Passeur d’âmes :
une « spécialisation » dans la galaxie médiumnique
Depuis quelques années est apparue une nouvelle « spécialité »
dans la médiumnité qui est celle de « passeur d’âmes ».
On en entend parler dans des émissions sur le paranormal à la
télévision et à la radio. Il en est question dans l’ensemble du
spectre des thérapies de bien-être, telle qu’elles sont proposées
sur les sites internet et chaînes vidéo chargés de nous
hameçonner.
Et, en écoutant les personnes autour de nous, nous nous apercevons
qu’un certain nombre a intégré la réalité des âmes errantes,
la possibilité pour elles de nous provoquer des nuisances, la
nécessité de faire appel à une personne spécialisée dans ce
genre de libération : le passeur d’âmes.
Il est donc nécessaire de se pencher brièvement sur ce
développement pour mieux le comprendre, sachant que la plupart des
catégories utilisées ne sont jamais définies.
I. QUE DISENT LES PASSEURS D’ÂMES SUR EUX-MÊMES ?
Plutôt que de longs discours, il faudrait pouvoir visionner de
nombreux témoignages ou exposés qui sont à notre disposition sur
la plateforme youtube… Mais cela représente de très nombreuses
heures de travail dont nous n’avons pas forcément la
disponibilité. Je vous invite cependant à le faire en partie, pour
baigner dans cet univers très particulier, et mieux voir pourquoi je
rédige cet article. Voici plusieurs exemples que vous pouvez prendre
le temps d’écouter ou de sonder si vous le souhaitez :
« Un passeur d’âmes est médium, mais tous les médiums ne
sont pas passeurs. C’est en quelque sorte une « spécialité »
de la médiumnité. Au même titre que certains médiums vont
entendre les défunts, d’autres vont les voir et d’autres encore
vont être chargés de guider les âmes en peine. Je pense que chaque
médium peut avoir plusieurs spécialités.
En ce qui concerne un passeur d’âmes, souvent ce sont des guides qui l’on mit sur ce chemin. On dit que cela faisait partie de leur mission de vie. Il ressent lorsqu’il y a quelque chose de spécial dans une pièce et entend lorsqu’il y a quelqu’un qui parle dans sa tête. »1
Hélène Bouvier (1901-1999) fut, tout au long du XXe siècle, une médium aussi appréciée que respectée. « Douée de facultés paranormales, elle a contribué à éclairer la vie de milliers de personnes venues la consulter », peut-on lire.
Auteure d’un certain nombre de livres
On constate à travers ces titres la savant mélange entre médiumnité et perspective chrétienne.
Magnifiée dans les recensions (sur l’internet)
> « Pendant 50
ans, plusieurs fois chaque mois, Hélène Bouvier a organisé des
réunions spirituelles dans le but de faire prendre conscience à
ceux qui l’ignorent encore — et ils sont nombreux — de
l’existence de la survie de l’esprit. La notoriété d’Hélène
Bouvier n’est plus à démontrer. Cette femme exceptionnelle est
un cas unique dans le monde de la voyance. Toute sa vie durant, avec
un talent extraordinaire et une spiritualité au plus haut niveau,
Hélène Bouvier a cherché à donner des preuves de la survie et de
la réincarnation. »
> « Hélène
Bouvier est décédée mais jouit, des années après sa mort, d’un
immense prestige dans le monde de la médiumnité. »
> « Médium et spirite aussi appréciée que respectée, Hélène a contribué à éclairer la vie de milliers de personnes venues la consulter en public et en privé. Douée aussi pour l’écriture, elle montre une haute pensée spirituelle qui a marqué sa vie même, puisqu’elle apparaît pour de nombreuses personnes comme l’archétype du médium accompli : désintéressé, généreux, instruit et aimant, très humain, capable de souffrir du dénuement matériel. Elle s’était de toute évidence placée au service de la cause de la Vérité au détriment de son confort personnel. »
Une spirite religieuse qui entretient la confusion…
« Je suis ce qu’on
nomme une voyante spirite, c’est-à-dire que je vois ceux que
l’on appelle morts et qui vivent réellement dans l’au-delà. Je
crois en Dieu et en cette communion spirituelle des âmes par la
prière telle que nous l’enseigne l’Evangile. » (Une
voyante témoigne, p.
