De la fusion à l’altérité

Témoignage d'une personne qui a souhaité partager son cheminement (3/4) pour aider d'autres personnes, tout en restant anonyme.

Depuis 14 mois j’ai quitté la secte bouddhiste et les choses sont allées très vite pour moi et j’en rends grâce à Dieu. Dans un premier temps, j’oscillais entre enthousiasme et joie d’accéder à une liberté toute nouvelle et renoncements à faire, accompagnés de tristesse à la limite de la dépression (renoncer aux pouvoirs occultes, à certaines relations sociales, à une partie de mon travail…).

Maintenant que les choses sont plus « posées », le rythme se ralentit. Je peux commencer à regarder et à voir ce qui m’est arrivée parce que je me sens moins dans cette urgence de devoir fuir pour sauver ma peau (ou plutôt mon âme). Alors dans cet espace nouveau qui est celui d’une relation plus confiante à Dieu, je découvre tout un pan qui « Était inexistant dans le cheminement « bouddhiste » : L’altérité, la rencontre et donc aussi la peur. Peur de l’autre, peur de l’inconnu de la relation avec Dieu.

Dans le bouddhisme New-Âge que j’ai connu on cherchait la fusion dans ce grand tout (l’énergie universelle), on se dirigeait vers l’identique, le même. Il n’y avait pas de rencontre à faire, ni d’altérité. Ceci avait quelque chose de très angoissant (perte de notre identité, dissolution de l’ego) mais en même temps de sécurisant car c’était comme une sorte de régression (un retour en arrière sur un chemin perdu depuis longtemps mais connu bien qu’oublié). Aucune croissance spirituelle n’était donc possible, aucune ouverture vers l’autre, l’inconnu. Il fallait « involuer » pas évoluer.

 Mais dans la relation à Dieu, je rencontre un autre. Différent de moi et à la fois proche par son humanité. Et là pour la première fois, j’ai vraiment peur. Je me rends compte qu’accorder sa confiance à Dieu c’est accepter de faire confiance à un autre et donc accepter d’aller sur un chemin inconnu, celui de la croissance et de la libération. Car se replier sur soi-même c’est une sorte de mort au fond. Et bien je me rends compte qu’avant, aller sur un chemin qui menait à la mort (sans que je ne le réalise) était moins effrayant pour moi qu’un chemin qui mène à la vie. Quel paradoxe ! Je découvre que j’ai peur de vivre parce que j’ai peur de cette relation à l’autre. Mon histoire et mes relations antérieures avec les autres humains n’aident évidemment pas à avoir confiance en l’autre…. Mais je me rends compte que je réagis pareil avec le Seigneur (on est bien humain parfois dans notre relation avec lui…).

 Dans mon chemin de délivrance, c’est un changement très important pour moi. Passer d’un monde au temps cyclique (celui de la réincarnation) à un temps éternel. Et puis passer de cette perspective de fusion, de régression, à ce chemin d’ouverture vers la vie, l’autre, l’altérité et la rencontre. C’est vraiment passer d’un monde à un autre d’une façon totalement radicale. Cela me déstabilise beaucoup parce que tous les repères de la vie changent. Je ne sais pas si d’autres personnes que vous aidez vous ont fait part de ce changement et de l’impact que cela a sur la vie. Ce n’est pas juste la relation à Dieu qui change, ni même la fin de phénomènes paranormaux ou la perte de pouvoirs occultes…. Une délivrance c’est plus que ça. Je crois que ça vient du fait que ça fait vivre une conversion et que nécessairement tout est mis à l’envers. Psychologiquement cela est très éprouvant car on vit des choses tellement à l’inverse, tellement radicalement opposées que parfois ça fait vaciller. Il faut s’y retrouver. C’est un nouveau rapport au monde, aux autres, à soi-même et au sens de l’existence. Accepter ces nouveaux repères, ça prend en fait du temps.

Je me rends compte qu’une libération, ce n’est pas simplement « youpi tout est fini ! Je suis libre ! Tout n’est que joie et paix ! ». L’esprit humain est bien plus complexe que ça. Et puis il faut s’habituer à des nouvelles relations sociales, à un nouveau travail, à un sens de la vie différent…. Un chemin de sainteté n’a rien à voir avec une recherche de fusion dans un grand tout.

Mais quand Dieu appelle et agit, je ne vois pas trop comment on pourrait se retrouver dans un entre deux. Le jour de la prière de délivrance, j’ai vécu une expérience radicale. Ce fut réellement le passage d’un monde à un autre, des ténèbres à la lumière et pour un humain c’est vraiment pas facile à vivre en fait parce que ça bouscule tous les repères. Tout ce qu’on pensait maîtriser en en l’air, ce qu’on croyait juste est faux, ce qu’on pensait être lumière était ténèbres …. Il faut aussi accepter de s’être fait avoir, encaisser la trahison, la manipulation par la secte …. La délivrance dans mon cas a touché le corps, l’esprit et l’âme.

