Un article de Sandro Magister, sur le site diakonos.be, le 20 nov. 2023 :
Du triomphe au désastre. Les cinq écueils des communautés nouvelles
Il était une fois les communautés nouvelles. Oui, celles-là mêmes qui
avaient été triomphalement convoquées par Jean-Paul II le jour de la Pentecôte
1998. Il voyait en elles les « expressions providentielles du nouveau
printemps suscité par l’Esprit avec le Concile Vatican II ». Toutes au
service direct du Pape et libérés des tracasseries des diocèses, afin
que l’Église puisse refleurir dans le monde. Opus Dei, Focolari,
Légionnaires du Christ, Communion et Libération, Communauté de
Saint’Egidio, charismatiques, chemin néocatéchuménal, et bien d’autres
encore, diverses et variées.
Mais aujourd’hui, le printemps a fait place à une saison sombre et
orageuse. Après le triomphe, le désastre. Effondrements numériques,
décompositions, scandales intolérables, fondateurs idolâtrés se révélant
être des abuseurs de l’esprit et du corps de leurs adeptes, victimes
innombrables trahies dans leur confiance.
Pourtant, les signaux d’alarme n’ont pas manqué. En 2004, « La Civiltà Cattolica », la revue des jésuites de Rome publiée avec l’imprimatur des plus hautes autorités vaticanes, publiait un éditorial de son rédacteur-vedette, Giuseppe De Rosa, mettant en garde contre les « dangers » identifiés dans de nombreux mouvements.
L’article de Sandro MAGISTER du 20 novembre 2023 sur « les cinq écueils des communautés nouvelles », après la publication du livre de Giorgio RONZONI sur « les sectes sœurs » fera date.
Ce texte largement diffusé
ressemble fort à une condamnation en bonne et due forme des
communautés dites « nouvelles » ou, pour le moins, une
façon élégante de leur asséner un fameux coup de boutoir tant la
personne de son auteur est reconnue dans les milieux ecclésiaux
comme une référence incontournable.. Ces communautés se sont
qualifiées ainsi et le vocable leur est resté même si leur
nouveauté s’est quelque peu émoussée après un bon demi-siècle
d’existence. Elles avaient fait naître une espérance sur les
décombres de l’Action Catholique, mais il aura fallu cette longue
période pour reconnaître la supercherie. S’en apercevoir,
beaucoup avaient déjà fait ce chemin intellectuel, mais reconnaître
les abus était chose déjà plus difficile et les dénoncer c’était
s’exposer contre la pensée dominante. C’était donc risqué.
Le reproche que l’on pourrait faire à l’article de Sandro MAGISTER c’est son caractère trop intellectuel, la présentation trop exclusive d’arguments « de raison ». Pour nous qui, depuis fort longtemps n’étions pas dupes de ces mouvements, il manque tout simplement une condamnation de ces mouvements pour des raisons morales : le motif de supercherie et de suffisance.
Supercherie dans l’appropriation (j’allais écrire l’instrumentalisation) de l’Esprit Saint au profit des susdits mouvements. Mais peut-on instrumentaliser l’Esprit de Dieu ?
Ce serait bien audacieux ! Il leur a été bon en tout cas de se l’approprier, de garantir haut et fort sa présence parmi eux. Il leur suffisait de dire qu’ils étaient réunis en son nom. C’était automatique, ils l’invoquaient, disaient-ils. Nous dirions plutôt qu’ils le convoquaient pour s’attribuer ses dons et ses pouvoirs. L’Esprit était là avec eux, immanquablement présent : c’était garanti. Ils s’arrogeaient ainsi une compétence universelle leur permettant de traiter avec suffisance de multiples situations et de savoir les résoudre grâce cette aide spirituelle indiscutable. Il pouvait s’agir des cas de personnes malades avec ministère de guérison assuré, des cas de couples en difficulté avec conseils conjugaux garantis, de dirigeants de sociétés fatigués, de drogués, d’homosexuels, d’étudiants révisant leurs examens, de travailleurs humanitaires, de professionnels de santé, d’enseignants déconcertés, d’adolescents en recherche, de supérieurs de communautés religieuses, d’adultes en cheminement personnel, . Pour chaque catégorie professionnelle, pour chaque statut social, pour chaque état de vie, leurs clercs et leurs laïcs consacrés avaient réponse à tout et pouvaient jouer les intrus dans le for interne des personnes. Mais il était rarement question des pauvres… Tiens ! N’est-ce pas étrange ?
