Gender et mariage homosexuel, revendication légitime ou retour au mythe de l’androgynie ?

L’assemblée nationale a adopté mardi 21 janvier 2014 un amendement supprimant du droit français le terme « en bon père de famille », Cette expression, présente encore dans plus d’une dizaine de textes de loi datait, dans le code civil, de 1804. Cet amendement a été soutenu par l’ensemble des députés EELV au nom de « l’égalité entre les hommes et les femmes, dans tous les aspects, aussi bien humains que sociaux ».

Pour ces députés, l’expression est « discriminatoire vis-à-vis du genre, qui sous-entend que la femme n’est pas capable de gérer ». Ils estiment que ces termes font « l’amalgame entre un lien affectif, éducatif, et la notion de bonne gestion, ce qui n’a rien à voir ».

Les députés dénoncent une expression « désuète » qui rappelle une tradition patriarcale.

Point intéressant, l’égalité aurait voulu que la notion de bon père de famille soit remplacée par la notion de « bon père et bonne mère de famille ». Mais l’amendement proposé a préféré faire disparaître cette notion. Il n’y a donc plus de notion de père, plus de notion mère. Les autres articles de cette loi ne laissent aucun doute : derrière ces arguments pseudo-égalitaires, il s’agit bien d’une nouvelle attaque dont l’objectif est de détruire tout ce qui touche à la famille traditionnelle.

À défaut de pouvoir changer le réel, le législateur essaie de promouvoir « l’égalité des sexes », pour tenter de forcer une société qui ne la réalise pas spontanément. Pour ces gens-là la solution est simple : Si le réel ne correspond pas à leurs fantasmes, il faut changer le réel. « Il faut changer la vie » était déjà le slogan de Mitterrand dans sa campagne de 1981. Ce slogan était tiré d’une saison en enfer de Rimbaud, tout un programme ! Continuer la lecture de « Gender et mariage homosexuel, revendication légitime ou retour au mythe de l’androgynie ? »

Gnose, foi, et psychologie

Dans un commencement Dieu a créé le monde visible et invisible par sa Parole.

« Et Il vit que cela était bon. » Gn 1

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il les créa, homme et femme il les créa. » Gn 1,27.

« Et il vit que cela était très bon. » Gn 1, 31.

Tous les mots de la Genèse comptent, or chacun de ces mots est contesté par la gnose et les gnostiques.

Commencement, Bereshit en hébreu, Dieu crée le monde ex nihilo c’est-à-dire à partir de rien. Les gnoses donnent d’autres explications et contestent cette création de Dieu.

Dieu a créé. Les gnostiques disent que ce n’est pas Dieu qui a créé le monde, mais un démiurge indifférencié qui l’a organisé.

Par sa Parole. Pour la Bible, la Parole de Dieu est créatrice, à l’origine de toute création, et salvatrice en Jésus-Christ. Cette conception est contestée et même combattue par les gnostiques.

Homme et femme créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Cela est bon. Pour eux la création n’est pas bonne, elle est la conséquence de la chute de l’esprit dans la matière

Et le serpent arrive. « Le plus rusé de tous les animaux des champs» Gn 3,1.

« Alors il dit à la femme. »

Avec qui voulons-nous engager le dialogue ?

Ce dialogue est fait de subtilités, qu’il s’agit de détecter dès le début. Le serpent est maître en subtilité mensongère, il fait dire à Dieu :

« Alors Dieu a dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » Gn 3, 1.

Dieu en réalité avait dit : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Gn 2,16.

La femme répondit au serpent. Et là est le drame, il ne faut pas écouter le serpent et il faut encore moins lui répondre, car il est le maître de l’embrouille. Continuer la lecture de « Gnose, foi, et psychologie »

À la croisée des monde, la trilogie de Philip Pullmann

Nous allons examiner avec une attention particulière une trilogie de Philip Pullman qui a eu un grand retentissement dans le monde anglo-saxon. Elle contient pratiquement tous les éléments de ce que nous retrouvons dans la culture du Nouvel Age qui aujourd’hui ne dit plus son nom. Elle s’inspire très largement d’une filiation de pensée que nous essaierons de décrypter. Nous verrons aussi combien ce type de pensée est présent dans bien des thérapies alternatives, des méthodes de relaxation et de bien-être. Dans toutes les librairies classiques, le rayon ésotérisme et occultisme côtoie celui des techniques d’épanouissement personnel. Le volume pris par ces secteurs s’agrandit d’année en année.

Mais cette culture s’adresse maintenant à des enfants de plus en plus jeunes. Les livres à destination d’enfants ou d’adolescents, dans la collection « Fantasy » font le meilleur des chiffres d’affaires des libraires pour cette catégorie d’âge. Des films correspondants aux meilleures ventes sont alors réalisés, avec tous les produits dérivés, en particulier les jeux vidéos, les jeux de rôles, les jeux en ligne sur Internet, ainsi que vêtements, déguisements, et produits alimentaires. Il est important de se rendre compte, au-delà de l’aspect ludique, et des fascinations opérées par ces mondes magiques, de l’anthropologie, voire de la métaphysique qui y est abordée. Certaines de ces œuvres sont remarquablement pensées et relèvent d’une grande érudition ; leurs toxicités sur des jeunes qui n’ont d’autres cultures que celles qui leur sont proposées par ces médiations sont d’autant plus performantes.

