J’ai lu pendant 11 ans des ouvrages de médiums qui disent avoir des guides spirituels

Je mets en ligne ce témoignage qui m'est parvenu en 2021. L'auteur récemment revenu à la foi chrétienne, nous partage ses errances dans la lecture de ces livres qu'on peut trouver couramment dans le rayon "spiritualité" de nos grandes surfaces... Pendant plus de dix ans, il a vécu une dépendance addictive à ces "révélations"... Il donne son témoignage, et analyse quelques livres. Comme tous ceux qui passent brusquement des ténèbres à la lumière, il ne peut cacher le danger derrière des nuances diplomatiques... Vous pardonnerez les phrases trop longues, style qui s'améliorera peu à peu.  Il a souhaité rester anonyme.

Témoignage personnel

Je vous remercie encore pour l’aide précieuse apportée par votre site occultismedanger.fr et votre chaîne youtube et conseils et réponses données par e-mail. Cela fait longtemps que je voulais vous écrire pour vous faire part de mes comptes rendus modestes sur des ouvrages de médiumnité ou channeling ou spiritualité (non catholique) que j’ai lus. Que Jésus puisse nous ramener dans son troupeau et je prie que, tout comme la brebis perdue et orgueilleuse que j’étais, que nous puissions retrouver votre bonheur dans le vrai Dieu, en Jésus son Fils, en revenant à Dieu.

En effet, je me suis fait berner par mon orgueil et par mon amour-propre et par égoïsme, par le médium Joao (Joao de Dieu) et son centre spirituel et traumatisé d’avoir mis les photos dans son centre au Brésil pour aider ma famille et amis pour leur faire du bien. Au cours de ma vie, me suis fait avoir aussi par d’autres médiums qui pensent vraiment communiquer avec Jésus ou avec les bons défunts ou bons esprits, et qui ne sont ni Jésus ni les bons esprits de Dieu, ni les défunts évidemment !

Tout d’abord, comme expliqué par un prêtre catholique rencontré à Lourdes et comme expliqué sur le site occultismedanger.fr, la magie blanche censée faire du bien (voyance, reiki, soins énergétiques, formules, canalisations, cartes etc.) et la magie noire, ne sont que les deux faces d’une seule et même pièce, celle du démon. Sauf qu’avec la magie blanche, dans le but de faire du « bien », le mal est en décalé et revient sur les personnes après, ou longtemps après, donc, in fine c’est la même chose. C’est comme si vous faisiez un pacte implicite avec le démon, sans le savoir. Et les médiums pensant travailler avec des êtres de lumière ou des Anges ou guides spirituels (qui sont des démons déguisés), ne le savent pas non plus, le plus souvent. Attention ! Vous pensez faire du bien à vous ou aux autres avec la magie blanche, mais vous faites de la magie tout court, avec concours de forces du mal occultes cachées, avec des conséquences sur votre vie et sur celles des autres !

Je voulais préciser que j’ai eu une base catholique et c’est cela qui m’a permis de discerner un tout petit peu grâce aux avertissements par des chrétiens sur tout ce qui a attrait à la voyance, le spiritisme. Mais malheureusement, je n’ai pas écouté après l’adolescence, et j’ai péché par orgueil, par amour-propre, par égoïsme, par manque de foi, par manque de raison et étais crédule et naïf et faible d’esprit sur tout ce qui se disait sur la voyance et je croyais sur parole les messages reçus provenant de soi-disant Jésus (qui sont de faux Jésus) ou de « guides de lumières » ou « êtres de lumière » de certains médiums, sans discernement. Les messages qui ne sont pas de Jésus évidemment, ni de vrais « Anges gardiens » ni de guides spirituels qui seraient envoyés par Jésus et Dieu et qui ne sont donc pas sous la seigneurie de Dieu.

Disons que je croyais à 80 % à tout ce qui disait provenant de la médiumnité et les 20 % de non-croyance et de méfiance, grâce au catholicisme, m’ont donné par Grâce, une lumière, une analyse et une petite méfiance sur la médiumnité. C’est pourquoi au centre de Joao de Dieu au Brésil, j’ai récité non-stop le Notre Père pendant deux semaines avant chaque préparation de spiritisme et pendant les séances de soins, alors que ce n’était pas demandé, afin de protéger ma famille, amis, ou moi-même.