Comment s’en sortaient-ils ?
C’était très simple : faites des dons, disaient-ils. Encore
des dons. Toujours des dons… Vous aurez un crédit d’impôt…Vous
avez droit à 66%. Et les bons paroissiens de les suivre…
Quoiqu’ils n’aimassent pas trop
les jésuites, ces derniers temps ils avaient tous découvert les
méthodes ignatiennes, la spiritualité ignatienne, les récollections
ignatiennes et ils croyaient tous utile de s’en prévaloir :
c’était porteur comme était porteuse également la promesse de
guérison. Même si vous vous portiez bien il leur importait d’abord
de vous démontrer que vous aviez besoin d’être soulagé, guéri,
libéré, et, pour cela, de leur faire confiance. Etaient-ils
missionnaires ? A les en croire, sous le pontificat de Benoît
XVI, ils s’étaient portés en avant : « la nouvelle
évangélisation, c’est nous. On sait faire ». Sous le
présent pontificat c’est différent : finie l’action
missionnaire, on est devenu influenceur. C’est plus tendance…
Mais l’Esprit dans tout ce tintamarre ? L’Esprit qui garantissait leur charisme et le mieux-être tout comme on appose des labels « qualité » sur des produits électroménagers. Agissait-il vraiment ? Faisait-il son choix ?
Il est fort probable que tout ce
bruit l’importunait. Dans un entretien à LA CROIX le 12 juillet
2021 Elyane CASALONGA insistait sur le fait qu’il fallait écouter
le silence de Dieu : L’Ancien Testament en a eu l’intuition
dans un texte assez rare disait-elle, un texte, « qu’on
appelle la manifestation d’Elie à l’Horeb. Quand Dieu se
manifeste à Elie,
parce que précisément il ne lui parle pas, c’est par « une voix
de fin silence », ou « de silence subtil », que les exégètes
traduisent souvent par « le murmure d’une brise légère ». Mais
les mots hébreux ne parlent ni de brise ni de légèreté. Le texte
dit : « la voix de fin silence ». Et c’est quand Elie entend «
la voix du silence » qu’il reconnaît le passage de Dieu. C’est
un moment sommet de l’expérience d’Elie, et de la nôtre. »
Souhaitons donc que tous ces
mouvements autoréférentiels trop médiatisés découvrent enfin les
vertus du silence.
Responsable du Mouvement pour l’Intégration Spirituelle dans l’Absolu
Communiqué de presse du GéPS
Le Groupe d’étude du Phénomène Sectaire (GéPS), a appris dans la journée l’arrestation du gourou Gregorian Bivolaru, responsable du Mouvement pour l’Intégration Spirituelle dans l’Absolu (MISA), et de 41 de ses fidèles sur le territoire français ce matin, mardi 28 novembre.
Des
membres du GéPS étudiaient ce mouvement depuis près de 12 ans maintenant. Solidement
implanté dans l’hexagone depuis le milieu des années 2000, il avait su développer
tout un réseau d’activités, tantriques notamment, dont nombre d’entre elles ont
conduit à des abus sexuels répétés.
Très méfiant, le mouvement prenait soins à ce qu’il il n’y ait aucune victime française, et donc aucune plainte en France, rendant la possibilité d’investigations difficile.
Le gourou
faisait cependant venir de jeunes adeptes des quatre coins du monde, Australie,
Argentine, Grande-Bretagne, Pologne, Finlande, etc. pour les abuser sous
couvert d’initiations fleuves, dans une garçonnière de la rue Paul Klee, dans
le 13ème arrondissement de Paris.
Le nombre
de victimes devenant de plus en plus important, le GéPS a pu entrer en contact
avec une 12aine d’entre elles à partir de 2020-21, et recueillir leurs
témoignages provenant de différents continents.
