Ennéagramme. Réflexion des évêques américains

La fascination qu’exercent les outils de connaissance de la personnalité pour les personnes qui ne sont pas psychologues de formation, fussent-elles théologiens par ailleurs,  est un réel sujet d’étonnement. Cet attrait pour les nouveaux arbres de la connaissance du bien et du mal les amène à gober le premier fruit venu avec tous ses pépins. Il en est ainsi de l’ennéagramme.
L’ennéagramme connaissant un certain succès dans les milieux religieux car il introduisait la notion morale de péché, les évêques américains ont été les premiers à réagir vigoureusement face à cette dérive et à son caractère fondamentalement gnostique. Voici à ce propos ce qu’en disait le 31 janvier 2012 Anna ABBOTT dans le « Catholic World Report » sous le titre « Une dangereuse pratique »:

« En 2000 , la Conférence américaine des évêques catholiques a préparé un projet de déclaration ,  » bref rapport sur les origines de l’Ennéagramme ,  » mettant en garde contre son utilisation . Il n’a jamais été publié , mais il peut être trouvé sur le site du National Catholic Reporter . En 2003 , le document du Vatican «Jésus-Christ , porteur de l’eau de la vie» a examiné les dangers de la spiritualité Nouvel Âge , et a mentionné l’Ennéagramme dans son glossaire . En 2004 , le Comité sur la doctrine de USCCB [la conférence des évêques américains] a publié un « Rapport sur l’utilisation de l’ennéagramme : Peut-il servir comme un véritable instrument de croissance spirituelle chrétienne ?  » pour l’usage interne de la Conférence . Le Père Thomas Weinandy du Secrétariat pour la doctrine de l’USCCB nous a fourni ce rapport pour  cet article.

En février dernier , l’archevêque Thomas Wenski de Miami a expliqué la doctrine catholique sur l’Ennéagramme et les sujets connexes dans une colonne en ligne intitulé « New Age et vieux gnosticisme » . Il a écrit que l’Ennéagramme est un  » exercice de pseudo- psychologie prétendument fondé sur le mysticisme oriental , [ qui ] introduit une ambiguïté dans la doctrine et la vie de la foi chrétienne et par conséquent ne peut pas être utilisé de façon heureuse à bon escient pour promouvoir la croissance dans une authentique spiritualité chrétienne » . La contribution de l’archevêque est l’enseignement le plus clair disponible pour les laïcs sur ce sujet , et un net résumé des rapports des évêques .

L’Ennéagramme redéfinit le péché , entre autres concepts fondamentaux , en associant simplement les défauts avec des types de personnalité, ce qui est particulièrement tentant dans un climat culturel d’irresponsabilité et de narcissisme . Il encourage une auto- absorption malsaine sur sa propre  » type », de sorte que le type est en faute plutôt que la personne . Cela donne lieu à un état d’esprit déterministe à l’encontre de la liberté chrétienne. »

L’ennéagramme, outil de connaissance de soi ?

Cette réflexion sur l’ennéagramme  a été motivée  par le fait que les chrétiens en France sont de plus en plus sollicités pour participer à des sessions d’ennéagramme pour une meilleure connaissance de soi et  pour une meilleure évolution spirituelle. J’ai souhaité appuyer mon analyse sur deux ouvrages qui sont fréquemment cités comme preuve de fiabilité de la méthode  et comme document de travail lors des formations.

Il m’a paru en effet intéressant de plonger au cœur de ces deux ouvrages, dont la réputation des auteurs sert de caution morale à ceux qui enseignent et propagent l’ennéagramme dans les milieux chrétiens. Bon nombre de ceux qui se forment ou qui  accueillent ces formations dans leur  locaux ne les ont sans doute pas consultés, pour cette raison précisément.

Il s’agit de   « L’ennéagramme, un itinéraire de la vie intérieure » de  Maria Beesing, religieuse dominicaine, animatrice de retraites spirituelles, Robert Nogosek et Patrick O’Learry  jésuite (américain) qui intègre l’ennéagramme à sa pratique de la direction spirituelle, (Desclée de Brouwer, Lonrai août 2003).  Et de « Les neuf portes de l’âme : ennéagramme et péchés capitaux : Un chemin psycho spirituel. », de Pascal Ide. (Ed Sarment éditions du Jubilé. Octobre 2008)

Je soulignerai ici simplement quelques points  d’attention.

