Déesses intérieures, cercles de parole, rituels… Entre spiritualité et développement personnel, des coachs et influenceuses inculquent aux femmes une reconnexion avec leur supposée puissance intérieure. Une théorie qui suscite l’inquiétude des autorités.
Un dossier du Parisien, par Par Paméla Rougerie et Marie Campistron
Depuis
six mois, Théo (les prénoms des témoins ont été changés), 25 ans,
cherche à comprendre. Un soir de juillet, Coline, sa petite amie, a
brutalement acté la fin de cinq ans de relation. « J’ai un chemin et tu
n’en fais pas partie », a-t-elle proclamé au téléphone, garée sur une
aire d’autoroute. Sans autre explication. Elle rentrait alors d’un stage
de quatre jours aux côtés de Malory Malmasson, une thérapeute « psychoénergéticienne ».
Théo
pense deviner la raison de leur rupture : la lente « descente » de
Coline, durant trois ans, dans la mouvance du « féminin sacré ». Il a vu
sa compagne, artiste de formation, en proie à de constantes crises
d’angoisse, dues à des obsessions culpabilisantes. Elle surveillait
quotidiennement son « taux vibratoire », une obscure unité de mesure de
son énergie, de sa positivité, et de sa productivité.
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Elle
faisait peu à peu le tri dans son entourage, écartant ceux dont elle
jugeait le « taux » trop bas. Elle croyait également en la loi de
l’attraction : si on subissait une expérience négative dans sa vie — y
compris un viol —, c’était parce qu’on « envoyait dans le monde » une
énergie du même acabit.
Rythme lunaire, célébration des plantes et des astres
Au croisement de la spiritualité et du développement personnel, le « féminin sacré » décrit une énergie, un soi-disant pouvoir inné des
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