 Je dirais donc que la libération c’est avant tout très radical, abrasif, corrosif surtout quand comme moi, on était bien engagé déjà dans une mauvaise voie. Ça n’est pas un « truc doux », soft, bisounours quoi. Enfin en tout cas pour moi. C’est un combat, une épreuve physique, mentale et spirituelle. C’est tout ce qu’on est en tant qu’être humain qui est délivré et donc concerné par le cheminement. Sur un plan humain c’est donc vraiment déstabilisant même si évidemment je ne regrette rien. C’est juste qu’à vivre c’est « hard », il faut bien l’avouer. La perte de tous ces repères antérieurs, même si je ne désire pas les retrouver me déprime parfois. Je me sens très vulnérable sur ce nouveau chemin avec le Seigneur. Dans le précédent, je me sentais plus assurée avec tous ces pouvoirs … L’orgueil … Ces pouvoirs d’ailleurs donnent une impression de liberté et de « marge de manœuvre plus grande » sur le monde, sur les autres et sur ces propres états d’âme. Mais c’est un leurre causé par la toute puissance et l’orgueil qu’ils développent en nous. C’est un empoisonnement sournois alors qu’on pense que c’est un remède à la souffrance, aux difficultés…. En effet les pouvoirs occultes quand on les exerce ou si un autre les exerce sur nous, ont un effet immédiat. La souffrance est soulagée plus vite (mais pas durablement et cela expose en fait à des effets secondaires bien pires mais à ce moment-là on l’ignore). Alors on devient addict et on les utile sans retenue pour « aller bien », « se libérer de ci ou ça », » faire taire la moindre souffrance physique ou psychologique », « faire taire la peur « … On devient des pantins mais on se croit libre, on pense avancer sur le chemin spirituel …. On se sent puissant alors qu’on est vulnérable et en danger. Mais ça on ne le voit pas, on est aveugle et si on nous le dit à ce moment-là du processus, on n’écoute pas car on est sourd.

Dans mon cas l’emprise était double : celle du gourou et celle des démons car la voie bouddhiste que j’ai prise était occulte… Mais je pensais sincèrement que ce chemin était un chemin vers la libération, la vie, la paix. J’y ai vraiment cru … Jusqu’à ce que le Lama me dise que l’amour était une construction et une illusion de l’esprit. C’était inconcevable pour moi. Il n’y avait donc pas d’altérité, je ne voulais pas de cette fusion. Là j’ai commencé à avoir peur et à douter. Puis j’ai eu envie d’aller voir un prêtre pour me confesser mais j’étais bouddhiste et j’ai eu peur d’être mal reçu, d’être jugée, qu’on me pose trop de questions…. J’avais honte… De plus je ne pouvais déjà plus mettre un pied dans un église…. Je me sentais tiraillé entre le chemin occulte et l’église… Mon mari se souvient très bien de ce moment car je lui en avais parlé et j’étais vraiment mal.

Libérée des rituels tantriques

Témoignage d'une personne qui a souhaité partager son cheminement (2/4) pour aider d'autres personnes, tout en restant anonyme.

Le chemin de libération a commencé le jour où j’ai compris que je n’étais pas libre et que j’étais soumise à des esprits, des démons par le biais de rituels tantriques. Ces rituels auxquels j’avais été profondément initiée pendant des années, soit dix ans, dans le but de me libérer avaient en fait contribué à développer mes pouvoirs de médiumnité et de guérison occultes.

L’entrée dans le combat spirituel par la prière et la confession, rapidement suivi du renoncement à ces pouvoirs devant le Saint-Sacrement dans l’église de ma paroisse a rapidement provoqué la perte des perceptions médiumniques et des pouvoirs de guérison. Je ne « voyais plus ces esprits, ces démons ». Si cela a été un grand soulagement, en revanche perdre les perceptions positives de reconnexion à la nature, d’impression de « se fondre dans un grand tout » ou encore les impressions de se « shooter « dans les lieux « bien chargés » en se gavant jusqu’à l’indigestion de cette « énergie positive » a été un passage très délicat. J’étais littéralement droguée aux sensations, addicte aux émotions positives, boulimique de fusion dans « le grand tout ». J’étais atteinte d’une sorte de « maladie de la gloutonnerie sensorielle ».

