Dites : PNCS

Pratiques Non Conventionnelles de Santé

Le Groupe d’étude du Phénomène Sectaire (GéPS) souhaite porter à votre connaissance le travail d’enquête publié par Marianne, soulevant des interrogations sur le nouveau Comité d’appui pour l’encadrement des pratiques non conventionnelles de santé, créé à l’initiative de la Ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, Agnès Firmin Le Bodo, en lien avec une association controversée dénommée Agence des Médecines Complémentaires et Adaptées (A-MCA). A-MCA qui a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années.

En vous souhaitant bonne lecture,

Hugues Gascan
Président du Groupe d’étude du Phénomène Sectaire (GéPS)
Directeur de recherche dans un établissement public, secteur Santé

« Féminin sacré » : les dérives sectaires d’une pratique controversée

Retrouver le pouvoir perdu des femmes à travers les cartes, les pierres ou encore les plantes, c’est ce que promet le féminin sacré. Le problème : en promettant de se reconnecter à sa « nature profonde de femme », le féminin sacré fait parfois la promotion de pratiques thérapeutiques non réglementées, aussi dangereuses qu’onéreuses.

Très excellent reportage !

Les chaînes de prière…

Dominique Auzenet

Une personne m'interrogeait par mail : "Pouvez vous , s’il vous plaît , m’éclairer concernant cette prière à Sainte Rita ? ", me transmettant en pièce jointe la prière que vous trouverez plus bas dans cet article. En fait, ces chaînes de prière déposées dans nos églises, ces diaporamas ou pièces-jointes reçues dans nos mails, c'est une entreprise de perversion de la vraie prière chrétienne... En voici plusieurs exemples.

Regardez la photo, dites la prière, et faites un souhait !

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Valtorta/Medjugorje : des similitudes et une incohérence

René Gounon

auteur de M. Valtorta, l’Évangile dévoyé

Deux phénomènes mystiques hors du commun divisent aujourd’hui le monde catholique : les visions de la vie de Jésus en Palestine de Maria Valtorta (publiées en dix gros volumes sous le nom de « l’Evangile tel qu’il m’a été révélé ») , et les apparitions attribuées à la Vierge Marie, « la Gospa », à Medjugorje .

Curieusement ces deux manifestations revendiquées par leurs admirateurs comme d’origine divine sans que l’Église ne les aient jamais reconnues comme telles ont de nombreux points communs. Toutes deux sont ce que l’on appelle des «prodiges», des phénomènes si extraordinaires qu’il semble en effet tentant de les attribuer à Dieu. Pourtant le Christ lui même nous affirme (Mt 24,24) que les prodiges ne viennent pas tous du Ciel : « En effet de faux messies et de faux prophètes se lèveront et produiront des signes formidables et des prodiges, au point d’égarer, s’il était possible, même les élus ». Il est surprenant que pareil avertissement du Seigneur soit si facilement oublié.

Les deux manifestations ont aussi en commun d’être une parodie d’événements reconnus. Si les défenseurs de Medjugorje présentent ces apparitions comme une continuation de Fatima, c’en est plutôt la caricature. Il avait été confié aux voyants de Fatima un secret en trois parties. Ici six voyants ont reçu ou doivent recevoir chacun individuellement dix secrets ! Le célèbre miracle de Fatima avait été annoncé aux enfants trois mois plus tôt et s’est produit en effet à la date indiquée devant une foule immense venue spécialement pour y assister. A Medjugorje un miracle permanent « le Grand Signe » a été annoncé dès le début des apparitions pour « bientôt, très bientôt » mais on l’attend toujours plus de quarante ans plus tard. Quant aux écrits de Maria Valtorta ils semblent avoir pris pour modèle le « Petit Journal » de Sainte Faustine, auquel ses promoteurs le comparent volontiers : Jésus disait à Sœur Faustine « Tu es la secrétaire de ma Miséricorde », les admirateurs de Maria font d’elle « le porte-plume de Dieu »