Toutes décrivaient
une même procédure solidement éprouvée, où elles sont prises en charge dès leur
arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle par un chauffeur du mouvement, qui leur
masque les yeux avec des lunettes noires bourrant de papier l’espace entre leur
visage et les verres, avant de leur recouvrir la tête d’un bob de pêcheur, leur
ordonnant de baisser la tête entre les sièges du véhicule pour ne rien voir du
trajet.
Dans le même
temps leurs passeports et leurs téléphones portables étaient confisqués, avant
un premier voyage de 90 minutes environ, les conduisant dans une imposante
villa de Villiers-sur-Marne, pouvant accueillir plus de 50 femmes.
Là, les
futures victimes y sont conditionnées avec des régimes alimentaires particuliers,
des pratiques sexuelles déviantes, des lectures obligatoires, la vision de
vidéos problématiques, et avec l’idée toujours renforcée d’une adulation du
gourou en vue de le rencontrer. Les pratiques sexuelles servant d’alibi à un soi-disant
développement personnel.
Après 10-15
jours d’un tel conditionnement et lavage de cerveau, l’adepte féminine est de
nouveau masquée pour-être conduite rue Paul Klee dans le 13 arrondissement, où elles
sont férocement abusées des heures durant.
Après cela
, les moins affectée des victimes passeront 24-48 heures dans des appartements des
tours du Square Dunois, toujours dans le 13me arrondissement, avant de
reprendre l’avion pour leur pays d’origine.
Les plus
affectées, sont renvoyées dans la villa de Villiers-sur-Marne, pour une période
de « déchoquage » pouvant durer jusqu’à deux semaines, avant de
repartir.
À ce
système malheureusement trop bien rôdé, il faut ajouter toutes sortes de trafics
sexuels et salons de massage à travers la France.
Le mouvement
étant particulièrement bien implanté sur Paris, Fontainebleau, Poitiers, Lyon,
et notamment sur toute la côte d’Azur et la région niçoise.
Les régions
parisienne et niçoise assurant également la logistique et la gestion pour l’ensemble
du groupe à travers la planète, présent dans plus de trente pays et revendiquant
plus de 30 000 adeptes.
Gregorian
Bivolaru a été arrêté lors d’une opération de grande ampleur contre son réseau.
175 policiers sont intervenus de manière simultanée à Paris, en Seine-et-Marne,
en Val-de-Marne et dans les Alpes-Maritimes. Au total, 41 personnes ont été
interpellées.
Gregorian
Bivolaru, est donc suspecté de «traite de personnes», «séquestration en bande
organisée», «viol» et «abus de faiblesse en bande organisée par des membres
d’une secte».
LES Approches d’une secte chinoise qui débarque en Europe
D. Auzenet
INTERVIEW
Comment avez-vous été
contacté ?
« Je
suis inscrit sur l’application mobile ‘Rosario’ pour prier
le chapelet permanent selon la méthode de bienheureuse Pauline
Jaricot. Une personne inscrite dans un groupe particulier ne priant
pas pendant 15 jours est remplacée par une autre personne.
C’est
ainsi qu’une personne se faisant nommer Marie a rejoint le groupe
et d’autres groupes dont je fais partie également. Dès son
arrivée, elle dépose un message reprenant le thème et des
réflexions sur le thème de la prière, accompagné d’un lien
WhatsApp pour rejoindre un groupe de réflexion sur les Écritures.
C’est
une sorte de hameçonnage
à partir d’un
réseau de prière ?
Oui.
J’ai suivi le lien, je suis entré en contact avec cette pseudo
Marie qui se nomme Claire. Elle a fait entrer dans la discussion
Alexandre et à eux deux, ils ont commencé à dévoiler
précautionneusement leur doctrine. Ils m’ont invité dans un autre
groupe WhatsApp pour approfondir toutes les notions vues sur « l’après
Jésus-Christ ».
Ils enseignent en commençant par dire que le fait d’être présent dans le groupe de réflexion nous différencie des autres car nous sommes appelés par le Seigneur. Les autres qui n’ont pas voulu répondre restent malheureusement dans le monde sous l’emprise de Satan. Les présentations tournent toujours autour du fait que nous serons sauvés du mal car nous avons répondu à la formation, et si on s’en éloigne c’est à cause de Satan qui nous rattrape et veut nous éloigner de Dieu Tout-Puissant.