Sans tout cela, le monde m’apparut brutalement bien plus « plat ». Il n’y avait plus cette « double dimension ». Il « ne se passait plus rien ». Je n’avais plus « ces montagnes russes émotionnelles » causées par ces alternances non maîtrisées dont j’étais victime, de « perceptions terrorisantes » et de « perceptions euphorisantes ». Je n’étais plus le « jouet » soumis au bon vouloir des esprits. Le monde me parut bien « calme » et ce constat me plongea dans une sorte de dépression et de nostalgie de « ce temps où je pouvais percevoir et me gaver du positif sans limite ». Je n’étais plus « une sorte de pile humaine » qui avait besoin de la nature ou de lieux « chargés de bonnes ondes » pour se recharger elle-même. Cela changea profondément mon rapport à moi-même mais aussi au monde et aux autres bien entendu.

Cette étape a coïncidé avec le déferlement d’attaques nocturnes durant lesquelles ces esprits que je « ne voyais plus » me touchaient, me frôlaient, me secouaient violemment me tirant sans cesse de mon sommeil. Puis ont commencé à apparaître des bruits dans ma maison, toujours la nuit. C’était toujours le même scénario. Je pouvais dormir jusque vers 3h00 ou 3h30 du matin. Puis ils me secouaient très fort. Le matelas de mon lit me donnait l’impression de subir un tremblement de terre. Ils me réveillaient. Puis les murs commençaient à craquer de toutes parts. J’avais l’impression qu’ils arrivaient en masse. Je me disais « Merde les voilà… L’armée arrive… ». J’étais terrorisée. Puis ils se mettaient à frapper dans les murs, les meubles, le plafond, partout… Toujours deux coups, frappés très forts, toujours de la même manière. Ce « toc toc » rythmait mes nuits… Arrivé à ce stade, ils me tourmentaient ainsi durant 3h à 5 h. Autant dire que je ne dormais plus… J’essayais de prier, cela les tenait tranquille quelques minutes mais ils recommençaient aussitôt ensuite. Ils m’épuisaient par la terreur et le manque de sommeil qu’ils m’infligeaient. Ils essayaient de m’avoir à l’usure, c’est ce que je me disais…

Cet enfer dura trois semaines, jusqu’à ce que je prenne rdv avec le prêtre exorciste de mon diocèse pour une prière de délivrance. Avec le recul je me rends compte que j’aurai dû prendre ce rdv plus tôt. Mais j’avais honte de raconter tout ça et très peur aussi, de ce qu’on « allait me faire », de ce qu’il allait se passer ….

 À ce moment-là, il n’y avait plus beaucoup de place pour le combat spirituel, j’étais trop prise et j’étais épuisée. C’était juste essayer de trouver de l’aide. C’est tout ce que je pouvais encore faire. De toute façon le jour de cette prière de délivrance, j’étais au bout de mes forces physiques, mentales et spirituelles… Je me souviens que lorsque le prêtre m’a demandé de me mettre à genou auprès de lui, les esprits m’ont hurlé dans les oreilles « Il te prend pour de la merde ! non ! non ! Pousse-le ! Mais pousse-le ! ». Je me souviens avoir fait un dernier effort pour bouger de mon fauteuil et être tombée à genoux devant le Croix du Christ (c’est ce que j’ai vécu dans mon cœur), m’en remettre à lui totalement car je ne pouvais plus, je n’avais plus aucune force… À partir de là, je me souviens qu’ils avaient peur et qu’ils me serraient le cou pour m’étrangler, j’avais très mal… Je me souviens aussi avoir fait des efforts démesurés pour maîtriser mon corps (ne pas me relever et fuir) et mes gestes (ne pas céder aux hurlements et aux ordres des démons et repousser le prêtre). Ensuite je ne me souviens pas. Les esprits/démons m’ont rendue sourde et je ne pouvais plus entendre le prêtre. Puis juste avant la fin, j’ai retrouvé mes « oreilles » et la paix. J’étais épuisée et de retour chez moi, je me suis endormie directement. Je pense qu’il faut avoir vécu ça pour le comprendre… Ça parait totalement surréaliste… 

De retour chez moi, j’ai continué les prières de protection, d’aller à l’église le dimanche et j’ai fait bénir ma maison. Les phénomènes paranormaux et « les attaques » se sont arrêtées la troisième nuit après la prière de délivrance.

C’est alors que la deuxième étape a commencé. J’ai constaté que je perdais peu à peu le souvenir des perceptions médiumniques. La « nostalgie et la tristesse » d’avoir perdu les perceptions positives me quittait progressivement.

