Reconnue depuis 2002, cette médecine « non conventionnelle » est plébiscitée par les Français, mais pâtit du manque d’études cliniques probantes sur son efficacité.
«Nous sommes une profession jeune, mais prometteuse », résume
Christophe Couturaud. Prometteuse, le mot est faible. Le 14 mai
prochain, vingt ans après la reconnaissance officielle du titre
d’ostéopathe par la loi Kouchner, le président du Registre des
ostéopathes de France (ROF) lancera la première édition de ses
Rencontres internationales, à la Maison de la chimie à Paris. L’occasion
de revenir sur l’évolution de cette thérapie manuelle, fondée aux
États-Unis au XIXe siècle, mais aussi d’en célébrer le succès grandissant dans le monde et plus particulièrement en France.
Avec
plus de 20 millions d’actes réalisés chaque année dans l’Hexagone,
l’ostéopathie est devenue la médecine « non conventionnelle » préférée
des Français. Le nombre de praticiens, lui, ne cesse d’augmenter : alors
qu’ils étaient 11 608 en 2010, on en compte désormais près de 35 000
selon la Direction de la recherche et des statistiques, contre 14 000 en
Italie, 5 000 au Royaume-Uni ou 4 000 en Allemagne. L’ostéopathie, une
passion française ? « Il n’y a qu’ici qu’on observe un tel phénomène »,
assure le professeur François Rannou, chef du service de médecine
physique et de réadaptation à l’hôpital Cochin, à Paris. Pourtant, il
est formel : rien à ce jour n’atteste de l’efficacité de cette pratique.
Le médecin en veut pour preuve l’étude qu’il a menée sur l’effet des
manipulations ostéopathiques chez des patients souffrant de mal de dos
chronique, dont les résultats ont été publiés en mars 2021 dans la revue
américaine Jama Internal Medicine. Sur les 400 patients
suivis, la moitié a fait l’objet de manipulations « placebo ». Les
autres ont bénéficié de véritables séances dispensées par des
ostéopathes « exclusifs » – c’est-à-dire n’étant pas par ailleurs
médecins ou masseurs-kinésithérapeutes –, comme c’est le cas d’environ
deux tiers de la profession.
« Nous
n’avons pas observé de différence nette entre les deux groupes. En
clair, l’intérêt de l’ostéopathie est légèrement supérieur à celui du
placebo, mais ce bénéfice n’est pas cliniquement significatif », synthétise François Rannou. Ce qui ne veut pas dire que « ça ne sert à rien », comme certains ont conclu un peu vite. « L’effet
placebo n’est pas négligeable dans les douleurs de l’appareil
locomoteur, c’est même l’une des pathologies où il est le plus
important », souligne le médecin.
Mais alors, si cela ne fait pas de mal, voire fait un tout petit peu de bien, pourquoi s’en priver ? « Dès lors qu’on reste dans la sphère du bien-être, cela me va, dit François Rannou. Le
problème, c’est que dans l’esprit de beaucoup de Français, les
ostéopathes sont des professionnels de santé. Or une esthéticienne n’est
pas une dermatologue », tacle le professeur, pour qui les
ostéopathes, non-professionnels de santé qui portent une blouse et
exercent en cabinet, entretiennent l’ambiguïté sur leur statut. « En aucun cas nous n’ambitionnons de remplacer les médecins, se défend Dominique Blanc, président de l’association Ostéopathes de France. La
médecine et l’ostéopathie sont des approches complémentaires. Nous
devons travailler ensemble, pour le bien du patient, au-delà des
logiques corporatistes », plaide-t-il.
C’est au nom de cette complémentarité que la docteure Corinne Le Sauder, présidente de la Fédération des médecins de France (FMF) s’est formée à la médecine manuelle ostéopathique, via un diplôme universitaire. « Quand vous allez chez le médecin, vous entrez avec une douleur et vous repartez avec une ordonnance. Avec l’ostéopathie, on peut lever des contractures ligamentaires ou articulaires, et redonner du mouvement à des gens qui étaient bloqués. Dans certains cas, cela peut même aider à faire des diagnostics. À condition, insiste-t-elle, d’avoir une connaissance des pathologies. » Car le danger serait de passer à côté de certaines maladies. Pour François Rannou, le meilleur moyen de l’éviter serait de suivre le modèle américain, où tous les ostéopathes sont formés à la médecine. Et, surtout, de bannir l’ostéopathie viscérale ou crânienne, qu’il qualifie de « dérives », au bénéfice de la seule ostéopathie structurelle, centrée sur le système musculo-squelettique.
« Ce serait un contresens total », s’étrangle Christophe Couturaud, pour qui « vider » l’ostéopathie de ces dimensions plus « empiriques » ou « spirituelles » reviendrait à la tuer. « Prendre
la personne dans sa globalité, voir les interconnexions qu’il peut y
avoir entre le crâne et le bassin, entre le crâne et les vertèbres,
entre les viscères et le dos, et essayer de comprendre comment elles
peuvent générer des tensions et des douleurs : c’est ce qui fait
l’essence et le succès de l’ostéopathie », ajoute Dominique Blanc,
tout en reconnaissant que les effets de ces manipulations ne sont pas
suffisamment documentés par la littérature scientifique.
Comment expliquer ce faible intérêt de la recherche ? « Pour
faire des études cliniques, il faut de l’argent, or cet argent provient
souvent des laboratoires pharmaceutiques. L’ostéopathie ayant tendance à
réduire la prescription de médicaments, on comprend aisément leur
manque d’intérêt », soulève Corinne Le Sauder. D’autant qu’en la
matière, la preuve du bénéfice pour les patients reste très difficile à
établir, surtout quand on touche à des choses aussi subjectives que la
douleur. « Toute la médecine est fondée sur l’Evidence-Based
Medicine (EBM), la médecine par les preuves. Cela exige de dégager des
données scientifiques générales, alors que l’ostéopathie est d’abord
fondée sur l’individu. » Pour Dominique Blanc, c’est plutôt du côté des sciences humaines que la recherche devrait se placer. « Se
fonder uniquement sur l’EBM, c’est oublier que certains problèmes,
comme le mal de dos dont souffrent tant de Français, sont majorés par le
stress ou des traumatismes gardés en mémoire par les tissus. »
Si elle se méfie de la « psychologisation »
à outrance, Corinne Le Sauder attribue le succès des ostéopathes à leur
capacité d’écoute, une qualité essentielle qui fait de plus en plus
défaut aux médecins, faute de temps. « Je caricature un peu, mais
aujourd’hui, quand vous dites à un médecin que vous avez mal au ventre,
il va vous prescrire une échographie sans même vous toucher le ventre, pointe la généraliste, qui voit aussi dans l’ostéopathie une manière de rendre le patient plus actif. Il
y a cette idée d’apprendre au patient à se prendre en main et à être
acteur de sa pathologie. Et cela aussi, c’est quelque chose qui manque
en médecine. »
Repères
Un diplôme reconnu, mais des débouchés incertains
Depuis une réforme de 2014, seules
les écoles agréées par le ministère de la santé peuvent délivrer des
diplômes d’ostéopathie, indispensables pour exercer en France.
