Le mensonge est l’un des péchés les plus graves, l’un de ceux que le Christ a régulièrement condamnés tout au long de sa vie publique, avec ses multiples variantes que sont l’hypocrisie, la fausseté, la duplicité, la dissimulation, etc. Dans un premier livre intitulé « Maria Valtorta, l’Evangile dévoyé » j’ai exposé plusieurs points interdisant de penser que son œuvre majeure « L’Evangile tel qu’il m’a été révélé » puisse venir de Dieu, mais sans vraiment chercher à comprendre sa véritable nature.
Aujourd’hui après avoir continué à creuser le sujet m’est apparue une réalité qui ne m’avait pas frappé au premier abord : l’omniprésence du mensonge, non seulement chez ceux qui font la promotion de l’oeuvre, mais au cœur même de l’ouvrage. Ce livret passe d’abord en revue quelques uns des gros mensonges régulièrement proférés par ceux qui font la promotion de ce pseudo « Evangile », particulièrement en ce qui concerne sa soi-disant perfection sur les plans scientifique et historique.
Il montre aussi que le mensonge est également présent dans l’ouvrage lui-même puisque le « Jésus » qu’entend la visionnaire n’hésite pas à expliquer des contradictions entre l’ « évangile » de Maria Valtorta (EMV dans la suite) et l’évangile de Jean par des mensonges qu’aurait faits l’évangéliste, mensonges qui seraient la conséquence de sa profonde humilité et qu’il nous demande d’admirer.
Enfin ce petit livre démonte la légende d’une immersion dans la vie publique du Christ avec ses dialogues authentiques en mettant en évidence la présence de Maria Valtorta dans leur rédaction.
Chapitre 1 : Quelques gros mensonges de la propagande valtortienne — Une rédaction d’un seul jet et sans ratures — Plus de 20000 détails vérifiés exacts — Aucune erreur scientifique dans l’oeuvre
Chapitre 2 : Pratique et éloges du mensonge dans l’oeuvre — Des manipulations — Des éloges du mensonge
Chapitre 3 : L’immersion dans la vie publique du Christ, une légende — Des modes d’expression communs à tous — La place de Maria Valtorta dans la rédaction de l’oeuvre — Un exemple de paroles inauthentiques : les lamentations de la Vierge
Bizarre, le nouveau président argentin l’est entre autres dans son rapport à la spiritualité et à l’ésotérisme. Formé sur les bancs d’une école catholique de la ville de Buenos Aires (le colegio Cardenal Copello) dans les années 1980 et 1990, Milei se serait rapproché de l’univers paranormal à la suite d’une crise personnelle liée à la mort de son chien en 2017. C’est dans ce contexte qu’il fait cloner ce dernier par une entreprise privée états-unienne, tout en cherchant à entrer en contact télépathique avec lui. Il fait ainsi la rencontre d’une medium, Celia Melamed, « spécialiste » de la communication inter-espèces, qui lui permet de maintenir le dialogue avec son animal de compagnie décédé et de communiquer, par cette voie interposée, avec d’autres de ses idoles décédées, dont les penseurs libertariens Ayn Rand et Murray Rothbard. Selon le journaliste et biographe de Milei, Juan Luis González, celui-ci aurait même affirmé avoir rencontré Dieu par ce biais : c’est suite à cette apparition divine qu’il aurait fait le choix de se lancer en politique en 2020.
En parallèle, sa sœur Karina (surnommée « El Jefe » [le chef]) se forme auprès
de Celia Melamed, et acquiert elle aussi une expertise en occultisme, prodiguant ses
oracles à son frère Javier. Elle devient dès lors la principale conseillère du candidat
Milei, celle qui filtre l’accès au premier cercle de ses fidèles et qu’il compare au
prophète Moïse dans nombre de ses discours : Karina Milei est d’ailleurs pressentie
pour occuper le poste de Secrétaire Générale de la Présidence à partir du 10 décembre
2023, jour de la passation des pouvoirs2.