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La médecine ayurvédique

Une réflexion du P. Joseph-Marie Verlinde sur le site final-age.net

Ayurveda, est un terme sanskrit formé des mots « ayus » (vie) et « veda » (science, connaissance), il signifie « science de la vie » ou « science de la longévité ». On trouve les premières traces de cette médecine au 12ème siècle avant notre ère. Les textes servant encore aujourd’hui de référence auraient été transcrits au 8ème siècle av. J.C.

La médecine ayurvédique est étroitement liée à l’hindouisme, plus particulièrement aux Vedas, qui constituent les écrits sacrés de cette religion : les maladies auraient une origine spirituelle : elles seraient dues à une perte de confiance dans l’atman – c’est-à-dire dans le divin immanent, selon la conception panthéiste de l’hindouisme.

L’ayurveda repose sur quelques grands principes :
– la théorie des cinq éléments
– la théorie des trois humeurs

Théorie des cinq principes de vie

Cette médecine traditionnelle est basée sur la théorie des cinq principes de vie ou éléments : la terre (A) ; l’eau (Va) ; le feu (Ra) ; l’air (Ha) ; et l’espace ou l’éther (Kha).

La structure du corps les os, les tissus, les muscles, la peau est régie par l’élément terre ; les liquides corporels sont en relation avec l’eau ; la vitalité et le mouvement dépendent de l’élément feu, qui gouverne également la régulation thermique ; quant à l’air, il gère la respiration et anime le corps. Enfin, les cavités internes ou externes sont des manifestations de l’espace.

Théorie des trois humeurs

Il faut compléter cette théorie des éléments par celle des trois doshas ou
humeurs : les principes espace et air prédominent dans vata, qui dirige l’impulsion nerveuse, la circulation, la respiration et l’élimination ; la croissance et la protection vis-à-vis de l’extérieur est dirigée par pitta, en qui prédominent le feu et l’eau ; le métabolisme est gouverné par kapha, où
prédominent la terre et l’eau.

La santé résulte de l’équilibre entre ces trois doshas. Chacun des trois doshas caractérise un type d’homme : le type vata serait imprévisible, impulsif, enthousiaste, disposé à l’inquiétude et à l’insomnie ; le pitta serait intelligent, vif, passionnel et aimant le soleil ; tandis que le kapha serait
solide, lent et disposé aux allergies.

L’ayurveda propose une approche autant préventive que curative, qui cherche à rajeunir les cellules et les tissus dégradés afin d’aider la longévité. Selon la Tradition, plus de 7000 espèces de plantes entreraient dans les recettes ayurvédiques. Toutes maladies seraient dues à un déficit alimentaire.

Diagnostic et thérapie

Le diagnostic du médecin repose sur l’interrogation, la palpation, la prise du pouls, l’examen du corps, particulièrement la langue et les urines. La médecine ayurvédique propose un certain nombre de thérapies, comparables à l’aromathérapie, la chromothérapie ou l’homéopathie.
Plusieurs techniques sont utilisées pour éliminer les toxines de l’organisme (Panchakarma) : l’application d’huile chaude, des lavements ou des régimes appropriés. Ces interventions sont supposées rééquilibrer les trois doshas et avoir une action préventive.

Mais l’ayurveda fait également appel à des techniques qui relèvent davantage des pratiques spirituelles de l’hindouisme, telles que le Prânâyâma méthode de contrôle du souffle (prâna) empruntée au Yoga, visant à développer l’énergie vitale par la maîtrise de la respiration ou encore la méditation, la visualisation et certains rituels visant à canaliser les énergies occultes.

Si tout n’est évidemment pas à rejeter de cet antique art médical, la prudence et le discernement sont cependant de mise ; car l’ayurveda mélange allègrement des techniques proprement physiques à des
pratiques relevant de ses racines hindouistes
. S’il n’est pas faux de prétendre qu’un dysfonctionnement au niveau du corps peut procéder pour une part d’une cause psychique voire spirituelle, toutes les thérapies ne se valent pas dans ces deux derniers domaines : mieux vaut choisir une approche qui soit cohérente avec ses convictions et sa vision anthropologique. Vu sous cet angle, il n’est pas sûr que tous les aspects de l’ayurveda puissent être intégrés dans un cheminement
chrétien.