Logo de la secte
Et
c’est quoi, l’après Jésus-Christ ?
Le
terme de Dieu Tout-Puissant devient un leitmotiv et les
distinctions voient progressivement le jour. Ils annoncent que Dieu a
un plan bien établi sur 6000 ans répartis en 3 ères
L’ère de la Loi où Dieu façonne l’humanité en lui donnant
des lois à suivre pour pouvoir évoluer
L’ère de la Grâce où Dieu s’incarne sous le nom de Jésus
pour racheter l’humanité de ses péchés
L’ère de Dieu Tout-Puissant où Dieu se réincarne pour la
deuxième fois afin de nous transmettre la nouvelle parole qui nous
sauvera, la parole de la vérité et seuls ceux qui entendront cette
parole seront sauvés car ils seront purifiés.
Voici l’enseignement de base avant de passer dans un autre groupe ou les réflexions sont supposées aller plus loin ».
NOTE SUR LES TROIS ÈRES
L’histoire
des 3 âges de l’humanité, ou des trois manifestations successives,
c’est une hérésie récurrente, dont le fervent créateur est
Joachim de Flore
Vous en trouvez trace aussi dans les écrits de Luisa Piccarreta, voir les livrets sur ce site sosdiscernement.org…
Pourquoi
êtes-vous resté dans le groupe ?
Je
vais vous dire la raison qui m’a fait persister à rester malgré le
fait que dès les premiers échanges de groupe je me suis aperçu des
dérives. Au départ, je voulais quitter et bloquer le compte
WhatsApp, mais il m’est venu à l’esprit la parabole de la brebis
égarée.
Je
ne savais pas comment faire pour empêcher ce recrutement parmi des
gens de bonne foi, mais n’ayant pas un sens critique suffisant pour
éviter de se faire égarer. C’est à force de prières, d’une part
pour me protéger et d’autres part pour savoir ce que je devais faire
que j’en suis arrivé au mail qui vous est parvenu ».
Ils
ont une infrastructure bien rodée
Claire
et Alexandre sont les recruteurs qui mettent en contact avec
des ‘frères’ qui sont sous la lumière de la vérité pour nous
enseigner les premiers principes. Ensuite, si les réponses sont
bonnes, nous entrons en contact avec d’autres personnes qui vont nous
encadrer, poursuivre notre formation, et nous rencontrer en
présentiel pour nous expliquer comment devenir missionnaire de
l’église de Dieu tout-puissant.
La
responsable de secteur est … (nom chinois), mais je ne l’ai pas
rencontrée et je n’ai pas l’intention de dépasser le stade du
contact virtuel. Les recruteurs et responsables sont d’origine
chinoise, travaillant et vivant à Paris ou banlieue Parisienne. Les
formateurs, eux, sont d’origines diverses.
Le
premier groupe de recrutement est très large puisqu’en fonction des
indicatifs de téléphone, on voit des gens venant de partout dans le
monde et c’est logique puisque le recrutement se fait via des réseaux
sociaux chrétiens. L’appartenance au groupe suivant se fait selon
des gens de la même région avec l’objectif de les rencontrer.
Les images m’ont fait penser aux dessins des Témoins de Jéhovah…
Non, il n’y a pas de véritable ressemblance avec les témoins de Jéhovah. Ces derniers prêchent la parole qui leur semble être vraie et incitent à quitter famille et amis qui ne veulent pas se convertir. De plus ils restent dans une ligne de pensée qui est celui du christianisme et veulent imposer leur propre compréhension des Écritures.
Les textes dans l’ensemble ont
une idée de fond qui tourne en rond comme pour perdre l’esprit de la
personne et un formateur reprend le texte et oriente la compréhension
en fonction des questions.
Et
quelle est cette idée de fond ?
L’église de Dieu tout-puissant se veut nouvelle. Elle provient du christianisme (pour mieux recruter et perdre les gens), mais elle abolit les deux « ères » précédentes (la Loi et la Grâce). Il faut accepter d’être purifié et être sous la soumission de Dieu tout-puissant.