À cette spiritualité ésotérique du candidat Milei s’est ajoutée plus récemment une nouvelle composante : celle d’une supposée conversion au judaïsme, entamée autour de 2021 auprès d’un rabbin de la communauté juive marocaine d’Argentine, et ponctuée de visites sur la tombe du rabbin Schneerson, dernier héritier de la dynastie hassidique des Loubavitch, enterré à New York3. La combinaison de ces différentes affiliations peut paraître rocambolesque : sans doute peut-elle être renvoyée aux formes syncrétiques plus générales du new age contemporain.
Mais cette centralité nouvelle du spirituel et du paranormal dans la politique
argentine renvoie tout autant à quelques phénomènes marquants de l’histoire récente
du pays. Ce n’est pas la première fois que des diseurs de bonne aventure occupent les
fauteuils de la Casa Rosada [Maison Rose], le palais présidentiel argentin. Le pays a
connu, de ce point de vue, un précédent célèbre et influent : lors du retour du général
Perón à la présidence en 1973, après 18 années d’exil, son secrétaire personnel José
López Rega est nommé ministre du Bien-Être Social. Surnommé « El Brujo » [le sorcier]
pour ses affinités avec le spiritisme et l’astrologie4, López Rega, également membre de
la loge maçonnique anticommuniste Propaganda Due (P2), est à l’initiative de la
création en novembre 1973 de l’Alianza Anticomunista Argentina (AAA), une milice
para-policière qui multiplie les assassinats d’opposants dans les années qui suivent.
Cette figure intrigante se situe au centre d’une théorie conspirative, alors très
diffusée parmi les péronistes de gauche auxquels il s’oppose : la théorie du cerco
[clôture], selon laquelle López Rega aurait isolé et manipulé le président Perón
vieillissant et malade du reste de son entourage, favorisant ainsi une dérive autoritaire
et la persécution de certains de ses fidèles. Avec le décès de Perón en juillet 1974 et
l’accession à la présidence de son épouse et vice-présidente, l’influence du Brujo dans
l’appareil gouvernemental devient encore plus centrale, jusqu’à ce qu’il tombe en
disgrâce un an plus tard. La centralité qu’acquiert le paranormal avec l’accession de
Milei à la présidence peut ainsi être vue comme une réédition de cet épisode, déroutant
mais central, de la politique institutionnelle argentine5. Plus près de nous, elle évoque
également l’influence intellectuelle acquise par l’astrologue Olavo de Carvalho sous la
présidence de Jair Bolsonaro au Brésil6.
À cet épisode ponctuel peuvent être ajoutées d’autres manifestations, éparses, moins déterminantes mais néanmoins significatives, des rapports à l’au-delà dans l’histoire politique récente du pays, mêlant cadavres profanés et soucoupes volantes. En 1952, quelques semaines avant son décès, Eva Perón (deuxième épouse du général Perón) est déclarée Cheffe Spirituelle de la Nation par le congrès argentin. À sa mort, son corps est immédiatement empaillé pour être exposé dans un mausolée public en projet : le coup d’État de 1955 viendra déjouer ces plans, et la dictature qui s’installe alors fait disparaître le cadavre. Celui-ci voyage de cachette en cachette, en Argentine puis en Italie, faisant l’objet de diverses mutilations, avant d’être finalement restitué et enterré en grande pompe dans la ville de Buenos Aires en 19747. Le cadavre de Juan Perón lui-même a fait l’objet de profanations du même ordre : ses mains, coupées et volées en 1987, ont fait l’objet d’une demande de rançon anonyme à l’époque, et n’ont jamais été retrouvées à ce jour8. Ces différents exemples attestent d’une présence politique du paranormal dans l’Argentine récente, qui ne se limite d’ailleurs pas au péronisme : sur un mode moins macabre, le dirigeant trotskyste Juan Posadas est également connu pour ses théories farfelues proposant une conception matérialiste des soucoupes volantes et de la vie extraterrestre9.
« La victoire dans la bataille ne dépend pas du nombre de soldats, mais des forces qui viennent du Ciel » : cette phrase répétée à maintes reprises pendant la campagne du candidat Milei, reprise par ses militants et dans son merchandising, renvoie certes au Livre biblique des Maccabées, dont elle est extraite, mais elle fait aussi écho, plus largement, à l’intrigante histoire argentine des rapports politiques à l’au-delà.