Père Joseph-Marie Verlinde http://www.final-age.net/La-medecine-ayurvedique.html

L’Eglise universelle du Royaume de Dieu

Créée en 1977 au Brésil, l’Église Universelle du Royaume de Dieu est présente dans 65 pays et compte 4.600.000 adeptes à travers le monde. Edir Macedo, son fondateur, ancien pentecôtiste et ex-employé de la loterie nationale, a bâti son église et son empire en promettant aux fidèles « richesse, santé et bonheur ». C’est bien évidemment dans les favelas que l’Église Universelle se développe le plus rapidement, à coup d’exorcismes, de transes, de « miracles ». Le charisme des pasteurs faisant le reste.

Mais l’Église Universelle étend ses tentacules bien au-delà de la foi. « Plus on donne à l’Église, plus on reçoit » assène-t-elle. Sur ce principe, chaque adepte lui reverse 10% de ses revenus. L’Église Universelle percevrait ainsi 3 millions de dollars par jour. Une fortune qui lui permet de posséder bon nombre de sociétés dans les assurances, les médias et de compter parmi les 30 entreprises privées les plus riches du pays. Également propriétaire de trois chaînes de télévision elle peut ainsi diffuser son discours auprès des masses. Et la « secte » a désormais des visées politiques. Elle compte déjà 14 députés fédéraux sur 512.

Si l’Église catholique se défend de critiquer l’Église Universelle, elle constate cependant qu’il lui faut réagir pour conserver ses fidèles et contre-attaquer pour proposer un renouveau charismatique. Par les témoignages d’adeptes, ou d’ex-adeptes, des caméras cachées et des documents d’archives, ce documentaire tente de dresser le portrait d’une lutte au sommet entre l’Église catholique et l’Église Universelle du Royaume de Dieu.

Qu’est-ce que l’ésotérisme ?

Nous reproduisons ci-dessous un article écrit par Luis Santamaría, membre de la Red Iberoamericana de Estudio de las Sectas (RIES), dans Portaluz. Traduction de l’espagnol D. Auzenet, avec Linguee.

Il n'est pas aussi connu que son prédécesseur, le père Gabriele Amorth (1925-2016), célèbre exorciste du diocèse de Rome pendant de nombreuses années. Mais le père Francesco Bamonte (né en 1960), actuel exorciste titulaire de l'Église de Rome et président de l'Association internationale des exorcistes (AIE), est un point de référence pour les prêtres qui exercent ce ministère particulier.

Ordonné prêtre en 1990 et nommé exorciste en 2000, F. Bamonte appartient à la congrégation des Serviteurs du Cœur Immaculé de Marie et est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le diable et l’exorcisme. Il a récemment publié un ouvrage destiné à devenir fondamental : Il cristianesimo contemporaneo a confronto con esoterismo, occultismo e satanismo (Le christianisme contemporain en confrontation avec l’ésotérisme, l’occultisme et le satanisme), publié par El Mensajero de San Antonio, dans la ville de Padoue.

Un ouvrage de référence sur l’ésotérisme. Tout au long de ses 22 chapitres et plus de 400 pages, le religieux italien aborde un grand nombre de questions sur ce sujet d’un point de vue confessionnel catholique et avec un large appareil critique (citations qui montrent sa connaissance large et profonde de ce qu’il évalue, sans tomber dans de simples opinions sans fondement). Et la première chose qu’il fait est de définir les termes.

L’auteur remonte le fil de l’histoire pour rappeler que « ésotérique » signifie « intérieur » ou « interne » en grec, et que ce terme est utilisé dès le IVe siècle avant J.-C. pour désigner les conférences « payantes » que donnait Aristote, par opposition à ses enseignements publics. Au fil du temps, il a fini par être utilisé dans le sens de « secret » ou « réservé » aux initiés (ainsi chez les néo-pythagoriciens du 1er siècle avant J.-C.).

Et c’est avec la modernité que, grâce à l’influence exercée par certains auteurs – principalement des francs-maçons – depuis le XVIIIe siècle, il a acquis le sens que nous lui donnons aujourd’hui, qui désigne « une Connaissance ou une Sagesse ou une Tradition primordiale que l’on croit antérieure et supérieure à toutes les religions particulières et à toute forme de spiritualité », comme l’explique le Père Bamonte.

Les doctrines de cette Connaissance « doivent être transmises par un maître aux initiés (ou adeptes) le long d’un chemin personnel », afin que l’adepte puisse « entrer en lui-même, se redécouvrant comme un « être divin » ». Le président de l’AIE explique ensuite ce qu’il considère comme « certaines des caractéristiques intrinsèques » de la pensée ésotérique, qui sont résumées ci-dessous.

