Aujourd’hui, la soif d’absolu est forte dans un monde occidental qui a perdu les fondements de la foi. Cela peut conduire certains à croiser des personnalités manipulatrices, ou même à devenir la proie de personnalités narcissiques qui détournent à leur profit la quête de Dieu. Ce sont même parfois de véritables systèmes d´emprise qui se mettent en place. Le mécanisme de l´emprise mentale conduit à de nombreux abus, dont l’abus spirituel, et peut causer de graves blessures psychologiques. Pourtant, depuis des millénaires, un trésor de sagesse existe dans les monastères où celles et ceux qui consacrent leur vie à la quête de Dieu ont balisé les dangers de cette quête. L’expérience qu’ils nous transmettent est aujourd’hui indispensable à notre discernement, que l’on soit croyant ou non. Ce documentaire a pour vocation d´informer et d´éduquer un large public aux possibles dangers de la recherche spirituelle. UNE COPRODUCTION JCD PRODUCTION/KTO 2018 – Réalisé par Jean-Claude Duret Documentaire du 18/05/2019.
Les violences sur les enfants
Muriel Salmona est psychiatre-psychothérapeute, chercheuse, formatrice en psychotraumatologie et en victimologie. Elle préside l’association Mémoire Traumatique et Victimologie.
Les conséquences psycho-traumatiques des violences
La sidération, la dissociation, la mémoire traumatique.
Par Muriel Salmona. memoiretraumatique.org
Spiritualité laïque et spiritualité chrétienne
« 63. La foi catholique de nombreux peuples se trouve aujourd’hui devant le défi de la prolifération de nouveaux mouvements religieux, quelques-uns tendant au fondamentalisme et d’autres qui semblent proposer une spiritualité sans Dieu[1]. »
Points de repères et de discernement
Définir en quelques mots ce qui relève de la spiritualité laïque est tout simplement impossible. Notre approche sera donc très partielle et aura pour point d’attention quelques éléments.
Tout d’abord, revenons à la définition et à l’étymologie. Spiritualité : ce qui concerne ici la spiritualité est relative à la vie spirituelle, à la vie de l’esprit. Cela peut aller de l’activité intellectuelle à la manière de pensée. En tous les cas, la racine latine est « spiritus. » Et il est intéressant de constater que cette même racine à donner respirer, inspirer, expirer. Comme si le souffle, la respiration, en lien avec l’air, l’élément le plus immatériel était l’interface entre le monde de la matière et le monde de l’esprit. D’ailleurs, le muscle le plus important de la respiration qui est au centre de notre corps, et qui forme le plancher de notre cage thoracique et le plafond de notre abdomen s’appelle le diaphragme ou, en langage médical, le « centre phrénique ». En grec phren veut dire, état d’âme, état d’esprit. C’est dire si les anciens avaient repéré qu’au centre de notre corps en lien avec la respiration, ce muscle était l’interface entre le soma, le corps et la psyché ou l’esprit. En français nous pouvons conjuguer le verbe expirer à la forme active j’expire, et non pas à la forme passive je suis expiré. Nous pouvons conjuguer le verbe inspirer à la forme active j’inspire, mais également à la forme passive, je suis inspiré. La question qui nous occupe ici est de savoir, qu’est-ce qui nous inspire ? Qui ou quoi nous inspire ?
Déjà, nous trouvons une différence essentielle entre l’Orient et la tradition judéo-chrétienne au sujet du souffle. En Orient, il s’agit de maîtriser l’énergie vitale qui circule dans le prana, comme le font les maîtres yogi par des exercices de pranayama ou yoga respiratoire. Le ki ou le chi des Chinois est cette énergie concentrée au centre de corps qu’il faut savoir maîtriser par des exercices ascétiques. Dans cette conception, le sommet de la vie spirituelle passera nécessairement par la maîtrise de ces énergies pour maîtriser son mental. Il s’agit de pratiques qui pourraient être considérées comme laïques, en ce sens qu’elles ne nécessitent pas de croyances particulières, mais une pratique assidue. Cependant si nous nous référons aux écrits ou paroles des maîtres nous constatons que tout un système de croyances y est attaché, une conception de l’homme et du monde, de la vie de la mort et de la vie après la mort sont indissociables des pratiques. Dans la Bible, le souffle « spiritus » en latin « pneuma » en grec et « rouah » en hébreux se reçoit de Dieu, il n’est donc pas maîtrisable. Cette simple remarque sur le souffle ou l’esprit permet d’envisager déjà des différences fondamentales quant aux différentes spiritualités. Continuer la lecture de « Spiritualité laïque et spiritualité chrétienne »
La confusion entre for interne et for externe, et les abus de pouvoir spirituels
Lorsque dans une communauté paroissiale, ou résidentielle, on favorise la fraternité, la solidarité dans la prière, le partage, la mise en commun, il est presque inévitable que beaucoup de choses qui relèvent de la vie privée, soient connues dans la communauté. C’est une grâce de partage qui exige discrétion, et confidentialité. Si celles-ci ne sont pas respectées, les conséquences peuvent être graves.
Il est donc indispensable que les prêtres, les laïcs en mission ecclésiale, et ceux qui collaborent au suivi pastoral des personnes, connaissent bien les enjeux du secret, de la discrétion, du respect de la vie privée, et de la défense des personnes vulnérables. Non seulement vis-à-vis de la communauté et des croyants individuels, mais aussi vis-à-vis des autorités. Ce sont des questions importantes qu’il faut approfondir si l’on veut éviter que les abus et les déviances se multiplient.
Un exemple : le livre La déontologie des ministères ecclésiaux (Ed. du Cerf, 2007), un ouvrage publié à l’initiative du Groupe des canonistes francophones de Belgique. On y trouve un chapitre éclairant qui cite dix règles déontologiques des fonctions ecclésiales : 1. Principe général : respect de la dignité des personnes. 2. Devoir de loyauté. 3. Devoir d’exemplarité. 4. Obligation de dignité. 5. Obligation de réserve. 6. Incompatibilités diverses. 7. Devoirs de collaboration et de confraternité. 8. Devoir de conseil. 9. Devoir de formation permanente. 10. Devoir de discrétion et secret professionnel.
C’est ce dernier point que nous voulons aborder ici, en examinant plus profondément la question de la confusion du for interne et du for externe, et de la porte qu’elle ouvre vers les abus spirituels, qui se révèlent suffisamment présents pour qu’on doive y réfléchir.
1. For interne, for externe, la notion la plus détestée des gourous

For externe, for interne, de quoi s’agit-il ?
Cette notion est fondamentale pour le discernement d’une vocation, et pour la vie spirituelle en général. Le for externe est ce que nous faisons au regard de la société, des autres, et dont nous devons rendre compte. Le for interne concerne notre vie privée, la plus intérieure, celle que l’on partage à un accompagnateur spirituel quand il s’agit de notre relation à Dieu, (parfois à un confesseur), en tout cas sous le sceau de la confidence et devant rester en « for interne », c’est-à-dire ne pouvant être communiqué à des tiers sans notre accord. Continuer la lecture de « La confusion entre for interne et for externe, et les abus de pouvoir spirituels »