1 Juan Luis González, El loco: La vida desconocida de Javier Milei y su irrupción en la política argentina (Buenos Aires: Planeta, 2023). 2 « Karina Milei se reunió con Julio Vitobello en Casa Rosada para ordenar la transición », El Cronista, 25 novembre 2023, https://www.cronista.com/economia-politica/karina-milei-se-reunio-con-julio- vitobello-en-casa-rosada-para-ordenar-la-transicion/. 3 Agustina Said, « La comunidad judía ortodoxa argentina, desconcertada por los gestos religiosos de Milei », elDiarioAR.com, 2 décembre 2023, https://www.eldiarioar.com/politica/comunidad-judia- ortodoxa-argentina-desconcertada-gestos-religiosos-milei_1_10737489.html.
4 Il a notamment publié un traité de près de 700 pages intitulé Astrología esotérica en 1962. 5 Marcelo Larraquy, López Rega: la biografía (Buenos Aires: Sudamericana, 2004). 6 Bruno Meyerfeld, « Au Brésil, le président, les militaires et l’astrologue », Le Monde, 27 mars 2020, https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/27/bresil-le-president-les-militaires-et-l- astrologue_6034665_3210.html.
7 Veronica Smink, « El extraordinario y macabro destino del cuerpo de Eva Perón tras su muerte », BBC News Mundo, 26 juillet 2022, https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-62185500.
ZS8 Rosana Guber, « Las manos de la memoria », Desarrollo económico 36 (1996): 423-42. 9 A.M. Gittlitz, I Want to Believe: Posadism, UFOs and Apocalypse Communism (London: Pluto Press, 2020).
Javier Milei entend des voix et parle à son chien disparu
Une personne m'interrogeait par mail : "Pouvez vous , s’il vous plaît , m’éclairer concernant cette prière à Sainte Rita ? ", me transmettant en pièce jointe la prière que vous trouverez plus bas dans cet article. En fait, ces chaînes de prière déposées dans nos églises, ces diaporamas ou pièces-jointes reçues dans nos mails, c'est une entreprise de perversion de la vraie prière chrétienne... En voici plusieurs exemples.
Regardez la photo, dites la prière, et faites un souhait !
Deux phénomènes mystiques hors du commun divisent aujourd’hui le monde catholique : les visions de la vie de Jésus en Palestine de Maria Valtorta (publiées en dix gros volumes sous le nom de « l’Evangile tel qu’il m’a été révélé ») , et les apparitions attribuées à la Vierge Marie, « la Gospa », à Medjugorje .
Curieusement ces deux manifestations revendiquées par leurs admirateurs comme d’origine divine sans que l’Église ne les aient jamais reconnues comme telles ont de nombreux points communs. Toutes deux sont ce que l’on appelle des «prodiges», des phénomènes si extraordinaires qu’il semble en effet tentant de les attribuer à Dieu. Pourtant le Christ lui même nous affirme (Mt 24,24) que les prodiges ne viennent pas tous du Ciel : « En effet de faux messies et de faux prophètes se lèveront et produiront des signes formidables et des prodiges, au point d’égarer, s’il était possible, même les élus ». Il est surprenant que pareil avertissement du Seigneur soit si facilement oublié.