Trente et une formations
sont actuellement reconnues, toutes privées. Parmi elles, neuf ne
bénéficient que d’un agrément provisoire, qui devra être confirmé en
septembre prochain.
La formation dure cinq ans, mais le diplôme obtenu n’étant pas un diplôme d’État, il ne permet pas d’obtenir une équivalence en master à l’université.
Alors que plus de 1 500 étudiants sortent des écoles chaque année, la profession craint la saturation.
Le « cracking », une pratique qui divise
Faut-il
faire « craquer » les articulations des patients lors des séances
d’ostéopathie ?
Si certains professionnels défendent une approche plus « douce », tous
insistent sur la nécessité d’avertir les personnes concernées et de
connaître leurs antécédents.
C’est une demande que les ostéopathes entendent régulièrement dans leur cabinet : « S’il vous plaît, ne me faites pas craquer. Je déteste ça ! »
Pour certains, c’est même devenu un critère de choix au moment de
prendre rendez-vous. Les ostéopathes l’ont bien compris, et précisent,
de plus en plus souvent, « sans craquement » sur leur carte de
visite. Mais en quoi cela consiste-t-il exactement ? En réalité, il ne
s’agit pas de faire « craquer les os », mais les articulations. Quant au
bruit, ce « crac » qui surprend souvent par son intensité sonore, il
provient en fait de l’éclatement, sous l’effet de la pression, de bulles
de gaz contenues dans le liquide synovial, une sorte de lubrifiant qui
se loge entre les articulations.
« Le
”cracking”, c’est moins un sujet pour nous que pour les patients, car
en général, ce n’est pas un moment très agréable pour eux, convient Ai-Jee Youn, fraîchement installée dans un cabinet en région parisienne avec son compagnon, Léo Guérin. Mais
après coup, cela peut faire beaucoup de bien. D’ailleurs, les patients
se mettent souvent à rire juste après, ils sont tout à coup très joyeux,
signe que l’impact a libéré quelque chose. »
Néanmoins, ces jeunes ostéopathes ont rarement recours au craquement – également appelé cracking ou thrust. « Cette
technique a l’avantage de pouvoir traiter l’articulation de façon
précise, mais il y a d’autres manières de redonner de la mobilité à une
articulation bloquée, indique Léo Guérin. On peut aussi avoir
une approche plus globale : traiter l’articulation à distance, en
travaillant par exemple sur les muscles attenants. » Dans tous les cas, une règle d’or : « Toujours demander le consentement du patient avant de le faire craquer. » Pas question de lui imposer quoi que ce soit, « il ne doit pas être mal à l’aise ». Au risque de le voir ressortir du cabinet plus contracté qu’il n’y est entré.
Solène Chavane, elle, a choisi de bannir cette manipulation de sa consultation, au profit de techniques plus douces. « Nous
apprenons toutes les approches à l’école et chacun, une fois diplômé,
pratique avec ce qu’il apprécie le plus. Un peu comme un cuisinier qui,
pour cuire un aliment, peut utiliser un four, une poêle, une friteuse ou
encore la vapeur, compare cette ostéopathe parisienne. En fait, il n’existe pas de bonne ou de mauvaise technique, l’important est qu’elle soit bien maîtrisée. »
Elle
doit surtout être adaptée au patient. En effet, s’il peut se révéler
utile dans certains cas, le cracking n’est pas indispensable ; il est
même déconseillé pour certains. « Il y a des endroits dans le corps,
les cervicales notamment, qu’il vaut mieux éviter de faire craquer,
surtout si l’on ne connaît pas les pathologies du patient, avertit Corinne Le Sauder, médecin généraliste et ostéopathe à Olivet, dans le Loiret. Faire craquer un patient à l’endroit d’une articulation blessée ou d’une métastase, par exemple, peut être ravageur. »
Présentation non exhaustive de techniques non
reconnues par le Conseil national de l’ordre des
masseurs-kinésithérapeutes et signalées comme
ayant été dispensées par des kinésithérapeutes.
Les techniques du présent tableau ne disposent pas de
validation scientifique et ne sont pas reconnues par
le Conseil national. Elles ne peuvent pas constituer
des spécificités d’exercice, ni des titres d’exercice.
Les kinésithérapeutes ne sont pas autorisés à s’en
prévaloir, leur utilisation n’est pas autorisée par
l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes dans la
prise en charge des patients.
Ces techniques ont soit fait l’objet d’un rapport par
une instance scientifique ou d’une autorité publique,
soit d’une décision prononcée par une chambre
disciplinaire qui en ont reconnu le caractère illusoire
ou susceptible de l’être.
Enfin, les techniques listées dans le tableau en annexe, qui sont dépourvues d’étude, d’avis et de décision juridictionnelle doivent toutefois appeler la plus grande vigilance.
Si vous cherchez sur internet « éveil de la kundalini », ou encore « kundalini yoga », on vous suggérera des centaines de pages de sites à consulter, avec des affirmations alléchantes à la clé comme celle-ci : « L’éveil de la kundalini conduit à un éveil spirituel menant à une très haute conscience de soi »… Qu’en est-il exactement ? S’agit-il de pratiques et d’expériences proches de la mystique chrétienne ?
Quelques médecins
notamment psychiatres, outre Atlantique, ont observé une
augmentation significative de personnes présentant des symptômes
inclassifiables dans la nosologie habituelle permettant le diagnostic
de pathologies. Les années hippies, l’attrait pour l’Orient, les
techniques yogis ont fait apparaître des comportements et des
pathologies inhabituels en Occident.
Avant de décrire
ce qu’est la Kundalini, et ce que sont les chakras, voici quelques
observations faites par des psychiatres décrivant pour partie le
syndrome de la Kundalini.
Les
manifestations liées à cet éveil de la Kundalini encombrent la vie
de nombreuses personnes ; elles peuvent relever de la compétence
du prêtre exorciste accompagné d’une équipe de discernement,
pour une libération spirituelle et physique des personnes impactées.
C’est en ce sens que nous tenterons des réponses possibles.
