Les thérapies énergétiques peuvent-elles soigner ?

Je recommande vivement la lecture de ce livre :

Voici un extrait de la conclusion. « Nous pouvons conclure cette lecture en rappelant quelques caractéristiques communes aux thérapies dites «énergétiques», permettant d’apprendre à les reconnaître.

Se draper des habits de la science en travestissant
systématiquement un ou plusieurs des concepts scientifiques d’énergie

Première caractéristique commune à toutes les thérapies énergétiques : se draper des habits de la science en travestissant systématiquement un ou plusieurs des concepts scientifiques d’énergie, d’ondes, de champs électriques ou magnétiques, de courants électriques. La complexité des termes et notions
employés permet – volontairement ou non – de masquer la vacuité conceptuelle de ces théories simplistes. Le discours ésotérique des thérapies énergétiques est parfois couplé à l’utilisation d’appareils farfelus : au début du XXe siècle, par exemple, la ferveur entourant les technologies électriques naissantes avait conduit à la conception d’appareils absurdes, comme les appareils à tubes à rayons violets censés soigner l’asthme ou encore l’obésité. Un sièce plus tard, on prétend soigner tout et n’importe quoi avec des technologies sophistiquées en apparence, à base de LED ou de laser. Cela participe de la même volonté de théâtraliser pour convaincre.

Faire appel au ressenti, lequel sert de preuve d’efficacité

Deuxième caractéristique des thérapies énergétiques : faire appel au ressenti, lequel sert de preuve d’efficacité, obtenue en dehors de toute démarche expérimentale rigoureuse; le thérapeute « voit» ou «perçoit» l’effet bénéfique du traitement; le «patient» dit «ressentir» un mieux. Ces ressentis étant sujet à différents biais (auto-réalisation des prophéties, biais de confirmation, erreur d’attribution causale…), ils ne sont pas en eux-mêmes constitutifs d’une preuve scientifique et ne valident pas objectivement la technique; mais ils permettent de tenir un discours suggestif, relativiste, invérifiable et valorisant, qui semble efficace pour fidéliser les clients.

L’appel à la tradition et à la nature

Troisième caractéristique : l’appel à la tradition et à la nature. Ce sophisme rompt avec le cycle « hypothèse-expérimentation/observation-validation», puisque des concepts sont considérés comme vrais ou bénéfiques du fait de leur ancienneté ou de leur naturalité et intégrés aux théories sans validation expérimentale. C’est une différence de nature fondamentale entre résultats scientifiques et divagations pseudo-scientifiques. Cet appel à la tradition et à la
nature est souvent accompagné d’un rejet de la technologie ou de la modernité chargée, nous dit-on, d’énergie négative. Cet alarmisme anti-technologique donne aux pseudo-scientifiques des arguments commerciaux pour « intervenir» et rétablir de la naturalité dans des environnements pollués par la technologie. Ainsi, il n’est pas rare de tomber sur des géobiologues-naturopathes ou des énergéticiens-naturopathes ».


Certes, la dimension spirituelle des initiations occultes sous-jacentes à certaines thérapies n’est pas abordée… Mais la synthèse rationnelle est remarquable de justesse et d’information. Merci à l’auteur d’avoir cité le site sosdiscernement en dernière page de son livre. D.A.

Tirer une parole, ouvrir sa Bible au hasard ? Pour une juste pratique

D. Auzenet

Un article du P. Jean-Baptiste Edart, Ouvrir sa Bible au hasard est-il une pratique chrétienne ? Bibliomancie et charisme de texte 1 mérite d’être signalé. Je voudrais en citer quelques extraits, en vous renvoyant à la lecture de l’article complet. Mais tout d’abord, je vous propose un petit tour d’horizon des pratiques de divination dans la Bible,

Les pratiques de divination dans la Bible et la bibliomancie

En dépit de l’interdiction biblique formelle 2 d’essayer d’atteindre par divination des indications ou une connaissance inaccessibles sans elle, c’est une part intégrante de la vie religieuse de l’ancien Israël. Une note de synthèse 3 du site bibletraditions.org liste et détaille différentes traces de pratiques divinatoires : la visite à un lieu (recelant un objet) sacré, la lecture de présages, la consultation d’objets divinatoires, la consultation de médiums, et l’ouverture du Livre.

Cette dernière forme de divination apparaît avec la sacralisation du texte de la Tora. La pratique de la bibliomancie consiste à utiliser la Bible afin de connaître ce que Dieu réserve aux individus ou aux groupes, non pas en lisant le texte biblique, mais en l’utilisant comme un oracle. L’utilisation de techniques de tirage au sort pour obtenir des conseils divins de la Tora est une pratique qui semble avoir assumé une des fonctions autrefois dévolues aux voyants puis aux prophètes.

Ainsi, en 1 M 3,48 : « Ils ouvrirent le livre de la Loi pour examiner les questions au sujet desquelles les païens consultaient les ressemblances de leurs idoles. » La lecture de la première ligne lue au moment où on ouvre au hasard le rouleau de la Torah permettait de connaître la volonté de Dieu. De même en 2 M 8,23 : « Il [Juda Macchabée] jeta un coup d’œil dans le livre saint et donna comme signal « ’aide de Dieu ». Guidant alors lui-même la première division, il se joint à la bataille avec Nicanor. » L’ouverture au hasard du texte sacré et l’observation de la première phrase aperçue indique ici aussi le message divin : Dieu viendra en aide dans la bataille. Flavius Josèphe (historiographe romain juif d’origine judéenne du Ier siècle) rapporte que certains Esséniens devenaient capables de prédire l’avenir à force de fréquenter les Écritures saintes.