J’étais perturbée car constater cet oubli progressif m’a un peu inquiétée. Le prêtre exorciste que j’ai donc revu entre temps pour un autre temps de prière, m’a dit que c’était normal et dû au chemin de libération et de guérison. On devient « amnésique » de tous ces vécus. Cela est très déroutant…. Je ne m’attendais pas à ça…

De même que je ne me souviens pas de ce que je disais et faisais durant mes crises de rage avant la prière de délivrance. Quand mon mari m’en parle maintenant, j’ai l’impression qu’il décrit une autre personne… J’ai tout oublié. Je ne peux même pas dire que cela pèse sur ma conscience, je ne me souviens de presque rien…. J’ai aussi oublié une grande partie du déroulement de la prière de libération. Le moment où j’étais « sourde » est un moment où j’ai « un trou » dans ma mémoire.

 Non seulement je n’ai plus les perceptions d’avant mais en plus maintenant je les oublie. Je n’oublie pas encore la terreur que cela me procurait ni le « visage » ou l’apparence des démons mais j’oublie les impressions sensibles que cela me donnait dans le corps. En fait, j’ai l’impression d’être en convalescence après une grosse maladie que je croyais mortelle… Je retrouve ma santé physique, ma santé mentale (je suis maintenant calme et je n’ai plus de crises de désespoir, ni de crise de rage). Je retrouve aussi ma joie et mon énergie. En effet ne plus être parasitée par tous ces démons/esprits, me donne une liberté et une joie profonde. Je trouve ma vie calme et agréable et encore plus depuis la disparition des phénomènes paranormaux…

Toutefois il y a des choses que je n’oublie pas, enfin pas encore, notamment la douleur physique et la souffrance mentale que j’avais en entrant dans une église lors d’une messe. Ça me permet d’avoir une profonde compassion pour les personnes prises par l’occulte, qui subissent des attaques et qui en souffrent… Ça me faisait tellement souffrir physiquement d’assister à une messe, comme si on me jetait dans une marmite d’huile bouillante, une brûlure indescriptible du corps entier et ça me donnait une telle terreur que je ne pouvais pas m’empêcher de fuir à l’extérieur comme « une folle », je ne me maîtrisais pas… Ça je m’en souviens très bien.

Je me souviens aussi m’être demandée ce qui m’arrivait et avoir été triste de ne pas être capable de rester à la messe (j’étais encore « bouddhiste » mais c’était juste avant mon accident et j’avais souvent envie d’entrer dans les églises et de prier mais je n’y tenais pas 5 mn..).

Je crois que j’aurais fini par mourir, suicidée, folle, désespérée ou par accident… Je ne vois pas comment on peut vivre longtemps dans ces conditions. « Ça veut notre mort » … Purement et simplement. Ça fait vivre l’enfer sur terre avant de nous y jeter définitivement. 

 J’ai également l’impression de « récupérer mon cerveau ». Je peux penser, réfléchir. Avant c’était impossible parce que les sensations et perceptions s’imposaient et cela ne me donnait aucune marge pour penser, raisonner, comprendre… Tout était immédiat, subi. C’était comme « être collée, engluée » dans les perceptions, les sensations. C’est du harcèlement voir de la persécution. Ça donne des idées obsessionnelles, morbides le plus souvent. Les perceptions visuelles et sensorielles s’imposent. Les émotions de désespoir et de rage arrivaient comme ça et je ne pouvais rien contrôler, ça envahi le corps qu’on ne contrôle plus …Le prêtre mettait en évidence que je retrouvais maintenant mes capacités de discernement. 

 Le combat spirituel prend pour moi une nouvelle direction ou même une réalité. En effet maintenant je peux tenter de ne pas succomber aux tentations. Mais avant rien de tout cela n’existait. Ça s’imposait c’est tout…

À la fin, je ne maîtrisais même plus mes pensées… Ça n’était plus des tentations depuis longtemps … 

L’étape actuelle est celle des « persécutions extérieures ». Mon rapport aux autres est complètement différent d’avant et cela entraine d’énormes changements dans mes relations sociales. Depuis que je suis ce chemin de libération et que je suis entrée dans le combat spirituel, j’ai maintenant de plus en plus de personnes, y compris dans ma propre famille qui me tiennent des propos de haine extrême contre Dieu ou contre les actions ou les engagements que je prends dans ma vie quotidienne. Ce qui pour moi revient au même, puisque maintenant c’est le Seigneur qui guide mes actions, c’est à lui que je suis liée et c’est avec lui que je veux être et ce quoi qu’il arrive. Cette étape est très difficile aussi mais je continue à m’en remettre à Dieu et à sa profonde miséricorde. Je prie. Visiblement quand on suit le Seigneur, cela dérange beaucoup certaines personnes… Je dirais même que cela les met littéralement en rage… Voilà ce que je vis à présent…