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La biodynamie au risque de l’anthroposophie

I- Ayant rencontré dans mes jeunes années les Anthroposophes biodynamistes, j’ai souhaité mettre à jour mes connaissances. D’autant plus que la nomination de Mme Nyssen à la Culture lançait un début de polémique médiatique sur ses liens avec cette mouvance. Je pense avoir quelques compétences techniques pour discuter la validité de cette pratique agricole de plus en plus prisée par les viticulteurs.

II- BIODYNAMIE : une ésotérique occulte, à ne pas discuter ?

Les anthroposophes reprochent aux théories physico-chimiques et “mécanismes” de la science moderne — bien que d’une performance et d’une puissance extraordinaire —  de n’avoir qu’une validité limitée car –selon eux–elles sont basées sur une conception bien trop restreinte de l’Univers.

Selon R.Steiner, sa science spirituelle aurait découvert “des secrets beaucoup plus complexes que les seules lois du monde physique”, en y ajoutant en la notion deprincipes immatériels tels que forces de vie, forces formatrices et développement cyclique”.

Du coup les agriculteurs se voient munis d’une panoplie de préparations étranges, pour la plupart d’origine animale ou végétale, ayant subi une maturation ( que dis-je “une métamorphose alchimique” ! ) dans des organes animaux, aussi surprenants que les cornes de vaches, les intestins de cerf, ou le crâne d’un animal domestique.

Mais ce n’est pas tout : ces produits ne seront actifs que s’ils sont “dynamisés” selon une procédure complexe qui est assimilée au processus alchimique d’assemblage de la matière dénommé « coagula-solve ».

Dernier outil magique : les agriculteurs pourraient lutter contre les parasites animaux (rats, taupes, etc…) ou végétaux (mauvaises herbes) tout simplement en calcinant une exemplaire des ennemis, et en répandant leurs cendres à doses infimes !

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Feng shui, Chi Qong, Taï-chi-chuan ?

Le Ki

Le chi, le shui, le QI, ou le ki est une notion, provenant des cultures chinoise et japonaise, qui désigne l’essence, le souffle ou le principe énergétique fondamental formant et animant l’univers et la vie. Il faut dire tout de suite que ce concept relève d’une hypothèse et n’est ni infirmé ni confirmé par les sciences formelles. L’occident a rapidement réduit la notion de ki à de l’énergie sans pour autant définir ce qu’était cette énergie.

Dans une approche spirituelle, le ki est l’énergie même de l’univers qui relie les êtres et les choses entre eux.

« Nous ne possédons pas le ki, nous sommes le ki ! » enseignent les maîtres.

Cette énergie circulerait dans notre corps par des canaux appelés méridiens que l’acupuncture a répertoriés. Mais aucun support anatomique n’a été découvert à ce jour permettant de visualiser objectivement ou même de comprendre comment l’énergie y circulerait. L’acupuncture est une pratique empirique qui fonctionne objectivement, mais dont on n’a pas réussi à ce jour à comprendre ni pourquoi ni comment.

Le ki serait également présent dans toutes les manifestations de la nature.

Certains ont voulu trouver des équivalents du ki avec la notion de pneuma des Grecs (notion qui a évolué selon les époques de la Grèce antique) et le spiritus des Latins qui désigne plutôt la notion de souffle. Il serait plus proche du concept de prana de la philosophie indienne.

 « Une analyse rapide de la graphie (écriture non simplifiée) nous montre de la vapeur au-dessus du riz , qui donne une traduction étymologique très réductrice, « énergie produite par l’absorption du riz », exprimant l’idée que le ki est produit par l’air et l’alimentation. L’alimentation n’étant qu’un moyen parmi d’autres de produire du ki. Le Chinois moderne n’a retenu que la partie supérieure , et rejoint ainsi dans l’esprit le caractère primitif formé de trois lignes horizontales , symbolisant les courants atmosphériques, similaires au caractère désignant le nombre « trois. » (Wikipedia article ki spiritualité) Continuer la lecture de « Feng shui, Chi Qong, Taï-chi-chuan ? »

La théologie de la prospérité

Ce texte est le fruit du travail du Comité composé de théologiens issus de lensemble des courants théologiques présents dans le CNEF. Il a pour objet principal de préciser les contours dune théologie souvent évoquée, mais rarement étudiée de façon rigoureuse.
Édité sous la responsabilité du Conseil National des Évangéliques de France (CNEF).

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