Ancienne experte du Yoga : ce que les chrétiens doivent savoir !

Ancien expert du yoga, Carole Matrisciana partage aujourd’hui ce qu’elle a découvert après des années de pratique.

Dans cette vidéo (https://youtu.be/ZL3rkx2616Y?si=0YM8yH5zImOJ-Mdt), elle met en garde les chrétiens et explique pourquoi certains aspects du yoga peuvent avoir des conséquences spirituelles profondes.

Cette vidéo de Carole Matrisciana est en anglais https://youtu.be/bUDORloOBP4?si=DKObDtvZG7Eeux3O

UN APERÇU DE LA PRATIQUE DU YOGA DANS L’ÉGLISE
Beaucoup pensent pouvoir pratiquer les postures, les techniques de respiration et de concentration du yoga sans en intégrer la dimension spirituelle, sans se rendre compte que le yoga fait partie intégrante de la philosophie hindoue, qui enseigne que l’homme et la nature ne font qu’un avec la divinité.

Aujourd’hui, le yoga connaît un renouveau mondial et, aux États-Unis, on compte plus de 70 000 professeurs de yoga exerçant dans 20 000 établissements. Bien qu’ils soient principalement considérés comme des moniteurs de fitness, ces formateurs sont en réalité les principaux missionnaires de la religion orientale en Occident. L’industrie du yoga, qui représente vingt-sept milliards de dollars par an, s’adresse aux étudiants, aux sportifs, aux hommes d’affaires, aux femmes enceintes et aux seniors, en leur promettant des solutions pour réduire le stress, surmonter les problèmes de concentration et renforcer la confiance en soi.

Autrefois considéré par les chrétiens comme une pratique païenne importée d’Orient, le yoga s’est désormais généralisé au sein de l’Église grâce à des « cours de yoga centrés sur le Christ », conçus pour aider à améliorer la spiritualité et à faire l’expérience de « la présence de Dieu ». Mais le mysticisme du yoga est-il compatible avec le christianisme historique ?

La journaliste vidéo Caryl Matrisciana, née et élevée en Inde, retourne dans son pays natal pour rechercher la vérité auprès des plus grands experts indiens et examine ce que les pratiquants chrétiens de yoga en Occident disent de leur pratique.
Avec un discernement critique, cette vidéo percutante et instructive explore les conséquences du rejet de la spiritualité fondamentale du yoga et du mélange de la terminologie et des préceptes bibliques avec ceux de l’Orient.

Le yoga : questions sur une « spiritualité orientale »

Qu’est-ce vraiment que le yoga ? Une philosophie universelle ? Une quête spirituelle ? Une technique méditative ? Une gymnastique corporelle ? Rien n’est plus faux, répond Marion Dapsance. Loin de la contrefaçon dont se satisfait l’Europe, voici, enfin dévoilée, la vérité sur le yoga tel qu’il est réellement pensé et pratiqué en Asie.

Docteur en anthropologie de l’EPHE, spécialiste du bouddhisme dont elle a enseigné l’histoire en Occident à l’université de Columbia (New York), Marion DAPSANCE présente pour EEChO le travail de recherche qu’elle a conduit sur le yoga, et qui a donné lieu à la publication du livre « Le yoga des yogis » (Editions du Cerf, mars 2025).

« Ton corps voulait s’élever »… L’éveil de la Kundalini, où quand le yoga flirte avec les dérives sectaires

Sous emprise•Dans une rue cossue de la capitale, une kinésiologue propose des séances d’« éveil de la Kundalini », promettant bien-être et expansion de conscience. Une pratique spirituelle contemporaine venue du yoga qui flirte avec les dérives sectaires