J’ai choisi de suivre le Seigneur et de lui remettre tous mes pouvoirs. Il m’a libérée de mes perceptions. Puis il m’a guéri progressivement de la souffrance de les avoir perdues, de cette tristesse et de cette nostalgie. Pour cela il a fait en sorte que je les oublis. Maintenant je garde fermement « ma main dans la sienne » et je suis certaine qu’il m’aidera à faire face à ces « persécutions extérieures ». J’ai toute confiance en lui. Je lui remets chaque peine, lui confie chaque difficulté. Encore et encore… Chaque matin mes premiers mots sont toujours ceux d’une prière adressée à celui qui m’a sauvée et libérée…

Médiumnité et bouddhisme tibétain

Témoignage d'une personne qui a souhaité partager son cheminement (1/4) pour aider d'autres personnes, tout en restant anonyme.

J’ai reçu une éducation catholique plutôt solide dont le parcours m’a amenée jusqu’à la confirmation. Mais lors de mes études à l’Université, j’ai commencé à être dans une certaine forme de recherche spirituelle autre que celle que j’avais reçue étant enfant. Suite à la perte d’un proche très croyant et auquel j’étais très attachée, je suis entrée dans un rejet absolu de Dieu, j’avais beaucoup de colère contre lui. J’ai même essayé de me convaincre qu’être athée serait plus simple (la souffrance peut vraiment nous pousser dans les extrêmes…)… J’ignorais que cette quête de l’absolu dans laquelle j’allais me lancer à corps perdu durant des années, n’était en fait qu’une recherche désespérée de Dieu. Je pensais qu’il m’avait abandonnée et je ne pouvais pas à l’époque, reconnaître que c’est lui que je recherchais désespérément, trop occupée que j’étais à le rejeter…

Je suis alors devenue l’élève d’un maître bouddhiste tibétain durant 10 ans. J’ai appris les yogas internes et les circulations d’énergie, la méditation et toutes sortes de rituels avec des visualisations, des invocations de divinités, des répétitions de mantras propres au bouddhisme Vajrayana. J’étais une disciple très proche de mon maître, je l’assistais et je le suivais partout…

Il voyait en moi « son héritière spirituelle ». C’était un discours qu’il me tenait très souvent et qui ne m’a vraiment pas aidée à ne pas développer de l’orgueil. J’ai eu beaucoup de mal à trouver ma place dans ce groupe qui était très fermé et fonctionnait sur les bases du secret (secret des initiations données par le maître). En effet beaucoup de gens qui le fréquentaient étaient en plus portés sur le New-âge et toutes sortes de pratiques occultes, ce qui ne m’intéressait pas car cela contribuait à créer des confusions dans mon chemin spirituel.

J’ai été une élève et disciple très initiée aux pratiques ésotériques du bouddhisme tibétain. Je pratiquais beaucoup et quotidiennement. J’étais très engagée dans cette voie. Au début, j’ai ressenti plus de sérénité. Plus de joie également, sans doute parce que je découvrais un nouveau chemin spirituel et que je trouvais cela assez excitant. Je pensais que j’avais enfin « trouvé » ma voie spirituelle et ma place existentielle. Mais au bout de quelques années, la sérénité des débuts a fait place à la survenue d’angoisses, de crises de colère puis de rage de plus-en-plus fréquentes. J’ai aussi commencé à avoir des problèmes de santé récurrents. J’ai constaté que je développais de nouvelles perceptions et que mes capacités à magnétiser que je possédais depuis l’enfance s’étaient accrues. En effet, je pouvais savoir ce qui avait eu lieu dans un endroit (généralement des choses sordides). Plus le temps passait, plus j’étais en proie à ce genre de perceptions bizarres et violentes. Je percevais aussi l’état émotionnel des gens au point qu’il m’était devenu impossible de prendre les transports en commun ou d’aller dans une grande surface de façon sereine parce que j’avais l’impression de m’imbiber littéralement du mal-être des gens autour de moi… Je devenais aussi poreuse qu’une éponge. Je me remplissais de mal-être, de souffrance, sans rien pouvoir maîtriser. Je me vidais littéralement de ma propre énergie vitale… À la fin je ne pouvais plus exercer correctement mon métier, tourné vers la relation d’aide aux personnes…

J’avais des « flashs », des « visions » de ce qui était arrivé dans certains endroits. Par deux fois, ce que j’ai perçu m’a « attaquée ». L’impression qu’on vous saute à la gorge, qu’on tente de vous étrangler et de vous étouffer en vous serrant la poitrine… C’était juste l’enfer…