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Utiliser la spiritualité pour optimiser la productivité ?

Carolyn Chen : « L’entreprise technologique offre la solution la plus efficace pour donner un sens à la vie ». Par Amelia Tait. The Guardian. Traduit de l’anglais (D. A. + Linguee)

Un nouveau livre expose l’utilisation par la Silicon Valley de concepts et de pratiques spirituels pour optimiser la productivité de ses employés.
Carolyn Chen est une sociologue et un professeur de l’UC Berkeley qui fait des recherches sur la religion, la race et l’ethnicité. Son nouveau livre, Work Pray Code : When Work Becomes Religion in Silicon Valley, présente des entretiens approfondis avec des employés et des employeurs afin d’explorer comment la spiritualité engendre la productivité dans le centre technologique mondial.
En tant que professeur de religion, qu’est-ce qui a suscité votre intérêt pour la Silicon Valley ?

J’ai étudié les immigrants taïwanais évangéliques, les chrétiens évangéliques, les bouddhistes dans leurs communautés, mais je pense que toute personne vivant dans un pays occidental industrialisé, dans une zone métropolitaine, sait que la religion est en déclin en termes d’affiliation et de participation religieuses. J’avais l’impression qu’il manquait quelque chose si je ne tenais compte que les personnes qui s’identifient comme religieuses. Comment voyons-nous la religion fonctionner dans le monde ? Quelle est la manifestation contemporaine de la religion ? J’étais vraiment intéressé par la présence de la religion dans les espaces séculiers.

Ce qui vous a amené à visiter des studios de yoga et ce que vous avez appris en parlant à des personnes laïques utilisant cette pratique spirituelle ?

J’ai remarqué que le travail était très présent dans les récits et les biographies des gens. Quand je demandais aux gens : « Alors pourquoi pratiquez-vous le yoga, quand le pratiquez-vous ? », la question était souvent centrée sur le travail. Les gens disaient : « Eh bien, je pratique le yoga parce que, après une longue journée, je sens que j’ai besoin d’évacuer le stress. » Mais il y avait aussi une autre phrase : « Le yoga m’aide vraiment à me rétablir pour que je puisse devenir un meilleur X » — et ici vous pouviez remplir le vide — une meilleure infirmière, un meilleur ingénieur, un meilleur comptable ou avocat. Il m’est apparu clairement que le travail était vraiment la religion dans leur vie — que le travail était ce pour quoi ils étaient prêts à se soumettre, à s’abandonner et à se sacrifier. Et si le yoga n’était qu’un accessoire thérapeutique, c’était pour soutenir cette autre chose qu’ils vénéraient, pourrait-on dire.

Il m’est donc apparu clairement au cours de ces entretiens que je ne cherchais pas au bon endroit. Parce que je regardais quelque chose qui avait des origines religieuses, à savoir le yoga, mais qu’est-ce qu’ils vénéraient réellement, qu’est-ce qui était sacré dans leur vie ? Ce n’était pas le yoga. Le yoga les aidait à vénérer leur travail.

Et votre livre raconte comment les PDG de la Silicon Valley utilisent cette situation à leur avantage — d’abord en proposant des cours de yoga au siège de la société, puis en encourageant les pratiques bouddhistes telles que la pleine conscience et la méditation. Pourquoi ces dernières ont-elles pris le dessus ?

Le yoga a été remplacé par la méditation et la pleine conscience, parce qu’il existe des milliers d’études sur [les bienfaits de] la méditation et la pleine conscience — il y a toute une industrie artisanale. Mais, comme je l’explique dans mon livre, un grand nombre de ces études ont été réalisées dans des laboratoires contrôlés, et ne sont donc pas nécessairement applicables sur le lieu de travail. Et on ne sait même pas ce qu’est la pleine conscience lorsqu’elle est utilisée dans ces espaces séculiers. J’ai eu l’impression que ces entreprises étaient toujours à la recherche de la prochaine grande nouveauté, d’une solution facile. Il fallait que ce soit pratique et rapide pour optimiser la productivité de leurs employés.

Ce qui est essentiellement le cœur de votre livre — les géants de la technologie utilisent des pratiques spirituelles pour optimiser la productivité et des concepts spirituels (« missions », « histoires d’origine », « leaders ») pour que les gens consacrent leur vie au travail. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi optimiser les employés de cette manière, entre toutes ?