1. Le syndrome de la Kundalini
Ce syndrome
caractérise les conséquences de pratiques initialement yogiques
ayant pour but une « purification des chakras » avec
éveil de la Kundalini. Des personnes ayant vécu une
expérience de mort imminente peuvent décrire des symptômes
similaires. L’apparition de ces symptômes peut être lente et
progressive ou subite et envahissante, occasionnant de graves
perturbations du sujet.
Charles Bruce
Greyson, né en 1945, ancien professeur de psychiatrie et de sciences
neuro-comportementales de l’Université de Virginie, a travaillé
particulièrement sur les descriptions de dites « morts
imminentes » ou NDE. Il a conçu son « échelle de
Greyson » pour répertorier et hiérarchiser les témoignages
relatant les perceptions des patients ayant vécu de telles
expériences. Il a également conçu une échelle de 19 éléments,
Physio-Kundalini Escalader1,
pour classifier les dires de sujets ayant vécu un éveil, dit
aussi montée de la Kundalini.
La
symptomatologie qui en résulte peut être confondue avec des
troubles psychotiques, bien qu’ils ne soient pas d’origine
psychiatrique2.
Cependant il est observé une intensité symptomatique exacerbée
chez des sujets plus fragiles psychologiquement3.
Quelques
symptômes le plus fréquemment observés :
Phénomènes
sensoriels :
Chatouillements,
sensations de chaud et de froid.
Respiration
inhabituelle, hyperventilation, rétention respiratoire, perturbation
du rythme.
Tremblements.
Phénomènes
psychologiques :
Souvenirs de
traumatismes, envahissants et obnubilants.
Émotions
extrêmes.
Difficultés à
contrôler les comportements.
Certains peuvent
évoquer un trouble de la personnalité schizotypique qui se traduit
par une peur infondée dans les relations interpersonnelles, une
cognition et des perceptions déformées, lumières ou visions
intérieures et sons intérieurs.
Sentiments de
dissociation de la personnalité.
Phénomènes
interprétatifs, des distorsions de la pensée.
Phénomènes
non physiologiques :
Sensations
d’expériences extracorporelles, comme le fait de se voir soi-même
à distance, de voyager dans le temps et dans l’espace sans
limitation.
Sensations
positives euphorisantes ou au contraire pensées morbides sans raison
apparente.
Divers
phénomènes :
Adopter des
positions étranges, se retrouver bloqué dans une certaine position.
Avoir des
mouvements ou sensations involontaires.
Sexualité :
Exacerbée avec
des sensations orgasmiques intempestives.
Parfois
totalement éteinte.
Ce que les psychiatres n’évoquent pas, et que constatent certains exorcistes, dans cet éveil de la Kundalini, c’est l’ouverture à la médiumnité et au magnétisme.
2. Qu’est que la Kundalini ?
Description
Cette Kundalini serait endormie dans le chakra mūlādhāra, lovée comme un serpent, symbolisé par un cobra royal, à la base de la colonne vertébrale, en avant du sacrum. Là est la racine, mūla, de toutes les nāḍīs, ces canaux du corps subtil. La Kundalini est enroulée trois fois et demie autour du lingam symbolique de Shiva. Lorsque la Kundalini est éveillée, elle pénètre à l’intérieur de sushumnā le canal énergétique central, ou voie psychique centrale. Sushumnā est complété de deux autres canaux par iḍā, et, piṅgalā. Au cours de sa montée, la Kundalini éveille les chakras représentés par différents lotus. Lorsque la Kundalini arrive au septième chakra situé proche de la fontanelle, c’est la réalisation de Soi. Les six chakras seraient les centres subtils et divins des enveloppes physiques et psychiques. Le septième ou suprême centre de conscience est Paramashiva.
Cette réalisation
de Soi serait l’affranchissement de toute condition limitative
permettant de sortir de l’individuel pour atteindre l’universel.
La voie royale de l’épanouissement de la conscience, pour parvenir
à l’extinction du cycle des renaissances successives samsara.
Les hindous, qui
ne voudraient pas même toucher un cadavre, et à plus forte raison
le disséquer, ont élaboré toute une cartographie anatomique par
expériences initiatiques, donc incontrôlables selon des critères
d’observations anatomiques de la médecine occidentale.
C’est donc une erreur d’identifier ou d’établir des liens entre les chakras, et le trajet de la Kundalini, avec les plexus physiologiques, les glandes endocrines, ou les structures ganglionnaires, nerveuses, vasculaires ou lymphatiques, comme les théosophes précurseurs du New-Age tenteront de le faire.
Différents types
d’ascèse provoqueraient cet éveil de la Kundalini, dont la
pratique d’asana, ou posture corporelle. Il en existerait
8 400 000, dont 1 600 sont déclarés excellents, et
parmi ces derniers trente-deux seraient bénéfiques pour les hommes.
Voici une asana
qui combinée à d’autres pratiques, comme la récitation de
mantras, ou de pranayama (yoga respiratoire) permettrait d’activer
la Kundalini : cette asana est associée à
un Mudrâ (posture des doigts des mains et des pieds), « dans
lesquels les pieds sont pressés sur la région du centre génital et
ferment l’ouverture anale, les mains fermant les autres
ouvertures : les narines, les yeux, les oreilles, la bouche
(Yonimudrâ). Le talon droit est pressé contre l’anus et le gauche
contre la région du centre génital, et afin de fermer l’ouverture
du pénis, il est contracté et ramené sous la voûte du pubis, si
bien qu’on ne le voit plus. La langue est retournée en arrière en
Khechari Mudrâ pour fermer aussi la gorge, lorsque ces deux Mudrâ
sont combinées. »4
Nous voyons
d’ores et déjà que ce type de pratiques n’a rien à voir avec
l’ascétisme et la mystique chrétienne.
Origine
de la kundalini
Ce terme provient
du sanskrit, une des langues de l’Inde. Selon une tradition
yogique, reprise par le mythique Patanjali qui serait l’auteur du
recueil référent sur le Yoga Sūtra, (dont l’origine est
imprécise, entre l’an 300 av. J.-C. et l’an 500 apr.
J.-C.), la Kundalini serait une énergie cosmique, ou vitale ou
encore divine, spirituelle, lovée à la base de la colonne
vertébrale. De fait, il s’agirait plutôt d’une énergie
sexuelle.
La notion même
de Kundalini ne peut être dissociée de la pratique du Yoga Sûtra.