25)
« Ma vie fut tissée
de miracles d’amour. Comment qualifier autrement ces perpétuels
contacts avec l’au-delà, ces visions, ces auditions supraterrestres,
et la lumière qu’il m’a été et m’est encore permis de distribuer à
ceux et celles qui viennent la chercher sous forme de conseils
bénéfiques ? » (Id.,
p. 28).
De grandes confusions qui
ne trompent personne
On
voit bien qu’elle mélange tout et qu’elle confond spiritisme et
communion des saints. Elle prend les textes bibliques à rebours,
puisque l’exemple de Saül dont elle parle est transmis dans un
contexte de condamnation du spiritisme. Quant à Saint Thomas
d’Aquin, il serait sûrement très surpris d’être appelé ainsi
à la rescousse !
Mi-chrétienne
« Quand
j’ai commencé à exercer ma profession, j’ai parfois été prise de
scrupules. Je pensais que je me fourvoyais, que j’agissais mal, qu’il
était possible que je fusse dans l’erreur. Mais un jour, ayant
ouvert la Bible un peu au hasard, je suis tombée sur le passage
relatant la visite que rend le roi Saül à la voyante d’Ein-Dor qui
interrogeait les morts (Nombres 28). Cette lecture constitua pour
moi une espèce de critérium, de réponse affirmative à la
question que je me posais. Je me pris à relever de nombreux
témoignages de cet ordre dans l’Ecriture et la vie des mystiques
chrétiens.
Enfin
saint Thomas, lui, qui communiquait avec les habitants de l’autre
monde pour se renseigner sur l’état de leur âme auquel il
s’intéressait, et aussi avec les saints pour se sentir réconforté,
mit un terme à mes doutes. J’eus l’impression que j’étais bien
dans la bonne voie. C’est de tout cœur que je m’adonnai alors à
mon métier qui, peu à peu, prit forme de vocation. »(Id., pp.
25-26).
Mi-bouddhiste
« Puis-je
dire – maintenant que j’ai lu bien des ouvrages traitant de sujets
ésotériques – que les chakras se sont ouverts chez moi
très brusquement au moment de mon adolescence.. »
(Id. p. 29).
« Si
je ne crois pas à la damnation éternelle, je crois à
l’évolution, à l’enrichissement de l’âme, à son
progrès et aussi, et d’abord, à sa purification atteinte par une
sorte de privation, de carence, surtout par la souffrance au
cours de vies successives. » (Id. p. 86).
L’inévitable
recommandation de Padre Pio
Beaucoup
de chrétiens se situant dans une confusion qui mélange occultisme
et christianisme se recommandent de Padre Pio…
« Après
la messe, les fidèles défilaient longuement, un à un, devant Padre
Pio pour la bénédiction. C’était le moment où chacun pouvait
lui demander d’intercéder pour obtenir une grâce céleste. Là,
au cours de ce rituel émouvant, il n’était pas rare de voir un
malade se lever, guéri, tomber à genoux et louer le seigneur.
Quand
ce fut mon tour, je lui demandai si je devais poursuivre ma vocation,
si c’était bien ma voie… Il m’a regardée de ses grands yeux
lumineux, et je me suis sentie percée à jour, il avait tout compris
de moi, dans la seconde même.
Il
m’a souri, il m’a tendu sa main stigmatisée que j’ai baisée
puis il m’a béni avant de passer à une autre pénitente. Pour
seule réponse à ma question, j’avais vu un amour immense dans son
regard intense et lumineux.
