde qui vous entoure. Vous ressentirez les effets bénéfiques de votre séance de shinrin yoku dès 15 minutes de balade et ceux-ci pourront durer plusieurs semaines. Renouvelez idéalement l’expérience une fois par semaine. »*
Le "Nouvel âge" est une approche globale, holistique et spiritualiste du monde, où le corps, l’âme, l’esprit et le cosmos sont liés. Alors que cette mouvance née dans les années 1960 connaît un regain de popularité, à quoi répond vraiment ce retour du spirituel ? Comment lutter contre ses dérives ?
Développement personnel, retour à la nature, médecines alternatives… Depuis une dizaine d’années, la mouvance New Age, issue de la contre-culture américaine des années 60, fait son grand retour dans la vie de millions de Français.
Mouvement riche, éclectique, parfois utile et positif, il est également porteur de dérives. Et notamment de dérives sectaires.
En effet, selon la Mission interministérielle de vigilance et de
lutte contre les dérives sectaires, la Miviludes, 40% des signalements
reçus en 2020 concernaient des questions de santé ou de bien-être. Une
tendance révélée et accélérée par la crise sanitaire… mais qui la
précédait largement.
Car à en croire bon nombre d’associations et d’acteurs de terrain,
cela s’expliquerait notamment par la diffusion de la mouvance « New Age ».
A la frontière entre le spirituel et le bien-être, à quoi répond cette
nouvelle idéologie du sacré ? Doit-on se méfier de cet ésotérisme
contemporain vendeur et ultra-connecté ? A quel point doit-on redouter
les dérives sectaires qui lui seraient liées ?
Autant de questions dont nous allons débattre pendant 45 minutes avec nos trois invités.
Nous recevons Pascale Duval, porte-parole de l’Unadfi, Raphaël Liogier, sociologue et philosophe, et Jean-Baptiste Malet, journaliste, auteur et documentariste.