« Yoga
dérive de la racine yug (en sanskrit) « lier ensemble »,
« tenir ensemble », « atteler », « mettre
sous le joug ». Le vocable Yoga sert en général à distinguer
toute technique d’ascèse et toute méthode de méditation. »5
« Ce qui caractérise le Yoga, ce n’est pas seulement son
côté pratique, c’est aussi sa structure initiatique… Il y faut
la direction d’un maître (gourou). »
C’est dans la Yogatattava6que sont entre autres relatés les prestiges magiques liés à
ces pratiques yogiques. « Une longue liste de siddhis,
pouvoirs occultes, trahit le milieu magique où cette Upanishad a été
élaborée ; car on parle de « clairvoyance, de claire
audience, de la possibilité de se transporter en un instant à de
grandes distances, de la faculté de bien parler, de prendre
n’importe quelle forme, de devenir invisible, et de la possibilité
de transmuer le fer ou d’autres métaux en or, en l’enduisant
d’excréments. »7
La Yogatattava
Up irait encore plus loin. Chacun des cinq éléments cosmiques,
la terre, l’eau, le feu, le vent et l’éther, peut être maîtrisé
par des exercices s’arrogeant la bienveillance du dieu gouvernant
chacun de ses éléments. Il n’y a plus alors de distance, plus de
distinction entre le yogi et l’Esprit universel. « Le yogi
peut alors faire tout ce qui lui plaît ; s’il veut, il peut
être absorbé dans le parabrahman (l’être suprême ou la
réalité ultime) ; si au contraire, il veut garder son
corps, il peut rester sur terre et posséder tous les siddhis.
Il peut devenir dieu, vivre entouré d’honneur, dans les cieux,
prendre toutes les formes désirées. Le ygin devenu dieu peut vivre
autant qu’il lui plaît. »8
La
Dhyänabindu, est un autre texte sacré, à caractère magique,
dont les pratiques dédouanent de toute loi morale et sociale. Il y
est question d’une physiologie subtile, où sont décrits
précisément, Kundalini, chakras et différentes veines et canaux
énergétiques.
À partir des Vème-VIIème siècles le tantrisme développe des pratiques capables de manipuler et de maîtriser ces énergies te type érotique et magique. Elles ont la réputation de donner accès à des pouvoirs occultes et surnaturels (ou siddhis). Le Kundalini yoga est associé aux siddhas, adeptes les plus expérimentés, et enseigné de façon confidentielle.
3. Kundalini et Occident
Ces connaissances ont été introduites en Occident en 1919, par
l’intermédiaire d’un livre : La puissance du Serpent9
de sir John Woodroffe (1865-1936), juriste, indianiste anglais,
traducteur de textes en sanskrit sous le nom de plume d’Arthur
Avalon10.
Ce livre décrit une forme particulière de Yoga tantrique nommée
Kundalini Yoga. « Ces noms évoquent d’une part la
Kundalinî Shakti, Puissance Suprême présente dans le corps humain
et dont l’éveil permet la réalisation du Yoga, d’autre part la
purification des Éléments du corps (Bhûta-shuddhi) qui se produit
lors de cette réalisation. Ce Yoga s’effectue suivant une
technique appelée Shat-chakra-bheda, c’est-à-dire percement des
six Centres ou Régions (Chakra) ou Lotus (Padma) du corps, sous
l’action de la Kundalinî Shakti, que, pour lui donner une
désignation occidentale, j’ai nommé ici la Puissance du
Serpent. »11
Sir John
Woodroffe, grand initié aux pratiques de l’éveil de la Kundalini
et traducteur en anglais de textes tantriques jusque-là inédits, a
eu une connaissance particulièrement rare pour un Occidental de ces
particularités de l’hindouisme et du yoga.
À la fin de son
introduction Arthur Avalon livre la finalité, de cette recherche
ascétique et mystique :
« L’homme
est ainsi, en son essence, le Tout-Puissant statique, ou Shiva qui
est Conscience pure ; et, en tant que Mental et Corps, il est la
manifestation de la Puissance de Shiva, Shakti, ou la Mère. Il est
donc Shiva-Shakti. Il est, dans son état ordinaire, une expression
de la Puissance. L’objet de la Sâdhanâ, ou Adoration, et du Yoga,
est d’élever cette Puissance à son expression parfaite, qui est
parfaite dans le sens d’expérience illimitée. Un moyen d’y
parvenir est le Yoga tantrique, par lequel l’homme échange son
expérience limitée du monde contre celle qui est le Tout sans
limites (Pûrna), ou la Béatitude Parfaite. »
Dans la
Puissance du serpent, Woodroffe prévient qu’il est absolument
nécessaire de suivre les enseignements d’un gourou ou siddha ayant
lui-même expérimenté ce chemin d’éveil, pour éviter à
l’adepte bien des déconvenues, pouvant l’entraîner jusque dans
la folie.
Cette puissance
acquise par ascétisme pour rejoindre ce que serait la Béatitude
parfaite n’a rien à voir avec les Béatitudes promises par le
Christ dans son premier enseignement sur la montagne dans l’Évangile
de Saint Mathieu. Béatitude promise aux humbles, aux doux, à ceux
qui pleurent, à ceux qui ont soif de justice… Béatitudes et repos
réservés aux âmes de ceux qui peinent et sont chargés des poids
de l’existence et viennent à Jésus, doux et humble de cœur.
Kundalini,
Théosophie et New-Age
Le courant
théosophique va être un des principaux vecteurs de la pénétration
de ces pratiques adaptées à des Occidentaux pressés d’avoir des
résultats rapides, et repris dans les pratiques nébuleuses du
New-Age.
Helena Blavatsky
est une référence incontournable du New-Age que l’on retrouve
sous le nom de Vlabatsky dans les aventures d’Harry Potter !
Helena Blavatsky
(1831-1891), férue de sorcelleries, de chamanismes de bouddhisme
tibétain, de yoga, et de spiritisme, fonde en 1875, à New York la
Theosophical Society, la Société théosophique, avec Henry
Steel Olcott, ancien militaire, juriste et franc-maçon. Elle fut
censée posséder des pouvoirs paranormaux tels que ceux qui sont
initiés à l’éveil de la Kundalini. En 1887, elle fonde la
Blavatsky Lodge, puis la revue Lucifer.
Charles Webster Leadbeater (1854-1934), d’abord ordonné prêtre
anglican en 1880, fut fasciné par les écrits d’Helena Petrovna
Blavatsky, et entra dans la Société Théosophique en 1883. Séduit
par l’Inde et les pratiques de purification des chakras par montée
de la Kundalini des gourous yogiques, en
1927, il décrit cela dans son livre Chakras.
Son pouvoir de séduction, son affirmation d’être clairvoyant
l’amène à faire de nombreuses conférences dans le cadre de la
société théosophique. Accusé de perversion sexuelle et de
pédérastie en 1906, il se met en veilleuse. Annie Besant12
succédant à Helena Blavatsky le réintègre dans cette société en
1907.