Puis
il alla confesser les pèlerins qui l’attendaient. Moi, je n’eus
pas besoin d’aller me confesser, il avait immédiatement tout vu en
moi.
Le
soir, à la bénédiction, j’étais bonne dernière. En me voyant,
il s’est mis à rire et m’a tendu à nouveau sa main stigmatisée.
Mais il ne m’a rien dit. Pas un mot sur mes problèmes. Pourtant je
me sentais complètement rassurée. »
Ce message, dont on appréciera
la valeur hautement spirituelle, a été reçu par la médium
Mireille Decloux lors d’une séance publique le 14 novembre
2010 :
« Oui,
c’est bien moi Hélène. Je suis tellement heureuse de pouvoir
m’exprimer dans l’association et de pouvoir, avec mon cher Padre
Pio et Françoise, veiller dessus. […] J’ai eu beaucoup de chats,
j’en ai pris soin avec amour. Je les ai retrouvés de l’autre
côté. Mais pourquoi est-ce que je vous parle de mes chats ?
Vous vous posez la question… Parce que maintenant, pour moi,
vous êtes comme des petits chats et avec tout mon amour, je veille
sur vous pour que vous grandissiez dans l’Amour du Père. Oh ce
n’est pas que je sois inquiète mais il faut bien que depuis où je
suis, je continue à œuvrer. (…) Avec le Padre Pio, nous formons
un bon duo et Françoise veille à ce que tout se déroule bien. »
Dans
son livre « Quand souffle l’Esprit divin », H.
Bouvier a tout un chapitre sur « Les animaux et leur
survie » : Les animaux, nos frères. Leur
survie. Toro. Les chiens d’avalanche. Le paradis des bêtes … La
« communication animale » avant l’heure !
Les bons apôtres
On peut s’étonner qu’un dominicain, intellectuel de haut vol, qui a connu personnellement Hélène Bouvier et la recommande, confonde à ce point la médiumnité, la voyance, la divination d’une part, avec une expérience spirituelle chrétienne authentique d’autre part. On est dans une grave confusion.
Mais
il n’est pas le premier, puisque Gabriel Marcel, philosophe,
déclarait à propos d’Hélène Bouvier : « Ce qui
frappe chez Melle Bouvier, c’est d’abord une absolue sincérité
[…]le don est vraiment éprouvé et pleinement
reconnu comme un don de Dieu, en d’autres termes, que la voyance
s’établit à un niveau spirituel très élevé. »
(préface du livre Une voyante témoigne).
Plus près de nous, le P. François Brune s’est fait l’apôtre de la médiumnité !
François Brune est né en 1931 et mort le 16 janvier 2019. Ce prêtre catholique est passé à l’orthodoxie à la fin de sa vie. Il est l’auteur de nombreux ouvrages concernant la théologie, la spiritualité, la vie après la mort et le paranormal (spiritisme)
En 1970, il découvre les expériences aux frontières de la mort (EMI-NDE) par le livre : La Vie après la vie de R. Moody. Il part aux États-Unis, et s’initie aux communications avec les morts à l’IANDS (International Association for Near Death Studies).
Les expériences de Jean Prieur, Pierre Monnier et Roland de Jouvenel (medium guérisseur) vont le convaincre, il dit y avoir trouvé : « des preuves de l’existence de Dieu, dans l’évocation récurrente de «cette lumière extraordinaire, dont les catholiques ne savent pas trop quoi faire, alors que les orthodoxes lui consacrent toute une théologie », et le ressenti unanime « d’un amour absolu, inconditionnel et personnel ».
Quelles preuves de l’existence de Dieu a-t-il trouvées à partir d’expériences de communication avec les défunts ? Quelle « théologie orthodoxe » explique cette lumière extraordinaire des EMI ou NDE ?
Témoignage d'une personne qui a souhaité partager son cheminement (1/4) pour aider d'autres personnes, tout en restant anonyme.
