J’ai élevé mon enfant dans une secte

Radio Télévision Suisse

Caroline a vécu les 40 premières années de sa vie au sein des Témoins de Jéhovah. Elle est née dans ce mouvement religieux ultra conservateur. Mis à part fréquenter l’école publique, elle n’avait aucun contact avec le monde extérieur. Mais avec les années qui passent Caroline prend conscience de l’emprise que l’organisation a sur elle. Il y a 3 ans, elle décide de quitter la communauté. Depuis, elle n’a plus de nouvelle de ses parents qui ont l’interdiction de prendre contact avec elle. Une situation de grande souffrance, qui est le lourd prix à payer pour gagner sa liberté !

Isabelle a vécu dans un mouvement sectaire de ses 18 à ses 35 ans. Pendant cette période, elle est devenue maman de deux petites filles qu’elle a élevé, tant bien que mal, au sein de la communauté. Les enfants des adeptes devaient être éduqués dans les valeurs de l’organisation religieuse et étaient souvent confiés à d’autres personnes que leurs parents. Ceci a été source de grande souffrance pour Isabelle, qui encore aujourd’hui regrette d’avoir imposé une telle enfance à ses filles.

Caroline et Isabelle ne se connaissent pas. Mama Forever va provoquer la rencontre !

Retrouvez tous les épisodes de la série dans la playlist:    • MAMA FOREVER !  

Jésus, un essénien ?

La vie de Jésus a toujours donné lieu à des interprétations, des réinterprétations, notamment en milieu gnostique et ésotérique. Cela fait maintenant plus de vingt siècles que cela dure, et il va sans dire que notre XXIè siècle n’est pas en reste. L’internet est utile pour se rendre compte du phénomène, et je propose de regarder la figure d’un Jésus « essénien1 ». En plus des notes, vous pourrez cliquer sur les liens hypertextes.

Ce n’est pas vraiment nouveau !

« Les Esséniens ont fasciné les universitaires et les amateurs depuis le siècle des Lumières. Frédéric le Grand affirmait que « Jésus était en réalité un Essénien; il était pénétré de l’éthique des Esséniens ». Ernest Renan, auteur de la si célèbre Vie de Jésus, au 19e siècle, proclamait que le christianisme était tout simplement une version de l’Essénisme qui avait survécu. Blavastky tomba d’accord sur le fait que « les gnostiques, ou les premiers chrétiens, n’étaient, sous un autre nom, que les continuateurs des anciens Esséniens. »Ledge, en 1915, parle des Esséniens comme des « gnostiques pré-chrétiens », et cite l’ argument, alors très courant, que « Saint Jean Baptiste était un Essénien et que Jésus lui-même appartenait à la secte ». Déjà au début du 20e siècle, G.K. Chesterton pouvait se moquer de l’idée démodée selon laquelle Jésus était  » un instructeur éthique à la façon des Esséniens qui n’avait apparemment pas grand-chose de plus à dire que Hillel ou une centaine d’autres Juifs n’auraient pu le faire; par exemple que c’était une chose douce que d’être doux et que cela aidait à la purification d’être pur ». Les Esséniens étaient déjà vieux jeu bien avant les premières découvertes à Qumran »2.

Notre XXI° siècle poursuit sur la lancée

On nous dit que l’enseignement ésotérique de Jésus serait incontournable. «  L’homme véritable est immortel… Pendant la vie, il ne fait qu’occuper son corps ; il le quitte quand il est hors d’usage, pour en prendre un autre plus tard… Il évolue vers Dieu, son principe et sa fin… Sachant cela, on ne doit se lamenter de rien. Une telle vérité, ouvertement proclamée dans les Écritures sacrées de l’Inde antique (Bhagavad-Gîtâ), la Sagesse Occidentale la maintint au contraire prudemment sous le boisseau. (…) Elle était la doctrine traditionnelle des Esséniens, admise aussi par les Pharisiens, nous dit l’historien Josèphe. De plus, les allusions nombreuses à cette même doctrine qui subsisteraient dans les Évangiles, prouveraient à l’évidence qu’elle faisait partie des enseignements que Jésus donnait en particulier à ses disciples, se refusant à en faire l’objet d’un enseignement public, en raison des dangers qu’il pouvait présenter » (Pierre d’Angkor, 2014).

Ernest Bosc dans La vie ésotérique de Jésus-Christ (2020) fait de Jésus de Nazareth, un Essénien et haut Initié de l’Ordre, possédant des connaissances approfondies sur les phénomènes de la Nature et produisant des faits absolument merveilleux pour la majorité des humains. Il se révèle ainsi au lecteur non plus sous la forme du prophète, mais sous celle du Thaumaturge et du Thérapeute tout à fait hors de pair qu’il fut…

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L’Opus Dei accusé d’avoir recruté des enfants

Antonia Cundy, Londres, 31 juillet 2024.

