« Féminin sacré » : les dérives sectaires d’une pratique controversée

Retrouver le pouvoir perdu des femmes à travers les cartes, les pierres ou encore les plantes, c’est ce que promet le féminin sacré. Le problème : en promettant de se reconnecter à sa « nature profonde de femme », le féminin sacré fait parfois la promotion de pratiques thérapeutiques non réglementées, aussi dangereuses qu’onéreuses.

Très excellent reportage !

Sorcellerie moderne : les militantes féministes

Une nouvelle sorte de sorcières, ni vieilles, ni moches, ni cruelles. Incarnation d’une nouvelle génération, ces jeunes femmes revendiquent la puissance de la féminité et une approche de la magie toujours bienveillante. On pourrait croire qu’il s’agit du dernier truc à la mode, mais il y a des signes qui ne trompent pas. Les rayons des librairies se sont étoffés de nouveaux ouvrages sur les spiritualités alternatives, les boutiques de magie commencent à essaimer chez nous et il suffit de cliquer « sorcières » sur Instagram pour tomber sur des influenceuses et auto-entrepreneuses d’un genre nouveau.

En somme, l’engouement pour ces nouvelles sorcières répond à de nombreuses interrogations de notre temps : développement personnel, retour à la nature, rituels, attrait des médecines alternatives. Et puis, il y a aussi le message féministe que délivrent ces jeunes femmes : alors qu’on brûlait autrefois les accusées de sorcellerie, elles veulent aujourd’hui rendre justice à la féminité. Leur charme opère particulièrement auprès de la génération MeToo, dont elles sont un emblème féministe, de femmes puissantes et émancipées. C’est un reportage de Mathias Tuosto et Christophe Ungar.

Signalons encore que de récentes études menées en Suisse confirment l’attrait pour des formes de spiritualité qui s’affranchissent des religions traditionnelles. Ainsi, entre 1970 et 2014, le nombre de catholiques a baissé de 20% et celui des protestants a baissé de moitié. La proportion de personnes se disant « sans confession » a considérablement augmenté, passant de 1,2% à 22% entre 2012 et 2014. Une autre recherche menée en Suisse révèle qu’en 2011, 9% de la population suisse, dont une majorité de femmes, adoptait des pratiques dites plus « spirituelles » que religieuses. En 2015, ce chiffre a augmenté à 13,4 %, une forte croissance sur quelques années.

Un reportage de Christophe UNGAR et Mathias TUOSTO. Sur le site de Temps Présent https://www.rts.ch/play/tv/emission/t… Depuis avril 1969, Temps Présent est LE magazine d’information de référence de la @RadioTelevisionSuisse.

Lecture de cristaux, célébration des astres… La mouvance «féminin sacré», entre spiritualité et dérive sectaire

Déesses  intérieures, cercles de parole, rituels… Entre spiritualité et  développement personnel, des coachs et influenceuses inculquent aux  femmes une reconnexion avec leur supposée puissance intérieure. Une  théorie qui suscite l’inquiétude des autorités.

Un dossier du Parisien, par Par Paméla Rougerie et Marie Campistron

Depuis six mois, Théo (les prénoms des témoins ont été changés), 25 ans, cherche à comprendre. Un soir de juillet, Coline, sa petite amie, a brutalement acté la fin de cinq ans de relation. « J’ai un chemin et tu n’en fais pas partie », a-t-elle proclamé au téléphone, garée sur une aire d’autoroute. Sans autre explication. Elle rentrait alors d’un stage de quatre jours aux côtés de Malory Malmasson, une thérapeute « psychoénergéticienne ».

Théo pense deviner la raison de leur rupture : la lente « descente » de Coline, durant trois ans, dans la mouvance du « féminin sacré ». Il a vu sa compagne, artiste de formation, en proie à de constantes crises d’angoisse, dues à des obsessions culpabilisantes. Elle surveillait quotidiennement son « taux vibratoire », une obscure unité de mesure de son énergie, de sa positivité, et de sa productivité.


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Elle faisait peu à peu le tri dans son entourage, écartant ceux dont elle jugeait le « taux » trop bas. Elle croyait également en la loi de l’attraction : si on subissait une expérience négative dans sa vie — y compris un viol —, c’était parce qu’on « envoyait dans le monde » une énergie du même acabit.

Rythme lunaire, célébration des plantes et des astres

Au croisement de la spiritualité et du développement personnel, le « féminin sacré » décrit une énergie, un soi-disant pouvoir inné des

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Panorama du néopaganisme mondial

… entre spiritualité et politique

par Maria Canora

Les sorcières et les druides, les dieux nordiques et grecs, la magie et l’occultisme. Au cours du XXe siècle, divers mouvements religieux sont apparus à la recherche d’une nouvelle identité. Les néopaganismes ont construit des spiritualités alternatives en faisant appel aux racines païennes de leurs ancêtres. Ces mouvements se sont diversifiés et se sont rapprochés de différents courants politiques : depuis la défense du féminisme et de l’environnement en réinterprétant l’histoire des sorcières, jusquau soutien des théories nazies de supériorité raciale et au positionnement aux côtés de l’ultra-droite. María Canora raconte cette histoire dans cet article publié dans « El Orden Mundial » (Traduction : D. Auzenet, avec Linguee).

Les religions ont essayé de donner un sens à ce que les êtres humains ne peuvent pas comprendre. Ils ont donné des réponses à la création de l’univers, à la mort, à l’être, aux phénomènes naturels et au cycle de la vie. Ils ont gouverné et contrôlé des sociétés, établi des codes de conduite et d’éthique, sacralisé des lieux et des rites. Les religions ont évolué au fil des siècles ainsi que les modèles politiques, économiques et sociaux, jouant un rôle fondamental dans l’exercice du pouvoir.

Les premières religions étaient animistes, dans lesquelles tous les éléments et phénomènes naturels avaient une âme ou un principe vital. Les religions ultérieures ont pris un caractère chamanique, où les prêtres et les chamans pouvaient communiquer avec les esprits de la nature par un état de conscience altéré. Plus tard, dans de nombreuses civilisations anciennes, les religions ont évolué vers le polythéisme, avec des dieux organisés de manière hiérarchique et familiale selon leurs capacités. Enfin, la dernière forme de développement des religions a été le monothéisme, qui vénère un seul Dieu créateur.

Pendant des siècles, les religions monothéistes abrahamiques — le christianisme, le judaïsme et l’islam — et les religions dharmiques — le bouddhisme et l’hindouisme — se sont développées et consolidées comme les cultes majoritaires dans le monde, parfois violemment. Mais certains cultes ancestraux ont survécu, comme les religions des peuples indigènes en Amérique ou le vaudou et le yoruba en Afrique. D’autres se sont fondus dans des syncrétismes comme la Santeria à Cuba ou le Candomblé au Brésil. Cependant, la plupart des anciennes religions se sont dissoutes dans la culture populaire, le folklore et la mythologie.

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