J’ai reçu une éducation catholique plutôt solide dont le parcours m’a amenée jusqu’à la confirmation. Mais lors de mes études à l’Université, j’ai commencé à être dans une certaine forme de recherche spirituelle autre que celle que j’avais reçue étant enfant. Suite à la perte d’un proche très croyant et auquel j’étais très attachée, je suis entrée dans un rejet absolu de Dieu, j’avais beaucoup de colère contre lui. J’ai même essayé de me convaincre qu’être athée serait plus simple (la souffrance peut vraiment nous pousser dans les extrêmes…)… J’ignorais que cette quête de l’absolu dans laquelle j’allais me lancer à corps perdu durant des années, n’était en fait qu’une recherche désespérée de Dieu. Je pensais qu’il m’avait abandonnée et je ne pouvais pas à l’époque, reconnaître que c’est lui que je recherchais désespérément, trop occupée que j’étais à le rejeter…
Je suis alors devenue l’élève d’un maître bouddhiste tibétain durant 10 ans. J’ai appris les yogas internes et les circulations d’énergie, la méditation et toutes sortes de rituels avec des visualisations, des invocations de divinités, des répétitions de mantras propres au bouddhisme Vajrayana. J’étais une disciple très proche de mon maître, je l’assistais et je le suivais partout…
Il voyait en moi « son héritière spirituelle ». C’était un discours qu’il me tenait très souvent et qui ne m’a vraiment pas aidée à ne pas développer de l’orgueil. J’ai eu beaucoup de mal à trouver ma place dans ce groupe qui était très fermé et fonctionnait sur les bases du secret (secret des initiations données par le maître). En effet beaucoup de gens qui le fréquentaient étaient en plus portés sur le New-âge et toutes sortes de pratiques occultes, ce qui ne m’intéressait pas car cela contribuait à créer des confusions dans mon chemin spirituel.
J’ai été une élève et disciple très initiée aux pratiques ésotériques du bouddhisme tibétain. Je pratiquais beaucoup et quotidiennement. J’étais très engagée dans cette voie. Au début, j’ai ressenti plus de sérénité. Plus de joie également, sans doute parce que je découvrais un nouveau chemin spirituel et que je trouvais cela assez excitant. Je pensais que j’avais enfin « trouvé » ma voie spirituelle et ma place existentielle. Mais au bout de quelques années, la sérénité des débuts a fait place à la survenue d’angoisses, de crises de colère puis de rage de plus-en-plus fréquentes. J’ai aussi commencé à avoir des problèmes de santé récurrents. J’ai constaté que je développais de nouvelles perceptions et que mes capacités à magnétiser que je possédais depuis l’enfance s’étaient accrues. En effet, je pouvais savoir ce qui avait eu lieu dans un endroit (généralement des choses sordides). Plus le temps passait, plus j’étais en proie à ce genre de perceptions bizarres et violentes. Je percevais aussi l’état émotionnel des gens au point qu’il m’était devenu impossible de prendre les transports en commun ou d’aller dans une grande surface de façon sereine parce que j’avais l’impression de m’imbiber littéralement du mal-être des gens autour de moi… Je devenais aussi poreuse qu’une éponge. Je me remplissais de mal-être, de souffrance, sans rien pouvoir maîtriser. Je me vidais littéralement de ma propre énergie vitale… À la fin je ne pouvais plus exercer correctement mon métier, tourné vers la relation d’aide aux personnes…
J’avais des « flashs », des « visions » de ce qui était arrivé dans certains endroits. Par deux fois, ce que j’ai perçu m’a « attaquée ». L’impression qu’on vous saute à la gorge, qu’on tente de vous étrangler et de vous étouffer en vous serrant la poitrine… C’était juste l’enfer…
À cette époque, je ne pouvais plus mettre un pied dans une église. Cela me brûlait le corps d’essayer de franchir le seuil. Je ne comprenais pas ce qui se passait en moi mais je ne pouvais pas lutter contre ça. Un jour j’ai réussi à entrer dans une église et une messe allait commencer. Lorsque j’ai vu le prêtre remonter l’allée centrale, je me suis enfuie comme une folle… Ça n’était pas volontaire. Je ne pouvais physiquement pas rester durant un office… Je me sentais angoissée, terrifiée par ce rituel de la messe, le corps brûlant. Cela me rendait triste car je sentais en moi, un appel à entrer dans une église et à assister à une messe mais je n’y arrivais pas, c’était plus fort que moi…
Je subissais aussi des phénomènes paranormaux dans ma maison : des courants d’air froids, glacés. Des bruits (des coups) dans les meubles. Des odeurs sorties de nulle part (odeur de cigarette perçue également par mon mari), l’impression d’être en permanence suivie et observée comme si quelqu’un était toujours derrière mon dos. La nuit je ressentais aussi des « présences » autour de moi : elles me donnaient parfois l’impression de me toucher une épaule ou encore de s’assoir sur mes jambes et sentir leur poids sur mon corps me terrorisait littéralement.