Dieu
tout-puissant est en lutte contre Satan et agit pour sauver ceux qui
veulent le rejoindre et se soumettre. Ceux qui ne se soumettent pas
se perdent avec Satan, c’est la principale distinction qu’ils font
pour séparer les gens. Leur vision est binaire, dualiste, et donc
sectaire.
Toute ressemblance avec une religion connue
serait vraiment fortuite…
L’église de Dieu tout-puissant est universelle et il n’y aura plus aucune autre religion, ni aucun « dirigeant » de religion, car c’est Dieu qui s’occupera directement de tout. Comme Dieu est déjà réincarné et présent parmi nous, il n’est plus utile de baptiser les enfants (réponse faite par un enseignant à une personne) ; le baptême est de l’ordre de la pensée puisque Dieu tout-puissant est déjà là et qu’il reconnait tout ceux qui sont venu le rejoindre.
Vous
êtes allé loin ?
Le
rythme est soutenu, comme celui des écrits trouvés sur le site,
afin de ne pas laisser le temps de respirer et de réfléchir :
du texte au kilomètre… Le temps d’apprentissage est une
dizaine de jours à raison d’une réunion par jour, plus des contacts
de familiarisation chaque jour.
La formation suivante est une réunion un jour sur deux avec un effet de responsabilisation et de reproche en cas de manquement.
La plupart des personnes présentes à la formation semblent manquer d’autocritique et de connaissances générales ce qui les rend plus facilement malléables. Il y a pourtant quelques personnes qui semblent instruites et de niveau social supérieur. J’ai pu trouver un profil Facebook, celui de Françoise Barbotin, où vous trouverez certains formateurs comme Tao Stéphane, Marinette Dieu-Merci, Roselyne Ceccato
Sur
YouTube vous pouvez trouvez des vidéos qui illustrent bien
leur fonctionnement et surtout avec un titre trompeur. Je suis tombé
dessus par hasard et le titre m’a interpelé, je l’ai donc regardée.
Le mode d’endoctrinement et les dialogues sont ceux utilisés par ce
mouvement
Il y a eu plusieurs vidéos intitulées « vidéo
chrétienne, … » qui sont apparues dernièrement,
toutes avec doublage en français.
Voici la vidéo que j’ai regardée, intitulée : Film chrétien complet en français : « Où est ma maison ». Vraie histoire touchante.
Et voici une vidéo diffusée lors d’une conférence WhatsApp par le formateur, intitulée Vidéo chrétienne : « Bonheur et malheur »
Pourquoi
je trouve que ce mouvement est déviant
Pour
conclure, je vous explique rapidement pourquoi je trouve que ce
mouvement est déviant, en ne reprenant qu’une seule notion de leur
part. Ils disent que les trois ères sont différentes, car Dieu ne
se répètent pas. Or ils enseignent que Dieu se réincarne une
seconde fois en la chair. C’est donc une répétition
qui vient en contradiction avec leur enseignement de base.
D’autre part, et vis-à-vis des Évangiles, à la fin des temps, il n’y aura pas de réincarnation mais Jésus, Fils de Dieu, reviendra en corps glorieux ; du moins si j’ai bien compris le message de l’Ascension : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel » (Ac 1, 11).
Ce qui me fait ajouter qu’ils n’ont pas de notion de Trinité, d’un Dieu Unique en trois Personnes distinctes et consubstantielles, puisque pour eux Dieu est Esprit et a pris le nom de Jésus dans la deuxième ère. Il y a une confusion entre les trois personnes, et c’est Dieu qui change de nom, qui est tout, qui fait tout et qui se fait nommer d’une manière ou d’une autre en fonction de l’évolution de l’humanité »
Et si vous deviez résumer leur démarche ?
Après avoir hameçonné, ils tentent d’entrer en contact direct par téléphone et visite pour être omniprésents. Durant le premier temps de formation, ils félicitent la pratique régulière de la foi par la prière, la messe et les activités paroissiales,
Le deuxième temps
de formation amène la dualité Dieu/Satan ; si on se soumet
totalement à Dieu, on sera purifié et sauvé, dans tous les autres
cas on est sous l’emprise de Satan et Dieu condamnera à l’enfer.
Troisième temps
de formation, la preuve de la soumission à Dieu passe par l’envoi
d’un carnet d’adresse de personnes à contacter ou d’un
engagement à être actif au sein du groupe, de préférence en
amenant une autre personne dans le groupe.