Annie Besant portant les décors du 33e degré maçonnique
Blason emblématique de la Fabian Society à laquelle adhère Annie Besant, loup camouflé sous une peau d’agneau
En 1915,
Leadbeater rencontre en Australie James Ingall Wedgwood (1892-1950),
théosophe, martiniste et fondateur de l’Église catholique
libérale, dont il se proclame tout simplement évêque. Wedgwood
l’initie en franc-maçonnerie, au martinisme, et le consacrera
évêque en 1916.
Alice Bailey
(1880-1949), membre de la société théosophique écrivit une
vingtaine d’ouvrages traitant d’occultisme et d’ésotérisme.
Elle utilisa fréquemment l’expression du New-Age, dans ses livres.
Les figures emblématiques du mouvement New-Age sont référentes,
explicitement ou non, au mouvement théosophique. Elle associa les
chakras à des glandes endocrines et au système nerveux lymphatique,
ce qui sera repris par la suite comme parole d’Évangile New-Age.
Emblème de la maison d’édition d’ouvrages ésoterico-occultes fondée par Alice Bailey
Paul Lecourt
(1871-1954), astrologue et spirite présentait l’humanité soumise
à des signes astrologiques, d’environ 2160 ans ; ainsi, nous
sortirions de l’ère du poisson, marqué par le christianisme, et
ses dogmes engendrant les guerres, pour entrer dans l’ère du
Verseau où l’homme libéré de ses carcans allait développer
toutes ses potentialités.
Carl Gustave Jung
(1875-1961), autre figure emblématique du New-Age ne sera pas en
reste publiant, l’Ère du Verseau.
Ces pratiques ont
été magnifiées en Occident, par les mouvements issus du New-Age,
faisant feu de tout bois pourvu qu’elles se dédouanent de la
doctrine catholique, ou mieux qu’elle la combatte frontalement ou
insidieusement. Des stars de la musique ou du cinéma, des
influenceurs comme Aldous Huxley se feront les maîtres à penser des
libérations opérées par ces contre-cultures opposées au
christianisme. Ainsi, les Beatles après leur séjour en 1968 dans
l’ashram de Maharishi Mahesh Yogi, le gourou de la Méditation
transcendantale, ou le gourou Swami Satchidananda qui fit l’ouverture
du festival de Pop music de Woodstock en 1969 font l’apologie de
ces techniques, soi-disant libératrices de toutes nos potentialités
cachées. Allan Watts, Timothy Leary, Bob Dylan, Joan Baez et bien
d’autres seront les chantres de ces spiritualités
« libératrices ».
Aujourd’hui
Parler
de l’éveil de la Kundalini peut faire sourire, c’est comme une
curiosité historique, car cela évoque l’univers Hippies des
années 1970. De même parler du New-Age semble suranné,
déjà dépassé, associé à une manière de vivre qui appartient au
folklore. Plus personne ne pourrait reconnaitre vivre comme au temps
des festivals de Woodstock. Et pourtant…. Toutes les idées du
New-Age nous imprègnent à notre insu. Notre culture occidentale les
a totalement absorbées. L’obsession actuelle de vouloir développer
toutes nos potentialités enfouies, de libérer notre mémoire, de
développer toutes nos formes d’intuition, de vivre en contact
direct avec la nature, en est un héritage direct.
Le
new age (démodé) et le transhumanisme (à la mode), sont une même
famille de pensée. Aldous Huxley, chantre du New Age est le frère
de Julian Huxley, chantre du transhumanisme, à la mode en ce moment.
Le Flower Power prônait l’ouverture des sens. La culture Woke des
années 2020 prône l’Eveil, (Woke est le prétérite
du verbe to Wake, se mettre debout, s’éveiller). Et pour être
éveillé, il faut avoir été initié, notamment par l’ouverture
des sens, via l’ouverture des chakras dans la kundalini.
Les mêmes ressorts, habillés sous des oripeaux à la mode du jour pour être séduisants, reviennent inlassablement percuter notre relation au monde, aux autres et à Dieu. Une anthropologie horizontale, issue du péché originel, « vous serez comme des dieux » menace l’anthropologie verticale dont la prière du soir se fait l’écho : « Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre ».
Les officines inspiratrices, notamment californiennes, demeurent souvent les mêmes, derrière une cosmétique de surface.
Bien entendu,
toutes les formes occidentalisées de yoga n’éveillent pas
nécessairement cette Kundalini. Aujourd’hui 10 millions de
Français font ou ont fait du yoga depuis au moins trois ans ;
plus de 7 millions le pratiquent régulièrement et 2 millions
et demi l’ont commencé durant la récente épidémie de covid 19
13.
Parmi ces nouveaux adeptes certains seront tentés d’aller plus
loin dans la recherche de l’éveil de la Kundalini14.
Certains « initiés » prétendent ouvrir les chakras et éveiller la Kundalini, par initiation spontanée du disciple faisant allégeance. Ainsi des « maîtres » Reiki15 prétendent ouvrir les chakras de leurs patients à l’énergie universelle. C’est ainsi qu’apparaît le plus souvent le syndrome de la Kundalini.
Ces pratiques
sont de nature magique et, ou sexuelle, elles conditionnent notre
corps et nos ressentis psychologiques et n’ont rien à voir avec
une spiritualité chrétienne, si ascétique et mystique soit-elle.
Assimiler ces états psychophysiologiques à des sommets
d’expériences spirituelles16,
entre en contradiction essentielle avec l’accueil de la grâce
gratuite de Dieu et l’exercice des vertus de la tradition
catholique.
La Perle de grand
prix de l’Évangile se recherche dans l’humble quotidien, avec
constance et assiduité, dans les joies comme dans les peines, dans
les chutes, et le pardon reçu et donné. L’objet du combat
spirituel est d’exercer notre volonté à nous conformer à la
volonté de Dieu, cependant cette Perle se reçoit au-delà de tout
mérite, seule la grâce de Dieu peut nous l’offrir.
Jésus-Christ
seul nous ouvre à une ère nouvelle. « Les temps sont
accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15).
Alors écouterons-nous pour la mettre en pratique, l’exhortation de saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens : « Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité » (Ep 4, 24).
4. Les chakras, des blessures paranormales et spirituelles ?
Écoutons, pour terminer PLUSIEURS TÉMOIGNAGES transmis par le P. Dominique Auzenet, exorciste du diocèse du Mans. Ils posent une question importante, qui se situe sur un autre plan.