Nos animaux ont commencé à mourir régulièrement et de façon toujours très étrange. Ce sont ceux auxquels j’étais la plus attachée qui sont morts. Notre chien est devenu complètement fou… Le vétérinaire n’avait jamais vu cela. Même les médicaments ne l’ont pas apaisé du tout. Nous avons dû mettre fin à sa vie et le faire euthanasier pour le délivrer d’un mal dont nous n’avons jamais pu obtenir le diagnostic… Ce fut terrible… Nous étions effondrés…
Au début j’ai pensé que je devenais complètement folle avec tous ces évènements. J’ai donc continué de plus belle les pratiques du bouddhisme, notamment les pratiques dites de purification (on me disait que j’avais un mauvais karma et qu’il fallait le purifier à tout prix). J’ai aussi fait bénir notre maison par le maître bouddhiste…. Avec les mêmes rituels… Mais en faisant cela, je continuais, sans le savoir à développer la médiumnité et à entretenir l’occulte…. Je suis entrée dans une spirale infernale…. Je perdais peu à peu ma liberté, ma joie, ma paix, ma santé, ma vie…
Mon mari a commencé à souffrir lui aussi des « attaques paranormales » et de maladies récurrentes que les médecins ne parvenaient pas à guérir. Nous nous disputions très souvent alors que ça n’est pas dans nos habitudes. Il n’y avait plus de paix dans notre foyer… J’ai donc commencé à me dire que peut-être ça ne venait pas de mon esprit « dérangé »…
Mais ma santé a continué à se dégrader. Bien entendu j’étais épuisée par tout cela. J’ai vu des psychologues, des médecins mais personne ne trouvait de raisons à « mon mal » et personne n’arrivait à me soigner. On me disait que j’étais « normale » mais juste trop stressée et pourtant ma vie n’avait plus rien de normal… Je développais en fait, une hypersensibilité médiumnique et des capacités de médiumnité mais je ne l’ai pas compris tout de suite…
Et puis j’ai eu un grave accident qui m’est apparu comme la conséquence inévitable du processus enclenché, infernal et incontrôlable dans lequel j’étais prise…. J’ai chuté d’une falaise lors d’une randonnée en montagne. Alors que j’aurais dû en mourir étant donné la hauteur, j’ai au contraire fait une expérience extraordinaire. J’ai rencontré la Vierge Marie… Pour moi, le fait que je sois encore en vie est une action de Dieu… Mon chemin spirituel en a été tout chamboulé… Je retrouvais le Père par son intermédiaire, puis plus tard dans une autre « expérience » dans l’église de ma paroisse, devant le Saint Sacrement, le Christ et son sacré coeur…
Lorsque ma santé a été meilleure, j’ai commencé à remarcher. Et lorsque je passais devant l’église de ma paroisse, je ressentais « un appel » terriblement fort à y entrer et à rencontrer le prêtre. J’ai « lutté » un bon moment parce que je ne voulais plus entendre parler de ma religion d’enfance et que ma colère contre Dieu était malgré tout encore forte… Et puis un jour, je n’ai plus réussi à lutter, j’y suis entrée et j’ai pris rendez-vous avec le prêtre…