À cette époque, je ne pouvais plus mettre un pied dans une église. Cela me brûlait le corps d’essayer de franchir le seuil. Je ne comprenais pas ce qui se passait en moi mais je ne pouvais pas lutter contre ça. Un jour j’ai réussi à entrer dans une église et une messe allait commencer. Lorsque j’ai vu le prêtre remonter l’allée centrale, je me suis enfuie comme une folle… Ça n’était pas volontaire. Je ne pouvais physiquement pas rester durant un office… Je me sentais angoissée, terrifiée par ce rituel de la messe, le corps brûlant. Cela me rendait triste car je sentais en moi, un appel à entrer dans une église et à assister à une messe mais je n’y arrivais pas, c’était plus fort que moi…

Je subissais aussi des phénomènes paranormaux dans ma maison : des courants d’air froids, glacés. Des bruits (des coups) dans les meubles. Des odeurs sorties de nulle part (odeur de cigarette perçue également par mon mari), l’impression d’être en permanence suivie et observée comme si quelqu’un était toujours derrière mon dos. La nuit je ressentais aussi des « présences » autour de moi : elles me donnaient parfois l’impression de me toucher une épaule ou encore de s’assoir sur mes jambes et sentir leur poids sur mon corps me terrorisait littéralement.

Nos animaux ont commencé à mourir régulièrement et de façon toujours très étrange. Ce sont ceux auxquels j’étais la plus attachée qui sont morts. Notre chien est devenu complètement fou… Le vétérinaire n’avait jamais vu cela. Même les médicaments ne l’ont pas apaisé du tout. Nous avons dû mettre fin à sa vie et le faire euthanasier pour le délivrer d’un mal dont nous n’avons jamais pu obtenir le diagnostic… Ce fut terrible… Nous étions effondrés…

Au début j’ai pensé que je devenais complètement folle avec tous ces évènements. J’ai donc continué de plus belle les pratiques du bouddhisme, notamment les pratiques dites de purification (on me disait que j’avais un mauvais karma et qu’il fallait le purifier à tout prix). J’ai aussi fait bénir notre maison par le maître bouddhiste…. Avec les mêmes rituels… Mais en faisant cela, je continuais, sans le savoir à développer la médiumnité et à entretenir l’occulte…. Je suis entrée dans une spirale infernale…. Je perdais peu à peu ma liberté, ma joie, ma paix, ma santé, ma vie…

Mon mari a commencé à souffrir lui aussi des « attaques paranormales » et de maladies récurrentes que les médecins ne parvenaient pas à guérir. Nous nous disputions très souvent alors que ça n’est pas dans nos habitudes. Il n’y avait plus de paix dans notre foyer… J’ai donc commencé à me dire que peut-être ça ne venait pas de mon esprit « dérangé »…

Mais ma santé a continué à se dégrader. Bien entendu j’étais épuisée par tout cela. J’ai vu des psychologues, des médecins mais personne ne trouvait de raisons à « mon mal » et personne n’arrivait à me soigner. On me disait que j’étais « normale » mais juste trop stressée et pourtant ma vie n’avait plus rien de normal… Je développais en fait, une hypersensibilité médiumnique et des capacités de médiumnité mais je ne l’ai pas compris tout de suite…

Et puis j’ai eu un grave accident qui m’est apparu comme la conséquence inévitable du processus enclenché, infernal et incontrôlable dans lequel j’étais prise…. J’ai chuté d’une falaise lors d’une randonnée en montagne. Alors que j’aurais dû en mourir étant donné la hauteur, j’ai au contraire fait une expérience extraordinaire. J’ai rencontré la Vierge Marie… Pour moi, le fait que je sois encore en vie est une action de Dieu… Mon chemin spirituel en a été tout chamboulé… Je retrouvais le Père par son intermédiaire, puis plus tard dans une autre « expérience » dans l’église de ma paroisse, devant le Saint Sacrement, le Christ et son sacré coeur…

Lorsque ma santé a été meilleure, j’ai commencé à remarcher. Et lorsque je passais devant l’église de ma paroisse, je ressentais « un appel » terriblement fort à y entrer et à rencontrer le prêtre. J’ai « lutté » un bon moment parce que je ne voulais plus entendre parler de ma religion d’enfance et que ma colère contre Dieu était malgré tout encore forte… Et puis un jour, je n’ai plus réussi à lutter, j’y suis entrée et j’ai pris rendez-vous avec le prêtre…