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L’ostéopathie

Fondements, principes, pratiques, éléments de discernement.

Un nouveau livret de Bertran Chaudet

« Nombre de mes collègues kinésithérapeutes ont fait une formation à l’ostéopathie, et aujourd’hui, beaucoup d’ostéopathes issus d’écoles privées arrivent sur le marché du soin. Il y a actuellement environ 30.000 ostéopathes en France et 100.000 kinésithérapeutes, l’écart ne cessant de se réduire.

Or il existe très peu d’étude critique sur le sujet.  

Ce livret sur l’ostéopathie est le résultat d’années d’interrogations, d’observations et de recherches sur l’ostéopathie et ses fondements ».

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Témoignage d’Olivier : de l’ombre à la lumière

Le beau témoignage d’un homme qui est passé par la musique métal, le sport de haut niveau, une carrière de tatoueur, l’expérimentation de la méditation et des présences spirituellement mauvaises, une effusion de l’Esprit Saint, un baptême dans une église évangélique, un passage profond par le new-age, un retour à la foi catholique à partir du milieu monastique…

00:0000:45 : Introduction 00:4501:36 : Présentation 01:3604:30 : Enfance 04:3006:10 : La fête, la musique métal 06:1008:10 : Le sport de haut niveau 08:1010:15 : La carrière de tatoueur 10:1513:10 : La méditation et les présences mauvaises 13:1016:40 : La prière et la conversion 16:4019:19 : Les ordonnances de Dieu 19:1923:00 : Le new age 23:0023:05 : Rencontre avec un missionnaire 23:0528:52 : L’école biblique 28:5330:50 : Le travail séculier 30:5044:45 : Le retour à la foi catholique 44:4545:25 : Message à ceux qui cherchent 45:2546:40 : Des ténèbres à la lumière 46:4048:23 : Un mot pour la fin 48:2349:25 : Merci et Fin

La chaîne YT de Morgane K. : https://www.youtube.com/@MorganeK

L’éducation intégrale ?

Dominique Auzenet et l’équipe de sosdiscernement.

Cet adjectif, INTÉGRAL, est très tendance aujourd’hui. On avait l’habitude d’entendre parler de calcul intégral en mathématiques, d’édition intégrale pour la publication des écrits d’un auteur, et on pourrait multiplier les exemples. Mais on constate l’application de cet adjectif à des domaines nouveaux, (c’est ainsi qu’on va parler d’humanisme intégral1, d’écologie intégrale, d’éducation intégrale). Le mot apparaît aussi sous une forme de substantif (intégralisme) et son adjectif dérivé (intégraliste2).

Il faut donc tenter de mieux cerner les concepts utilisant cet adjectif. C’est difficile, laborieux, et cela supposerait une perspective étendue. Nous allons, dans cet article nous contenter de parler d’un seul domaine, comme annoncé dans le titre : l’éducation intégrale. Ce n’est qu’un article de réflexion, pas une thèse.

1. L’ÉGLISE ELLE-MÊME PARLE DE L’ÉDUCATION INTÉGRALE

« Éduquer aujourd’hui et demain », tel est le titre d’un document de la Congrégation pour l’Éducation Catholique, daté de 20143. Cet « Instrument de travail » « peut être utilisé pour effectuer un examen pastoral sur l’engagement de l’Église dans ce domaine, mais aussi pour promouvoir des initiatives de mise à jour et de formation pour le personnel travaillant dans les écoles et les universités catholiques ». On y trouve trois fois une mention de l’éducation intégrale, dont ce passage essentiel (§ III, 1, e) :

« Éduquer, c’est beaucoup plus qu’instruire. (…) L’école ne devrait pas céder à une (…) logique technocratique et économique, même si elle se trouve sous la pression des pouvoirs extérieurs et qu’elle est exposée à des tentatives d’instrumentalisation de la part du marché. Cela vaut d’autant plus pour l’école catholique. Il ne s’agit en aucun cas de minimiser les exigences de l’économie ni la gravité du chômage, mais de respecter l’intégralité de la personne des étudiants, en développant une multiplicité de compétences qui enrichissent leur humanité : créativité, imagination, capacité d’aimer le monde et de cultiver la justice et la compassion.

La proposition de l’éducation intégrale, dans une société en rapide mutation, exige une réflexion continue capable de renouvellement et d’enrichissement qualitatif. Dans tous les cas, la prise de position est claire : l’éducation que l’école catholique promeut n’a pas pour objectif la méritocratie d’une élite. Même si la recherche de la qualité et de l’excellence est importante, il ne faut jamais oublier que les élèves ont des besoins spécifiques, qu’ils vivent souvent des situations difficiles et méritent une attention pédagogique attentive à leurs exigences.

(…) Le paradigme de la compétence, interprété selon une vision humaniste, va au-delà de l’acquisition de connaissances ou de savoir-faire spécifiques. Il concerne le développement de toutes les ressources personnelles de l’étudiant et crée un lien significatif entre l’école et la vie. Il est important que l’école valorise non seulement les compétences relatives aux domaines du savoir et du savoir-faire, mais aussi ceux de la vie avec les autres et de la croissance en humanité. Il y a des compétences telles que par exemple celle de type réflexif, où l’on est l’auteur responsable de ses propres actes, les compétences interculturelle, délibérative, citoyenne, dont l’importance grandit dans le monde globalisé et qui nous concernent directement, de même que les compétences en termes de conscience, de pensée critique, d’action créatrice et transformatrice ».

Le terme d’éducation « intégrale » se rapporte ici au développement de la multiplicité des compétences et de toutes les ressources personnelles de chacun.

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