J’étais très inquiète, je craignais d’être jugée mais je lui ai tout raconté absolument tout. J’ai totalement vidé mon sac et décidé ce jour-là de demander son aide et de sortir de « ce mal » dans lequel j’étais prise. Il m’a écoutée durant une heure, il ne m’a pas jugée. J’ai reçu à ma demande le sacrement de réconciliation qui m’a apporté un soulagement profond. Le Seigneur était là, j’ai ressenti son amour et par là-même j’ai su qu’il ne m’avait donc jamais abandonnée et qu’en plus il me pardonnait… Ce fut bouleversant et profondément, je n’ai même pas les mots, libérateur. Je suis revenue voir le prêtre plusieurs fois et aujourd’hui il est devenu mon accompagnant spirituel. En parallèle j’ai commencé à aller à la messe tous les dimanches et j’ai fini par quitter mon maître bouddhiste même si cela ne lui a pas plu et qu’il n’a visiblement pas du tout compris mon cheminement…
J’ai commencé un chemin de libération dans lequel la prière quotidienne, la confession mensuelle notamment des péchés que j’ai fait à mon insu en développant cette médiumnité, l’étude des textes tiennent une place fondamentale. Je suis entrée dans un combat spirituel parfois intense mais toujours libérateur.
Depuis que je suis ainsi de nouveau avec le Seigneur, j’ai bien plus de liberté intérieure et de joie. Je me sens tellement plus sereine… Je dois reconnaître aussi que ma santé est meilleure et surtout je n’ai plus ces accès de colère que je ne comprenais pas… J’ai également décidé de demander au Seigneur de me délivrer et de me prendre toutes ces capacités de médiumnité et de guérison. Je l’ai supplié en pleurant de m’en délivrer. Je lui ai promis de mener le combat spirituel nécessaire avec son aide et de m’abandonner totalement à lui et à son amour car lui seul est mon unique sauveur. Il faut être très déterminé et avoir vraiment la volonté de quitter tout ça, de le perdre. J’ai dû aussi voir ce qui pouvait m’en empêcher, être un frein (sentiment de puissance, orgueil, sentiment d’être une personne particulière…) et confesser tout ça devant le Seigneur, ce qui n’est ni facile, ni agréable mais nécessaire… J’ai dû apprendre aussi à m’abandonner plus au Seigneur, en confiance et à le laisser oeuvrer…
Mes portes se ferment » peu à peu et je perds effectivement ces perceptions. Je ne le vis pas mal, je sens que cela me protège. Mais cela me questionne beaucoup par contre. Je n’ai jamais rien fait de spécial pour développer ce genre de capacités. Je n’ai jamais fait de rituels initiatiques à la médiumnité, ni fréquenté de groupe New-âge ou autre. Je n’exerçais pas non plus cette capacité dans un but lucratif. Simplement « les perceptions » dues à la médiumnité s’imposaient souvent à moi sans que je puisse les contrôler et elles se sont développées pendant mon cheminement bouddhiste lorsque je faisais les pratiques. J’ai mis du temps à comprendre le lien entre les pratiques bouddhistes et le développement de la médiumnité.
Dans ma famille, d’autres personnes ont ce genre de « pouvoirs ». C’est notamment le cas de ma sœur (qui a des prémonitions toujours horribles, morbides et malheureusement justes) qui a aussi de gros problèmes de comportement (des accès de violence parfois extrêmes depuis l’adolescence. Elle fuit les églises, entendre parler de Jésus la rend agressive… C’est aussi le cas de ma mère et de sa propre mère. J’ai donc commencé aussi à comprendre que dans ma famille, il y avait d’autres personnes qui avaient des capacités occultes et que l’occulte était en fait déjà présent dans mon quotidien depuis mon enfance. Autrement dit, j’en étais déjà « imprégnée » sans avoir cherché à développer quoi que ce soit. C’est un vrai poison.