1. Je me suis demandé si les ouvertures de chakras ne sont pas des sortes de blessures spirituelles. Une personne que je connais décrit qu’elle se sent tout ouverte à tout et n’importe quoi. Les perceptions affluent et sont donc incontrôlables comme des entrées démoniaques potentielles. Son vocabulaire que je comprends pour l’avoir malheureusement vécu, me fait vraiment penser à des blessures d’ordre paranormal, sur un plan spirituel. Le Seigneur ne nous a pas créés « tout ouverts », blessés ainsi. S’il nous a « fermés » à tout cela, je me dis que ce n’est que par amour et miséricorde, pour ne pas nous exposer aux dangers du Mauvais et à ses manœuvres.
Mais je constate tout de même une différence entre les personnes tombées dans l’occulte sans le vouloir et sans le savoir, par ignorance et méconnaissance, et celles qui invoquent ouvertement les esprits pour obtenir des pouvoirs divers et variés. Les premières y renoncent quand elles comprennent « la farce », les secondes continuent dans la même voie… Les premières, même si elles peuvent tomber dans le piège de l’orgueil, grisées par les kiffs sensoriels et le développement des pouvoirs, n’y sont pas entrées avec l’idée « de se prendre pour Dieu », de le défier… Autrement dit l’orgueil dans lequel elles tombent n’est pas premier mais secondaire. Ce qui me semble premier chez elles, ce sont des blessures de longue date, des périodes de vulnérabilité… C’est ce qui fait qu’elles cherchent des solutions à leurs maux par tous les moyens et se tournent vers ces pratiques. Il me semble que ces personnes ont avant tout besoin de la miséricorde du Seigneur. Je constate que la confession est le premier pas, puis le renoncement aux pouvoirs, les prières de délivrance et parfois les exorcismes, et aussi le sacrement de l’onction des malades.
Car le Mauvais lorsqu’il vient s’infiltrer dans ces blessures anciennes et non cicatrisées, s’y loge et fait croire que les pouvoirs, les soins énergétiques sont LA solution. C’est là qu’aux blessures d’ordre psychologique et affective, se greffent les blessures spirituelles à travers l’engrenage des consultations de praticiens de toute sorte (médium, reiki, magnétiseurs…). Plus j’écoute des personnes, plus cet engrenage m’apparaît évident et redoutable.
Pour en revenir à cette personne qui s’inquiétait de savoir si ses chakras se refermeront un jour, je répondais que rien n’était impossible à Dieu et qu’il ne nous a pas créés ainsi et que je suis certaine que dans sa grande miséricorde il peut guérir ses enfants blessés par l’occulte et les libérer. Mais je vois que le Seigneur ne fait rien sans nous. Il attend qu’on renonce ouvertement, qu’on se confesse, qu’on le prie…
Une autre personne décrit ce qu’elle pense être une montée de kundalini de la façon suivante :
2.J’ai eu une montée d’énergie forte dans mes chakras et ceux-ci se sont ouverts à nouveau de manière plus ample, et le mal en a profité pour ré-attaquer de manière extrêmement forte sur tout mon être. Des décharges électriques intenses dans mon corps et ma tête, des piqures et des brûlures sur ma tête, ma nuque, mon dos, mon sacrum : clairement des esprits ce sont accrochés à moi et de façon permanente. Je sens mon énergie vitale aspirée quand les attaques arrivent, mes oreilles sifflent, je me sens aspirée du coté gauche de mon corps, mon être se remplie de noirceur et de désespoir, j’ai des blasphèmes contre Dieu et Marie pendant la prière. J’ai des attaques en pensées ainsi que des pensées de suicide malgré tout l’amour que j’ai pour ma famille. Ces attaques me perturbent jour et nuit et m’empêche de dormir et de m’alimenter correctement, je ne peux plus conduire. Cela m’a même envoyé aux urgences suite à une grosse montée d’énergie dans la tête, je me suis sentie sortir par ma tête, une partie de mon visage s’est paralysée, je ne pouvais plus parler, je ne sentais que le coté droit de mon corps. La prise de sang et le scanner n’ont rien donné.
Une autre personne, qui a fait une initiation dans le bouddhisme tibétain, écrit ceci :
3. Il me semble que la montée de la Kundalini correspond à une ouverture totale des chakras de tout le corps. Le Père Verlinde l’évoque dans une de ses conférences. Un de ses amis en ayant souffert lors de leur séjour en Inde et étant depuis en hôpital psychiatrique… C’est très connu dans le milieu des initiations en yoga interne (le mouvement en intérieur car il s’agit de mouvements d’énergie et il y a peu de mouvements du corps extérieur). L’énergie monte de la base du corps (sacrum), à travers tous les chakras alors ouverts jusqu’au sommet du crâne. Dans le bouddhisme tibétain, des initiations censées préparer à la mort (pratique du Powa ou éjection de la conscience par le chakra du sommet de la tête) étaient basées sur cette pratique. Je n’ai jamais été initiée à cela (par refus absolu de ma part), mais je me souviens que le Lama avait dit que cela raccourcissait l’espérance de vie tant l’ouverture au niveau énergétique était totale et qu’il n’était pas souhaitable de faire ce genre d’exercices très souvent. Le signe visible de la réussite de cette pratique par l’initié est un petit trou au sommet du crâne laissant perler un peu de sang et dans lequel on insère traditionnellement un brin de paille comme preuve visible par tous de la réussite de l’initiation.
Je pense aussi que lorsqu’on ressent des douleurs et sensations pénibles dans le corps causées par les attaques, ainsi que les émotions de désespoir, voir de suicide, il faut tourner son coeur vers le Seigneur. Ne pas se laisser « emporter » dans les manipulations sensorielles et émotions que le démon opère sur la personne. Il la tient par ce biais, il la « torture », l’impressionne, l’inquiète, l’aliène… Il adore jouer avec les sens. C’est son terrain de jeu favori… Tantôt il les utilisent pour flatter les humains (++ sensoriels addictifs), tantôt il les utilise pour les tourmenter…
Personnellement dans ces cas là, des temps d’adoration devant le Saint Sacrement m’aidaient à tout remettre à Dieu en confiance. Comme si l’autre à force ne faisait plus que faire du bruit dans mes sensations, mes émotions, mais mon coeur lui restait avec Dieu.