Diane Regny, 20 minutes

Depuis cette rue huppée, au cœur de Paris, difficile d’imaginer qu’une cérémonie « d’éveil de la Kundalini » se prépare derrière la façade d’un bel immeuble haussmannien. Dans ce « cocon sécurisant » se prépare pourtant l’éveil « de votre énergie vitale » grâce à un « langage de lumière ». Ce sont en tout cas les promesses de Sophie*, qui pratique aussi la kinésiologie, une pseudoscience surveillée par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Ce soir d’hiver, elle prodigue ses « expansions de conscience » via un « éveil de la Kundalini », une pratique dérivée du yoga éponyme, pourtant bien éloignée des postures classiques. Ici, pas de chien tête en bas, mais un tirage de cartes, un cercle de parole puis une (longue) séance de méditation avec masque sur les yeux et casque audio. Par-dessus la musique tour à tour épique ou mystique, la praticienne lance des phrases tantôt ésotériques, tantôt freudiennes. Cette séance est censée libérer la Kundalini, une énergie divine qui serait « emprisonnée » au niveau du sacrum afin qu’elle irradie dans tout le corps.

Trouver son « maître à penser »

Nous sommes six « disciples » assis sur des tapis de yoga, face à Sophie. Certains sont des habitués, comme Samy*, qui en poussant la porte, tend timidement un bouquet de fleurs blanches à la kinésiologue. « J’ai déjà reçu des témoignages d’hommes sous l’emprise d’une guide dont ils étaient tombés amoureux et qui alimentait ce fantasme de relation », réagit Elisabeth Feytit, créatrice du podcast Méta de Choc et consultante sur le film Gourou en salle ce mercredi. En répondant « Samy, qu’est-ce que ton énergie a changé », la guide sous-entend qu’il est « quelqu’un de particulier », ce qui peut, selon elle, « entretenir un attachement pendant des années ».

Au début de la séance, Sophie nous invite à tirer une carte. Françoise* retourne une figure aux accents religieux, entourée de lumière. Interrogée dans le cercle de parole sur la signification que revêt cette image, elle répond : « C’est toi Sophie, bien sûr. Toi qui nous enseignes et nous guides. » La sexagénaire s’est inscrite à cette séance sur les conseils de la professeure, qu’elle consulte régulièrement dans le cadre de séances de kinésiologie.

« Lorsque l’on se tourne vers ces pratiques, c’est pour chercher du bien-être. On cherche à aller mieux et on écoute des conseils même s’il n’y a pas de compétences. De fil en aiguille, le « professeur » devient un maître à penser », analyse Damien Karbovnik, historien et sociologue des religions et auteur du livre Le développement personnel : nouvel opium du peuple ? (Ed. Les Equateurs). Avant de quitter l’appartement parisien, Françoise a d’ailleurs demandé à Sophie combien de séances de ce type (à 50 euros pièce) étaient encore nécessaires pour elle.

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Le bouddhisme des bouddhistes

Docteur en anthropologie de l’École pratique des hautes études, Marion Dapsance a enseigné l’histoire du bouddhisme en Occident à l’Université de Columbia (New York). Elle a publié plusieurs livres dont Alexandra David-Neel, l’invention d’un mythe.

Recension par Marion Duvauchel.

Ceux que fatigue une pesante érudition qui ne fait qu’accoucher d’un minuscule rongeur seront enchantés de l’ouvrage de Marion Dapsance. Le ratio « idées/érudition » est parfaitement équilibré et on nous présente le bébé dès l’introduction : ce sont les savants occidentaux qui ont défini ce qu’était le bouddhisme. Elle n’est pas seule à le dire, ça se dit un peu ici et là, pas beaucoup, pas assez en tous les cas.

Marion Dapsance dit clairement, sans emphase, que le bouddhisme n’est pas ce qu’on nous présente.

Mais alors, c’est quoi le bouddhisme ?

C’est de la magie ! Dans le bouddhisme, il s’agit d’acquérir des pouvoirs magiques. Comment ? Mais « par des rituels de possessions contrôlés à travers un protocole précis » (p. 132) dont certains nous sont décrits de manière détaillée. Le bouddhisme, ce sont des rituels magico-religieux à des fins d’acquisition de pouvoirs supranormaux censés être détenus par les démons, et donc accessibles aux hommes à la condition de domestiquer ces démons.