Cela fait partie d’une tendance plus longue et de changements plus importants dans l’économie — la montée de l’économie de la connaissance et le passage d’une économie industrielle à une économie post-industrielle. Dans une économie industrielle, la façon dont vous pouvez améliorer vos résultats est généralement l’exploitation des ressources naturelles. Dans une économie de la connaissance, l’atout le plus important est le savoir et les compétences de votre main-d’œuvre. Comment les développer ? Vous pouvez augmenter la valeur d’une personne en l’éduquant, mais vous pouvez également améliorer sa production, augmenter sa valeur, en développant son esprit. Comment capter leur côté spirituel, leur côté émotionnel, afin qu’ils puissent s’investir pleinement dans la main-d’œuvre ? De nombreux termes que nous utilisons aujourd’hui pour décrire le travail, tels que « passion » ou « engager tout son être » au travail, renvoient à ce concept de gestion de la main-d’œuvre dans une économie de la connaissance ; il ne s’agit pas nécessairement des compétences du travailleur humain, mais aussi de son aspect spirituel.

En pratique, cela signifie que les entreprises fournissent aux employés des repas sains gratuits, des coachs de vie, des centres de bien-être… En lisant, je me suis dit : « Ça a l’air génial. » Comment convainquez-vous les gens de relever ce défi ? Quels sont les inconvénients de ce que vous appelez le maternalisme d’entreprise ?

Tout d’abord, permettez-moi de dire que j’ai ressenti la même chose. Parce que ce que l’entreprise technologique offre est la solution la plus efficace — et efficace est le mot le plus important ici — pour fournir une vie significative et épanouissante. Lorsque je passais du temps là-bas, je pensais : « Je serais une bien meilleure étudiante, enseignante, mère même, si j’étais ici, parce que l’entreprise s’occuperait de toutes ces choses. » J’ai donc lutté avec la même question que celle que vous posez.

Les géants de la technologie utilisent des pratiques et des concepts spirituels pour que les gens consacrent leur vie au travail

Mais il y a des inconvénients que j’ai constatés en tant que sociologue. Dans mon livre, j’explique comment le lieu de travail agit comme un aimant géant qui attire le temps, l’énergie et le dévouement d’une communauté. Mais qu’advient-il des autres institutions ? Qu’en est-il de la famille, des communautés religieuses, des écoles, voire des petites entreprises, des organisations artistiques et des associations de quartier ? Dans le modèle américain, nous considérons ces institutions civiques comme fondamentalement importantes pour préserver notre démocratie. Toutes ces autres institutions commencent à devenir de plus en plus petites, parce que vous avez cette institution alpha qui attire tout.

C’est vrai — et vous avez remarqué que les concierges et les traiteurs n’ont pas les mêmes avantages que les ingénieurs, et que la dynamique éthique de la spiritualité est complètement perdue. Certains des avantages offerts font froncer les sourcils : J’ai été choqué de lire l’histoire de Vijay, un ingénieur à qui son employeur a donné un coach pour les rencontres. Quel a été le moment le plus choquant pour vous dans votre reportage ?

Cette personne des RH a dit : « On ne peut pas faire travailler nos employés 24 heures sur 24 si on ne leur donne pas de flexibilité. » Et quand elle a dit ça, une ampoule s’est allumée dans ma tête. Nous devons vraiment réfléchir à cette question alors que nous évoluons vers un modèle plus hybride. Les travailleurs poussent à la flexibilité, mais quelle peut en être la conséquence ? Cela peut être de travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Les travailleurs poussent à la flexibilité, mais quelle peut en être la conséquence ? Il se peut que vous travailliez 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Avant d’ouvrir le livre, j’ai pensé qu’il s’agirait essentiellement du culte de personnes telles que Steve Jobs. C’est plus compliqué que cela. Qui est le Dieu de votre équation ? Quelle est la figure de l’adoration ?

Steve Jobs est comme un saint — il y a cette hagiographie, il y a un culte de Steve Jobs et les gens ont commencé à pratiquer la méditation à cause de lui. Mais il s’agit essentiellement de vénérer un système. C’est cette croyance que le travail va vous sauver, que c’est la chose qui va vous donner un sens, un but et, en un sens, l’immortalité.

Work Pray Code : When Work Becomes Religion in Silicon Valley par Carolyn Chen est publié par Princeton University Press (£22).