Car l’ANCRAGE, c’est le Seigneur dans ce cas. Et le point d’ancrage, c’est notre coeur tourné vers le celui du Seigneur. Quoi de plus central et intime que cette confiance ? Le démon déteste quand on fait cela… Il ne peut rien contre l’amour et la CONFIANCE EN DIEU. Poser ce genre d’acte de foi le met en rage… Je pense qu’il ne faut pas courir trop « après la solution miracle » qui viendrait d’une prière, ou autre « nouvelle solution ». Ne pas s’éparpiller. Faire simple mais confiant: Garder sa confiance rivée sur le Seigneur dans des actes de foi et d’abandon, surtout au coeur des attaques. Ne pas douter que le Seigneur agit et délivre (le démon cherche à faire douter de la délivrance). Se confesser très souvent. Prier tous les jours et se confier à l’intercession de Marie. Continuer à recevoir les sacrements et à aller à la messe.
Notes
1Bruce
Greyson (1993). « Les
expériences de mort imminente et le syndrome physio-kundalini« .
Journal de la religion et de la santé. En anglais, Le
syndrome de physio-kundalini et la maladie mentale,
Journal de psychologie transpersonnelle, 1993.
9Arthur
Avalon, ou sir John Woodroffe, La
puissance du Serpent, Ed.
Paul Derain 1959. Format PDF.
10Ce
nom de plume d’Arthur Avalon ne doit rien au hasard. L’île
d’Avalon selon les légendes du roi Arthur est le lieu où a été
formée son épée et où repose Arthur après sa dernière bataille
à Camlann. C’est aussi l’île de la fée Morgane, un lieu
mythique de la quête du Graal. Nous sommes là dans un des
épicentres de l’ésotérisme occidental. C’est enfin
l’île où vivait supposément la fée Morgane.
16 Tout un débat a déjà eu lieu dans les années 2000 dans les milieux évangéliques autour des similitudes entre les manifestations prétendument charismatiques dues à l’ « onction de Toronto » ou « bénédiction du Père », et les manifestations de l’éveil de la Kundalini. Voir par exemple : http://www.info-sectes.org/occulte/toronto_kundalini.htm
De la naturopathie, à la réflexologie, en passant par des pratiques plus obscures faisant intervenir guérisseurs Reiki, flux d’énergie ou autre magnétisme… Les pratiques de soin non conventionnelles ont le vent en poupe, boostées par la crise sanitaire. Désormais, 40 % des Français auraient recours à un traitement alternatif. Un public parfois en « situation de grande vulnérabilité, consultant dans une période de mal-être ou confrontés à un problème que la médecine conventionnelle ne leur semble pas pouvoir résoudre », alerte la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Pour la seconde fois, la répression des fraudes épingle les « risques » de ces pratiques et a rendu public, cette semaine, une enquête sur ces thérapeutes revendiqués.
Ainsi, d’octobre 2020 à septembre 2021, la DGCCRF est allée inspecter les cabinets d’une
cinquantaine de disciplines alternatives, des plus connues comme l’acupuncture, l’hypnothérapie ou la
naturopathie, à certaines plus farfelues, comme « les pratiques revendiquant une action sur les ondes
ou les flux d’énergie (« access bars », thérapie « quantique », « biorésonance », « géobiologie »,
magnétisme…) », détaille la direction qui dépend du ministère de l’Économie.
Sur les 381 établissements contrôlés, 261 ont été rappelés à l’ordre, en grande partie pour pratiques
commerciales trompeuses, allégations trompeuses, ou encore exercice illégal de la médecine ou
usurpation de titre. Au total, les services de la DGCCRF « ont relevé un taux d’anomalie de 66 %, à
peine inférieur à celui issu de la précédente enquête menée en 2018 ».
Confusion des genres
Globalement, la DGCCRF reproche à ces thérapeutiques une « confusion sur le statut professionnel
et des allégations trompeuses ». Confusion qui s’opère insidieusement par la reprise « des codes
médicaux ».
Une plaque vissée devant un cabinet, un logo ressemblant étrangement à un caducée ou des
ouvrages médicaux dans la salle d’attente : les prétendus praticiens n’hésitent pas à brouiller les
pistes, « créant un doute dans l’esprit du consommateur sur la nature de la prestation ». La confusion
règne, d’autant plus que ces naturopathes ou autres thérapeutes de toute sorte peuvent parfois
s’installer au sein d’une maison ou d’un centre de santé pluridisciplinaires.
Aussi, « le référencement de ces praticiens dans des annuaires dédiés aux professions médicales ou
paramédicales contribue à induire en erreur le consommateur sur le contenu et la finalité non
thérapeutique de leurs prestations ». Et en effet, un clic sur Doctolib par exemple permet de prendre
rendez-vous avec un « coach énergétique reiki » en Normandie, un « centre de thérapies douces »
dans le Bas-Rhin ou un « psychologue énergétique » à Paris. Une confusion des genres qui avait
d’ailleurs été dénoncée par le Conseil national de l’Ordre des médecins. En vain.
« Libérateur d’entité »
S’il ressort de l’enquête de la répression des fraudes que ces thérapeutes « sont parfaitement conscients de ne pas appartenir au milieu médical », force est de constater que certains d’entre eux « usent abondamment dans leur communication de termes et expressions en rapport avec la santé et les maladies », note la DGCCRF. Or, les communications en lien avec la santé, les maladies, sont strictement encadrées par le Code de la consommation. Il est ainsi considéré comme une pratique commerciale trompeuse d’« affirmer faussement qu’un produit ou une prestation de services est de nature à guérir des maladies, des dysfonctionnements ou des malformations », affirme la loi.
Hélène Bouvier (1901-1999) fut, tout au long du XXe siècle, une médium aussi appréciée que respectée. « Douée de facultés paranormales, elle a contribué à éclairer la vie de milliers de personnes venues la consulter », peut-on lire.
Auteure d’un certain nombre de livres
On constate à travers ces titres la savant mélange entre médiumnité et perspective chrétienne.
Magnifiée dans les recensions (sur l’internet)
> « Pendant 50
ans, plusieurs fois chaque mois, Hélène Bouvier a organisé des
réunions spirituelles dans le but de faire prendre conscience à
ceux qui l’ignorent encore — et ils sont nombreux — de
l’existence de la survie de l’esprit. La notoriété d’Hélène
Bouvier n’est plus à démontrer. Cette femme exceptionnelle est
un cas unique dans le monde de la voyance. Toute sa vie durant, avec
un talent extraordinaire et une spiritualité au plus haut niveau,
Hélène Bouvier a cherché à donner des preuves de la survie et de
la réincarnation. »
> « Hélène
Bouvier est décédée mais jouit, des années après sa mort, d’un
immense prestige dans le monde de la médiumnité. »
> « Médium et spirite aussi appréciée que respectée, Hélène a contribué à éclairer la vie de milliers de personnes venues la consulter en public et en privé. Douée aussi pour l’écriture, elle montre une haute pensée spirituelle qui a marqué sa vie même, puisqu’elle apparaît pour de nombreuses personnes comme l’archétype du médium accompli : désintéressé, généreux, instruit et aimant, très humain, capable de souffrir du dénuement matériel. Elle s’était de toute évidence placée au service de la cause de la Vérité au détriment de son confort personnel. »
Une spirite religieuse qui entretient la confusion…
« Je suis ce qu’on
nomme une voyante spirite, c’est-à-dire que je vois ceux que
l’on appelle morts et qui vivent réellement dans l’au-delà. Je
crois en Dieu et en cette communion spirituelle des âmes par la
prière telle que nous l’enseigne l’Evangile. » (Une
voyante témoigne, p.