Comme l’indique le sous-titre du livre, c’est cela la véritable religion des Asiatiques.

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Le christianisme au défi des nouvelles spiritualités

Le livre d’Adrien Bouhours

Adrien Bouhours, bibliothécaire, historien, spécialiste des courants ésotériques et auteur de « Le christianisme au défi des nouvelles spiritualités (Ed. Artège)

Comment expliquer la sécularisation si brutale du monde occidental et la perte de vitesse des Églises traditionnelles ? Que signifie ce passage d’une société organique et chrétienne à une société syncrétiste et individualiste où chacun modèle sa spiritualité au gré de ses désirs ? Le « nouvel âge » annoncé par les acteurs de ces mutations est-il à la hauteur des promesses de bonheur et d’accomplissement qu’ils véhiculent ?

En réponse au discours promotionnel de la « nouvelle spiritualité » qui présente son succès comme inscrit dans le sens de l’histoire, Adrien Bouhours livre une analyse tranchante de ses sources historiques et décrypte les causes de la séduction qu’elle exerce.

Il met en lumière ses racines ésotériques, issues des mutations religieuses de la Renaissance, et éclaire ses liens avec la promotion de spiritualités orientales idéalisées et avec l’essor de la culture du bien-être et du développement personnel.Pour dissiper les funestes mirages de la religion nouvelle, l’essayiste lance un appel réfléchi à redécouvrir les richesses oubliées du christianisme, seules à même de combler notre soif d’espérance, de transcendance et de vérité.

Recension par le P. Rueg, o.c.d., revue Carmel

Docteur en histoire, auteur de plusieurs études sur les courants ésotériques qui ont traversé la pensée religieuse de notre pays et de tout l’occident chrétien, Adrien Bouhours était l’auteur le mieux à même d’écrire sur le thème du christianisme face aux nouvelles spiritualités de notre temps.

Il s’interroge ainsi sur ce qui caractérise la « nouvelle spiritualité » : elle diffère tout d’abord profondément de la religion traditionnelle qui, elle, « ne fait qu’accueillir une révélation qui lui est transmise » (p. 17) ; elle vise au contraire à « élaborer son propre système de croyances et de pratiques à partir de diverses offres, comme on composerait, ajoute notre auteur, un repas en commandant à la carte » (ibid.).

Autant, dans la première démarche, l’homme répond-il par la foi à l’appel d’un Dieu qui lui parle, autant, dans la seconde, « l’homme est au centre et compose lui-même sa propre religion ». La distinction est de taille et offre à notre auteur l’occasion de nous introduire dans la vaste nébuleuse de ces nouvelles spiritualités qui concurrencent la tradition séculaire de l’Eglise et du Magistère catholique, au point que « la vie religieuse de notre pays a été étouffée, pratiquement asphyxiée par la croissance de cette nouvelle spiritualité » (p. 40).

Et notre auteur de citer saint Paul dans sa deuxième épître à Timothée : « Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques » (p. 41).

Il n’est que de parcourir les pages de ce livre pour comprendre ce que ces propos contiennent de prophétique pour comprendre l’époque actuelle et le défi que posent ces spiritualités au christianisme et à l’Eglise de notre temps. L’auteur fait plus qu’un inventaire de ces courants ésotériques ; il nous en livre les origines, les racines profondes et cachées qui sont les siens au cours de l’histoire : néo-platonisme, hermétisme, kabbale, héritage joachimite déjà signalé par le Cardinal de Lubac dans l’un de ses maître-ouvrages, « philosophie éternelle » initiée au XVème siècle, suivie des mouvements rosicruciens et francs-maçons, puis des courants spirites du XIXème, pour aboutir à la théosophie et aux grands initiés puis, enfin, au Nouvel Âge, dernier avatar de cette formidable construction illusoire dans laquelle l’homme prétend se suffire à lui-même, sans compter sur la force divine qui pourrait seule apporter un sens véritable et ultime à sa vie.