Un article du Financial Times, que votre navigateur pourra aisément traduire dans un français approximatif...

Des dizaines d’anciens membres disent que l’organisation cible les jeunes adolescents pour s’engager dans une vie religieuse stricte.

L’âge idéal où ils exercent une pression est d’environ 14 ans et demi… Ils ciblent les personnes faibles, les gens qui ont besoin de quelque chose. L’important, c’est qu’ils vous fassent vous sentir partie d’un groupe. Et quand vous êtes jeune et adolescent avec beaucoup d’insécurité, c’est vraiment influent.

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La réponse de l’Opus Dei

L’évangile selon Big Tech

Grégory Aimar

Manifeste pour une intelligence spirituelle à l’heure de l’intelligence artificielle

L’Évangile selon Big Tech, un essai court et engagé qui a l’ambition de mettre en lumière la dimension religieuse de la révolution technologique en cours. Un texte qui touche bien sûr à la spiritualité, mais aussi à la psychologie, à l’anthropologie et à la politique.

 » Je travaille sur ce thème depuis plus de huit ans. Je l’ai tout d’abord abordé sous la forme d’un roman d’anticipation : I.AM, puis, constatant que la fiction devenait réalité et que cet aspect du phénomène restait largement sous-estimé par les experts, j’ai décidé d’écrire ce manifeste. J’espère qu’il contribuera positivement à vos réflexions sur la place de la technologie dans nos vies ».

L’intelligence artificielle se développe à une vitesse sans précédent et impacte tous les aspects de notre vie. Pourtant, une dimension de son influence sur notre avenir est rarement, si ce n’est jamais évoquée par les experts : sa dimension religieuse.

L’idée peut surprendre, mais les aspirations métaphysiques de Big Tech sont réelles et elles méritent toute notre attention. En fait, la compréhension de cette dimension est même indispensable à l’analyse de la révolution technologique que nous vivons depuis deux ans, dans tous les domaines.

Les racines de cette mutation civilisationnelle sont, en réalité, séculaires. Les machines ont-elles une conscience ? Assisterons-nous bientôt à l’émergence d’une religion technologique ? La vie éternelle est-elle dans le cloud ? Quels sont les enjeux spirituels de l’intelligence artificielle ?

Pour découvrir le premier chapitre de l’essai  https://blogs.mediapart.fr/gregory-aimar/blog/030824/levangile-selon-big-tech

Pour commander le livre (papier ou ebook)  https://www.librinova.com/librairie/gregory-aimar/l-evangile-selon-big-tech


Autre article de Grégory Aimar sur notre site : Le bruit des bots…

Son canal substack : https://gregoryaimar.substack.com/

Agnotologie et ecclésiologie

Laetitia Gonfalon

« Notre connaissance ne peut être que finie, tandis que notre ignorance est nécessairement infinie »

Cette citation de Karl POPPER, ce professeur anticonformiste autrichien naturalisé britannique, illustre bien le débat que soulève l’ignorance relative à tous les sujets que l’on souhaite aborder.

De son côté l’américain Robert PROCTOR, éditeur de l’ouvrage collectif Agnotology, se demandait comment et pourquoi « nous ne savons pas ce que nous ne savons pas », alors même qu’une connaissance fiable et attestée est disponible.

C’est cette problématique qui a permis vers la fin du siècle dernier l’émergence d’une discipline pour le moins paradoxale puisqu’il s’agit de la science de l’ignorance,« l’agnotologie » inspirée du mot grec ἀγνῶσις / agnôsis, « ne pas savoir ». Ce problème de la « production de l’ignorance » avait déjà été abordé au XIXème siècle, mais il a fallu attendre la fin du siècle dernier pour que cette discipline se constitue.

Le but du présent document est d’en expliquer les raisons. Apparemment elles sont fort éloignées des préoccupations religieuses, car le fait majeur qui a fait émerger cette science, ce sont les travaux de Robert PROCTOR relatifs au comportement aux Etats-Unis du lobby des industriels du tabac. Ces derniers, constitués en groupe de pression, ont, pendant des décennies, poursuivi avec un réel succès l’objectif non avoué de maintenir l’ignorance sur les méfaits de la cigarette et son caractère cancérigène. C’est vraiment le cas d’école : il a été également bien analysé par Emmanuel Henry, professeur à l’Université Dauphine dans son livre « Golden Holocaust » paru aux éditions des Equateurs.

Pour la première fois se trouvent expliqués les mécanismes qui ont permis de fonder et d’entretenir le déni de réalité et l’ignorance sur un sujet sociétal. D’autres études agnotologiques fort variées ont suivi : elles concernent le climat, le lait maternel, les méfaits de l’amiante, du sucre et même d’une façon qui peut nous paraître cocasse, le déclin de la population des caribous au Québec en raison de la politique menée par les industries forestières.

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