25)
« Ma vie fut tissée
de miracles d’amour. Comment qualifier autrement ces perpétuels
contacts avec l’au-delà, ces visions, ces auditions supraterrestres,
et la lumière qu’il m’a été et m’est encore permis de distribuer à
ceux et celles qui viennent la chercher sous forme de conseils
bénéfiques ? » (Id.,
p. 28).
De grandes confusions qui
ne trompent personne
On
voit bien qu’elle mélange tout et qu’elle confond spiritisme et
communion des saints. Elle prend les textes bibliques à rebours,
puisque l’exemple de Saül dont elle parle est transmis dans un
contexte de condamnation du spiritisme. Quant à Saint Thomas
d’Aquin, il serait sûrement très surpris d’être appelé ainsi
à la rescousse !
Mi-chrétienne
« Quand
j’ai commencé à exercer ma profession, j’ai parfois été prise de
scrupules. Je pensais que je me fourvoyais, que j’agissais mal, qu’il
était possible que je fusse dans l’erreur. Mais un jour, ayant
ouvert la Bible un peu au hasard, je suis tombée sur le passage
relatant la visite que rend le roi Saül à la voyante d’Ein-Dor qui
interrogeait les morts (Nombres 28). Cette lecture constitua pour
moi une espèce de critérium, de réponse affirmative à la
question que je me posais. Je me pris à relever de nombreux
témoignages de cet ordre dans l’Ecriture et la vie des mystiques
chrétiens.
Enfin
saint Thomas, lui, qui communiquait avec les habitants de l’autre
monde pour se renseigner sur l’état de leur âme auquel il
s’intéressait, et aussi avec les saints pour se sentir réconforté,
mit un terme à mes doutes. J’eus l’impression que j’étais bien
dans la bonne voie. C’est de tout cœur que je m’adonnai alors à
mon métier qui, peu à peu, prit forme de vocation. »(Id., pp.
25-26).
Mi-bouddhiste
« Puis-je
dire – maintenant que j’ai lu bien des ouvrages traitant de sujets
ésotériques – que les chakras se sont ouverts chez moi
très brusquement au moment de mon adolescence.. »
(Id. p. 29).
« Si
je ne crois pas à la damnation éternelle, je crois à
l’évolution, à l’enrichissement de l’âme, à son
progrès et aussi, et d’abord, à sa purification atteinte par une
sorte de privation, de carence, surtout par la souffrance au
cours de vies successives. » (Id. p. 86).
L’inévitable
recommandation de Padre Pio
Beaucoup
de chrétiens se situant dans une confusion qui mélange occultisme
et christianisme se recommandent de Padre Pio…
« Après
la messe, les fidèles défilaient longuement, un à un, devant Padre
Pio pour la bénédiction. C’était le moment où chacun pouvait
lui demander d’intercéder pour obtenir une grâce céleste. Là,
au cours de ce rituel émouvant, il n’était pas rare de voir un
malade se lever, guéri, tomber à genoux et louer le seigneur.
Quand
ce fut mon tour, je lui demandai si je devais poursuivre ma vocation,
si c’était bien ma voie… Il m’a regardée de ses grands yeux
lumineux, et je me suis sentie percée à jour, il avait tout compris
de moi, dans la seconde même.
Il
m’a souri, il m’a tendu sa main stigmatisée que j’ai baisée
puis il m’a béni avant de passer à une autre pénitente. Pour
seule réponse à ma question, j’avais vu un amour immense dans son
regard intense et lumineux.
Puis
il alla confesser les pèlerins qui l’attendaient. Moi, je n’eus
pas besoin d’aller me confesser, il avait immédiatement tout vu en
moi.
Le
soir, à la bénédiction, j’étais bonne dernière. En me voyant,
il s’est mis à rire et m’a tendu à nouveau sa main stigmatisée.
Mais il ne m’a rien dit. Pas un mot sur mes problèmes. Pourtant je
me sentais complètement rassurée. »
Ce message, dont on appréciera
la valeur hautement spirituelle, a été reçu par la médium
Mireille Decloux lors d’une séance publique le 14 novembre
2010 :
« Oui,
c’est bien moi Hélène. Je suis tellement heureuse de pouvoir
m’exprimer dans l’association et de pouvoir, avec mon cher Padre
Pio et Françoise, veiller dessus. […] J’ai eu beaucoup de chats,
j’en ai pris soin avec amour. Je les ai retrouvés de l’autre
côté. Mais pourquoi est-ce que je vous parle de mes chats ?
Vous vous posez la question… Parce que maintenant, pour moi,
vous êtes comme des petits chats et avec tout mon amour, je veille
sur vous pour que vous grandissiez dans l’Amour du Père. Oh ce
n’est pas que je sois inquiète mais il faut bien que depuis où je
suis, je continue à œuvrer. (…) Avec le Padre Pio, nous formons
un bon duo et Françoise veille à ce que tout se déroule bien. »
Dans
son livre « Quand souffle l’Esprit divin », H.
Bouvier a tout un chapitre sur « Les animaux et leur
survie » : Les animaux, nos frères. Leur
survie. Toro. Les chiens d’avalanche. Le paradis des bêtes … La
« communication animale » avant l’heure !
Les bons apôtres
On peut s’étonner qu’un dominicain, intellectuel de haut vol, qui a connu personnellement Hélène Bouvier et la recommande, confonde à ce point la médiumnité, la voyance, la divination d’une part, avec une expérience spirituelle chrétienne authentique d’autre part. On est dans une grave confusion.
Mais
il n’est pas le premier, puisque Gabriel Marcel, philosophe,
déclarait à propos d’Hélène Bouvier : « Ce qui
frappe chez Melle Bouvier, c’est d’abord une absolue sincérité
[…]le don est vraiment éprouvé et pleinement
reconnu comme un don de Dieu, en d’autres termes, que la voyance
s’établit à un niveau spirituel très élevé. »
(préface du livre Une voyante témoigne).
Plus près de nous, le P. François Brune s’est fait l’apôtre de la médiumnité !