Le constat est sévère, mais il est, hélas, on ne peut plus objectif et argumenté. Il nous invite à une réflexion nécessaire sur les différentes caractéristiques de ces mouvements ésotériques qui ont conduit notre culture contemporaine à promouvoir des spiritualités fondées davantage sur le culte du bien-être et du développement personnel que sur la recherche du salut obtenu par l’accueil de la révélation divine. « Les fruits sont aujourd’hui sous nos yeux, constate notre auteur. La fille aînée de l’Eglise est désormais un pays dans lequel il n’y a plus que deux à trois personnes sur cent qui assistent à la messe régulièrement {…}

Sur le plan des croyances, alors qu’un cinquième de la population croit en la réincarnation, très peu de personnes croient encore à l’enfer. Pourtant, si celui-ci est bien le lieu peuplé des êtres qui ont définitivement fermé leur âme à la grâce salvatrice de Dieu, il est possible que la France soit désormais l’une des « portes de cet enfer » (p.40). Ce livre, on l’aura compris, est un vigoureux stimulant pour cette année jubilaire : il nous invite à rendre compte de notre espérance chrétienne en reprenant les fondements de notre foi pour en témoigner à un monde qui en a furieusement besoin.

Recension par Guillaume Daudé

dans La Croix du 21 mars 2024

Des livres de Frédéric Lenoir au best-seller Trois amis en quête de sagesse paru en 2016, en passant par le Yoga d’Emmanuel Carrère publié en 2020, quel est le point commun de cette littérature à succès ? Tous ces livres relèvent d’un courant foisonnant et protéiforme qu’on désigne souvent sous le nom de « nouvelles spiritualités », et auquel l’historien Adrien Bouhours vient de consacrer son dernier ouvrage.

Une thèse forte le traverse : ce ne sont pas l’athéisme ou l’islam qui supplantent aujourd’hui le christianisme mais ce courant, selon lui largement sous-estimé par les catholiques. Pour l’auteur, le caractère nébuleux des « nouvelles spiritualités » ne signifie pas qu’elles n’ont pas d’unité : elles professent toutes la possibilité « d’accéder directement à une dimension divine sans passer par les médiations institutionnelles ».

Alors qu’elles sont souvent vues comme la religion d’avenir, l’auteur explique pourquoi elles séduisent tant : elles correspondent à l’âge de la mondialisation, de l’écologie et de l’individualisme, en proposant une synthèse planétaire des sagesses, une spiritualité holistique et une réalisation de soi.

Pourtant, ces « nouvelles spiritualités » ne sont pas aussi nou­velles qu’elles le prétendent, ana­lyse l’historien. Selon lui, elles trouvent leurs racines dans les courants ésotériques nés à la Renaissance, qui se développent avec la franc-maçonnerie à partir du XVIIIe ­ siècle, puis avec les spiritualités orientales importées en ­France dès le milieu du XIXe siècle.

Dans une dernière partie plus apologétique, l’auteur s’attache de manière convaincante à dissiper les fausses promesses des « nou­velles spiritualités ». En prétendant prendre le meilleur de toutes les religions qui détiendraient chacune une par­celle de vérité, elles en gomment les aspérités et ne font en réalité que les utiliser au service de leur propre conception de la vérité, analyse-t-il. À titre ­d’illustration, le roman autobio­graphique d’Emma­nuel Carrère, Yoga, écrit après une dépression, montre, selon l’auteur, toute l’ambiguïté de la « nouvelle spiritualité » : il y voit un détournement de pratiques spirituelles à des fins thérapeutiques qui n’est pas sans danger. Ce livre exprime cependant une quête de sens, selon lui bien présente chez nos contemporains, alors même que Dieu est devenu un gros mot. Le défi pour les chrétiens : répondre à cette soif d’absolu.