J’étais très inquiète, je craignais d’être jugée mais je lui ai tout raconté absolument tout. J’ai totalement vidé mon sac et décidé ce jour-là de demander son aide et de sortir de « ce mal » dans lequel j’étais prise. Il m’a écoutée durant une heure, il ne m’a pas jugée. J’ai reçu à ma demande le sacrement de réconciliation qui m’a apporté un soulagement profond. Le Seigneur était là, j’ai ressenti son amour et par là-même j’ai su qu’il ne m’avait donc jamais abandonnée et qu’en plus il me pardonnait… Ce fut bouleversant et profondément, je n’ai même pas les mots, libérateur. Je suis revenue voir le prêtre plusieurs fois et aujourd’hui il est devenu mon accompagnant spirituel. En parallèle j’ai commencé à aller à la messe tous les dimanches et j’ai fini par quitter mon maître bouddhiste même si cela ne lui a pas plu et qu’il n’a visiblement pas du tout compris mon cheminement…

J’ai commencé un chemin de libération dans lequel la prière quotidienne, la confession mensuelle notamment des péchés que j’ai fait à mon insu en développant cette médiumnité, l’étude des textes tiennent une place fondamentale. Je suis entrée dans un combat spirituel parfois intense mais toujours libérateur.

Depuis que je suis ainsi de nouveau avec le Seigneur, j’ai bien plus de liberté intérieure et de joie. Je me sens tellement plus sereine… Je dois reconnaître aussi que ma santé est meilleure et surtout je n’ai plus ces accès de colère que je ne comprenais pas… J’ai également décidé de demander au Seigneur de me délivrer et de me prendre toutes ces capacités de médiumnité et de guérison. Je l’ai supplié en pleurant de m’en délivrer. Je lui ai promis de mener le combat spirituel nécessaire avec son aide et de m’abandonner totalement à lui et à son amour car lui seul est mon unique sauveur. Il faut être très déterminé et avoir vraiment la volonté de quitter tout ça, de le perdre. J’ai dû aussi voir ce qui pouvait m’en empêcher, être un frein (sentiment de puissance, orgueil, sentiment d’être une personne particulière…) et confesser tout ça devant le Seigneur, ce qui n’est ni facile, ni agréable mais nécessaire… J’ai dû apprendre aussi à m’abandonner plus au Seigneur, en confiance et à le laisser oeuvrer…

Mes portes se ferment » peu à peu et je perds effectivement ces perceptions. Je ne le vis pas mal, je sens que cela me protège. Mais cela me questionne beaucoup par contre. Je n’ai jamais rien fait de spécial pour développer ce genre de capacités. Je n’ai jamais fait de rituels initiatiques à la médiumnité, ni fréquenté de groupe New-âge ou autre. Je n’exerçais pas non plus cette capacité dans un but lucratif. Simplement « les perceptions » dues à la médiumnité s’imposaient souvent à moi sans que je puisse les contrôler et elles se sont développées pendant mon cheminement bouddhiste lorsque je faisais les pratiques. J’ai mis du temps à comprendre le lien entre les pratiques bouddhistes et le développement de la médiumnité.

Dans ma famille, d’autres personnes ont ce genre de « pouvoirs ». C’est notamment le cas de ma sœur (qui a des prémonitions toujours horribles, morbides et malheureusement justes) qui a aussi de gros problèmes de comportement (des accès de violence parfois extrêmes depuis l’adolescence. Elle fuit les églises, entendre parler de Jésus la rend agressive… C’est aussi le cas de ma mère et de sa propre mère. J’ai donc commencé aussi à comprendre que dans ma famille, il y avait d’autres personnes qui avaient des capacités occultes et que l’occulte était en fait déjà présent dans mon quotidien depuis mon enfance. Autrement dit, j’en étais déjà « imprégnée » sans avoir cherché à développer quoi que ce soit. C’est un vrai poison.

Je pense en effet que mon cheminement auprès du maître bouddhiste m’a donné accès à la médiumnité. Ça « ouvre des portes » ces pratiques du Vajrayana… Même quand on ne le veut pas… Et qu’on ne sait pas que ça peut provoquer ça… Ce qui était mon cas.

Je tenais à témoigner pour dire que le développement de capacités occultes comme la médiumnité n’est pas forcément le fruit d’actes conscients ou voulus. Il faut faire attention à tout ce genre de pratiques qui peuvent ouvrir des portes et nous confronter à des choses qui nous dépassent et dont très rapidement on ne maîtrise plus rien…

Maintenant la paix est revenue dans mon foyer et dans quelques semaines nous baptiserons notre enfant. Nous ferons aussi bénir notre maison par le prêtre pour que le Seigneur soit notre unique protecteur et guide dans notre existence.