Quatrième temps et
non des moindres, pour s’engager réellement, montrer que l’on
veut se soumettre pour être sauvé, il faut se retirer de toute
sphère d’influence.
Comment exercent-ils ces pressions ?
Les meneurs de l’ère de la
grâce (les prêtres) influencent la pensée et empêchent de voir
Dieu réincarné et d’entendre sa nouvelle parole, comme le
faisaient les pharisiens au temps de Jésus
Se libérer de l’emprise du
dirigeant de l’Église (le Pape) qui n’a plus lieu d’exister
car seule la nouvelle église est universelle ;
Cesser toutes pratiques de l’ère
de la grâce (les sacrements comme Baptême, Réconciliation,
Eucharistie) devenues obsolètes car Dieu réincarné est présent
et reconnaît ceux qui s’engagent réellement par la pensée
Consacrer son temps à la nouvelle église et se retirer de
toutes activités paroissiales devenues inutiles dans la nouvelle
ère
Pour montrer son désir de progresser,
il faut s’engager dans une activité au sein du groupe, chacun en
fonction de ses possibilités.
Après avoir tenté de casser
tout ce qui fait le ciment de la foi du chrétien, ils réutilisent
sans aucune honte les Écritures pour expliquer que Dieu ne demandera
jamais plus que chacun ne peut faire.
Quand vous les avez quittés, vous
ont-ils poursuivis ?
Je suppose que les réunions suivantes
sont sous un encadrement de plus en plus strict pour embrigader les
personnes qui se sont laissées séduire et influencer.
Pour ma part, j’ai eu droit à des
tentatives de reprise de contact par tous les formateurs à tour de
rôle, par WhatsApp et par téléphone, après que je leur aie dit ma
volonté de cesser la formation. Je leur ai dit que leurs pensées
sont en contradiction avec ma foi en Dieu, que leurs pensées se
contredisent également dans leur propre formation, que j’en déduis
que tous les écrits qu’ils citent, autres que ceux extraits hors
contexte de la Bible, ne proviennent que de la main de l’homme.
Je n’ai expliqué que ma position sans juger ni condamner mais personnellement,
je trouve que ce mouvement n’est pas un simple mouvement de pensée comparable à une secte. J’ai la sensation qu’ils ne veulent pas simplement recruter de nouveaux adeptes mais qu’il y a une volonté profonde de détruire le fondement du christianisme, l’Église
qui a pris naissance par l’Esprit-Saint que Jésus a envoyé le jour de la Pentecôte, selon la volonté du Père, afin que l’Évangile soit porté à tous à travers le monde.
Je suis vraiment attristé pour toutes
ces personnes qui se font détourner de l’Amour de Dieu parce
qu’il m’a semblé qu’elles n’avaient peut-être pas la
capacité de réagir et elles se laissent séduire par les belles
paroles et/ou bloquer par la peur d’être damné. Je prie donc le
chapelet de la Miséricorde divine chaque jour pour ces personnes et
quand j’ai le texte sous la main la prière de l’Archange St
Michel.
FIN DU TÉMOIGNAGE REÇU D’UNE PERSONNE DE LA SARTHE. POUR ALLER PLUS LOIN ET VOUS RENDRE COMPTE PAR VOUS-MÊME :
Diffusé le 01/11/2023 à 22h48 Disponible jusqu’au 09/05/2024
Dans une société standardisée, parfois hostile et souvent indifférente, il est des souffrances impossibles à apaiser, qui font prospérer des solutions de bien-être qui proposent du sens autant que des remèdes.
Ce monde du bien-être est le creuset de nouvelles croyances, qui défient la raison et la science, et ouvrent la porte aux charlatans et aux manipulateurs.
Gérard Miller s’intéresse à toutes ces pratiques avec la curiosité attentive de Spinoza, qui disait : » Ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre. » Une plongée dans un univers alternatif qui révèle tout le désarroi et la violence sourde des sociétés contemporaines.
Lors d’une expérience traumatique intense, le cerveau mobilise deux mécanismes d’urgence : la dissociation et la sidération. C’est ce qui explique l’absence de réaction de nombreuses victimes de viol : un réflexe biologique de survie.