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« L’unité par absorption », un péril pour la beauté de l’Unité

Pierre Vignon, prêtre

L’Unité est un très bel idéal que tous cherchent depuis toujours. Le psaume 121 chantait la joie de monter vers le Temple de Jérusalem, « ville où tout ensemble ne fait qu’un. » Et Jésus, avant de vivre positivement sa mort, ne pensant même pas à lui mais à ses apôtres, leur livra le fond de son cœur : « Que tous soient Un. »

Beaucoup depuis lui ont emboîté le pas en promouvant une spiritualité de l’Unité. Le Concile Vatican II (1962-1965) présente l’Eglise en citant saint Cyprien (+258) : « un peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint. »

C’est vrai, c’est bon, c’est beau. A cette précision essentielle près de tenir compte de l’altérité, et donc de la diversité, dans l’unité. Je reprends la belle formulation qu’en a faite le jeune dominicain David Perrin dans une homélie de l’an dernier :

« Le Père et le Fils sont l’un dans l’autre, certes, mais ils ne sont pas, de manière indistincte, l’un ou l’autre, l’un et l’autre. Autre est le Père, autre est le Fils, mais ils ne sont pas autre chose. »

C’est un des fondements de la foi chrétienne que l’Église a trouvé au cours des siècles en méditant le mystère de la Trinité et celui de la vraie personnalité, à la fois humaine et divine du Christ. Le Concile de Chalcédoine (451) a donné les termes définitifs. Il faut tenir l’ensemble « sans confusion… ni division ».

Au milieu du siècle dernier a surgi dans l’Église un de ces mouvements qui a soulevé des foules de chrétiens et que la hiérarchie s’est empressée d’accueillir : le mouvement des Focolari fondé par la célèbre (et célébrée) Chiara Lubich (+2008). La beauté de l’Unité était proposée en tête de gondole. C’était fabuleusement attirant. 

Mais voilà qu’un théologien plus regardant que les évêques et les cardinaux, le père jésuite Jean-Marie Hennaux, a trouvé une brèche dans ce bel ensemble, une faille digne de celle de San Andreas qui pourrait engloutir toute la Californie. Il l’a appelée : l’Unité par absorption

Quelques extraits seulement d’une lettre de Chiara Lubich du 23 novembre 1950 donnent une idée de la gravité du trou dans la gondole qui finira par faire couler la si belle tête de proue qu’est l’Unité :

« Chaque âme des Focolari doit être une expression de moi et rien d’autre… Leur attitude devant moi doit être un rien d’amour qui appelle mon amour… S’ils sont différents, je les abandonne… L’Unité est donc l’Unité et une seule âme doit vivre : la mienne, c’est-à-dire celle de Jésus parmi nous, qui est en moi. »

Comment ont fait les plus hauts responsables de l’Église pour ne pas s’apercevoir de cette hérésie ? Je n’en sais rien. Sans doute comme tous les autres grands mouvements spirituels dont les failles sont mises à jour depuis la mise en cause des Légionnaires du Christ et dont la liste ne cesse de s’allonger. Ils coulent les uns après les autres. 

C’est pourtant simple. On a le remède dans la Tradition : l’Unité oui, mais sans confusion ni séparation. L’Esprit-Saint qui a toujours la solution avait déjà donné la réponse : c’est Lui qui fait l’unité dans la diversité et à partir de la variété. La phagocytose n’est bonne et utile qu’en biologie. Dans la spiritualité, « l’unité par absorption » est une monstruosité théologique qui cause des dégâts irréparables. 

Aucun chrétien ne peut reprendre à son compte l’expression du chevalier de Hadoque dans « Le trésor de Rackham le Rouge » dans les Aventures de Tintin par Hergé : « Que le grand Cric me croque ! » Ce cri n’est que pour les perroquets de la forêt qui seuls peuvent le transmettre à travers les siècles.