Les deux manifestations ont aussi en commun d’être une parodie d’événements reconnus. Si les défenseurs de Medjugorje présentent ces apparitions comme une continuation de Fatima, c’en est plutôt la caricature. Il avait été confié aux voyants de Fatima un secret en trois parties. Ici six voyants ont reçu ou doivent recevoir chacun individuellement dix secrets ! Le célèbre miracle de Fatima avait été annoncé aux enfants trois mois plus tôt et s’est produit en effet à la date indiquée devant une foule immense venue spécialement pour y assister. A Medjugorje un miracle permanent « le Grand Signe » a été annoncé dès le début des apparitions pour « bientôt, très bientôt » mais on l’attend toujours plus de quarante ans plus tard. Quant aux écrits de Maria Valtorta ils semblent avoir pris pour modèle le « Petit Journal » de Sainte Faustine, auquel ses promoteurs le comparent volontiers : Jésus disait à Sœur Faustine « Tu es la secrétaire de ma Miséricorde », les admirateurs de Maria font d’elle « le porte-plume de Dieu »…
L’Unité est un très bel idéal que tous cherchent depuis toujours. Le psaume 121 chantait la joie de monter vers le Temple de Jérusalem, « ville où tout ensemble ne fait qu’un. » Et Jésus, avant de vivre positivement sa mort, ne pensant même pas à lui mais à ses apôtres, leur livra le fond de son cœur : « Que tous soient Un. »
Beaucoup depuis lui ont emboîté le pas en promouvant une spiritualité de l’Unité. Le Concile Vatican II (1962-1965) présente l’Eglise en citant saint Cyprien (+258) : « un peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint. »
C’est vrai, c’est bon, c’est beau. A cette précision essentielle près de tenir compte de l’altérité, et donc de la diversité, dans l’unité. Je reprends la belle formulation qu’en a faite le jeune dominicain David Perrin dans une homélie de l’an dernier :
« Le Père et le Fils sont l’un dans l’autre, certes, mais ils ne sont pas, de manière indistincte, l’un ou l’autre, l’un et l’autre. Autre est le Père, autre est le Fils, mais ils ne sont pas autre chose. »
C’est un des fondements de la foi chrétienne que l’Église a trouvé au cours des siècles en méditant le mystère de la Trinité et celui de la vraie personnalité, à la fois humaine et divine du Christ. Le Concile de Chalcédoine (451) a donné les termes définitifs. Il faut tenir l’ensemble « sans confusion… ni division ».
Au milieu du siècle dernier a surgi dans l’Église un de ces mouvements qui a soulevé des foules de chrétiens et que la hiérarchie s’est empressée d’accueillir : le mouvement des Focolari fondé par la célèbre (et célébrée) Chiara Lubich (+2008). La beauté de l’Unité était proposée en tête de gondole. C’était fabuleusement attirant.
Mais voilà qu’un théologien plus regardant que les évêques et les cardinaux, le père jésuite Jean-Marie Hennaux, a trouvé une brèche dans ce bel ensemble, une faille digne de celle de San Andreas qui pourrait engloutir toute la Californie. Il l’a appelée : l’Unité par absorption.
Quelques extraits seulement d’une lettre de Chiara Lubich du 23 novembre 1950 donnent une idée de la gravité du trou dans la gondole qui finira par faire couler la si belle tête de proue qu’est l’Unité :
« Chaque âme des Focolari doit être une expression de moi et rien d’autre… Leur attitude devant moi doit être un rien d’amour qui appelle mon amour… S’ils sont différents, je les abandonne… L’Unité est donc l’Unité et une seule âme doit vivre : la mienne, c’est-à-dire celle de Jésus parmi nous, qui est en moi. »
Comment ont fait les plus hauts responsables de l’Église pour ne pas s’apercevoir de cette hérésie ? Je n’en sais rien. Sans doute comme tous les autres grands mouvements spirituels dont les failles sont mises à jour depuis la mise en cause des Légionnaires du Christ et dont la liste ne cesse de s’allonger. Ils coulent les uns après les autres.
C’est pourtant simple. On a le remède dans la Tradition : l’Unité oui, mais sans confusion ni séparation. L’Esprit-Saint qui a toujours la solution avait déjà donné la réponse : c’est Lui qui fait l’unité dans la diversité et à partir de la variété. La phagocytose n’est bonne et utile qu’en biologie. Dans la spiritualité, « l’unité par absorption » est une monstruosité théologique qui cause des dégâts irréparables.
Aucun chrétien ne peut reprendre à son compte l’expression du chevalier de Hadoque dans « Le trésor de Rackham le Rouge » dans les Aventures de Tintin par Hergé : « Que le grand Cric me croque ! » Ce cri n’est que pour les perroquets de la forêt qui seuls peuvent le transmettre à travers les siècles.