Plus d’un quart des Français·es estiment que « lorsqu’une femme ne réagit pas et ne s’oppose pas, on ne peut en aucun cas parler de violences sexuelles ».
Ne pas réagir, ne pas être en état de se défendre ou d’appeler à l’aide est fréquent chez les victimes d’agressions sexuelles et de viol, mais l’explication scientifique de ce mécanisme de protection n’est que rarement délivrée.
Pourquoi les victimes de viol ne se défendent pas ?
La youtubeuse de la chaîne Le labo de la légiste a ressorti ce week-end une vidéo datant de 2013. On y explique très bien quels étaient les mécanismes psychologiques et physiologiques à l’œuvre, pour comprendre cette absence de réaction chez de nombreuses victimes.
Michel Cymès et Marina Carrère y détaillent ce que sont les états de sidération, de dissociation, et le syndrome de stress post-traumatique.
Impossible de réagir pendant une agression sexuelle ?
Tout démarre avec une partie de notre cerveau nommée l’amygdale : son
rôle est de décoder les émotions, de gérer nos réflexes. En cas
d’agression, c’est l’amygdale qui déclenche une série de réactions :
Production d’hormones du stress : adrénaline et cortisol
Celles-ci accélèrent le flux sanguin, le rythme cardiaque, la respiration
Les muscles sont contractés pour être prêts à la fuite
Mais ces réactions initiées pour la survie peuvent entraîner une « surchauffe ». Marina Carrère détaille les réactions en chaîne :
« Les centres nerveux au niveau du cortex censés analyser et modérer les réactions sont comme dépassés par les signaux d’alerte. »
La victime est incapable de réagir car l’élément de son cerveau censé gérer ses réactions de survie est entrain de s’enrayer. Elle est comme paralysée : c’est l’état de sidération.
En parallèle, le niveau de stress continue d’augmenter puisque l’amygdale fonctionne à plein régime, trop fort en réalité.
« Pour éviter que le survoltage provoque un arrêt cardiaque, le cerveau déclenche une sorte de court-circuit avec de la morphine et de la kétamine.
L’amygdale est isolée, la production d’hormones de stress est stoppée. »
« Hors de son corps » pendant une agression
Mais le corollaire de ce « court-circuit », salvateur sur le moment, est le fait que la victime de l’agression soit totalement coupée de ses émotions, comme spectatrice des événements.
C’est ce que décrivent de nombreuses victimes de viol, qui expliquent avoir eu l’impression de voir la scène « d’en haut », d’être « hors de leurs corps » : c’est l’état de dissociation.
Suite à cette mise en quarantaine de l’amygdale, le souvenir n’est pas évacué vers l’hippocampe, censé être le siège de la mémoire. Il est piégé dans une région du cerveau qui n’y est pas dédiée et va donc se constituer en « mémoire traumatique ».
« Comme cette mémoire n’a pas été intégrée et traitée, elle peut provoquer une amnésie de l’événement, et peut ressurgir n’importe quand. »
Si ce souvenir n’est pas assimilé via une thérapie par exemple, Laure Salmona détaillait que « des
flashs peuvent surgir n’importe quand, en particulier lorsqu’on se
retrouve dans un endroit qui rappelle l’événement traumatique, lorsqu’on
voit l’agresseur, lorsqu’on sent une odeur, lorsqu’on se retrouve dans
une situation similaire ».
« C’est comme si on revivait la scène, ça peut aller
jusqu’à l’hallucination visuelle, auditive, ça peut être extrêmement
douloureux. »
L’avantage de cette vidéo est qu’elle explique de manière très
pédagogique les mécanismes physiologiques, des réactions naturelles, que
les victimes ne sont pas en mesure de maîtriser.
De quoi expliquer que oui, une victime qui ne réagit pas reste une victime et n’est en rien responsable de son agression
"Je m’en voulais de ne pas avoir pu réagir…. Je suis restée dans cet état plusieurs jours, à ne même pas pouvoir en parler. Maintenant je comprends mieux ce qui s’est passé. Le cerveau disjoncte par protection… C’est un mécanisme neurologique de préservation de la vie…. En conditions extrêmes…. "