C’est sans doute une chance pour l’Église aujourd’hui de ressaisir toutes les questions posées par ces nouvelles cultures qui en fait réactualisent sous une forme ou sous une autre, des questions déjà abordées par nos Pères dans la Foi que les pastorales habituelles avaient écartées ou oubliées.

À La croisée des mondes. Trilogie de Philip Pullman.

Cette trilogie dont le titre est : « A la croisée des mondes » comporte « les Royaumes du Nord », « La tour des anges » et  « le Miroir de l’Ambre », a été conçue pour les enfants par Philippe Pullman. Elle a eu un succès considérable dans le monde anglo-saxon, 7 millions d’exemplaires, et son auteur reçut le prestigieux prix Whitebread en 2001, pour la première fois attribué à un livre pour enfants. Un film, réalisé par Chris Weitz avec Dakota Blue Richards et Nicole Kidman, « La Boussole d’Or » sortait sur les écrans du monde entier le 5 décembre 2007, avec les versions en chinois, arabe, Japonais, Indi, et les principales langues européennes. Avec un grand renfort de publicité des produits dérivés en direction des jeunes, vêtements, jouets, céréales inondèrent les grandes surfaces… L’actualité de ces livres et films passe vite, mais il est intéressant de prendre le temps d’analyser la conception du monde et de l’homme qui imprègne ce type d’œuvre et à quels courants de pensée elles se rattachent. Car les idées qui sont y véhiculées avec des moyens considérables, pénètrent insidieusement les mentalités. Continuer la lecture de « À la croisée des monde, la trilogie de Philip Pullmann »

L’homéopathie

En France, près de six personnes sur dix ont recours à l’homéopathie. Les Français font sont les plus grands consommateurs de gélules homéopathiques au monde.

Souvent, nous entendons dire par leurs fervents partisans : « L’homéopathie, j’y crois ». Personne ne penserait à dire : «  je crois en l’aspirine ».

L’homéopathie se rangerait-elle dans la catégorie des croyances ?

I. Historique

L’homéopathie vient du grec ὅμοιος, hómoios, similaire et πάθος, pathos, souffrance ou maladie.

Aristote (380 av. J.-C.) dans Ethique à Nicomaque[1], dans ses méditations sur l’amour, parlait d’homéopathie pour exprimer la juste et vraie relation philia, entre deux amis. Nous sommes proches alors de la compassion. Pâtir, souffrir avec l’autre, et communier dans une même sensibilité à la vérité la beauté et la vérité. Les perspectives de l’homéopathie depuis Hahnemann ne se rangent pas dans cette catégorie.

Samuel Hahnemann, 1755-1843

Samuel Hahnemann est né le 25 avril 1755 à Meissen, petite ville connue pour ses porcelaines. Il commence à 20 ans des études de médecine à Leipzig.

En 1777, il part à Hermannstadt, actuel Sibui en Roumanie, au service du baron Samuel von Brukenthal. C’est là qu’il est admis dans la loge maçonnique St André des trois Lotus. Effectivement, l’Europe protestante est très perméable à la franc-maçonnerie, à l’alchimie, et à la Rose-Croix. Comme bien des aristocrates et des intellectuels de son temps, pour échapper au dogmatisme de l’Église catholique, il préférait l’apparente liberté du sola scriptura de son enfance luthérienne, laissant libre cours à toutes les interprétations subjectives. Continuer la lecture de « L’homéopathie »

L’EMDR

Cette nouvelle méthode EMDR, acrostiche de Eye Movement Desensitization and Reprocessing, en français Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires, prétend guérir les souvenirs traumatiques.

Historique

Comme bien des nouvelles thérapies, elle trouve son origine sur la côte ouest des États-Unis, en Californie. En mai 1987, une universitaire diplômée en littérature anglaise, du nom de Francine Shapiro eut une illumination. Elle remarqua qu’en se promenant, ses pensées angoissantes ou perturbantes, liées à son cancer, s’estompaient quand elle bougeait les yeux très rapidement dans un mouvement de va-et-vient vers le haut et en diagonale[1].

Dès lors, pour comprendre ce phénomène observé sur elle-même, elle se lança dans un doctorat en psychologie clinique et devint chercheuse et enseignante au Mental Resarch Institute de Palo Alto. Elle testa et améliora sa découverte sur 70 personnes durant six mois… Puis elle l’appliqua à des personnes en réel état de stress post-traumatique (ESPT), victimes de viol, ou anciens combattants de la guerre du Vietnam. L’étude montra une réduction des symptômes de stress de l’ordre de 30 pour 100. Ce qui, dit en passant, ne présente rien de significatif. Car tout type de prise en charge personnalisé peut présenter les mêmes performances…

Elle s’appliqua à utiliser d’autres stimuli, sensoriels tactiles ou auditifs, autres que les mouvements oculaires. Elle voulut appeler sa méthode Reprocessing Therapy, mais le succès d’EMDR devenu international l’en dissuada. Continuer la lecture de « L’EMDR »