La réincarnation fait de la mort un exercice d’escalade

La croyance est celle-ci : la mort n’est pas un mal en soi, mais un voyage vers une nouvelle vie. Et aussi : ce j’ai reçu dans la vie présente, c’est-à-dire mes souffrances, mes maladies, mes échecs et mes réussites, provient de mes vies passées. Le Nouvel Âge reconnaît bien que vous devez tenir compte de ce que vous avez fait vous-même dans vos vies précédentes ; mais il affirme que le plus important est qu’aujourd’hui, à travers votre apprentissage constant, vous aspiriez à améliorer votre condition de vie actuelle et à atteindre une conscience plus élevée et plus complète.

La réincarnation, une manière d’affronter la mort

Chaque vie, chaque mort, nous mènera à une ascension vers la perfection si vous parvenez à saisir et à pratiquer chacune de vos opportunités. C’est pourquoi parfois on voit la maladie, la douleur et la souffrance comme un « karma » qui vient des erreurs du passé que l’on doit payer aujourd’hui. Si vous le dépassez aujourd’hui dans cette vie, alors dans votre prochaine vie, vous profiterez d’une meilleure santé, plénitude et prospérité dans tous les sens du terme.

Le concept de la mort est vu plus dans sa totalité ; elle ne se termine pas dans un passage lointain vers un ciel ou une vie éternelle, mais on la considère comme une escalade de différents niveaux et expériences, comme l’illustrent certaines écoles réincarnationnistes. On a au moins 12 vies, six au masculin et six au féminin, et on passe à travers 12 personnalités selon le calendrier zodiacal de sorte qu’on parvienne vraiment à connaître cette vie depuis différentes formes d’être. Parfois il faut aussi devenir un professionnel, parfois un artisan, les uns dans la royauté, les autres dans l’esclavage ; vivre la mort sur le champ de bataille ou agréablement entouré par votre famille ; c’est seulement ainsi que vous pourrez bien connaître ce que c’est que de vivre sur cette planète.

D’autres visions de la réincarnation s’étendent au fait que déjà faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous avons aussi une vie éternelle, mais celle-ci vit pendant toute cette éternité des milliers d’expériences dans les millions d’espaces qui existent dans l’univers ; c’est-à-dire, aujourd’hui vous êtes sur la Terre et demain dans une étoile à plusieurs millions d’années-lumière d’ici, puis dans les Pléiades et ainsi de suite pour connaître successivement ce que signifie vivre dans la grandeur et la magnanimité du Créateur. Et dans chaque expérience, il faut aller en toute liberté, en se perfectionnant dans l’amour et la charité.

Par conséquent, en aucun cas, on ne considère la mort comme un point final. Elle n’est pas vue comme tragique, ou abominable. On peut même développer l’idée que la mort est une expérience de bonheur, comme le relatent parfois ceux qui, au cours de NDE, nous racontent des lumières et de merveilleuses rencontres avec les êtres aimés qui vous accueillent à bras ouverts.

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Réincarnation : témoignage

Je viens de regarder la vidéo du Père Verlinde sur la réincarnation et cela m’a fait repenser à ce que j’ai vécu dans mon cheminement bouddhiste. 

Lorsque j’ai pris refuge (cérémonie d’entrée) dans la voie bouddhiste, j’ai déclaré ce jour-là et avec toute l’honnêteté frontale qui me caractérise ne pas croire en la réincarnation. Je me souviens avoir lancé cela à la figure de celui qui deviendrait plus tard mon maître spirituel. Il en a ri et m’a assuré que ça n’était pas grave et que ça viendrait. Cela m’a agacée car je ne voyais pas comment il pourrait me faire changer d’avis… Sur ce il a coupé mes cheveux comme l’exige le rituel, a mis ses mains sur ma tête en récitant une prière en tibétain et a passé autour de mon cou un cordon, sorte d’amulette dont il m’a assuré que cela contribuait à faire en sorte que plus jamais la grâce du Bouddha ne me quitterait. Il me donna un nouveau nom, d’après la traduction « lumière du Dharma ».

Peu de temps après, j’ai reçu de ce même lama, ma première initiation. Pendant ce rituel, j’ai été initiée pour la première fois à une divinité du bouddhisme tantrique. J’ignorais à ce moment-là que cette initiation créait un lien avec des esprits. Il s’agit d’invoquer une divinité et de la faire entrer en soi pour qu’elle se fonde en nous. Je n’ai rien compris au contenu de ce rituel parce qu’il était intégralement en tibétain… Je devais répéter des trucs en tibétain mais je ne comprenais rien… Il m’a été conseillé de pratiquer le rituel et d’invoquer cette divinité tous les jours. Je reçus pour cela un livre de rituel en tibétain avec la phonétique en dessous. Il m’encouragea à le faire en tibétain, ce qui se borna pour moi, à une lecture laborieuse en phonétique…

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