Je pense en effet que mon cheminement auprès du maître bouddhiste m’a donné accès à la médiumnité. Ça « ouvre des portes » ces pratiques du Vajrayana… Même quand on ne le veut pas… Et qu’on ne sait pas que ça peut provoquer ça… Ce qui était mon cas.
Je tenais à témoigner pour dire que le développement de capacités occultes comme la médiumnité n’est pas forcément le fruit d’actes conscients ou voulus. Il faut faire attention à tout ce genre de pratiques qui peuvent ouvrir des portes et nous confronter à des choses qui nous dépassent et dont très rapidement on ne maîtrise plus rien…
Maintenant la paix est revenue dans mon foyer et dans quelques semaines nous baptiserons notre enfant. Nous ferons aussi bénir notre maison par le prêtre pour que le Seigneur soit notre unique protecteur et guide dans notre existence.
Il
ne faut pas confondre le magnétisme
minéral
avec le magnétisme animal. Ce magnétisme n’a
rien à voir
non plus, avec la séduction d’une
personne dont on dit qu’elle
attire par son magnétisme.
Thalès
de Milet (VI e av. J.-C.) aurait découvert en Magnésie une pierre
attirant le fer, d’où vient
le nom de magnétisme. Aujourd’hui
ce magnétisme se calcule en gauss.
Ainsi le champ d’induction
magnétique terrestre vaut environ 0,5 gauss en France. Un petit
aimant métallique type ferrite a un champ magnétique de l’ordre
de 2 000 à 4 000
gauss ; celui des IRM de l’ordre de 15 000 à
30 000 gauss.
Le
magnétisme
animal quant
à lui,
est employé au XVIII e par un médecin
charlatan d’origine
souabe Franz Anton Mesmer qui séduisit le tout Paris, avec son baril
guérisseur, avant la Révolution de 1789. Déjà
une commission royale de
médecins et scientifiques (Benjamin Franklin, Laurent Lavoisier, le
médecin Ignace Guillotin,
l’inventeur de la
guillotine) en avait dénoncé la
supercherie. Mesmer prétendait
que l’univers
tout entier baigne dans une énergie qui circule partout, qui
traverse tous les corps et produit chaleur lumière
électricité et…
le magnétisme. Nous ne
sommes pas loin de l’énergie cosmique du New Age. L’harmonieuse
circulation de ce fluide énergétique
générerait
tout type de guérison, la maladie proviendrait des obstacles à
ce magnétisme
énergétique…
Le
magnétiseur serait capable de concentrer ce fluide, de le diriger,
d’enlever
engorgements et obstacles.
Nous
ne sommes pas loin du spiritisme et de la médiumnité
car dans les années qui vont de 1840 à 1860
aux États-Unis se développe une mode qui fait fureur, la vogue des
tables tournantes. Le mouvement des tables est attribué à un
fluide émanent
d’esprits
venus de l’au-delà.
En France, Allan Kardec entre dans cette vague.
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La
condamnation de ce magnétisme
fluidique est
de nouveau prononcée en 1837 et 1840 par l’Académie
de médecine.
Cependant
certains continuent de pratiquer ce qui est alors appelé
somnambulisme magnétique ;
en fait ce phénomène sera appelé
hypnose. Deux écoles vont s’affronter
en cette fin du XIX e, celle du docteur Bernheim à
Nancy et celle du
docteur Charcot à la Salpêtrière
à Paris. Freud s’y
intéresse avant
de l’abandonner
constatant les dépendances que cela crée entre le patient et son
« thérapeute ».